Etats-Unis : plus longue sera la crise

Par Mis en ligne le 09 octobre 2010

L’anniversaire de la faillite de Lehman Brothers est sou­vent assi­milé à celui du début de la crise. Comme tout sym­bole, celui-ci est très réduc­teur. Les fon­da­tions éco­no­miques de la puis­sance domi­nante n’ont pas com­mencé à trem­bler le 14 sep­tembre 2008. Dès 2006, l’investissement rési­den­tiel des ménages amé­ri­cains amor­çait sa contrac­tion [1]1 [1]. Les pro­cé­dures de défauts de paie­ment des pro­prié­taires endet­tés se mul­ti­pliaient. En 2007, c’était la débâcle des banques expo­sées aux pro­duits déri­vés. Bear Stearns annon­çait en juin la faillite de deux hedge funds [2]2 [2]. En France, le 9 août BNP-Paribas fer­mait trois fonds d’investissement. J.-H. Lorenzi, Président du Cercle des Economistes, éga­le­ment membre du Conseil d’Analyse Economique, assu­rait alors que les titres pour­ris étaient « des grains de sable dans la méca­nique, mais pas de quoi grip­per les moteurs de la crois­sance » [3]3 [3]. On connaît la suite : en 2008 la crise s’est non seule­ment aggra­vée aux Etats-Unis, empor­tant Lehman Brothers au pas­sage, mais elle est deve­nue mon­diale. Elle s’est trans­mise aux autres Etats du centre, prin­ci­pa­le­ment par le capi­tal ban­caire, et à la majeure partie de ceux de la péri­phé­rie, prin­ci­pa­le­ment par le com­merce. Malgré d’importantes inter­ven­tions publiques, cette crise se mani­feste tout à la fois par une réces­sion – le PIB mon­dial s’effondrant fin 2008 et début 2009 – une sur­pro­duc­tion et, dans une moindre mesure, une défla­tion. Où en est-on aujourd’hui ? Cet article vise à faire le point sur les évo­lu­tions rapides et contra­dic­toires sur­ve­nues ces der­niers mois aux Etats-Unis. On mon­trera d’abord que la reprise de la crois­sance, fin 2009, a non seule­ment été éphé­mère, mais qu’elle n’a pas amé­lioré la situa­tion de l’emploi. Les dif­fi­cul­tés du « redé­mar­rage » seront décrites dans une deuxième partie. Enfin, on verra que la crise reprend une nou­velle impul­sion à partir du lieu même d’où elle avait surgi en 2006 : l’immobilier états-unien.

La per­sis­tance d’un chô­mage de masse

En 2009, aux Etats-Unis, le PIB a dimi­nué de 2,4%. Avec le retour de la crois­sance sur­venu fin 2009, et confirmé début 2010, cer­tains annoncent la reprise. Mais en début d’année, la consom­ma­tion de ser­vices ralen­tit. Dans le même temps, le défi­cit com­mer­cial se creuse sous l’effet d’une forte accé­lé­ra­tion des impor­ta­tions, notam­ment en biens durables et moyens de pro­duc­tion [4]4 [4]. Ainsi, la crois­sance du PIB du deuxième tri­mestre 2010 (+1,6% en rythme annuel) est plus faible que celle du pre­mier tri­mestre (+3,7%), elle-même plus faible que celle de la fin 2009 (+5%). Le 9 sep­tembre, l’OCDE a révisé ses pré­vi­sions à la baisse : +2% au troi­sième tri­mestre 2010 et +1,2% au qua­trième tri­mestre.

Cette décé­lé­ra­tion inter­vient alors que plus de 8 mil­lions d’emplois amé­ri­cains ont été détruits en deux ans. Certes, durant les cinq pre­miers mois de 2010, la ten­dance s’est inver­sée : des emplois ont enfin été créés. Mais la plu­part d’entre eux étaient des postes tem­po­raires liés au recen­se­ment décen­nal qui a lieu cette année aux Etats-Unis. Les ten­dances néga­tives de fond sur le marché de l’emploi ont donc rapi­de­ment resurgi. Ainsi, on a enre­gis­tré une des­truc­tion nette de 125 000 emplois en juin, 54 000 en juillet et 54 000 en août.

