Une enquête sur les acteurs de la transformation sociale

Par Mis en ligne le 04 janvier 2010

La dif­fi­culté de recru­ter de nou­veaux mili­tants est lar­ge­ment par­ta­gée par beau­coup d’organisations fran­çaises : partis poli­tiques, syn­di­cats, asso­cia­tions de la société civile, etc. Pour tenter de mieux com­prendre le phé­no­mène et, si pos­sible, pro­po­ser des idées sus­cep­tibles d’aider à sur­mon­ter les dif­fi­cul­tés, Espaces Marx a com­mencé un tra­vail d’enquête auprès de divers mili­tants et res­pon­sables d’associations et de syn­di­cats confron­tés à ces ques­tions. Article paru dans la revue Transform !

La diag­nos­tic est certes dif­fé­rent selon la nature des orga­ni­sa­tions. Mais il y a aussi des traits com­muns. Dans les orga­ni­sa­tions qui consti­tuaient le cœur du mou­ve­ment ouvrier « tra­di­tion­nel » (partis de gauche et syn­di­cats), on note qu’il est de plus en plus dif­fi­cile de faire émer­ger une nou­velle géné­ra­tion de mili­tants pour assu­rer la conti­nuité du tra­vail accom­pli jusqu’alors. Les équipes en place semblent avoir du mal à incar­ner suf­fi­sam­ment le chan­ge­ment et à répondre ainsi aux aspi­ra­tions de celles et ceux qu’elles sou­hai­te­raient convaincre d’adhérer à l’organisation, notam­ment des jeunes. Par contraste, l’impression est lar­ge­ment répan­due que les « nou­velles orga­ni­sa­tions », qui com­prennent aussi bien les partis ou syn­di­cats récem­ment créés que des asso­cia­tions qui agissent dans le champ social, tirent mieux leur épingle du jeu.

La méthode de tra­vail uti­li­sée pour cette enquête est très empi­rique : nous avons com­mencé de façon rela­ti­ve­ment infor­melle et sans stra­té­gie défi­nie à l’avance un cycle de ren­contres avec des mili­tants d’horizons divers. Ces ren­contres ont permis de véri­fier la per­ti­nence du ques­tion­ne­ment et l’intérêt de nos inter­lo­cu­teurs pour ce type de réflexion. Il ne s’agit cepen­dant pas d’un tra­vail de recherche stricto sensu mais plutôt d’une réflexion par­ta­gée avec les mili­tants et diri­geants ren­con­trés, nous-mêmes réagis­sant d’abord comme mili­tants et non comme « obser­va­teurs » exté­rieurs.

Les lignes de forces de cette enquête

Pour diver­si­fier les expé­riences mili­tantes, nous nous sommes adres­sés dans un pre­mier temps à un diri­geant impor­tant du prin­ci­pal syn­di­cat fran­çais, la CGT, au pré­sident de la Ligue fran­çaise des droits de l’Homme, une asso­cia­tion plus que cen­te­naire et qui joue aussi un rôle impor­tant aux plans euro­péen et inter­na­tio­nal, à la per­sonne en charge de la for­ma­tion des mili­tants et du recru­te­ment parmi la jeu­nesse d’une orga­ni­sa­tion encore plus ancienne, la Ligue de l’enseignement1 et du pré­sident d’un impor­tant réseau d’associations de soli­da­rité, le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, CRID. Ces orga­ni­sa­tions ont des his­toires et des cultures très dif­fé­rentes. Elles ont cepen­dant en commun, cha­cune à sa manière, la volonté de trans­for­mer la société.

À propos des mili­tants et des acteurs impli­qués dans les luttes sociales ou les actions de soli­da­rité

Dans la suite, nous uti­li­se­rons le terme de mili­tants pour dési­gner les per­sonnes qui font partie d’une orga­ni­sa­tion et qui y exercent des fonc­tions déter­mi­nées. Beaucoup de tra­vaux leur ont été consa­crés récem­ment, met­tant en géné­ral en évi­dence un pro­ces­sus de « pro­fes­sion­na­li­sa­tion ». Cela désigne le fait que ces mili­tants n’ont sou­vent plus d’activité sociale autre que le tra­vail pour leur orga­ni­sa­tion. Cette situa­tion qui n’est pas nou­velle pour les partis poli­tiques, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les partis de gauche, est un phé­no­mène plus récent pour les asso­cia­tions, où elle co-existe certes avec un impor­tant béné­vo­lat. Elle pré­sente l’avantage pour les orga­ni­sa­tions d’une plus grande dis­po­ni­bi­lité. Mais l’inconvénient est évi­dem­ment que ces « pro­fes­sion­nels », qui ne sont pas for­cé­ment recru­tés pour leur enga­ge­ment mili­tant, dépendent tota­le­ment de leur orga­ni­sa­tion et de ses res­pon­sables, ce qui trans­forme pro­fon­dé­ment le rap­port organisations/​militants.

