Loi de retour au travail punitive

Droits bafoués : Le STTP a besoin d'appuis

Par Mis en ligne le 28 juin 2011

Le 23 juin, nous célébrons la Journée des Nations Unies pour la fonction publique. Cette année, le Conseil des Syndicats mondiaux lancera la campagne « Services publics de qualité : passons à l’action ! », dont l’objectif est de créer un mouvement de solidarité internationale pour faire progresser les services publics de qualité.

Et les mani­fes­ta­tions de soli­da­rité sont plus urgentes que jamais. La loi for­çant le retour au tra­vail consti­tue une attaque directe contre les tra­vailleuses et tra­vailleurs. En s’ingérant dans les négo­cia­tions entre les TCA et Air Canada, d’une part, et le STTP et Postes Canada, d’autre part, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur s’en prend au droit à la libre négo­cia­tion, un droit pour­tant reconnu par la Cour suprême du Canada et plu­sieurs conven­tions inter­na­tio­nales.

Ce projet de loi, déposé à la demande de la direc­tion de Postes Canada, est rétro­grade et péna­lise lour­de­ment nos consœurs et confrères du STTP. Jugez-en par vous-même :

  • Le projet de loi impose des hausses sala­riales consi­dé­ra­ble­ment infé­rieures à celles pro­po­sées par Postes Canada dans sa der­nière offre. Il retire 875,50 $ des poches des employés à plein temps durant les quatre années de l’entente. En tout, il s’agit d’un vol de 35 mil­lions de dol­lars per­pé­tré contre les tra­vailleuses et tra­vailleurs des postes et leurs familles.
  • Le projet de loi C-6 donne à un arbitre, nommé par le gou­ver­ne­ment, la tâche de choi­sir et d’imposer une offre finale glo­bale, celle du syn­di­cat ou celle de l’employeur. Cette démarche favo­rise net­te­ment l’employeur.
  • Aux termes du projet de loi, l’arbitre doit voir à ce que les condi­tions de tra­vail :
    • soient com­pa­tibles avec celles de sec­teurs pos­taux com­pa­rables. La plu­part des ser­vices pos­taux ont été pri­va­ti­sés.
    • four­nissent à Postes Canada la sou­plesse néces­saire à sa via­bi­lité éco­no­mique et sa com­pé­ti­ti­vité à court et à long terme. Souplesse, façon détour­née de dire tra­vail tem­po­raire et faible rému­né­ra­tion.
    • contri­buent au main­tien de la santé et de la sécu­rité des tra­vailleurs. Quel défi, compte tenu de l’impact des chan­ge­ments tech­no­lo­giques majeurs sur la sécu­rité en milieu postal !
    • et assurent la via­bi­lité du régime de pen­sion, compte tenu du ratio de sol­va­bi­lité du régime. Comme il l’a fait avec Air Canada et les TCA, le gou­ver­ne­ment cherche à rendre les employés res­pon­sables de la via­bi­lité du régime de pen­sion.
    • L’arbitre doit aussi tenir compte de l’obligation pour Postes Canada d’être effi­cace, d’accroître sa pro­duc­ti­vité et de res­pec­ter des normes de ser­vice accep­tables, sans recours à des hausses indues de tarifs pos­taux. Autrement dit, tra­vailler plus fort, gagner moins d’argent, perdre des avan­tages, ris­quer sa santé et sa sécu­rité. Méchant contrat !

Le C-6 est l’une des lois de retour au tra­vail les plus rétro­grades. Le gou­ver­ne­ment fait avaler des conces­sions aux tra­vailleurs des postes plutôt que d’aider les par­ties à conclure une entente rai­son­nable.

En tant que syn­di­ca­listes, il nous incombe de dénon­cer cette loi. Empêchons les conser­va­teurs de pri­va­ti­ser les ser­vices pos­taux. Veillons à ce que le ser­vice postal demeure un ser­vice public de qua­lité. Défendons le droit à la négo­cia­tion col­lec­tive. Unissons nos efforts à ceux d’autres syn­di­cats des sec­teurs public et privé pour appuyer le STTP dans sa lutte.

En cette jour­née mon­diale des ser­vices publics, mobi­li­sons-nous pour récla­mer des ser­vices publics de qua­lité et pro­té­ger le droit à la libre négo­cia­tion col­lec­tive. Nous vous encou­ra­geons à :

Il faut signi­fier au gou­ver­ne­ment que les ser­vices publics de qua­lité et les gens qui offrent ces ser­vices sont essen­tiels à l’économie et à la société cana­diennes. Montrons-lui ce qu’est la soli­da­rité syn­di­cale. Défendons ardem­ment les ser­vices publics et les droits syn­di­caux au Canada.

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