Comment expli­quer le recul pas­sa­ger du taux de chô­mage offi­ciel, passé de 9,7% à 9,5% entre mai et juin ? Les don­nées du Bureau of Labour Statistics (BLS) montrent que la baisse du ratio (effec­tif des chô­meurs divisé par celui de la popu­la­tion active) inter­vient dans un contexte de dimi­nu­tion de la popu­la­tion active : faute de pers­pec­tives, de nom­breux tra­vailleurs sans emploi ne font plus de démarches sur le « marché du tra­vail » [5]5 [5]. En juin, le nombre de chô­meurs dimi­nuait offi­ciel­le­ment de 350 000 chô­meurs mais… la popu­la­tion active dimi­nuait de 652 000. Sur un an, la popu­la­tion « ne fai­sant pas partie de la force de tra­vail » s’est accrue de 2,3 mil­lions [6]6 [6]. Il est par­ti­cu­liè­re­ment signi­fi­ca­tif qu’une forte hausse de cette popu­la­tion soit inter­ve­nue entre avril et juin 2010 (+1,3 mil­lion), pré­ci­sé­ment pen­dant la période de dimi­nu­tion du taux de chô­mage offi­ciel (il pas­sait de 9,9% à 9,5%). Les indi­ca­teurs alter­na­tifs de sous-uti­li­sa­tion de la force de tra­vail publiés par le BLS mettent aussi en évi­dence ce phé­no­mène de décou­ra­ge­ment et d’exclusion du « marché du tra­vail ». Si le taux de chô­mage offi­ciel est plus faible en juin et juillet 2010 (9,5%) qu’en aout 2009 (9,7%), l’indicateur incluant les « chô­meurs décou­ra­gés » évolue en sens inverse (pas­sant de 10,1 à 10,2%) [7]7 [7].

Les Etats-Unis tra­versent une crise sociale majeure. Depuis la 2ème Guerre Mondiale, un tel chô­mage n’avait été observé que deux fois : briè­ve­ment en 1975 et plus lon­gue­ment en 1982-1983. Les Etats-Unis ne pos­sèdent pas d’amortisseurs sociaux com­pa­rables à ceux d’un pays comme la France. Or, le chô­mage de masse va durer : le taux offi­ciel (remonté à 9,6% en août) pour­rait dépas­ser 10% l’an pro­chain. L’administration Obama table ensuite sur un taux de chô­mage de 8,2% en 2012 (et 5,2%… à la fin de la décen­nie !).

Les tri­bu­la­tions du taux d’épargne

La per­sis­tance du chô­mage de masse s’explique bien sûr par la pro­fon­deur de la crise. En se fon­dant essen­tiel­le­ment sur la pro­duc­tion et l’emploi, le National Bureau of Economic Research (NBER) consi­dère que la réces­sion a duré 18 mois, de décembre 2007 à juin 2009, « soit la plus longue réces­sion depuis la 2è guerre mon­diale » [8]8 [8]. Selon le NBER, la pré­cé­dente avait duré de mars à décembre 2001. Or la lon­gueur de la crise actuelle est liée à la briè­veté de la pré­cé­dente. Le report des contra­dic­tions du régime néo-libé­ral a engen­dré une accu­mu­la­tion de dés­équi­libres. L’histoire de ces reports peut être racon­tée à partir de l’évolution du taux d’épargne des ménages.

Depuis le début des années 1980, la crois­sance amé­ri­caine est sti­mu­lée par la forte demande de consom­ma­tion. La part de la consom­ma­tion dans le PIB est montée à 71,6% en 2008. On observe dans le même temps une chute du taux d’épargne des ménages (voir gra­phique ci-des­sous). Il se sta­bi­lise à la fin de la décen­nie, avant de repar­tir pour une baisse quasi-conti­nue d’une quin­zaine d’années. Durant toute cette période, le défi­cit exté­rieur cou­rant rap­porté au PIB s’est accen­tué, sauf durant la paren­thèse de la fin des années 1980. La sur­con­som­ma­tion amé­ri­caine s’est nour­rie de l’épargne mon­diale [9]9 [9].

Cette évo­lu­tion peut être décom­po­sée en deux temps. Dans les années 1990, la consom­ma­tion était sti­mu­lée par l’envolée des cours de bourse. En effet, les actions figu­raient dans le patri­moine d’une part crois­sante des ménages amé­ri­cains. Or, il suffit que chacun consi­dère la valo­ri­sa­tion de son capi­tal fictif comme une richesse pou­vant être liqui­dée à tout moment pour créer un « effet richesse ». Cet effet repose évi­dem­ment sur une illu­sion : la pro­duc­tion ayant aug­menté bien moins vite, tous ne peuvent conver­tir leurs chif­fons de papier en pou­voir d’achat. Mais l’effet, lui, est bien réel : la part de la consom­ma­tion a aug­menté.

