La social-démocratie telle qu’elle est

Qu’est-ce que la social-démocratie aujourd’hui ? Est-elle encore une force de « progrès » ancrée à gauche ou s’est-elle affranchie de son combat historique pour la justice sociale ? Un bref rappel de la trajectoire historique de ce mouvement politique s’avère nécessaire pour saisir la nature de la transformation social-démocrate depuis une vingtaine d’années.

Par Mis en ligne le 04 juillet 2009

Dans le vocabulaire politique, le terme de « social-démocratie » apparaît pour la première fois peu après la Révolution de 1848. Face au parti de l’Ordre, les députés bourgeois républicains démocrates et les socialistes concluent une alliance. Karl Marx estime que « le parti des travailleurs et le parti de la petite-bourgeoise forment le parti social-démocrate ». D’obédience sociale-démocrate, la 1ère Internationale (1864-1876), première organisation politique du mouvement ouvrier, revendique la conquête du pouvoir politique. À partir de 1896, le marxisme devient la doctrine officielle de la 2e Internationale (surtout en Europe centrale), en opposition aux idées anarchistes et « réformistes ».

Combattre l’Etat bour­geois

Les dif­fé­rents cou­rants de la social-démo­cra­tie se que­rel­lent avant tout à propos des moda­li­tés du combat contre l’Etat bour­geois : faut-il le réfor­mer ou le détruire ? Selon des appro­ches diver­ses, tous pré­co­ni­sent la socia­li­sa­tion des moyens de pro­duc­tion qui doit se sub­sti­tuer au sys­tème capi­ta­liste.

Le mar­xisme consti­tue leur prin­ci­pal ciment doc­tri­naire. Il en existe cepen­dant plu­sieurs inter­pré­ta­tions qui ren­voient à l’opposition entre réfor­mis­tes et révo­lu­tion­nai­res. La véri­ta­ble ligne de frac­ture est liée à la ques­tion de la démo­cra­tie poli­ti­que. Certains accep­tent le cadre de la démo­cra­tie par­le­men­taire des régi­mes capi­ta­lis­tes. D’autres, au contraire, pen­sent que le libé­ra­lisme poli­ti­que est étran­ger au mou­ve­ment ouvrier et doit être rejeté. Dans les années 1875-1914, on observe parmi les diri­geants du SPD alle­mand un large éven­tail d’orientations idéo­lo­gi­ques : Ferdinand Lassalle, un ex-libé­ral devenu socia­liste, mais non mar­xiste ; le mar­xiste August Bebel ; Wilhelm Liebknecht et Rosa Luxembourg, les fon­da­teurs de la ligue spar­ta­kiste qui se trans­forme en parti com­mu­niste en 1918. Les Spartakistes com­bat­tent le « révi­sion­nisme réfor­miste » d’Eduard Bernstein qui, à leurs yeux, remet en cause la nature révo­lu­tion­naire du SPD. En France, le parti socia­liste SFIO agrège éga­le­ment des cou­rants de pensée divers : Jules Guesde, pro­pa­gan­diste mar­xiste ; Jean Jaurès, éga­le­ment mar­xiste, mais adepte des réfor­mes pro­gres­si­ves devant accou­cher du socia­lisme ; Paul Brousse et les « pos­si­bi­lis­tes », des réfor­mis­tes qui rejet­tent l’idée gues­diste de rup­ture bru­tale avec l’ordre établi ; Auguste Blanqui et les « blan­quis­tes » qui pro­po­sent la prise du pou­voir par le biais de l’action insur­rec­tion­nelle ou encore Jean Allemane et les « alle­ma­nis­tes », ouvrié­ris­tes et appe­lant à la lutte des clas­ses.

