Washington ferme la porte aux réfugiés haïtiens

Mis en ligne le 29 janvier 2010

L’administration Obama a pris des mesures extra­or­di­naires pour empê­cher les Haïtiens déses­pé­rés d’entrer aux Etats-Unis depuis que le trem­ble­ment de terre du 12 jan­vier a dévasté la nation cari­béenne, tuant envi­ron 200.000 per­sonnes, fai­sant au moins 1,5 mil­lion de sans-abris et fai­sant 1 mil­lion d’enfants orphe­lins. L’effort pour empê­cher les Haïtiens d’entrer au pays — incluant les bles­sés qui recherchent un trai­te­ment médi­cal — illustre que la prio­rité de l’intervention menée par les Etats-Unis n’est pas de sauver es vies, mais d’établir un contrôle mili­taire sur la population.

Cinq navires de la garde côtière amé­ri­caine ont rejoint des navires de la marine amé­ri­caine déployés sur les côtes haï­tiennes — pas pour livrer de la nour­ri­ture, de l’eau ou des médi­ca­ments aux malades et aux mou­rants, mais pour arrê­ter les Haïtiens qui pour­raient tenter de s’échapper. Le com­man­dant de la garde côtière, Chris O’Neil, a dit au New York Times que tous ceux qui tentent de fuir Haïti seraient cap­tu­rés et retour­nés, mais que, jusqu’à main­te­nant, son unité n’a pas été témoin d’une ten­ta­tive. « Rien, zéro, a dit O’Neil, et pas d’indice qui nous montre que quelqu’un est en train de faire des pré­pa­ra­tions pour faire une telle tentative. »

Les res­pon­sables amé­ri­cains ont dit qu’il y a peu de preuve que les Haïtiens quittent les Etats-Unis, mais « ils s’inquiètent que dans les pro­chaines semaines, les condi­tions de vie qui iront en se dégra­dant en Haïti pour­raient encou­ra­ger un exode. » Le fait que les res­pon­sables amé­ri­cains pla­ni­fient des « condi­tions qui iront en se dégra­dant » en Haïti lors des « pro­chaines semaines » — au-delà de la situa­tion déses­pé­rée qui règne là-bas main­te­nant — est une admis­sion fla­grante que Washington n’a pas l’intention de rendre les secours dis­po­nibles au plus grand nombre, encore moins de rebâ­tir Haïti.

L’administration Obama fait aussi des plans pour incar­cé­rer les Haïtiens qui pour­raient ris­quer le dan­ge­reux voyage en mer jusqu’aux Etats-Unis, qui, à chaque année, coûte la vie de cen­taines de per­sonnes. Des res­pon­sables ont dit au Times qu’ils « ébauchent des plans pour ramas­ser tout bateau qui trans­porte des immi­grants illé­gaux et les envoyer à Guantanamo Bay » — la base mili­taire amé­ri­caine à Cuba qui est célèbre pour ses abus de « ter­ro­ristes sus­pec­tés ». Le dépar­te­ment de la sécu­rité inté­rieure a annoncé qu’il allait vider des espaces dans sa prison de dépor­tés du sud de la Floride, le Krome Service Processing Center, au cas où un flot d’Haïtiens arriverait.

Le porte-parole du dépar­te­ment d’Etat amé­ri­cain, Noel Clay, a annoncé que les Etats-Unis n’assoupliraient pas leurs condi­tions pour l’obtention d’un visa pour les Haïtiens. La poli­tique stricte de visa s’étend aux 1 mil­lion d’orphelins qui sont esti­més pro­ve­nir du trem­ble­ment de terre — 10 pour cent de la popu­la­tion haï­tienne. Le secré­taire du dépar­te­ment de la sécu­rité inté­rieure, Janet Napolitano, a dit lundi que les Etats-Unis pren­dront une poi­gnée d’orphelins sur « parole d’honneur huma­ni­taire ». La poli­tique s’applique à ceux qui avaient des papiers d’orphelins avant le trem­ble­ment de terre et qui devaient déjà être adop­tés par des familles amé­ri­caines. Lundi, envi­ron 50 enfants haï­tiens qui dont toutes les for­ma­li­tés pour leur adop­tion aux Etats-Unis avaient été rem­plies sont arri­vés à Pittsburgh, à l’Hôpital pour enfant de la Pennsylvanie, après que leur orphe­li­nat se soit effon­dré dans le trem­ble­ment de terre.

Le dépar­te­ment d’État a même refusé d’octroyer des visas à des Haïtiens malades ou mou­rants pour qu’ils puissent être trai­tés dans un hôpi­tal d’urgence adja­cent à l’aéroport de Miami. Le Dr William O’Neill, le doyen de la faculté de méde­cine de l’Université de Miami qui a créé l’hôpital, a affirmé que cette poli­tique était « plus qu’absurde ». Le dépar­te­ment d’Etat est dirigé par Hillary Clinton, qui, avec son mari l’ancien pré­sident amé­ri­cain Bill Clinton, prend la pos­ture d’un ami des sur­vi­vants au trem­ble­ment de terre en Haïti.

