Occupy San Francisco

« I like it there » !

Par Mis en ligne le 21 octobre 2011

Voila main­te­nant une semaine que je me rends quo­ti­dien­ne­ment aux actions et aux assem­blées géné­rales quo­ti­diennes d’Occupy SF. Dans la dyna­mique des mobi­li­sa­tions de New York, Boston, Washington et autres grandes villes états-uniennes, des femmes et des hommes de San Francisco, d’Oakland, et d’autres villes de Californie, occupent depuis plus de deux semaines main­te­nant un mor­ceau de trot­toir pour pro­tes­ter. A San Francisco, le mou­ve­ment d’occupation a d’abord pris place en face de la Federal Reserve, au 101 Market Street. Puis, a cause du trop grand nombre d’occupants et d’occupantes, la majo­rité du cam­pe­ment est allee prendre place quelques dizaines de mètres plus loin, devant le ferry buil­ding de l’Embarcadero, a Justin Herman Plaza.

La mobi­li­sa­tion d’Occupy Wall Street a fait émer­ger l’expression US Fall, en réfé­rence a l’Arab Spring. Pourtant, il n’est pas ques­tion de faire de Wall Street, ni de son équi­valent sym­bo­lique a San Francisco, une “place Tahrir”. De la même façon, même si la réfé­rence aux émeutes lon­do­nienne est par­fois a la bouche de cer­tain-e-s occu­pant-e-s, il n’est jamais ques­tion d’user de vio­lence. La place Tahrir et les émeutes bri­tan­niques ne sont pas l’exemple d’un mou­ve­ment a construire, mais d’un sys­tème qui com­mence a cra­quer, a la fois en sa péri­phé­rie et en son centre.
Car, si le doute vous habi­tait, je vous ras­sure, les États-Unis ne sont pas en train de vivre une deuxième révo­lu­tion.

Donc, même si le terme n’est pas le même, c’est bien un mou­ve­ment d’indigné-e-s qui se déroule ici. Bien que la réfé­rence au sys­tème finan­cier dans l’occupation de l’un de ses lieux les plus sym­bo­liques, aux inéga­li­tés de richesses et de droits (le slogan “we are the 99%” rend bien compte d’une oppo­si­tion aux 1% qui pro­fitent d’un sys­tème inéga­li­taire), c’est prin­ci­pa­le­ment l’idée
“pas de poli­tique” qui est mise en avant par les occu­pant-e-s.

Les lieux occu­pés par le mou­ve­ment sont deve­nus, en quelques semaines, des espaces radi­ca­le­ment dif­fé­rent du Downtown dans lequel ils sont loca­lises. Le quar­tier d’affaire, son « dress code » qui impose le cos­tard et les tou­ristes de l’Embarcadero coha­bitent main­te­nant avec des occu­pant-e-s d’un genre fran­che­ment dif­fé­rent. Le bloc et la place sont déco­rés de pan­neaux, de ban­de­roles, de car­tons peints sur les­quels s’affichent des slo­gans consen­suels et ras­sem­bleurs. Les sacs sont poses dans des coins, les ordi­na­teurs sont sortis, des petits groupes dis­cutent en cercle.
Mais, en plus d’être un trot­toir mobi­lise, le 101 Market St et la Justin Herman Plaza sont des trot­toirs habites : une table can­tine a été ins­tal­lée, les sacs de cou­chages sont sortis empi­lés, les
règles de la vie col­lec­tives sont affi­chées, un vélo a été arrangé pour servir de source d’électricité pour les ordi­na­teurs et chacun-e y pédale a tour de rôle pour géné­rer l’énergie néces­saire aux
formes de com­mu­ni­ca­tions et de connexion du mou­ve­ment. Parmi celles-ci, per­sonne ne s’étonnera qu’Occupy SF ait un site web [3]particulièrement actif et un compte twit­ter qui sert à se tenir informé en temps quasi-réel des updates du camp.

“Pas de poli­tiques”, mais alors quoi ?