Démocratie et plu­ra­lisme

Deux évé­ne­ments remet­tent en cause les équi­li­bres doc­tri­naux d’avant guerre. D’une part, la Première Guerre mon­diale sape l’internationalisme pro­lé­ta­rien, en sou­li­gnant l’attachement des partis sociaux-démo­cra­tes au cadre natio­nal. D’autre part, la révo­lu­tion bol­che­vi­que pro­vo­que une rup­ture irré­con­ci­lia­ble entre socia­lis­tes et com­mu­nis­tes ; les seconds rejoi­gnant l’Internationale com­mu­niste créée par Lénine. La ten­dance sociale-démo­crate réfor­miste réflé­chit à une nou­velle syn­thèse théo­ri­que entre le libé­ra­lisme des partis bour­geois et le com­mu­nisme. La démo­cra­tie et le plu­ra­lisme poli­ti­que devien­nent deux notions-phares dans la pensée sociale-démo­crate. Se démar­quant peu à peu du mar­xisme, la social-démo­cra­tie est taxée de « doc­trine libé­rale bour­geoise » par ses détrac­teurs com­mu­nis­tes (Lénine, La Révolution pro­lé­ta­rienne et le rené­gat Kautsky, 1918). Au congrès de Tours en 1920, Léon Blum voit dans le com­mu­nisme une entre­prise dic­ta­to­riale érigée en sys­tème per­ma­nent de gou­ver­ne­ment. Il estime que ce mode de gou­ver­ne­ment est étran­ger à l’héritage des Lumières, à la source du socia­lisme fran­çais.

Après la Deuxième Guerre mon­diale, l’heure est à la recons­truc­tion des éco­no­mies sous la direc­tion d’Etats diri­gis­tes. Les partis sociaux-démo­cra­tes au pou­voir natio­na­li­sent de larges pans des éco­no­mies natio­na­les. Ces poli­ti­ques per­met­tent de renouer en pra­ti­que avec l’objectif ancien de socia­li­sa­tion des moyens de pro­duc­tion et de trans­for­ma­tion de l’intérieur du capi­ta­lisme. L’économiste John Maynard Keynes four­nit à la social-démo­cra­tie un corpus théo­ri­que impor­tant (La Théorie géné­rale de l’emploi, de l’intérêt et de la mon­naie, 1936). Les poli­ti­ques key­né­sien­nes repo­sent sur la relance de la consom­ma­tion des ména­ges par le biais du finan­ce­ment public des inves­tis­se­ments et de poli­ti­ques bud­gé­tai­res nour­ris­sant la demande. La Guerre froide et les succès de l’économie mixte inci­tent nombre de partis à rompre avec un radi­ca­lisme poli­ti­que qui n’existe plus que sous forme rhé­to­ri­que. Anthony Crosland, un tra­vailliste bri­tan­ni­que, redé­fi­nit l’idéal socia­liste, en insis­tant sur la coexis­tence har­mo­nieuse entre sec­teurs privé et public (The Future of Socialism, 1956). Cet ouvrage relance le débat sur la réécri­ture de la Clause IV des sta­tuts du parti qui éta­blit comme fina­lité du socia­lisme la « pro­priété com­mune des moyens de pro­duc­tion ». Ce révi­sion­nisme doc­tri­naire échoue. En Allemagne, une ten­ta­tive simi­laire est cou­ron­née de succès. Lors de son congrès à Bad-Godesberg en 1959, le SPD cesse de se réfé­rer prin­ci­pa­le­ment au mar­xisme et cite parmi ses autres « influen­ces phi­lo­so­phi­ques », « l’éthique chré­tienne » ou « l’humanisme de la phi­lo­so­phie clas­si­que ». L’économie privée est, dans cer­tains cas, encou­ra­gée, l’économie mixte est louée.

