Causerie sur Victor Serge. À l’occasion de la parution de « L’Affaire Toulaév »

Mis en ligne le 06 juin 2010

Mardi 15 juin 2010, 5 @ 7

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Le retour de Victor Serge

Victor Serge, de son vrai nom Victor Lvovitch Kibaltchitch (1890-1947), né en Belgique de parents russes réfu­giés, milite d’abord à Bruxelles et à Paris au début du XXe siècle dans les mou­ve­ments anar­chistes avant de rejoindre Moscou et de par­ti­ci­per acti­ve­ment au déploie­ment de l’Internationale Communiste. Révolté par la bureau­cra­ti­sa­tion du régime, il rallie ensuite l’opposition de gauche anti­sta­li­nienne. Incarcéré et exclu du Parti com­mu­niste, il finira sa vie en exil au Mexique.

Victor Serge est une figure sin­gu­lière de la contes­ta­tion et des luttes d’émancipation. Écrivain et libre pen­seur, il mena de front deux com­bats : celui de la révo­lu­tion et celui de la lit­té­ra­ture. Ce com­mu­niste héré­tique laisse ainsi en héri­tage un témoi­gnage lit­té­raire intime et juste des com­bats pour la liberté du siècle der­nier. Cet héri­tage, la jeu­nesse inter­na­tio­nale la redé­couvre à chaque nou­velle géné­ra­tion depuis les années 1960, c’est-à-dire à chaque nouvel élan de la contes­ta­tion poli­tique et sociale. Victor a publié plu­sieurs romans direc­te­ment basés sur son expé­rience en URSS de la révo­lu­tion et d’après la révo­lu­tion. Probablement son œuvre la plus com­plète, « L’Affaire Toulaév » vient d’être réédité par Lux.

L’Affaire Toulaév

Dans la froi­deur d’une nuit mos­co­vite, on abat en pleine rue le cama­rade Toulaév, un appa­rat­chik de haut rang du Parti com­mu­niste. L’enquête com­mence et la machine bureau­cra­tique sta­li­nienne se met en marche. De pré­ten­dus sus­pects, arrê­tés et inter­ro­gés, sont pris dans les mailles d’un filet qui étend ses rami­fi­ca­tions jusqu’à Paris et Barcelone. Ces incul­pés, dont Victor Serge fait le por­trait, n’ont qu’un point en commun : leur inno­cence. Ce polar poli­tique, dont la beauté et la force de l’écriture a marqué les esprits lors de sa paru­tion en 1948, est le récit des purges sta­li­niennes et des procès de Moscou. L’Affaire Toulaév est le roman noir d’une révo­lu­tion trahie, prise dans les entrailles d’un État cynique et cruel. Au-delà de sa dimen­sion his­to­rique, le livre expose, avec une sub­ti­lité que seule permet la fic­tion, les méca­nismes sociaux et psy­cho­lo­giques qui rendent pos­sible la sou­mis­sion à la tyran­nie – mais aussi la résis­tance.

La cau­se­rie sera donné par Richard Greeman Secrétaire de la Fondation Victor-Serge (France), uni­ver­si­taire (Yale, Columbia, Sorbonne) et mili­tant inter­na­tio­na­liste (Socialisme ou Barbarie, Students for a Democratic Society, US Social Forum), Richard Greeman a tra­duit en anglais cinq romans de Victor Serge, dont il pré­pare une bio­gra­phie.


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