Pierre-beaudet

¡Hasta siempre Comandante !
samedi 26 novembre 2016
Conjonctures et actualités

fidel-castroLes pro­chai­nes géné­ra­tions se sou­vien­dront long­temps de Fidel Castro et de sa révo­lu­tion impro­ba­ble. En 1959 avec une poi­gnée de gué­rillé­ros et une orga­ni­sa­tion fan­to­ma­ti­que, il s’empare du pou­voir détenu par quel­ques voyous et mafio­sos. Au début, les États-Unis hési­tent, mais rapi­de­ment, le conflit éclate, notam­ment lors­que le nou­veau gou­ver­ne­ment décide de redis­tri­buer les terres qui appar­tien­nent à la puis­sante United Fruit. Dès 1960, une guerre invi­si­ble com­mence avec les mul­ti­ples ten­ta­ti­ves de la CIA d’assassiner Castro. En 1961, une ten­ta­tive d’invasion menée par des mer­ce­nai­res cubains à la solde des États-Unis se ter­mine par un lamen­ta­ble échec. En 1962, le monde passe à un cheveu de la guerre nucléaire quand les États-Unis déci­dent d’empêcher l’installation de mis­si­les sovié­ti­ques à Cuba.

Castro tient le coup parce qu’essentiellement, il a l’appui de la popu­la­tion. D’une part, il rompt avec la cor­rup­tion géné­ra­li­sée et l’insolence des riches qui avaient trans­formé ce pays en une sorte de bordel déli­rant des États-Unis. D’autre part, le nou­veau régime, certes peu démo­cra­ti­que, a l’immense qua­lité de répon­dre aux besoins du peuple, ce qui place Cuba bien en avant des pays d’Amérique latine au niveau des poli­ti­ques socia­les et de l’intégration socio-éco­no­mi­que des cou­ches mar­gi­na­li­sées (notam­ment des Afro-Cubains). Cuba devient le cham­pion dans plu­sieurs domai­nes (santé mater­nelle et infan­tile, alpha­bé­ti­sa­tion et sco­la­ri­sa­tion, etc.)

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La gauche et la question nationale
Le Parti socialiste du Québec et la question nationale
Le rendez-vous manqué
vendredi 28 octobre 2016
Conjonctures et actualités

En 1963, une for­ma­tion poli­ti­que voit le jour au Québec pour mettre de l’avant un projet socia­liste. Avec des syn­di­ca­lis­tes et des intel­lec­tuels, le Parti socia­liste du Québec (PSQ) s’inscrit dans cette gauche « émer­gente » qui se déve­loppe dans le contexte d’une révo­lu­tion pas-si-tran­quille qui tra­verse le Québec. Au départ pro­met­teur, le projet s’étiole jusqu’à sa dis­pa­ri­tion dans l’indifférence géné­rale en 1968. L’intention de cet essai n’est pas de faire une his­toire « défi­ni­tive » du PSQ, mais d’explorer à partir de cette expé­rience his­to­ri­que les débats qui se sont concen­trés sur la ques­tion natio­nale. Un tableau synop­ti­que sur l’histoire du PSQ se retrouve à la fin du texte.

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Le Forum social mondial après Montréal
samedi 17 septembre 2016
Conjonctures et actualités

FSM 2016 sigleLe Forum social mon­dial s’est ter­miné à Montréal le 13 août der­nier après quatre jours de déli­bé­ra­tions et de ren­con­tres. Le bilan est en train de se faire. Et il faut en dis­cu­ter ample­ment, car ce FSM appar­tient à un grand « nous » qui inclut les mou­ve­ments popu­lai­res de plu­sieurs pays, pas seule­ment au Québec. Il y a cer­tai­ne­ment des aspects posi­tifs qui ont été atteints à Montréal, en même temps que des côtés plus som­bres. Cette situa­tion ouvre un débat com­plexe qui s’amorce au FSM où doit se déci­der dans les pro­chains mois com­ment conti­nuer cette grande aven­ture.

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Un certain 11 septembre
jeudi 15 septembre 2016
Conjonctures et actualités


golpe_de_estado_1973Quand arrive cette date fati­di­que, je suis, comme plu­sieurs, inter­pellé, choqué, un peu désta­bi­lisé. En 2001, les atta­ques contre les États-Unis ont lit­té­ra­le­ment créé un « autre monde », marqué par la « guerre sans fin » annon­cée par le pré­si­dent Bush, dont les consé­quen­ces ne ces­sent de s’amplifier aujourd’hui, dans une sorte de « crise des crises » qui semble avoir de belles années devant elle.

