Manifestation du 1er avril Les compressions, les tarifications et la privatisation ne sont pas la solution.

Mis en ligne le 23 mars 2010

Appel de la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics

Le gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Charest nous annonce qu’il faudra se serrer la cein­ture pour éli­mi­ner le défi­cit entraîné (nous dit-on) par la crise éco­no­mique. Les mesures qu’il pri­vi­lé­gie sont les com­pres­sions bud­gé­taires et l’augmentation des tarifs.

La liste des tari­fi­ca­tions que le gou­ver­ne­ment pour­rait mettre en place est impres­sion­nante : hausse des tarifs d’électricité, hausse des primes à l’assurance-médicaments, intro­duc­tion d’un ticket-modé­ra­teur en santé, hausse des frais de sco­la­rité, hausse éven­tuelle des frais de gar­de­rie, ins­tau­ra­tion d’une tari­fi­ca­tion de l’eau, hausse de la TVQ qui dépas­se­rait le 1% déjà annoncé, etc.

De telles mesures vont nuire d’abord aux plus pauvres, encore majo­ri­tai­re­ment les femmes (per­sonnes à l’aide sociale, tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires et au salaire mini­mum, étu­diants et étu­diantes, per­sonnes âgées, per­sonnes raci­sées, etc.) et appau­vrir la classe moyenne. Sans parler de la qua­lité des ser­vices publics et leur acces­si­bi­lité qui risquent d’écoper.

L’accès à des ser­vices publics uni­ver­sels et de qua­lité est l’un des moyens pour assu­rer la réa­li­sa­tion des droits humains et pour agir effi­ca­ce­ment sur les causes de la pau­vreté. Les ser­vices publics ont été créés pour que toutes et tous y aient accès sur la base de leurs besoins et non de leur capa­cité de payer. De plus, la pri­va­ti­sa­tion et la réduc­tion des ser­vices publics, en plus de rendre plus dif­fi­cile l’accès à ces ser­vices, forcent sou­vent les femmes à assu­mer elles-mêmes ces ser­vices dans la sphère domestique.

Une fis­ca­lité plus pro­gres­sive assu­re­rait une meilleure redis­tri­bu­tion de la richesse et per­met­trait à l’État d’augmenter ses reve­nus pour garan­tir de meilleurs pro­grammes et services.

Plutôt que de grat­ter le fond de nos poches, le gou­ver­ne­ment pour­rait plutôt aller cher­cher des mil­liards par :

la lutte contre l’évasion et l’évitement fiscal ;

l’ajout d’au moins un palier d’imposition pour les par­ti­cu­liers à hauts revenus ;

la réduc­tion ou l’abolition de cer­taines exemp­tions fis­cales qui ne pro­fitent qu’aux riches ;

la lutte contre la cor­rup­tion dans l’attribution des contrats gou­ver­ne­men­taux ; une saine ges­tion des finances publiques.

Les com­pres­sions, les tari­fi­ca­tions et la pri­va­ti­sa­tion ne sont pas la solu­tion. Pour finan­cer adé­qua­te­ment les ser­vices publics et les pro­grammes sociaux et pour lutter contre la pau­vreté : redis­tri­buons la richesse !

Infos : www​.nonaux​hausses​.org

Les commentaires sont fermés.