Pour qui madame Monique Jérôme-Forget fait-elle la promotion des PPP

Par Mis en ligne le 10 octobre 2011

Montréal, le 4 octobre 2011 – Les membres du Secrétariat inter­syn­di­cal des ser­vices publics (SISP) ne sont pas éton­nés de voir avec quelle vigueur madame Monique Jérôme-Forget défen­dait les fameux par­te­na­riats public-privé (PPP) dans les médias hier. Le SISP rap­pelle que l’ancienne ministre des Finances du Québec tra­vaille main­te­nant à titre de conseillère spé­ciale chez Osler, un cabi­net d’avocats en droit des affaires qui offre entre autres des ser­vices-conseils dans le domaine des PPP et de la diver­si­fi­ca­tion des modes de finan­ce­ment et d’approvisionnement (DMFA). « Si madame Jérôme-Forget veut faire la pro­mo­tion de sa firme au Québec, qu’elle le fasse à livre ouvert et non sour­noi­se­ment en ten­tant encore de nous faire avaler que les PPP sont un excellent mode de finan­ce­ment. L’expérience nous prouve le contraire. », sou­ligne Régine Laurent, porte-parole du SISP.

Quand madame Jérôme-Forget pré­tend qu’il n’y a plus de PPP à l’heure actuelle, on se demande si elle a été absente du Québec depuis long­temps, car le gou­ver­ne­ment Charest n’a pas cessé d’avoir recours à ce mode de réa­li­sa­tion de projet lorsqu’il a rem­placé l’Agence des par­te­na­riats public-privé par Infrastructure Québec en mars 2010. Parmi les pro­jets en cours, pen­sons aux nom­breux pro­jets de CHSLD en Montérégie, au CHUM, à l’Adresse sym­pho­nique, à la construc­tion du pont de l’A25, au par­achè­ve­ment de l’autoroute 30, à la construc­tion des haltes rou­tières et à l’établissement du centre de déten­tion de Sorel-Tracy. L’industrie des PPP nous semble donc bien en santé !

Dans presque tous les cas de pro­jets en PPP, on assiste à des délais de réa­li­sa­tion et des dépas­se­ments de coûts. Dans le cas de l’autoroute 30, le coût du projet a aug­menté de 15 % en six mois, le projet ini­tial de l’Adresse sym­pho­nique en PPP devait coûter 105 M$ au lieu de 259 M$, sans oublier la saga du CHUM dont on ne cal­cule plus l’augmentation des dépenses. Sans être des « extras » aux yeux de madame Jérôme-Forget, ces dépas­se­ments coûtent chers aux contribuables.

DIMINUTION DE LA QUALITÉ DES SERVICES PUBLICS

À bout du compte, nous pou­vons consta­ter que non seule­ment il n’y a aucune éco­no­mie pour l’État, mais qu’il y a une dimi­nu­tion fla­grante de la qua­lité de nos ser­vices publics. En CHSLD, les heures de soins aux patients ne suf­fisent pas aux besoins. Le pont de l’A25 rap­por­tera davan­tage au consor­tium pen­dant les 30 ans où il sera le prin­ci­pal béné­fi­ciaire des droits de pas­sage. Quant aux haltes rou­tières, le gou­ver­ne­ment a dû verser 3,1 M$ à Immostar inc à titre de com­pen­sa­tion pour des délais encou­rus en vue de l’obtention de permis environnementaux.

Que Monique Jérôme-Forget affirme que les ingé­nieurs n’aiment pas les PPP parce que ça sauve de la fraude tient car­ré­ment de la mau­vaise foi. Au lieu d’être un rem­part pour contrer la fraude comme elle le déclare, l’augmentation du nombre d’intervenants dans les PPP com­plexi­fie le pro­ces­sus et le rend moins démo­cra­tique. En effet, les règles qui régissent les contrats consacrent l’opacité du sys­tème et rendent l’accès à l’information de plus en plus dif­fi­cile. La proxi­mité entre les firmes qui se regroupent en consor­tium et le gou­ver­ne­ment du Québec pour­rait même nous faire craindre l’émergence de conflits d’intérêts.

« Nous avons été très sur­pris d’entendre madame Jérôme-Forget dire à la radio que les gens ne com­prennent pas bien le prin­cipe des PPP alors que cette der­nière ne semble avoir aucune idée des réper­cus­sions directes sur la popu­la­tion et de la dimi­nu­tion de la qua­lité des ser­vices publics que les par­te­na­riats publics-privé pro­voquent. C’est d’ailleurs le mou­ve­ment syn­di­cal qui, dès le départ, a sonné l’alarme sur les dérives des PPP. Pour en connaître davan­tage sur les PPP, nous l’invitons à visi­ter notre site inter­net sur le sujet : http://​www​.sisp​.qc​.net/​v​i​g​i​e​-​i​n​f​r​a​s​t​r​u​c​t​u​r​e​-​q​u​e​b​e​c​/​q​u​e​s​t​-​c​e​-​q​u​u​n​-​p​p​p​/​i​n​d​e​x​.html », ajoute Régine Laurent.

À propos du SISP

Le SISP regroupe 330 000 membres issus de cinq orga­ni­sa­tions syn­di­cales (CSQ, FIQ, SFPQ, APTS et SPGQ), dont 265 000 pro­viennent des sec­teurs public, para­pu­blic et péri-public. La mis­sion pre­mière du Secrétariat s’articule autour de la défense et de la pro­mo­tion des ser­vices publics offerts à la popu­la­tion qué­bé­coise. Par leurs actions concer­tées, la CSQ, la FIQ, le SFPQ, l’APTS et le SPGQ sou­haitent favo­ri­ser l’accès à des ser­vices publics de qua­lité pour tous, et ce, sur l’ensemble du ter­ri­toire québécois.

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Pour Information : Christine Marceau, conseillère com­mu­ni­ca­tion SISP
Cellulaire : (514) 573-0280
marceau.​christine@​sisp-​n.​ca

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