Après la crise de la « Nouvelle éco­no­mie », mar­quant en 2000-2001 la fin de la pre­mière étape, la bulle s’est dépla­cée vers l’immobilier. Ce trans­fert a été encou­ragé par la baisse dras­tique des taux d’intérêt. Entre 2000 et 2006, le taux de crois­sance annuel moyen de l’encours des cré­dits immo­bi­liers était de 13%. Soit un dou­ble­ment sur la période. Et la répar­ti­tion de ces prêts a éga­le­ment évolué puisque le mon­tant des prêts sub­primes a été, lui, mul­ti­plié par 7. C’est au cours de cette seconde période que le taux d’endettement des ménages passe d’à peine 100% à presque 140% [10]10 [10].

Avec la crise, le taux d’épargne se met à aug­men­ter. Du troi­sième tri­mestre 2007 au deuxième tri­mestre 2009, il passe de 1,8% à 7,2%. Les auto­ri­tés amé­ri­caines ne s’y trompent pas et se féli­citent de cette hausse rapide. On observe tou­te­fois une baisse durant le reste de l’année 2009, le taux d’épargne redes­cen­dant jusque 5,6% en fin d’année. Cela cor­res­pond à la période de redres­se­ment spec­ta­cu­laire de la crois­sance du PIB, pas­sant de -0.7% en T2, à 1.6% en T3 et 5% en T4 (en rythme annuel). Depuis, le taux d’épargne est reparti à la hausse et la crois­sance du PIB décé­lère.

Le retour de la crois­sance n’était donc pas du à l’émergence d’un nouvel ordre pro­duc­tif mais au fugi­tif retour vers l’ancien. Aussi la reprise fut-elle éphé­mère. Pour Martin Feldstein, ancien Président du NBER, « il est impos­sible de pré­voir l’évolution du taux d’épargne. Les ménages qui veulent recons­ti­tuer leur patri­moine et la dif­fi­culté d’obtenir un crédit font que le taux d’épargne pour­rait conti­nuer à monter. Il pour­rait dépas­ser sa valeur de 6,4% obser­vée en juin (le der­nier mois pour lequel on dis­pose de don­nées) et atteindre le taux de 9%, le taux d’épargne moyen de la décen­nie 1975-1984. Si cela se pro­dui­sait pro­chai­ne­ment, la consom­ma­tion dimi­nue­rait, pous­sant l’économie dans une double réces­sion. Par contre, si les ménages font preuve de confiance dans le rythme de la reprise, ils pour­raient limi­ter leur épargne afin de main­te­nir leur consom­ma­tion, même si leur revenu flé­chit » [11]11 [11]. La pre­mière hypo­thèse est pro­bable : la bulle conti­nue de se dégon­fler, le taux d’épargne remonte mais la réces­sion menace. En revanche, on voit mal com­ment les ménages pour­raient, au nom d’une mys­té­rieuse reprise, main­te­nir leur consom­ma­tion malgré les baisses de revenu pro­vo­quées par le chô­mage et malgré la baisse de patri­moine pro­vo­quée par la crise immo­bi­lière.

Immobilier : de nou­velles menaces

Depuis le plan TARP (Trouble Asset Relief Program) de 2008, l’intervention publique n’a cessé de croître pour essayer d’endiguer la crise immo­bi­lière. La Fed détient au moins 1 300 mil­liards de dol­lars en obli­ga­tions hypo­thé­caires. En 2009, plus de 80% des prêts hypo­thé­caires nou­veaux ont béné­fi­cié du sou­tien de l’Etat sous une forme ou sous une autre. Les cré­dits d’impôts ont incité cer­tains ménages à avan­cer leurs achats. Mais les récentes sta­tis­tiques confirment ce que l’on pou­vait devi­ner : au-delà de cet effet d’anticipation, le sec­teur immo­bi­lier est tou­jours en crise.

