Yes we can

Mis en ligne le 02 novembre 2008

Une for­mule magique, presque, mais pas tout à fait intra­dui­sible. « Si, se puede » … Et qui évoque à la fois une montée en puis­sance et une forte vague de confiance en soi, trou­vée ou retrou­vée. Confiance et espoir, tant dans le rêve des indi­vi­dus que dans l’aspiration du col­lec­tif. Une for­mule à la fron­tière du psy­cho­lo­gique et du social.Ça res­semble un peu (en mieux) à notre « On est capables ! », qu’on enten­dait et qu’on entend encore dans nos luttes et nos espoirs d’émancipation.

Par François Cyr et Pierre Beaudet

EMPOWERMENT

Sous la même « rubrique », l’« EMPOWERMENT » : un mot d’exclus, de lais­sés pour compte qui veulent cesser de l’être. La vie, ma vie, nos vies, peuvent chan­ger un peu et peut-être beau­coup. Un mot d’espoir qui rap­pelle qu’il ne pousse rien de bon dans le fumier des défaites ou du triomphe de nos pires enne­mis. Que l’action, quelle soit sociale, syn­di­cale ou poli­tique, ne se nour­rit vrai­ment que de vic­toires. Même si elles sont petites. Même si elles sont minimes. Car les « petites » avan­cées pré­parent les grandes. Pour bouger, il faut d’abord sentir que quelque chose de mieux est pos­sible, là, tout de suite, comme à portée de la main. D’abord sur­tout, ne pas recu­ler. Partout et tou­jours, l’action col­lec­tive crée sa propre dyna­mique, elle permet aux humbles et aux timides de tasser les grandes gueules dont le métier consiste à faire taire afin de faire croire. Ça peut com­men­cer par une ques­tion : « s’cusez mon­sieur l’expert éco­no­mique, je ne suis pas un savant comme vous, mais est-ce que cela se peut que vous nous racon­tez des sor­nettes ? »

Qu’est-ce que c’est encore, l’empo­werment ?

  • L’audace du pre­mier geste, qu’on trouve en soi-même après avoir posé une ques­tion alors qu’on se tai­sait, après avoir voté lorsqu’on s’abstenait, après avoir mani­festé alors qu’on disait que ne ça sert à rien, après avoir gagné une grève alors qu’on crai­gnait de la faire. Cette audace, on la découvre aussi dans la cha­leur de l’action col­lec­tive. On com­prend que l’autre, aussi, a la trouille, mais qu’à deux, cent ou mille, on prend vite du galon.
  • La fierté que res­sent la sala­riée vic­time de har­cè­le­ment après avoir déposé la plainte contre son supé­rieur – abu­seur. La joie légi­time qu’elle éprouve quand elle le voit bafouiller et mentir dans la boîte des témoins.
  • Le mot qui vient à l’esprit lorsqu’on voit, sou­rire aux lèvres, de longues files d’électeurs et d’électrices afro-amé­ri­cains ou lati­nos s’apprêtant à aller voter pour leur can­di­dat.
  • Et pour nous ? C’est à cela que nous pen­se­rons après avoir appuyé Françoise, Amir et les 123 autres, le 8 décembre pro­chain.

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