Lors de mes dis­cu­tions avec les occu­pant-e-s, ma ques­tion intro­duc­tive a été a chaque fois “pour­quoi es-tu ici ?”. Et, à ma grande sur­prise, la ques­tion de la contes­ta­tion n’est jamais la
pre­mière réponse. James s’envole dans un dis­cours mys­tique sur le yoga et me raconte une his­toire qui a tout de l’allégorie pla­to­ni­cienne de la caverne, me décri­vant lon­gue­ment la matrice d’illusion qui sépare le monde en deux caté­go­ries : les gens qui dorment croyant mar­cher et les gens qui s’éveillent et qui marchent par eux mêmes, tel que le fait ce mou­ve­ment.
Richard, qui pédale pour géné­rer de l’électricité lorsque nous dis­cu­tons, me répond très sim­ple­ment “Why do I come ? Because I like it here. I can bike, I can talk with people about some inter­es­ting things, it feel dif­ferent than out there” (Pourquoi je viens ? Parce que j’aime bien ici. Je peux péda­ler, dis­cu­ter avec des gens de sujets inté­res­sants, c’est dif­fé­rent de ce qu’il y a par là bas). “Out there”, c’est le ter­ri­toire qui com­mence a la fin du bloc occupe : c’est la Federal Bank, c’est Downtown San Francisco, c’est les Etats-Unis, c’est le sys­tème.

Ces dis­cus­sions avan­çant, la ques­tion du poli­tique devient plus expli­cite, mais une poli­tique qui refuse de l’être. Paul rejoint l’échange que j’ai avec Richard, et insiste sur un point : “This is
not about poli­tics, it’s about moral, ethics. This world is going insane, and we are asking it to be more mora
l”. (Ce n’est pas une ques­tion de poli­tique, c’est une ques­tion morale, éthique. Ce monde devient mal­sain, et nous exi­geons qu’il se mora­lise). Jane, un pan­neau au bras, fai­sant des signes V avec ses doigts a chaque voi­ture qui klaxonne en soli­da­rité, me dit qu’elle pense que ce mou­ve­ment
com­mence main­te­nant a cause de la réces­sion : les classes moyennes perdent leurs emplois, s’endettent pour des pro­blèmes fon­da­men­taux, de loge­ment ou de sante. La sta­bi­lité des condi­tions d’existence n’est plus assu­rée, l’imprévu peut deve­nir catas­trophe, et la réponse de l’Etat est une réduc­tion des aides sociales ser­vant a répondre a cette insé­cu­rité, et une aug­men­ta­tion du sou­tient aux “res­pon­sables” : Wall Street en tête.

Il s’agit donc bien d’une contes­ta­tion, d’un mou­ve­ment social, mais dont les acteurs et actrices sont d’un genre nou­veaux. Aucune orga­ni­sa­tion poli­tique n’est pré­sente ni repré­sen­tée, et les occu­pant-e-s se l’explique par la “forme” spé­ci­fique de la mobi­li­sa­tion. L’occupation de la ville ne fait pas parti du réper­toire de mobi­li­sa­tion, des “cam­pai­gns” des partis radi­caux, des unions, des orga­ni­sa­tions, etc. Et, il est vrai que le réper­toire d’OccupySF est très dif­fé­rent. A OccupySF : Pas de mots d’ordre, pas de reven­di­ca­tions, pas de pan­carte impri­mée mais des slo­gans au feutre sur des mor­ceaux de car­tons. De plus, il est presque para­doxal de mettre face a face la radi­ca­lité des modes d’engagement (cela va faire 3 semaines que près de 40 per­sonnes dorment sur le trot­toir, des cen­taines de per­sonnes par­ti­cipent aux assem­blées géné­rales et la marche du 15 octobre a réunis plu­sieurs mil­liers de mani­fes­tant-e-s) et la fai­blesse du dis­cours poli­tique. Le mou­ve­ment est “grass roots”, com­pose d’individus aux moti­va­tions diverses qu’il ne s’agit pas d’homogénéiser. Mais, plus impor­tant, n’ayant pas vrai­ment d’ennemis autre que ce “sys­tème” qui n’est même jamais vrai­ment men­tionné, il ne s’agit pas de “gagner”. J’ai presque l’impression que nous fai­sons face a une nou­velle forme de mou­ve­ment social, qui s’est affran­chie de toute idée de « lutte ».