En mai 2010, la sup­pres­sion d’un dis­po­si­tif d’aide fis­cale a suffit à faire chuter tous les indi­ca­teurs. Les mises en chan­tier ont reculé de 10%, ce qui n’était pas arrivé depuis 14 mois. Les ventes de loge­ments neufs ont chuté de 36,7%, soit la plus forte baisse jamais enre­gis­trée depuis la créa­tion de cette sta­tis­tique. Le petit rebond observé en juin a été immé­dia­te­ment effacé par une nou­velle baisse en juillet (-12%). Au-delà des varia­tions conjonc­tu­relles, le décor demeure inquié­tant : près de 1,3 mil­lion de loge­ments neufs avaient été vendus en 2005, seule­ment 276 000 l’ont été ces douze der­niers mois (gra­phique ci-des­sous). Et « la demande d’espaces com­mer­ciaux ou indus­triels demeure dépri­mée » note la Fed [12]12 [12]. Les dépenses de construc­tion (805 mil­liards de dol­lars en rythme annua­lisé) sont au plus bas depuis 10 ans. Même le marché de l’ancien s’effondre : les ventes ont baissé de 27% en juillet, les stocks sont au plus haut depuis 10 ans.

Par rap­port à la demande sol­vable, le capi­tal immo­bi­lier demeure donc plé­tho­rique. Un trait essen­tiel des crises capi­ta­listes est que cette abon­dance se tra­duit socia­le­ment par l’appauvrissement de la popu­la­tion, et non par la satis­fac­tion de ses besoins. Entre le der­nier tri­mestre 2009 et le pre­mier tri­mestre 2010, le nombre de sai­sies a bondi : +18,6% de nou­velles pro­cé­dures, +8,5% de sai­sies en cours, +18,5% de sai­sies effec­tuées [13]13 [13]. En trois mois, plus de 150 000 ménages ont été expul­sés. On en pré­voit 1 mil­lion dans l’année. Dans le même temps, le nombre de rééche­lon­ne­ment des plans de rem­bour­se­ment (dis­po­si­tif HAMP) s’est pour­tant accru de 5,4%. Le Home Affordable Modification Program (HAMP) permet, pour les ménages éli­gibles, de dimi­nuer le taux d’intérêt jusqu’à 2% et d’étendre sa durée jusqu’à 40 ans. Le but est de réduire les men­sua­li­tés à 31% du revenu men­suel avant impôt. L’efficacité du dis­po­si­tif est rela­tive : 12 mois après le rééche­lon­ne­ment, plus de la moitié de ces prêts subissent un retard de paie­ment de plus de 60 jours.

La pro­por­tion de prêts immo­bi­liers subis­sant des retards de paie­ment a certes légè­re­ment dimi­nué (voir gra­phique). Mais 12,7% de 6 000 mil­liards de dol­lars, cela repré­sente encore un risque impor­tant. Le Congrès a demandé au gou­ver­ne­ment de pré­sen­ter une loi pour réfor­mer Fannie Mae et Freddie Mac. Ces deux éta­blis­se­ments, mis sous tutelle en sep­tembre 2008 et ren­floués à hau­teur de 148 mil­liards de dollar depuis lors, sou­tiennent actuel­le­ment la majeure partie du marché. Le secré­taire au Trésor, Timothy Geithner, a affirmé le 17 aout : « répa­rer ce sys­tème [du finan­ce­ment de l’immobilier] est l’un des pro­blèmes de poli­tique éco­no­mique les plus impor­tants et les plus com­pli­qués aux­quels est confronté notre pays ». S’il a rejeté l’idée d’en reve­nir au modèle pré­cé­dent, il n’a pas indi­qué quel pour­rait être le nou­veau…

Et après ?

Obnubilés par la « com­pé­ti­ti­vité » des entre­prises euro­péennes, des éco­no­mistes ont dressé au prin­temps le por­trait d’une éco­no­mie amé­ri­caine flo­ris­sante. Pourtant, outre-Atlantique, la crois­sance décé­lère, le chô­mage de masse s’est dura­ble­ment ins­tallé et la crise immo­bi­lière connaît une nou­velle aggra­va­tion. Quelles seront ses consé­quences ? Avec l’effondrement des sub­primes amorcé en 2006, la valeur des actifs déte­nus par les banques du monde entier avait été dépré­ciée en 2007. Là encore, il faut s’attendre à ce que la crise immo­bi­lière se trans­forme en crise ban­caire. Les don­nées du BEA indiquent un réta­blis­se­ment des pro­fits plus rapide en 2009 pour les « finan­cial indus­tries » que pour les « non-finan­cial indus­tries », ce qui n’est pas une sur­prise au vu des mesures dont ont béné­fi­cié les banques. La ten­dance s’inverse tou­te­fois début 2010 et, au second semestre, seul le profit des « non-finan­cial indus­tries » demeure en aug­men­ta­tion.