À la LDH ou à la Ligue de l’enseignement, les nou­veaux mili­tants semblent être plus à gauche qu’auparavant. Mais leur rap­port avec les partis poli­tiques est com­plexe. Le « défi­cit de poli­tique » de ces deux ou trois der­nières décen­nies a fait qu’ils ont ten­dance à « impor­ter » au sein des asso­cia­tions les ques­tions aupa­ra­vant trai­tées par les partis. Mais les asso­cia­tions tiennent beau­coup, et avec raison, à la dif­fé­rence, même dans les cas où elles sont conduites à prendre posi­tion sur des ques­tions rele­vant de la sphère poli­tique. Cette par­ti­cu­la­rité peut alors sus­ci­ter une forme de « frus­tra­tion du poli­tique » chez cer­tains des nou­veaux mili­tants récem­ment recru­tés.

Dans les asso­cia­tions et notam­ment dans celles qui se disent elles-mêmes de lutte, il y a aussi chan­ge­ment chez les mili­tants. Les plus anciens ont fré­quem­ment com­mencé par s’engager dans un parti (sou­vent d’extrême-gauche) au cours des années 1970. Les nou­veaux viennent par­fois direc­te­ment de filières uni­ver­si­taires pres­ti­gieuses, sans expé­rience poli­tique préa­lable. Certains s’investissent dans les asso­cia­tions par refus d’une car­rière dans les entre­prises ou dans les admi­nis­tra­tions. Les luttes sociales accroissent cette prise de conscience et cette demande : ils veulent « faire quelque chose ». Ces asso­cia­tions mobi­lisent aussi dans leurs actions beau­coup d’acteurs occa­sion­nels, inter­mit­tents en quelque sorte. Ils par­ti­cipent mais ne veulent pas pour autant être « enrô­lés » dura­ble­ment. Ils ne veulent pas « consa­crer leur vie à… », même s’ils sont dis­po­nibles pour des actions ponc­tuelles.

On retrouve cer­tains de ces aspects dans une struc­ture forte comme un syn­di­cat, avec une culture d’organisation ancienne. À la CGT, la géné­ra­tion pré­cé­dente a été formée, par­fois for­ma­tée, par les partis poli­tiques, au pre­mier chef le parti com­mu­niste. Les nou­veaux mili­tants sont sen­si­ble­ment plus hété­ro­gènes. La contre­par­tie, c’est que les cadres de réfé­rence leur font par­fois défaut. Leurs pro­jets, en venant au syn­di­cat, sont plus indi­vi­duels, plus sub­jec­tifs. En un sens, ils n’adhèrent pas à ce qui pré­existe, ils construisent leur syn­di­cat à partir d’une prise de conscience qui se pro­duit dans l’entreprise, à partir des pro­blèmes ren­con­trés là.

Les orga­ni­sa­tions

De nou­velles formes d’organisation ont émergé depuis dix ou quinze ans. On connais­sait aupa­ra­vant les partis et les syn­di­cats d’une part, et d’autre part des asso­cia­tions agis­sant dans des sec­teurs non direc­te­ment liés à l’activité éco­no­mique, au rap­port sala­rial et à l’entreprise, comme le loge­ment, la consom­ma­tion, etc. Au cours de la décen­nie 1980 ce modèle simple, à trois branches, est devenu plus com­plexe en France. Sont appa­rus les « col­lec­tifs » dans le domaine de l’action syn­di­cale. Du fait de la fai­blesse ancienne du syn­di­ca­lisme en France, notam­ment en dehors de la grande indus­trie, ces col­lec­tifs ont par­fois sup­pléé l’absence de syn­di­cats. L’exemple le plus connu est celui des infir­mières dans les années 1980, par exemple. Mais ces col­lec­tifs se créaient aussi, plus ou moins spon­ta­né­ment, pour « contour­ner » les syn­di­cats, consi­dé­rés comme trop peu com­ba­tifs, ou pour créer des cadres uni­taires nou­veaux. On a vu ensuite appa­raître des formes encore plus lâches comme les coor­di­na­tions, réunis­sant orga­ni­sa­tions et indi­vi­dus. Enfin, en liai­son avec les tech­no­lo­gies modernes de com­mu­ni­ca­tion mais aussi avec une aspi­ra­tion assez nou­velle à pou­voir agir sans être obli­ga­toi­re­ment « encarté » (« embri­gadé » diront cer­tains), on a vu se déve­lop­per des réseaux et des formes de mobi­li­sa­tion ou d’action (les péti­tions par exemple) presque entiè­re­ment « vir­tuels ». Ces actions se sont déve­lop­pées d’autant plus qu’elles se sont révé­lées très effi­caces grâce au grand nombre de per­sonnes impli­quées et à la rapi­dité de ces formes de « mobi­li­sa­tion ».