Quelque chose de rafraî­chis­sant…

En par­ti­ci­pante-obser­va­trice, j’essaie de ne pas trop rapi­de­ment céder aux envies de cri­tique cynique et de m’ouvrir aux choses qu’il peut y avoir a apprendre de ce mou­ve­ment. Car les nou­velles formes de mobi­li­sa­tions se jus­ti­fient sou­vent par une forme de “diag­nos­tic” de leur pré­cé­dents, même lorsque cela n’est pas ouver­te­ment énoncé. Tout d’abord, Occupy SF est un mou­ve­ment ouvert. Ma situa­tion sera peut être éclai­rante pour illus­trer ce point : Je suis a San Francisco pour 6 mois pour mon tra­vail de thèse. Pendant cette période, je ne dis­pose pas des réseaux et des formes de socia­bi­lité clas­siques telles que sont le tra­vail, la famille, les ami-e-s, l’université et encore moins les cercles mili­tants. Sans ancrage social solide, je pense qu’il m’aurai été dif­fi­cile de joindre un mou­ve­ment social “clas­sique” telle qu’une grève pro­fes­sion­nelle, une uni­ver­sité en lutte, un quar­tier mobi­lisé, etc. Cette dif­fi­culté ne se pose pas pour rejoindre le mou­ve­ment Occupy SF par le simple fait de son slogan majeur : “we are the 99%”. Il suffit donc d’être quelqu’un-e pour être légi­ti­me­ment part du col­lec­tif. De plus, les formes d’occupation d’espace publique per­mettent un coup d’entrée faible pour y prendre part : il suffit de se rendre a une assem­blée géné­rale quo­ti­dienne, puis de choi­sir son degré d’investissement et sa forme de par­ti­ci­pa­tion. L’un des autres effets du slogan des « 99% » et de l’occupation de l’espace publique est l’ouverture du mou­ve­ment aux sans-abris de San Francisco. Ils et elles sont les bien­venu-e-s dans le col­lec­tif occu­pant et, bien que passif-ve-s, font défi­ni­ti­ve­ment parti-e-s du camp. L’autre élé­ment a noter est propre à la forme “anti-sys­tème” du mou­ve­ment et, dans une cer­taine mesure, à son mili­tan­tisme inex­pé­ri­menté. La pola­ri­sa­tion du dedans et du dehors du mou­ve­ment, par des réfé­rences de type “in here” – “out there”, pousse a des formes d’expérimentation assez radi­cales d’organisation, de démo­cra­tie directe, de prises de déci­sion, etc. Pas ques­tion de voter et de repré­sen­ter, le consen­sus est l’objet des assem­blées. La forme d’utopie qui est réa­li­sée sur ce bout de trot­toir engage le col­lec­tif qui la sup­porte et permet son amé­lio­ra­tion. Ainsi par exemple, gênée par les formes de domi­na­tions blanche et mas­cu­line que j’ai vu prendre forme quo­ti­dien­ne­ment dans l’assemblée pen­dant plu­sieurs jours, j’ai pousse pour une réflexion et un tra­vail sur la ques­tion des
iden­ti­tés domi­nées, que j’ai argu­menté par le fait qu’ “in there” devait tra­vailler a se dis­tin­guer d’“out there” sur ces thé­ma­tiques là. Ces ques­tions sont tra­di­tion­nel­le­ment sen­sibles car elles s’attaquent sou­vent aux membres “forts” d’un mou­ve­ment et invitent au tra­vail déli­cat de la réflexi­vité cri­tique sur les formes de domi­na­tion qui existent dans les col­lec­tifs en lutte. Pourtant, une fois les pre­mières exci­ta­tions cal­mées, la majo­rité des réac­tions a ma pro­po­si­tion ont été ouvertes. Les indi­vi­dus admet­taient a la fois l’existence du pro­blème et étaient curieux-
ses des pra­tiques fémi­nistes qui per­met­traient d’ “amé­lio­rer le col­lec­tif”.