Mais au-delà du sec­teur ban­caire, les mêmes causes pro­dui­ront-elles les mêmes effets ? La situa­tion mon­diale n’est plus la même qu’à l’époque : l’Europe est dans une pro­fonde crise éco­no­mique et poli­tique, la plu­part des pays de l’OCDE sont for­te­ment endet­tés. Dans ces condi­tions quel sera l’impact du « second round » de la crise amé­ri­caine en Europe ? Dans une étude publiée le 19 aout der­nier, le Crédit Suisse estime que l’Europe pour­rait main­te­nir un taux de crois­sance plus élevé qu’aux Etats-Unis et que les risques pro­viennent sur­tout de l’évolution de l’économie chi­noise. Michel Aglietta explique au contraire que « ce que l’on observe aux Etats-Unis se mani­fes­tera d’ici à six mois en Europe. Toutes choses égales par ailleurs, on peut s’attendre à une crois­sance au deuxième semestre en zone euro infé­rieure à 2 % et de l’ordre de 1,5 % en 2011. Il n’y a que les gou­ver­ne­ments qui pensent encore autre chose. Surtout si le ralen­tis­se­ment est trop pro­noncé, on peut redou­ter une nou­velle crise de dettes sou­ve­raines » [14]14 [14].

La pre­mière thèse met en avant la faible cor­ré­la­tion de crois­sance entre les deux zones. Cette idée est d’ailleurs en partie confor­tée par l’histoire éco­no­mique : le cycle amé­ri­cain est plus accen­tué que celui de l’Europe et l’on observe un déca­lage d’environ deux ans entre les deux zones [15]15 [15]. Les creux sont atteints en 1991 et 2001 aux Etats-Unis, 1993 et 2003 dans l’UE. On pour­rait alors s’attendre à une rechute des éco­no­mies euro­péennes mais d’une ampleur moindre et pas avant fin 2011. La deuxième thèse, plus pes­si­miste, semble tou­te­fois plus juste parce qu’elle prend en compte une situa­tion radi­ca­le­ment nou­velle. La crise actuelle est une « grande crise » qui ne sera pas sur­mon­tée sans nouvel « ordre pro­duc­tif » mon­dial [16]16 [16]. De plus, la trans­mis­sion risque d’être plus grave et plus rapide que par le passé car les attaques contre les titres grecs ont révélé les contra­dic­tions de la construc­tion euro­péenne [17]17 [17]. Contrairement aux propos ras­su­rants de la Commission Européenne et de Madame Lagarde, la crise n’est pas une « tem­pête » qui souffle au dehors.

Philippe Légé

1 [18]. Source : http://​www​.bea​.gov/​N​a​t​i​o​n​a​l​/​F​A​2​0​0​4​/​S​t​r​u​c​t​u​r​e​s​_​t​y​p​e.pdf [19]

2 [20]. Fondée en 1923, Bear Sterns est rache­tée pour une bou­chée de pain par JP Morgan Chase en mars 2008.

3 [21]. Jean-Hervé Lorenzi, Libération, 11 aout 2007. http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​e​v​e​n​e​m​e​n​t​/​0​1​0​1​1​0​8​8​4​0​-​p​a​s​-​d​e​-​q​u​o​i​-​g​r​i​p​p​e​r​-​l​e​s​-​m​o​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​a​-​c​r​o​i​s​sance [22]

4 [23]. Pour plus de détails : http://www.bea.gov/scb/pdf/2010/08%20August/0810_gdpecon.pdf [24] . Voir aussi (dans la Table 4.2.1.) les fortes contri­bu­tions aux imports de « Industrial sup­plies and mate­rials, except petro­leum and pro­ducts », « Capital goods, except auto­mo­tive », « Consumer goods (durable goods) ».

