La dérive sécuritaire du gouvernement Harper

Amir Khadir et Françoise David condamnent la dérive sécuritaire autour du sommet du G20 qui occulte les enjeux qui ont motivé des milliers de personnes à se rendre à Toronto pour manifester. Ils dénoncent également les arrestations arbitraires effectuées par les forces policières, dont celle d’une membre du comité de coordination de Québec solidaire.

Des enjeux importants

« Les chefs réunis au Sommet du G20, sont pour la plupart responsables des orientations qui ont plongé des économies entières dans la crise financière, analyse Françoise David, présidente de Québec solidaire. Ils ont autorisé la course folle à l’exploitation imprudente des ressources qui conduit à des désastres écologiques, tel que le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique.

Mais en toute irresponsabilité, ils refusent de tirer les conclusions qui s’imposent de ces ratés du système économique mondialisé. À l’instar de plusieurs ONG internationales, je me demande où sont les plans concrets d’action de la lutte contre le réchauffement climatique, le sida ou la mortalité infantile. » Pour Québec solidaire, les politiques économiques actuelles constituent une menace à la survie des écosystèmes, au maintien des services publics et à la prospérité des générations futures.

Le sommet organisé par le gouvernement canadien bat tous les records en termes d’exclusion. Même des organisations comme Oxfam et Vision mondiale sont exclues des lieux du sommet. « On reconnait dans cette dérive sécuritaire l’hostilité de plus en plus ouverte du gouvernement Harper envers toute composante la société civile qui ose critiquer les politiques actuelles, s’indigne Mme David. C’est à croire que ce gouvernement a oublié que nous vivons en démocratie. »

Arrestations arbitraires

Une membre du comité de coordination de Québec solidaire, Émilie Guimont-Bélanger, a été arrêtée ce matin à l’université de Toronto dans un dortoir aménagé pour accueillir des citoyen-ne-s venu-e-s protester contre le sommet du G20. Mme Guimont-Bélanger est à Toronto pour manifester pacifiquement, comme l’immense majorité des personnes qui tentent de se faire entendre des dirigeants réunis derrière les barrières de sécurité. Comme des centaines d’autres dans la même situation, la représentante de Québec solidaire a été victime d’une arrestation arbitraire,

« Dans leur chasse sans discernement aux casseurs, les autorités policières bafouent les droits de centaines de citoyennes et citoyens, dénonce Amir Khadir, député de Québec solidaire. C’est vraiment pitoyable. Après la débauche dépensière pour la sécurité comme prétexte pour le patronage de ministres conservateurs dans leur circonscription, le gouvernement Harper masque son incurie en criminalisant la contestation, ce qui est une violation de la démocratie. »