Yes we can

Une formule magique, presque, mais pas tout à fait intraduisible. « Si, se puede » … Et qui évoque à la fois une montée en puissance et une forte vague de confiance en soi, trouvée ou retrouvée. Confiance et espoir, tant dans le rêve des individus que dans l’aspiration du collectif. Une formule à la frontière du psychologique et du social.Ça ressemble un peu (en mieux) à notre «On est capables ! », qu’on entendait et qu’on entend encore dans nos luttes et nos espoirs d’émancipation.

Par François Cyr et Pierre Beaudet

EMPOWERMENT

Sous la même « rubrique », l’« EMPOWERMENT » : un mot d’exclus, de laissés pour compte qui veulent cesser de l’être. La vie, ma vie, nos vies, peuvent changer un peu et peut-être beaucoup. Un mot d’espoir qui rappelle qu’il ne pousse rien de bon dans le fumier des défaites ou du triomphe de nos pires ennemis. Que l’action, quelle soit sociale, syndicale ou politique, ne se nourrit vraiment que de victoires. Même si elles sont petites. Même si elles sont minimes. Car les « petites » avancées préparent les grandes. Pour bouger, il faut d’abord sentir que quelque chose de mieux est possible, là, tout de suite, comme à portée de la main. D’abord surtout, ne pas reculer. Partout et toujours, l’action collective crée sa propre dynamique, elle permet aux humbles et aux timides de tasser les grandes gueules dont le métier consiste à faire taire afin de faire croire. Ça peut commencer par une question : « s’cusez monsieur l’expert économique, je ne suis pas un savant comme vous, mais est-ce que cela se peut que vous nous racontez des sornettes ? »

Qu’est-ce que c’est encore, l’empowerment ?

  • L’audace du premier geste, qu’on trouve en soi-même après avoir posé une question alors qu’on se taisait, après avoir voté lorsqu’on s’abstenait, après avoir manifesté alors qu’on disait que ne ça sert à rien, après avoir gagné une grève alors qu’on craignait de la faire. Cette audace, on la découvre aussi dans  la chaleur de l’action collective. On comprend que l’autre, aussi, a la trouille, mais qu’à deux, cent ou mille, on prend vite du galon.
  • La fierté que ressent la salariée victime de harcèlement après avoir déposé la plainte contre son supérieur – abuseur. La joie légitime qu’elle éprouve quand elle le voit bafouiller et mentir dans la boîte des témoins.
  • Le mot qui vient à l’esprit lorsqu’on voit, sourire aux lèvres, de longues files d’électeurs et d’électrices afro-américains ou latinos s’apprêtant à aller voter pour leur candidat.
  • Et pour nous ? C’est à cela que nous penserons après avoir appuyé Françoise, Amir et les 123 autres, le 8 décembre prochain.