L’inclinaison à construire un mou­ve­ment aux règles dif­fé­rentes du monde social asso­cié à l’absence de for­ma­tion poli­tique de ses membres per­mettent à mon sens de déve­lop­per des formes d’ouvertures à la cri­tique et à l’expérimentation mili­tante plus qu’à la repro­duc­tion d’une « for­ma­tion » poli­tique, et qui se rap­proche sûre­ment de ce qui se fait dans les mobi­li­sa­tions très jeunes, telles que les grèves lycéennes. Ainsi, du moins dans le cas d’Occupy SF, le mou­ve­ment a une forme de naï­veté sym­pa­thique et non dog­ma­tique.

Pour résu­mer, Occupy SF est donc un mou­ve­ment qui permet aux indi­vi­dus qui n’ont pas de for­ma­tions mili­tantes d’investir la contes­ta­tion, et permet en cela de faire appa­raître des indi­vi­dus qui ne se seraient peut être pas engagé-e-s dans des mou­ve­ments sociaux tra­di­tion­nels. Puis, de part cette absence de for­ma­tion, c’est un mou­ve­ment naïf et enthou­siaste, dans lequel les expé­ri­men­ta­tions de mobi­li­sa­tion et d’organisation sont pos­sibles.

Des règles a l’encontre d’un monde déré­gulé.

Sans tra­di­tion mili­tante, les formes de pro­cé­du­ra­li­sa­tion des pro­ces­sus du mou­ve­ment sont alors un para­doxe a com­prendre. Je me l’explique a nou­veau par ce carac­tère “anti-sys­tème”, qui vou­drait
que la fer­meté et le res­pect des règles que le col­lec­tif se donne per­mettent de s’opposer radi­ca­le­ment à ce qui déré­gule, ce 1% contre quoi ce col­lec­tif lutte. Le sys­tème de règles du mou­ve­ment est cette exis­tence consti­tuante qui lui donne une valeur propre, et qui le dif­fé­ren­cie en pra­tique d’ “out there”.
Cette com­po­sante “anti-sys­tème” doit éga­le­ment être arti­cu­lée à l’absence de reven­di­ca­tion, de “direct demands” du col­lec­tif. Sans objets concrets, sans ennemi-e-s, sans posi­tions poli­tiques uni­fi­ca­trices pour cimen­ter le groupe, peut on encore parler de lutte ? Vu d’ “in there”, les règles de l’assemblée géné­rale et l’organisation du col­lec­tif ont la fonc­tion de ce qui dif­fé­ren­cie du sys­tème, mais aussi ce qui est à défendre, ce qui rap­proche ces indi­vi­dus, ce qui donne du sens a cette mobi­li­sa­tion “faible”. Chaque assem­blée géné­rale com­mence donc par un rappel des règles du consen­sus, de l’accord et du désac­cord. Le seul impé­ra­tif que semble s’être donne le mou­ve­ment est le fait de tendre le plus pos­sible vers le consen­sus – et d’éviter au plus pos­sible le
désac­cord. Trois formes d’expression pour la prise de déci­sion nous sont pré­sen­tées : le pouce levé vers le ciel permet d’approuver une motion, le pouce a l’horizontal exprime que l’on ne consent pas, mais que l’on ne s’y oppose pas non plus, et le pouce baisse permet d’exprimer une vive oppo­si­tion à la déci­sion pro­po­sée. Cette forme d’opposition nous est pré­sen­tée comme extrê­me­ment radi­cale et, devant être uti­li­sée le plus rare­ment pos­sible, signi­fiant pour l’individu qu’il-elle serait prêt-e à quit­ter le mou­ve­ment si cette motion était adop­tée. La ques­tion de l’accord, du consen­sus, d’une fra­ter­nité heu­reuse au sein de l’occupation est cen­trale : “We are bro­thers and sis­ters” et nous vou­lons que le mou­ve­ment “sus­tain fore­ver”.

Une fois les règles rap­pe­lées, les points de l’ordre du jour déci­dés à l’AG de la veille sont donnés et de nou­veaux points sont pro­po­sés par la foule ras­sem­blée. Ensuite, chaque comité (“direct action”, “outreach” (sen­si­bi­li­sa­tion), “legal”, “camp logis­tic”, etc) fait le bilan de ses récents tra­vaux et pré­sente à l’AG des pro­po­si­tions issues de leurs réunions quo­ti­diennes. Ces pro­po­si­tions font d’abord l’objet d’une dis­cus­sion géné­rale dans laquelle l’assemblée exprime ses “concerns”, a tra­vers les­quels on modi­fie la pro­po­si­tion dis­cu­tée. Une fois les concerns expri­més et la pro­po­si­tion implé­men­tée, elle est sou­mise au consen­sus du groupe pour être accep­tée ou refu­sée.