Mais cette his­toire, qu’il faut mieux com­pren­dre, tout en com­pa­tis­sant avec les vic­ti­mes, ce n’est pas ce dont je veux parler aujourd’hui.

Je pense que la plu­part des lec­teurs de PTAG savent qu’il y a eu un autre 11 sep­tem­bre, en 1973, aux consé­quen­ces éga­le­ment gra­vis­si­mes. À Santiago, dans les autres gran­des villes chi­lien­nes, il y a eu un mas­sa­cre qui a duré pen­dant plu­sieurs mois, voire quel­ques années. L’armée chi­lienne, avec l’appui des diver­ses clas­ses domi­nan­tes, au Chili, aux États-Unis et ailleurs, a éra­di­qué le projet d’un pou­voir popu­laire qui pre­nait forme dans ce pays, porté par un gou­ver­ne­ment pro­gres­siste d’autre part, et par une incroya­ble mobi­li­sa­tion par en bas d’autre part. À l’époque où le capi­ta­lisme com­men­çait à se mon­dia­li­ser, ce projet était insup­por­ta­ble. Il fal­lait le casser, à tout prix et tout de suite. C’est ce que raconte le mer­veilleux docu­men­taire de Patricio Guzman, « La bataille du Chili ». C’est un témoi­gnage incroya­ble, que vous pouvez regar­der tran­quille­ment chez vous, car il est, inté­gra­le­ment, sur Youtube.

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Visas refusés
Mon ami Refaat ne viendra pas au Forum
FSM de Montréal
dimanche 7 août 2016
Conjonctures et actualités

Refaat_SabbahC’était à la fin des années 1980. L’Intifada, le sou­lè­ve­ment pales­ti­nien non armé, bat­tait son plein. Les jeunes affluaient par mil­liers dans les rues pour affron­ter les sol­dats de l’occupation qui avaient reçu l’ordre de « casser des bras », selon l’expression du pre­mier minis­tre israé­lien de l’époque. Dans les vil­la­ges, les quar­tiers, par­tout, la popu­la­tion pales­ti­nienne, de tous les âges, met­tait en place une sorte d’administration paral­lèle.

Refaat Sabbah venait de Burkin, un petit vil­lage du nord de la Cisjordanie occu­pée, alors en rébel­lion ouverte contre l’occupation. Pendant de longs mois, Refaat avait été détenu, sans procès ni accu­sa­tion (la « déten­tion admi­nis­tra­tive »). Finalement, lors­que je l’ai connu, il venait de ter­mi­ner ses études et de com­men­cer à exer­cer sa pro­fes­sion d’enseignant à Ramallah.

Être ensei­gnant en Palestine, c’est un hon­neur, un défi et une mis­sion. Dans les écoles sur­peu­plées, les jeunes sont sur­vol­tés. En même temps, l’éducation est le bien le plus pré­cieux où enfants, ensei­gnants et parents s’acharnent, sou­vent dans des condi­tions très dif­fi­ci­les, à faire fonc­tion­ner les écoles. Refaat com­pre­nait qu’il fal­lait non seule­ment gérer ce chaos per­ma­nent, mais aussi remet­tre en ques­tion les maniè­res de faire et un cer­tain auto­ri­ta­risme hérité des admi­nis­tra­tions pré­co­lo­nia­les. C’est ainsi que Paulo Freire s’est infil­tré en Palestine grâce au tra­vail du col­lec­tif mis en place par Refaat, le Teacher Creativity Center (TCC). C’était un combat acharné à la fois contre les méca­nis­mes de l’occupation et contre une partie de la société et du lea­der­ship pales­ti­nien conser­va­teur.

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En avant vers le Forum social mondial
FSM 2016 – Dans quelques jours…
samedi 30 juillet 2016
Conjonctures et actualités

30FSM 2016 sigleIl y a des occa­sions dans notre courte vie de papillon qu’il ne faut pas man­quer. Ce n’est pas tou­jours ce à quoi on s’attend. On peut être sur­pris ou même déçu par rap­port à ce qu’on espé­rait au départ. Mais au bout de la ligne, on se dit, « une chance que j’étais là »…

Depuis 2001, le Forum social mon­dial a navi­gué d’un bout à l’autre du monde. Il a été asso­cié pen­dant long­temps à l’essor des mou­ve­ments popu­lai­res et des gou­ver­ne­ments pro­gres­sis­tes en Amérique latine, d’où le fait qu’il a eu lieu plu­sieurs fois au Brésil. Il s’est déplacé en Asie, en Afrique et ailleurs dans le monde, sou­vent dans des condi­tions dif­fi­ci­les. Il y a eu des forums, ima­gi­nez-vous, à Bagdad, Istanbul, Karachi, Mumbai, Ramallah, Gaza, Tunis, dans ce vaste « arc des crises » où se jouent d’interminables tra­gé­dies. Le Forum s’est éga­le­ment pro­mené aux États-Unis, dans plu­sieurs villes euro­péen­nes où on a appris à mieux se connaî­tre, à se soli­da­ri­ser, à fêter aussi.