« L’âge d’or » de la social-démo­cra­tie

Le parti de type social-démo­crate pré­sente trois carac­té­ris­ti­ques majeu­res : des liens étroits avec la classe ouvrière (par le biais des syn­di­cats) ; cette liai­son pri­vi­lé­giée avec les syn­di­cats permet d’intégrer la classe ouvrière aux régi­mes capi­ta­lis­tes et l’implantation domi­nante dans l’électorat ouvrier et popu­laire rend pos­si­ble une ouver­ture vers les clas­ses moyen­nes[1]

Dans les trois décen­nies qui sui­vent la fin de la Deuxième Guerre mon­diale (1945-1973), la social-démo­cra­tie euro­péenne (il faut ici pré­ci­ser du nord de l’Europe) connaît une période faste – un « âge d’or » selon l’expression conve­nue – qui est mar­quée par des vic­toi­res élec­to­ra­les signi­fi­ca­ti­ves et l’occupation du pou­voir. Le « modèle social-démo­crate » s’impose aux forces conser­va­tri­ces en Europe. Le déclin pro­gres­sif de ce modèle est exa­cerbé par le choc pétro­lier de 1973 et la crise éco­no­mi­que qui s’ensuit. Pourtant, pen­dant les « Trente Glorieuses sociale-démo­cra­tes », seule une mino­rité de partis répond à ce por­trait idéal-type. Peu de partis cumu­lent les carac­té­ris­ti­ques majeu­res de la social-démo­cra­tie (le SAP sué­dois, le SPD alle­mand, le parti tra­vailliste bri­tan­ni­que, le parti socia­liste belge ou le parti tra­vailliste néer­lan­dais, le PvdA). Les partis du sud (les PS fran­çais et ita­lien, le PSOE espa­gnol et le PASOK. grec) s’écartent de ce modèle social-démo­crate pur (faible nombre d’adhérents, orga­ni­sa­tions par­ti­sa­nes sou­ples et peu étof­fées, rap­ports dis­tants avec les syn­di­cats, adhé­rents et élec­teurs plus « bour­geois » que dans les partis du nord). En réa­lité, la « social-démo­cra­tie » est une caté­go­rie ten­dant à homo­gé­néi­ser a pos­te­riori une situa­tion très hété­ro­gène.

Virage social-libé­ral

A partir des années 70, le com­pro­mis social-démo­crate est bous­culé par la forte pro­gres­sion du néo­li­bé­ra­lisme aux Etats-Unis et au Royaume uni, et l’apparition de nou­vel­les pro­blé­ma­ti­ques dans le champ des idées de gauche. La social-démo­cra­tie répond à ces défis avec un triple axe pro­gram­ma­ti­que : un axe clas­si­que se pré­oc­cupe de crois­sance éco­no­mi­que, de jus­tice sociale et d’emploi. Un deuxième axe tente de s’approprier les thèmes post­ma­té­ria­lis­tes et anti­au­to­ri­tai­res les plus popu­lai­res dans l’opinion (défense de l’environnement, sécu­rité ali­men­taire, liberté sexuelle, éga­lité homme-femme). Le troi­sième axe est d’inspiration néo­li­bé­rale (sta­bi­lité moné­taire, com­pres­sion des dépen­ses publi­ques, pri­va­ti­sa­tions, baisse des impôts, Etat social res­treint mais « actif »)[2].

Après les brèves expé­rien­ces néo­key­né­sien­nes du PS fran­çais (1981-1982) et du PASOK grec (1981-1984), les partis sociaux-démo­cra­tes au pou­voir dans le sud de l’Europe mènent des poli­ti­ques de dés­in­fla­tion com­pé­ti­tive sous la contrainte de la com­pé­ti­tion inter­na­tio­nale. Leur coût social est très lourd (chô­mage élevé, dété­rio­ra­tion du Welfare State et des ser­vi­ces publics). La conver­sion de fait au néo­li­bé­ra­lisme est d’abord passée sous silence, voire niée (Lionel Jospin parle de la « paren­thèse de la rigueur » en 1982)[3]. Avec l’arrivée au pou­voir d’une géné­ra­tion de lea­ders étran­gers à la culture sociale-démo­crate tra­di­tion­nelle (Tony Blair, Gerhard Schröder), le révi­sion­nisme social-démo­crate est reconnu, voire reven­di­qué[4].