Les limites du consen­sus et le joker de l’individu.

Il reste malgré tout quelque chose à dire de la construc­tion du consen­sus au sein du mou­ve­ment, et cette idée s’approchera sûre­ment de la plus bête tau­to­lo­gie : le consen­sus n’est facile a atteindre que sur des sujet « consen­suels ». Ainsi, lorsque je dis­cute de la créa­tion de comité non-mixte dans le but de faire dérailler les inéga­li­tés de genres telles qu’elles s’installent dans le mou­ve­ment, on me décon­seille gran­de­ment de passer par l’AG pour faire adve­nir ce point la. Et, en effet, je le vois bien, cela ne « pas­sera » jamais. De même, lorsqu’il s’est agit d’écrire une lettre au City Council pour avoir son sou­tient offi­ciel quant à la tenue de l’occupation, la dis­cus­sion a été tel­le­ment diver­gente que la déci­sion a été prise de ne pas sou­mettre le brouillon au consen­te­ment du groupe. Même dans le cas d’une déci­sion por­tant sur le par­cours de mani­fes­ta­tion, l’option du consen­te­ment col­lec­tif est contourné car la pro­po­si­tion est trop dis­cu­tée. Ainsi, on com­prend l’immobilisme de ces assem­blées quant à la pro­duc­tion de « conte­nus » poli­tiques, de reven­di­ca­tions, de « direct demands ». Si le consen­sus ne marche que pour les déci­sions por­tant sur le quo­ti­dien ou la logique de pré­ser­va­tion du mou­ve­ment, il paraît alors très dif­fi­cile d’arriver a faire émer­ger un contenu poli­tique sub­stan­tiel par ce biais la. Mais, en même temps, qui peut s’étonner que les « 99% » n’arrivent pas à se mettre d’accord ?

Que se passe t-il lorsque le consen­sus n’est pas atteint ? De façon très inté­res­santes, les « pous­seurs » et les « pous­seuses » de déci­sions ont alors une deuxième carte en main : celle de l’action indi­vi­duelle. Autrement for­mule : lorsque l’on ne peut pas mobi­li­ser l’AG a sa cause, on peut malgré tout convaincre les indi­vi­dus de nous rejoindre. Cela n’engagera alors que « nous », l’honneur de la volonté géné­rale est sauf de ne pas s’être confronte a un échec et l’action peut malgré tout être menée.

Tout cela me rap­pelle de façon assez sur­pre­nante les ques­tions sou­le­vées par le Contrat Social de Rousseau, à tra­vers sa défi­ni­tion de la « volonté géné­rale » qui ne doit pas être la simple col­lec­tion des volon­tés par­ti­cu­lières. Ce qui était le pro­blème de Rousseau n’est pas celui d’OccupySF, car la coexis­tence de l’individualisme et du col­lec­tif consen­suel s’accorde de façon effi­cace. Jonglant entre le consen­sus et les ini­tia­tives indi­vi­duelles, le mou­ve­ment échappe a la prise de posi­tion enga­geante et continu à tenir le « pro­gramme faible » des 99%. Il peut ainsi arri­ver a satis­faire ses membres et donc a assu­rer ce qui est peut être sa seule fin poli­tique : « sus­tain ».

date :

20/10/2011 – 15:16

Sara Aguiton [4]


Liens :
[1] http://​www​.contre​temps​.eu/​r​ecits
[2] http://www.contretemps.eu/r%C3%A9cits/occupy-san-francisco%C2%A0-%C2%AB%C2%A0i-it-there%C2%A0%C2%BB%C2%A0
[3] http://​occu​pysf​.com/
[4] http://​www​.contre​temps​.eu/​a​u​t​e​u​r​s​/​s​a​r​a​-​a​g​uiton

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