C’est dans la mou­vance « alter­mon­dia­liste » que ce phé­no­mène est très mar­quant, en partie pour des rai­sons liées direc­te­ment au champ d’action lui-même. Comment en effet déli­bé­rer et prendre des déci­sions dans un réseau conti­nen­tal ou mon­dial dont on ne peut réunir les membres que très occa­sion­nel­le­ment ? Pour ces asso­cia­tions et leurs mili­tants, le champ pri­vi­lé­gié de la trans­for­ma­tion sociale n’est plus, comme pour les syn­di­cats ou la plu­part des partis poli­tiques de gauche, le ter­rain éco­no­mique (l’entreprise) ou le ter­rain poli­tique (l’État et son admi­nis­tra­tion), mais celui de la société civile et des luttes pour l’égalité des droits.

Le déve­lop­pe­ment même du mou­ve­ment asso­cia­tif de lutte engendre deux types de pro­blèmes : celui de l’efficacité et celui de la durée. Comment être effi­cace à la bonne échelle (éli­mi­ner la pau­vreté et ne pas seule­ment aider les pauvres) ? Comment « durer » alors que le mili­tan­tisme lui-même est par­fois inter­mit­tent, comme on l’a vu ? Les réponses don­nées peuvent conduire à des dérives. Le « modèle » de l’efficacité étant l’entreprise et la recherche du ren­de­ment, les asso­cia­tions sont ten­tées d’en copier le fonc­tion­ne­ment (hié­rar­chie, sala­riat, c’est-à-dire pro­fes­sion­na­li­sa­tions des mili­tants, comme on l’a vu plus haut, etc.). Le modèle de la durée étant l’institution, l’association a ten­dance à s’en ins­pi­rer, ce qui conduit à mettre en place de véri­tables bureau­cra­ties, avec des sala­riés par­fois nom­breux, qu’il faut alors finan­cer dans la durée.

Dans les orga­ni­sa­tions struc­tu­rées de longue date, le pro­blème est en un sens inverse. À la CGT on cherche ainsi à répondre aux aspi­ra­tions des nou­veaux adhé­rents par un tra­vail sur les struc­tures qui fait para­doxa­le­ment redé­cou­vrir des pra­tiques plus anciennes : le fédé­ra­lisme au lieu du cen­tra­lisme, la déli­bé­ra­tion col­lec­tive en assem­blée géné­rale des sala­riés, etc. Cette évo­lu­tion remet en cause aussi une vision de la trans­for­ma­tion sociale qui a long­temps été domi­nante à gauche et qui pri­vi­lé­gie le rôle de l’État. Il y a prise de conscience du fait que qu’on ne peut se conten­ter de lutter contre le libé­ra­lisme par le seul recours à l’État (ce qui fait, là encore, renouer avec une convic­tion ancienne du mou­ve­ment ouvrier, un peu oubliée, en France tout au moins, pen­dant la période où les partis ont exercé leur hégé­mo­nie sur les syn­di­cats, qu’ils soient d’ailleurs réfor­mistes ou révo­lu­tion­naires !). D’où les recherches et réflexions au sein du mou­ve­ment syn­di­cal pour mieux conju­guer l’apport de la puis­sance publique et des outils qu’elle donne avec celui du mou­ve­ment social et de l’intervention des sala­riés.

Tout en étant moins pré­sente, par nature, sur le ter­rain éco­no­mique, des orga­ni­sa­tions comme la Ligue des droits de l’Homme ou la Ligue de l’enseignement mettent elles aussi l’accent sur la capa­cité d’initiative de leurs struc­tures décen­tra­li­sées.

