La pensée du Che et les processus actuels d’émancipation en Amérique latine

PARU DANS LA REVUE RECHERCHES INTERNATIONALES, NUMÉRO 93, JANVIER-MARS 2012.

Par , Mis en ligne le 14 novembre 2012

Les auteurs montrent com­bien les pro­ces­sus actuels d’émancipation en Amérique latine empruntent à la pensée d’Ernesto Guevara et de Simon Bolívar. Éthique révo­lu­tion­naire, devoir inter­na­tio­na­liste, démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et éman­ci­pa­tion humaine, voie ori­gi­nale et refus de modèle, en consti­tuent les traits saillants. C’est un combat constant, tant l’héritage de décen­nies d’exploitation, de domi­na­tion, d’autoritarisme, reste dif­fi­cile à éli­mi­ner.

Pour les pro­ta­go­nistes (cha­vistes, mili­tants du MAS boli­vien, d’Alianza País en Équateur…) du « socia­lisme du xxie siècle », le Che est omni­pré­sent dans l’actuelle vague de trans­for­ma­tion sociale qui secoue l’Amérique latine, et tou­jours l’objet d’une bataille poli­tique et idéo­lo­gique per­ma­nente, d’enjeux his­to­riques et mémo­riels ô com­bien actuels, cible enfin d’un révi­sion­nisme per­vers.

Pour nombre d’observateurs, sur­tout euro­péens, le Che serait « de retour » depuis les années 1990, de même que l’expérience cubaine. Les mili­tants latino-amé­ri­cains répondent : il n’est jamais parti ! C’est que l’exemple du « gué­rillero héroïque », ses ana­lyses de l’impérialisme, sa vision de l’unité conti­nen­tale, de l’internationalisme, et bien sûr le mythe, sont restés vivaces depuis cette exé­cu­tion qui le mythi­fia encore plus. Il est mort en quelque sorte au moment où il devait mourir, pour deve­nir un sym­bole. Sa force pro­pul­sive demeure intacte, impré­gnée certes de roman­tisme, mais sur­tout de germes d’autres mondes pos­sibles. Le sou­ve­nir du Che pousse des mil­lions d’hommes à résis­ter, à « uto­pi­ser ». On assiste depuis une quin­zaine d’années en Amérique latine à un retour des uto­pies éman­ci­pa­trices, à une cri­tique renou­ve­lée du capi­ta­lisme.

Toutefois, influence et omni­pré­sence n’impliquent nul­le­ment modèle à appli­quer, ni aveu­gle­ment, ni sui­visme ; au contraire, elles néces­sitent une luci­dité cri­tique, notam­ment à propos de l’échec de la lutte armée révo­lu­tion­naire des années 1960 et 1970. Nous allons donc essayer de remettre en pers­pec­tive la pensée du Che, sa pra­tique, et les confron­ter aux défis d’aujourd’hui, de com­prendre en quoi elles peuvent s’inscrire dans les grandes pro­blé­ma­tiques actuelles. Pourquoi le sym­bole reste-t-il si fort ? Pourquoi demeure-t-il un réfé­rent de résis­tance ? Un chan­geur de monde ?

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