5 [25]. Le même phé­no­mène explique la baisse du taux de chô­mage (de 9,9% à 9,7%) sur­ve­nue au deuxième tri­mestre 2010 en France : http://​www​.alter​na​tives​-eco​no​miques​.fr/​d​a​n​s​-​l​e​s​-​c​o​u​l​i​s​s​e​s​-​d​e​-​l​a​-​b​a​i​s​s​e​-​d​u​-​c​h​o​m​a​g​e​_​f​r​_​a​r​t​_​6​3​3​_​5​0​3​8​0​.html [26]

6 [27]. Bureau of Labour Statistics, News Release, September 3, 2010, table A.1 (p.11). http://​www​.bls​.gov/​n​e​w​s​.​r​e​l​e​a​s​e​/​p​d​f​/​e​m​p​s​i​t.pdf [28]

7 [29]. Table A.15 (p.26): http://​www​.bls​.gov/​n​e​w​s​.​r​e​l​e​a​s​e​/​p​d​f​/​e​m​p​s​i​t.pdf [28]

8 [30]. http://​www​.nber​.org/​c​y​c​l​e​s​/​c​y​c​l​e​s​m​a​i​n​.html [31] et http://​www​.nber​.org/​c​y​c​l​e​s​/​d​e​c​2​0​0​8.pdf [32]

9 [33]. Ces dés­équi­libres étaient sou­li­gnés dès 1999 par Wynne Godley dans “Seven Unsustainable Processes”, Strategic Analysis. http://​www​.levy​.org/​p​u​b​s​/​s​e​v​e​n​p​r​o​c.pdf [34] . Lire aussi Michel Husson, « Etats-Unis : la fin d’un modèle », La Brèche n°3, 2008 http://​hus​so​net​.free​.fr/​u​s​b​r​e​c​h​3.pdf [35] et Isaac Johsua, La grande crise du XXIe siècle, une ana­lyse mar­xiste, La Découverte, 2009.

10 [36]. M. Baily, S. Lund, C. Atkins, Will US consu­mer debt reduc­tion cripple the reco­very?, McKinsey Global Institute.

http://​www​.mckin​sey​.com/​m​g​i​/​r​e​p​o​r​t​s​/​p​d​f​s​/​u​s​_​c​o​n​s​u​m​e​r​s​/​M​G​I​_​U​S​_​c​o​n​s​u​m​e​r​s​_​f​u​l​l​_​r​e​p​o​r​t.pdf [37]

11 [38]. http://​www​.pro​ject​-syn​di​cate​.org/​c​o​m​m​e​n​t​a​r​y​/​f​e​l​d​s​t​e​i​n​2​6​/​F​rench [39]

12 [40]. http://​www​.fede​ral​re​serve​.gov/​F​O​M​C​/​B​e​i​g​e​B​o​o​k​/​2​0​1​0​/​2​0​1​0​0​9​0​8​/​f​u​l​l​r​e​p​o​r​t​2​0​1​0​0​9​0​8.pdf [41]

13 [42]. Pour plus de détails sur les don­nées citées dans ce para­graphe : Office of the Comptroller of the Currency, US Department of the Treasury, OCC and OTS Mortgage Metrics Report First Quarter 2010, June 2010 : http://​www​.occ​.treas​.gov/​f​t​p​/​r​e​l​e​a​s​e​/​2​0​1​0​-​6​9​a.pdf [43] . Voir aussi le site offi­ciel du dis­po­si­tif HAMP : http://​makin​gho​meaf​for​dable​.gov/​a​b​o​u​t​.html [44]

14 [45]. Entretien publié dans Le Monde, 29 aout 2010.

15 [46]. Lire à ce sujet : Francisco Vergara, « L’Europe décline-t-elle par rap­port aux Etats-Unis ? », Le Monde, 20 février 2007 : http://​www​.fran​cis​co​ver​gara​.com/​E​t​a​t​s​U​n​i​s.pdf [47]

16 [48] Sur le concept « d’ordre pro­duc­tif » : Bernard Rosier et Pierre Dockès, Rythmes éco­no­miques, Crises et chan­ge­ment social, une pers­pec­tive his­to­rique, La Découverte / Maspero, 1983.