Cette évo­lu­tion com­mune tra­duit la volonté de répondre, dans des contextes par ailleurs divers, à ce qui est perçu simul­ta­né­ment comme une stra­té­gie mieux adap­tée au pay­sage nou­veau créé par la mon­dia­li­sa­tion et aux aspi­ra­tions nou­velles des indi­vi­dus à plus d’autonomie et de créa­ti­vité telles qu’on a pu les voir appa­raître depuis une ving­taine d’années (qui sont d’ailleurs pour une part une des dimen­sions de la mon­dia­li­sa­tion). On peut d’ailleurs noter comme une constante chez nos inter­lo­cu­teurs la convic­tion qu’une des forces des libé­raux est d’avoir su mieux répondre jusqu’ici à ces aspi­ra­tions, quand ils ne les ont pas sus­ci­tées.

Le néo­li­bé­ra­lisme a en effet encou­ragé, à partir des années 1980, l’individualisme sous toutes ses formes. Mais si l’individualisme a des aspects néga­tifs du fait de la perte des repères que don­nait le sens du col­lec­tif, il ne faut pas en sous-esti­mer les aspects posi­tifs, en tout cas perçus comme posi­tifs par des indi­vi­dus aujourd’hui mieux formés, plus rompus à l’esprit cri­tique, mieux à même de ce fait de com­prendre le monde de façon auto­nome. Beaucoup de recherches, menées par des cher­cheurs qui ne sont pas tous libé­raux, loin de là, mettent bien en évi­dence cette ambi­guïté, trop long­temps igno­rée.

Développement des orga­ni­sa­tions, cam­pagnes de recru­te­ment et for­ma­tion

Une des carac­té­ris­tiques des orga­ni­sa­tions qui ont émergé dans le champ social depuis une dizaine d’années est de tirer leur effi­ca­cité non pas du nombre de leurs adhé­rents – elles ne sont pas ce qu’on a appelé des orga­ni­sa­tions de masse – mais de la réso­nance dans l’opinion de leurs thèmes reven­di­ca­tifs (très ciblés mais rele­vant tous de l’action pour l’égalité des droits et l’accès de tous à ces droits, pour résu­mer), des formes de la mobi­li­sa­tion, du recours sys­té­ma­tique au sou­tien média­tique. Elles ne cherchent donc pas néces­sai­re­ment à atti­rer des adhé­rents et des mili­tants. Elles ont par­fois même l’attitude inverse en dis­tin­guant fon­da­teurs (en nombre limité), adhé­rents, sou­tiens, dona­teurs, etc. Leur pro­blème est sou­vent de dépas­ser la contra­dic­tion qui peut exis­ter entre ce qui fait réagir à une situa­tion d’urgence (ins­tal­ler des tentes dans les rues pour obte­nir le relo­ge­ment de per­sonnes sans loge­ment, par exemple, comme cela s’est passé à Paris au cours de l’hiver der­nier) et la néces­sité d’une action durable, atta­quant le pro­blème à la source en quelque sorte.

Pour les syn­di­cats et les partis poli­tiques de gauche, la situa­tion est dif­fé­rente. Ils éprouvent en géné­ral de grandes dif­fi­cul­tés à recru­ter de nou­veaux membres et à les fidé­li­ser. Ces dif­fi­cul­tés sont pour partie la consé­quence de l’histoire de ces vingt der­nières années : le « dis­cré­dit du poli­tique », les alter­nances entre droite et gauche au gou­ver­ne­ment, sans que cela conduise à de véri­tables alter­na­tives, encore moins à la trans­for­ma­tion sociale, etc.