Au milieu des années 90, Tony Blair nomme « troi­sième voie » la nou­velle syn­thèse sociale-démo­crate[5]. Anthony Giddens, son concep­teur, la posi­tionne à équi­dis­tance entre le néo­li­bé­ra­lisme et la « vieille » social-démo­cra­tie key­né­sienne. S’il se démar­que de l’ultralibéralisme hayé­kien, ce nou­veau com­pro­mis rejette avant tout l’interventionnisme d’Etat et les poli­ti­ques redis­tri­bu­tri­ces de la social-démo­cra­tie des années 60-70. Le gou­ver­ne­ment de la Gauche plu­rielle de Lionel Jospin (1997-2002), en dépit d’un dis­cours de gauche plus tra­di­tion­nel et de poli­ti­ques com­bat­tues par les tenants de l’orthodoxie néo­li­bé­rale (la réduc­tion du temps de tra­vail), ne s’est pas écarté de manière signi­fi­ca­tive du type social-libé­ral. Ce gou­ver­ne­ment a chanté les vertus de la moder­nité, de la com­pé­tence et de la res­pon­sa­bi­lité, et recher­ché le sou­tien de caté­go­ries socia­les diver­ses par le biais de poli­ti­ques « attrape-tout » : (35 heures, créa­tion d’emplois, cou­ver­ture médi­cale uni­ver­selle, Pacs, parité hommes-femmes, baisse des impôts, pri­va­ti­sa­tions, accep­ta­tion du pacte de sta­bi­lité euro­péen). La Gauche plu­rielle n’a pas évolué en dehors de ce cadre néo­li­bé­ral géné­ral, qu’elle a tem­péré par des mesu­res néo­key­né­sien­nes.

L’impasse de la troi­sième voie

Après avoir compté entre 1997 et 2002 jusqu’à douze gou­ver­ne­ments dans l’Union euro­péenne (UE), la social-démo­cra­tie est aujourd’hui au creux de la vague. Quatre pays scan­di­na­ves sur cinq – le cœur même de la social-démo­cra­tie – sont gou­ver­nés par des for­ma­tions conser­va­tri­ces. En Allemagne, le SPD, allié aux chré­tiens-démo­cra­tes, est au plus bas dans les son­da­ges ; le Parti tra­vailliste bri­tan­ni­que est éga­le­ment for­te­ment impo­pu­laire. Les partis d’opposition ne s’en sor­tent guère mieux (dont le PS en France). Le déclin social-démo­crate est pro­fond et appa­raît dura­ble. Le dis­cré­dit touche avant tout le projet libé­ral-tech­no­cra­ti­que de type « troi­sième voie ». La « voie blai­riste » a mené la social-démo­cra­tie dans une impasse poli­ti­que, idéo­lo­gi­que et élec­to­rale[6]. La social-démo­cra­tie des années 90 a fait des choix en rup­ture avec ses idées et ses poli­ti­ques tra­di­tion­nel­les : adop­tion de poli­ti­ques néo­li­bé­ra­les sur plan éco­no­mi­que et fiscal (pour­suite des pri­va­ti­sa­tions, sou­tien à la déré­gle­men­ta­tion du marché com­mu­nau­taire, dum­ping fiscal pour atti­rer les inves­tis­se­ments) ; déman­tè­le­ment de l’Etat social (flexi­bi­lité du marché du tra­vail, res­tric­tions impo­sées aux poli­ti­ques indus­triel­les, dimi­nu­tion des pres­ta­tions socia­les) ; adop­tion des valeurs post­ma­té­ria­lis­tes chères aux caté­go­ries à hauts capi­taux éco­no­mi­ques et cultu­rels, mais poli­ti­ques de plus en plus res­tric­ti­ves en matière d’immigration et dur­cis­se­ment sécu­ri­taire à l’égard des délin­quants. Certains sociaux-démo­cra­tes se sont pré­sen­tés comme les « ges­tion­nai­res les plus effi­ca­ces du capi­ta­lisme »[7]. Ils ont accom­pa­gné la montée en force du capi­ta­lisme finan­cier dans le monde (mon­dia­li­sa­tion) et en Europe (inté­gra­tion euro­péenne).