17 [49]. Michel Husson, « Euro : le ver était dans le fruit », Le Snesup n°586, juin 2010. http://​hus​so​net​.free​.fr/​s​n​e​s​u​p​7.pdf [50] . Lire aussi : RMF, The Eurozone Between Austerity and Default, September 2010, http://​www​.resear​chon​mo​neyand​fi​nance​.org/​m​e​d​i​a​/​r​e​p​o​r​t​s​/​R​M​F​-​E​u​r​o​z​o​n​e​-​A​u​s​t​e​r​i​t​y​-​a​n​d​-​D​e​f​a​u​l​t.pdf [51]

* Interventions

URL source : http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​crise

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http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e7sym [8] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e8sym [9] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e9sym [10] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​10sym [11] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​11sym [12] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​12sym [13] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​13sym [14] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​14sym [15] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​15sym [16] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​16sym [17] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​17sym [18] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e1anc [19] http://​www​.bea​.gov/​N​a​t​i​o​n​a​l​/​F​A​2​0​0​4​/​S​t​r​u​c​t​u​r​e​s​_​t​y​p​e.pdf [20] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e2anc [21] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e3anc [22] http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​e​v​e​n​e​m​e​n​t​/​0​1​0​1​1​0​8​8​4​0​-​p​a​s​-​d​e​-​q​u​o​i​-​g​r​i​p​p​e​r​-​l​e​s​-​m​o​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​a​-​c​r​o​i​s​sance [23] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e4anc [24] http://​www​.bea​.gov/​s​c​b​/​p​d​f​/​2​0​10/08 August/0810_gdpecon.pdf [25] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e5anc [26] http://​www​.alter​na​tives​-eco​no​miques​.fr/​d​a​n​s​-​l​e​s​-​c​o​u​l​i​s​s​e​s​-​d​e​-​l​a​-​b​a​i​s​s​e​-​d​u​-​c​h​o​m​a​g​e​_​f​r​_​a​r​t​_​6​3​3​_​5​0​3​8​0​.html [27] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e6anc [28] http://​www​.bls​.gov/​n​e​w​s​.​r​e​l​e​a​s​e​/​p​d​f​/​e​m​p​s​i​t.pdf [29] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e7anc [30] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e8anc [31] http://​www​.nber​.org/​c​y​c​l​e​s​/​c​y​c​l​e​s​m​a​i​n​.html [32] http://​www​.nber​.org/​c​y​c​l​e​s​/​d​e​c​2​0​0​8.pdf [33] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e9anc [34] http://​www​.levy​.org/​p​u​b​s​/​s​e​v​e​n​p​r​o​c.pdf [35] http://​hus​so​net​.free​.fr/​u​s​b​r​e​c​h​3.pdf [36] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​10anc [37] http://​www​.mckin​sey​.com/​m​g​i​/​r​e​p​o​r​t​s​/​p​d​f​s​/​u​s​_​c​o​n​s​u​m​e​r​s​/​M​G​I​_​U​S​_​c​o​n​s​u​m​e​r​s​_​f​u​l​l​_​r​e​p​o​r​t.pdf [38] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​11anc [39] http://​www​.pro​ject​-syn​di​cate​.org/​c​o​m​m​e​n​t​a​r​y​/​f​e​l​d​s​t​e​i​n​2​6​/​F​rench [40] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​12anc [41] http://​www​.fede​ral​re​serve​.gov/​F​O​M​C​/​B​e​i​g​e​B​o​o​k​/​2​0​1​0​/​2​0​1​0​0​9​0​8​/​f​u​l​l​r​e​p​o​r​t​2​0​1​0​0​9​0​8.pdf [42] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​13anc [43] http://​www​.occ​.treas​.gov/​f​t​p​/​r​e​l​e​a​s​e​/​2​0​1​0​-​6​9​a.pdf [44] http://​makin​gho​meaf​for​dable​.gov/​a​b​o​u​t​.html [45] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​14anc [46] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​15anc [47] http://​www​.fran​cis​co​ver​gara​.com/​E​t​a​t​s​U​n​i​s.pdf [48] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​16anc [49] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​l​u​s​-​l​o​n​g​u​e​-​s​e​r​a​-​c​r​i​s​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​17anc [50] http://​hus​so​net​.free​.fr/​s​n​e​s​u​p​7.pdf [51] http://​www​.resear​chon​mo​neyand​fi​nance​.org/​m​e​d​i​a​/​r​e​p​o​r​t​s​/​R​M​F​-​E​u​r​o​z​o​n​e​-​A​u​s​t​e​r​i​t​y​-​a​n​d​-​D​e​f​a​u​l​t.pdf

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