Des réglementations et des taxes pour contrer les crises financières

Mis en ligne le 08 novembre 2008

Des régle­men­ta­tions et des taxes pour contrer les crises finan­cières Face à la crise finan­cière actuelle, ATTAC-Québec réaf­firme la néces­sité de mettre fin à l’emprise de la finance sur l’ensemble de l’économie. Tout au long de ses dix années d’existence, à l’échelle inter­na­tio­nale, ATTAC n’a cessé de mettre en garde contre les dan­gers de la spé­cu­la­tion finan­cière, de dénon­cer une haute finance hors contrôle, aveu­glée par son endoc­tri­ne­ment idéo­lo­gique et son adhé­sion sans réserve au fon­da­men­ta­lisme du marché.

Attac Québec

Plus que jamais, la pré­sente crise finan­cière et éco­no­mique nous donne raison. La débâcle actuelle aux États-Unis était tout à fait pré­vi­sible. Au cours des cinq der­nières années, les grandes banques et les finan­ciers ont cru que le marché pour­rait résoudre le pro­blème de l’accessibilité au loge­ment. Ils ont encou­ragé des ménages à reve­nus pré­caires à signer des actes d’hypothèques très ris­qués, à taux d’intérêts et à rem­bour­se­ments variables. Ces prêts irres­pon­sables et l’incapacité de rem­bour­ser de citoyens états-uniens, dont les reve­nus ont stagné ou baissé depuis plu­sieurs années, sont aujourd’hui au centre de la tra­gé­die.

Dans leur uni­vers déré­gle­menté, les fonds spé­cu­la­tifs, les banques d’affaires, les cour­tiers et autres archi­tectes finan­ciers ont conçu, à partir de ces cré­dits hypo­thé­caires et à grande échelle, des pro­duits finan­ciers à très hauts risques, jouant avec l’argent des épar­gnants, des fonds de pla­ce­ments et des fonds de pen­sion. Par d’obscurs mon­tages finan­ciers, avec des effets de levier, on a favo­risé la créa­tion d’une gigan­tesque bulle finan­cière. Les réper­cus­sions de la crise se font déjà sentir dans plu­sieurs régions du monde. Et comme tou­jours, ainsi qu’on l’a vu en Argentine et ailleurs, le citoyen ordi­naire devra payer la fac­ture.

Cette crise exi­gera du gou­ver­ne­ment états-unien un sau­ve­tage aux dimen­sions épiques. Mais elle doit aussi inci­ter d’autres gou­ver­ne­ments, dont celui du Canada, à prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés et à revoir la déré­gle­men­ta­tion des mar­chés finan­ciers, des banques et de la Bourse, effec­tuée depuis les vingt-cinq der­nières années. Le retour à une situa­tion plus stable ne sera pos­sible que dans la mesure ou les acteurs finan­ciers se ver­ront impo­ser des limites à leur capa­cité de spé­cu­ler sur les valeurs mobi­lières et immo­bi­lières. Et sur­tout, il faut d’urgence inter­dire cer­tains véhi­cules finan­ciers hyper spé­cu­la­tifs (swap, futures, options, etc.) et éli­mi­ner les fonds à risque (hedge funds).

De plus, ATTAC-Québec croit qu’il est plus néces­saire que jamais d’imposer une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières, qui aurait l’avantage de limi­ter la spé­cu­la­tion, de sta­bi­li­ser le marché des changes et d’apporter d’importants reve­nus qui per­met­traient de com­pen­ser lar­ge­ment aux méfaits d’éventuelles crises.

La spé­cu­la­tion a déjà fait assez de mal à trop de citoyennes et citoyens. Prenons-en acte et reve­nons à un monde finan­cier régle­menté. ATTAC, l’Association qué­bé­coise pour la Taxation des Transactions finan­cières et pour l’Action Citoyenne, est une asso­cia­tion citoyenne non-par­ti­sane pré­sente dans 40 pays. ATTAC-Québec a été fondée en 2000. Mouvement d’éducation popu­laire tourné vers l’action, ATTAC s’applique à faire connaître les enjeux qui accom­pagnent la mon­dia­li­sa­tion finan­cière.

ATTAC-Québec orga­nise pré­sen­te­ment, à Montréal, quatre ren­contres pour com­prendre la crise finan­cière. Prochain rendez-vous : le samedi 18 octobre. Détails : ATTAC Québec.


Source : ATTAC Québec

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