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En marche vers le Forum social mondial
La deuxième vie du FSM
Enjeux du FSM de Montréal
vendredi 27 mai 2016
Conjonctures et actualités

FSM 2016 sigleCe Forum mon­dial, vous vous en sou­vien­drez, est né au Brésil en 2001. À l’époque, la vague de chan­ge­ment en menait large en Amérique du Sud. Des mou­ve­ments comme le MST (Brésil), les Piqueteros (Argentine), les comi­tés popu­lai­res (Bolivie) met­taient les domi­nants en péril. Parallèlement, des gou­ver­ne­ments pro­gres­sis­tes étaient élus dans plu­sieurs pays. En Europe, c’était la belle époque d’Attac, du réfé­ren­dum contre le traité euro­péen en France (gagné par les mou­ve­ments). Il y avait aussi l’essor d’un nouvel inter­na­tio­na­lisme, comme le démon­trait avec éclat le splen­dide Sommet des peu­ples des Amériques, à Québec en avril 2001. Et c’est là-dessus donc que le FSM a « surfé » pen­dant plu­sieurs années sous l’impulsion des réseaux lati­nos avec la par­ti­ci­pa­tion de plu­sieurs autres, dont le réseau qué­bé­cois qui a pris une place plus qu’honorable dans le pro­ces­sus.

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En marche vers le Forum social mondial
Plus que la moitié du monde
samedi 14 mai 2016
Université populaire 2016

FSM 2016 sigleIl y a déjà de cela plu­sieurs décen­nies, la nou­velle géné­ra­tion fémi­niste était montée à l’assaut du ciel, non seule­ment pour confron­ter le capi­ta­lisme patriar­cal, mais aussi pour dépous­sié­rer les mou­ve­ments de gauche qui pen­saient encore que la lutte des femmes, c’était un « front secon­daire ». Cela fait pres­que drôle aujourd’hui, mais il a fallu des luttes et des luttes pour faire en sorte que les mou­ve­ments popu­lai­res et les partis pro­gres­sis­tes se « déniai­sent » et por­tent la ques­tion de l’égalité au pre­mier plan. Cette trans­for­ma­tion a été bien sûr ini­tiée et conso­li­dée par de for­mi­da­bles mou­ve­ments comme la Fédération des femmes du Québec qui a réussi, en plus d’organiser des résis­tan­ces immen­ses devant les assauts contre les droits des femmes, à « infil­trer » la conscience fémi­niste au sein des syn­di­cats, des grou­pes popu­lai­res et de tout le monde. Aujourd’hui, Québec soli­daire par exem­ple se défi­nit comme une orga­ni­sa­tion fémi­niste.

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La situation au Brésil
Le coup
vendredi 6 mai 2016
Conjonctures et actualités

Crise-politique-BrésilLa pré­si­dente bré­si­lienne Dilma Rousseff sera déchue de son poste d’ici quel­ques jours puis­que le Sénat vientd ‘approu­ver la pro­po­si­tion de l’impeachment adop­tée par le Congrès (par­le­ment) à la fin du mois pass. Réélue à la pré­si­dence en 2014 pour un deuxième mandat, Dilma (au Brésil, on appelle les res­pon­sa­bles poli­ti­ques par leur prénom) avait suc­cédé à Luiz Inácio Lula da Silva, dit Lula, le fon­da­teur his­to­ri­que du Parti des tra­vailleurs (PT). Rapidement, après cette vic­toire cepen­dant, la pré­si­dente a dû faire face à un bar­rage de pro­tes­ta­tions qui l’ont menée très bas dans les son­da­ges. L’opposition de droite, de même que cer­tains des partis alliés au PT et mem­bres de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale, ont alors décidé de ren­ver­ser Dilma sans atten­dre les pro­chai­nes élec­tions (pré­vues en 2018). Cette déci­sion s’explique sans doute par la rumeur à l’effet que Lula, qui béné­fi­cie encore de l’appui de la majo­rité de la popu­la­tion, vou­lait se pré­sen­ter à la pré­si­dence (au Brésil, on ne peut pas se pré­sen­ter plus de deux fois de suite à une élec­tion, mais rien n’empêche de reve­nir plus tard). Cette situa­tion dra­ma­ti­que résulte de plu­sieurs fac­teurs.

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