La COP17 succombe dans l’apartheid climatique

Mis en ligne le 12 décembre 2011

Les déci­sions issues du sommet des Nations-Unies sur le climat à Durban – COP17 – consti­tuent un crime contre l’humanité, selon Climate Justice Now ! coa­li­tion de mou­ve­ments sociaux et de la société civile. Ici en Afrique du Sud, qui a ins­piré le monde entier par les luttes de libé­ra­tion menée par la majo­rité noire du pays, les nations les plus riches ont créé avec cynisme un nou­veau régime d’apartheid climatique.

« Retarder toute action réelle après 2020 est un crime aux pro­por­tions mon­diales », selon Nnimmo Bassey, pré­sident des Amis de la Terre International. « Une aug­men­ta­tion de 4°C de la tem­pé­ra­ture mon­diale, per­mise par ce plan, est une condam­na­tion à mort pour l’Afrique, les petits États insu­laires, et les pauvres et les per­sonnes vul­né­rables de l’ensemble de la pla­nète. Ce sommet a ampli­fié l’apartheid cli­ma­tique, les 1% les plus riches de la pla­nète ayant décidé qu’il était accep­table d’en sacri­fier les 99% ».

Selon Pablo Solon, ancien négo­cia­teur en chef de l’Etat plu­ri­na­tio­nal de Bolivie, «  il est faux d’affirmer qu’une deuxième période d’engagements du pro­to­cole de Kyoto a été adop­tée à Durban. La déci­sion actuelle a seule­ment été repor­tée à la pro­chaine COP, sans enga­ge­ment de réduc­tion d’émissions de la part des pays riches. Cela signi­fie que le pro­to­cole de Kyoto res­tera en vie jusqu’à ce qu’il soit rem­placé par un nouvel accord encore plus faible ».

Les pol­lueurs de la pla­nète ont bloqué toute réelle action et ont une fois de plus choisi de ren­flouer les banques et les inves­tis­seurs en déci­dant d’étendre les mar­chés du car­bone pour­tant en train de s’effondrer, ce qui comme toutes les acti­vi­tés des mar­chés finan­ciers de nos jours per­mettent sur­tout d’enrichir quelques privilégiés.

« Ce que cer­tains consi­dèrent comme de l’inaction est en fait une démons­tra­tion de l’échec, pal­pable, de notre sys­tème éco­no­mique actuel pour répondre aux crises éco­no­miques, sociales et envi­ron­ne­men­tales » selon Janet Redman, de l’Institute for Policy Studies, basé à Washington. « Les banques qui ont pro­vo­qué la crise finan­cière sont en train de faire d’importants pro­fits en spé­cu­lant sur le futur de notre pla­nète. Le sec­teur finan­cier, acculé, cherche un moyen de s’en sortir à nou­veau en déve­lop­pant de nou­veaux pro­duits pour sou­te­nir un sys­tème défaillant ».

Bien que l’on parle d’une « feuille de route » pro­po­sée par l’Union Européenne, l’échec de Durban montre que c’est un cul-de-sac, une route pour nulle part. Les porte-paroles de Climate Justice Now ! appellent la com­mu­nauté inter­na­tio­nale à se rap­pe­ler qu’un véri­table plan pour le climat, basé sur les besoins pla­né­taires iden­ti­fiés par les scien­ti­fiques et issu du mandat de mou­ve­ments popu­laires, a vu le jour lors du Sommet des Peuples sur le chan­ge­ment cli­ma­tique et les droits de la Terre-Mère en Bolivie en 2010. L’accord des peuples de Cochabamba, porté devant les Nations-Unies, a été sup­primé des textes de négo­cia­tions, alors qu’il pro­po­sait un moyen juste et effi­cace pour avan­cer, ce qui est ter­ri­ble­ment nécessaire.

Voir en ligne : http://​www​.cli​mate​-jus​tice​-now​.org/…

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