Les poli­ti­ques de type « troi­sième voie » ont contri­bué à accroî­tre les inéga­li­tés en Europe. Depuis les années 80, la part des salai­res dans les reve­nus natio­naux est passée de 72,1% à 68,4%. Depuis les années 90, le taux d’activité est passé de 61,2% à 64,5%, ce qui signi­fie qu’un plus grand nombre d’actifs se par­tage un volume de riches­ses moin­dre. Selon l’indice Gini, les inéga­li­tés socia­les ont for­te­ment aug­menté depuis les années 80. L’« Europe sociale » n’a pas dépassé le stade du slogan, car elle est reje­tée par des for­ma­tions appar­te­nant au Parti des socia­lis­tes euro­péens. L’UE est une zone pro­fon­dé­ment inéga­li­taire : 20% des plus pau­vres reçoi­vent 4,5% du PIB dans l’UE, contre 8,1% en Inde et 5,1% aux Etats-Unis.

En Allemagne (Die Linke), en Italie (Rifondazione Communista, avant son ral­lie­ment au gou­ver­ne­ment Veltroni), aux Pays-Bas (Socialistische Partij) et en France (le Nouveau Parti Anticapitaliste), des for­ma­tions « de la gauche de la gauche », sédui­sent les caté­go­ries popu­lai­res délais­sées par les partis sociaux-démo­cra­tes. Le recen­trage extrême qu’a opéré la social-démo­cra­tie depuis les années 80 la place aujourd’hui dans une posi­tion inte­na­ble : sur sa droite, il est plus en plus mal­aisé de la dis­tin­guer des for­ma­tions conser­va­tri­ces ou libé­ra­les. Sur sa gauche, elle est de plus en plus concur­ren­cée par des for­ma­tions qui por­tent mieux qu’elle les idéaux de jus­tice sociale et de redis­tri­bu­tion. La social-démo­cra­tie est née à gauche. Elle ne pourra mettre un terme à son irré­sis­ti­ble déclin qu’en rede­ve­nant une force clai­re­ment posi­tion­née à gauche.

[1] R. Ladrech, P. Marlière (dir.), Social demo­cra­tic par­ties in the European Union. History, orga­ni­za­tion, poli­cies, Macmillan, Basingstoke, 1999.

[2] G. Moschonas, In the name of social demo­cracy. The great trans­for­ma­tion : 1945 to pre­sent, Verso, Londres, 2002.

[3] P. Marlière, « Le modèle social-démo­crate en ques­tion », Universalia 2003, Encyclopaedia Universalis, Paris, 2003, pp. 97-102.

[4] Fondation Jean-Jaurès, « Blair-Schröder. Le texte du Manifeste, les ana­ly­ses cri­ti­ques », in Les Notes de la Fondation Jean Jaurès, no 13, août 1999.

[5] A. Giddens, T. Blair, La Troisième voie. Le renou­veau de la social-démo­cra­tie, Seuil, Paris, 2002.

[6] P. Marlière, La Social-démo­cra­tie domes­ti­quée. La voie blai­riste, Editions Aden, Bruxelles, 2008.

[7] P. Marlière, « Manifestes pour une social-démo­cra­tie de marché : Anthony Giddens, Tony Blair et le débat sur la Troisième voie », in Les Temps moder­nes, no 605, août-sept.-oct. 1999, pp. 161-180.

Marlière est Maître de confé­ren­ces en science poli­ti­que à University College London (uni­ver­sité de Londres).

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