Une des réponses pos­sibles est l’organisation de cam­pagnes de recru­te­ment. En France, la deuxième grande confé­dé­ra­tion syn­di­cale, la CFDT, a eu recours à de véri­tables pro­fes­sion­nels, les déve­lop­peurs, en uti­li­sant d’ailleurs cer­tains cri­tères de la ges­tion des entre­prises (ges­tion par objec­tifs, rému­né­ra­tion aux résul­tats, etc.) Cette pra­tique est cou­rante dans le syn­di­ca­lisme euro­péen. La CGT a opté pour une voie plus « mili­tante », en créant cepen­dant en son sein des col­lec­tifs spé­cia­li­sés dans cette tâche. Le résul­tat est cepen­dant bien en deçà des espoirs. Malgré les moyens mis en œuvre, les effec­tifs n’ont guère pro­gressé. D’où une réflexion plus nou­velle, conduite avec des ins­ti­tu­tions spé­cia­li­sées dans les enquêtes d’opinion. Il appa­raît en effet qu’en France, une partie du pro­blème vient du petit nombre de sec­teurs pro­fes­sion­nels que le syn­di­cat orga­nise, alors que, sta­tu­tai­re­ment, la confé­dé­ra­tion a voca­tion à repré­sen­ter tout le sala­riat. Pour la CGT, la zone d’influence réelle est de 20% du sala­riat seule­ment (grandes entre­prises, admi­nis­tra­tions publiques, prin­ci­pa­le­ment). Un sec­teur comme le com­merce, qui compte presque le tiers des sala­riés du pays, est net­te­ment sous-repré­senté dans le syn­di­cat. S’y ajoutent des « défi­cits » chez les jeunes, les femmes et les per­sonnes issues de l’immigration.

Le para­doxe vient de ce que, en même temps, les études d’opinion menées par la CGT montrent une confiance dans la capa­cité des syn­di­cats à chan­ger les choses qui est plutôt en hausse depuis quinze ans (contrai­re­ment aux partis poli­tiques de gauche). Le syn­di­cat semble même appa­raître comme un « der­nier rem­part ». Plutôt que de redou­bler d’efforts de syn­di­ca­li­sa­tion dans les sec­teurs tra­di­tion­nels, où le ren­de­ment mar­gi­nal se révèle très faible, la CGT a donc opté pour une poli­tique de « redé­ploie­ment ». Elle se tra­duit par des chan­ge­ments sub­stan­tiels dans la « gou­ver­nance » (y com­pris la répar­ti­tion interne des moyens finan­ciers), une réflexion sur les struc­tures (des syn­di­cats ter­ri­to­riaux à côté des syn­di­cats d’entreprises) et un projet de jour­nal commun à tous les adhé­rents de la confé­dé­ra­tion. Dans la même optique, les stages de for­ma­tion sont en cours de révi­sion. La demande est forte pour les outils de l’activité syn­di­cale, à usage immé­diat en quelque sorte. Mais, comme pour les asso­cia­tions, le pro­blème est ici de trou­ver la bonne arti­cu­la­tion entre la péren­nité de l’organisation (et donc une for­ma­tion de base large, notam­ment dans le domaine éco­no­mique et social) et ce qui est immé­dia­te­ment uti­li­sable pour des formes plus spon­ta­nées et plus éphé­mères de l’action reven­di­ca­tive.

En guise de conclu­sion (très pro­vi­soire)

Nous avons essayé pour l’instant de repé­rer quelques-unes des ques­tions qui se posent aux orga­ni­sa­tions atta­chées à la trans­for­ma­tion sociale pour se déve­lop­per, élar­gir leur zone d’influence, atti­rer et rete­nir de nou­veaux membres. Ce qui conduit bien entendu à tenter d’analyser, pour en tenir compte, les aspi­ra­tions de ces nou­veaux acteurs sociaux.

Dans cette contri­bu­tion, nous avons pri­vi­lé­gié trois types d’associations (au sens le plus géné­ral de ce terme : des citoyens qui se mettent ensemble pour agir) : les syn­di­cats, les asso­cia­tions citoyennes anciennes, c’est-à-dire ayant une culture d’organisation for­te­ment ancrée, les asso­cia­tions « nou­velles » appa­rues depuis une quin­zaine d’années, notam­ment mais pas seule­ment avec la mon­dia­li­sa­tion. Cette typo­lo­gie n’a aucune pré­ten­tion scien­ti­fique. Nous avons seule­ment voulu donner un aperçu de la diver­sité des situa­tions, qui co-existe avec de nom­breux traits com­muns, pour, nous l’espérons, sus­ci­ter la réflexion et contri­buer à une meilleure com­pré­hen­sion de ce que sont aujourd’hui les acteurs sociaux por­teurs de la volonté de trans­for­ma­tion sociale.

Nous allons conti­nuer ce tra­vail avec le souci de ren­con­trer le plus grand nombre pos­sible de ces acteurs. Nous sou­hai­tons l’élargir à d’autres membres de Transform ! en Europe.

Les commentaires sont fermés.