Les mesures prises pour empê­cher les Haïtiens de cher­cher refuge aux Etats-Unis sont presque sadiques. Alors que les Etats-Unis ont refusé de donner la per­mis­sion d’atterrir à Port-au-Prince à de nom­breux avions d’aide, tous les jours, un avion-cargo de l’armée de l’air amé­ri­caine sur­vole pen­dant des heures les zones sinis­trées pour émettre le mes­sage sui­vant en créole : « Écoutez, ne tentez pas de quit­ter le pays par bateau. Si vous tentez de faire cela, vous ne ferez qu’empirer vos pro­blèmes. Parce que, pour être hon­nête avec vous, si vous pensez que vous pour­rez atteindre les Etats-Unis et que les portes vous seront ouvertes, ce ne sera pas le cas. Et vous serez inter­cepté sur la mer et retour­ner là d’où vous êtes partis. »

Le Miami Herald a rap­porté mardi que les Etats-Unis avaient inter­dit tous les vols com­mer­ciaux en pro­ve­nance d’Haïti non pas à cause des dom­mages à l’aéroport, mais parce qu’on ne pou­vait pas déter­miné si les pas­sa­gers poten­tiels se trou­vaient sur une liste d’interdiction de vol ou les faire passer par des détec­teurs de métal. Spirit Airlines et American Airlines ont des vols cargos et amènent des tra­vailleurs de l’aide huma­ni­taire à Port-au-Prince depuis le len­de­main du trem­ble­ment de terre, mais leurs avions reviennent tou­jours avec des « cen­taines de sièges vides ». Une des rares excep­tions à cet état de fait, lundi der­nier quelques dou­zaines d’étudiants amé­ri­cains et le jour­na­liste amé­ri­cain de Fox Geraldo Rivera ont obtenu l’autorisation de prendre l’avion du secré­ta­riat d’Etat et sont reve­nus aux Etats-Unis sur un vol de Spirit.

Spirit et American ont dit qu’ils rece­vaient beau­coup de demandes pour des vols hors de Haïti et qu’ils per­daient de l’argent. « Les gens nous appellent conti­nuel­le­ment » pour des vols hors de Haïti a dit la porte-parole de Spirit, Misty Pinson, au quo­ti­dien The Herald. « Nous sommes submergés. »

Le dépar­te­ment d’Etat a exempté les vols noli­sés privés pro­ve­nant de Haïti des exi­gences « anti-ter­ro­ristes ». Ces com­pa­gnies peuvent prendre des pas­sa­gers qui louent des avions pour autant que 4000 $ l’heure ou qui peuvent payer 1000 $ pour un aller vers la Floride.

L’indifférence com­plète et la cruauté de l’embargo amé­ri­cain contre les Haïtiens venant aux Etats-Unis furent mises en relief par un repor­tage en direct dif­fusé mardi lors des nou­velles de la radio de CBS décri­vant les mil­liers de rési­dents de Port-au-Prince rem­plis­sant les plages dans un effort déses­péré pour embar­quer dans des bateaux déjà surpeuplés.

Les efforts des Etats-Unis pour garder les réfu­giés haï­tiens hors du pays font contraste avec leurs efforts, menées par Bill Clinton, pour pro­mou­voir le trans­fert des ate­liers de misère de vête­ments en Haïti. La pau­vreté extrême en Haïti est le résul­tat de décen­nies de domi­na­tion du capi­ta­lisme américain.

Les tra­vailleurs amé­ri­cains doivent reje­ter cette der­nière ten­ta­tive de vic­ti­mi­sa­tion des Haïtiens et deman­der qu’ils leur soient permis de s’installer aux Etats-Unis avec tous les droits.

Pendant ce temps, l’opération de secours — le soi-disant objec­tif de la pré­sence mili­taire amé­ri­caine — s’est avérée être une telle débâcle que même les médias ont été forcés d’admettre l’échec évident à livrer de la nour­ri­ture, de l’eau et des médi­ca­ments au peuple haïtien.

Très rapi­de­ment après le trem­ble­ment de terre, l’armée amé­ri­caine a pris l’aéroport de Port-au-Prince et a pris le contrôle du port de la capi­tale de la ville, qui est lar­ge­ment détruit. Des flot­tilles navales et de la garde côtière ont été rapi­de­ment déployées dans les eaux d’Haïti. Des mil­liers de sol­dats ont été déployés.

Mais, non seule­ment l’armée amé­ri­caine n’a pas fourni une aide signi­fi­ca­tive aux Haïtiens lors de la der­nière semaine, pen­dant laquelle des dizaines de mil­liers d’individus sont morts sous les immeubles effon­drés ou par l’absence de nour­ri­ture, d’eau et de médi­ca­ments de base. Elle a, en fait, joué un rôle contre-pro­duc­tif, ordon­nant à des dou­zaines de vols conte­nant de l’aide de rebrous­ser chemin. Ces vols pro­ve­naient des orga­ni­sa­tions de secours aux sinis­trés et d’autres pays.

L’armée amé­ri­caine a pré­tendu que les détour­ne­ments d’avion sont le résul­tat de conges­tion à l’aéroport. Mais, 40 pour cent de tous les atter­ris­sages ont été mili­taire — un de ces atter­ris­sages étant l’avion Air Force Cargo qui a fait des vols en cercle à chaque jour au-dessus du pays afin d’avertir les Haïtiens de ne pas aller aux Etats-Unis.

La déci­sion d’ordonner à des vols trans­por­tant des doc­teurs, des infir­mières et des vivres de rebrous­ser chemin a sans doute eu comme consé­quence des mil­liers de morts. Médecins sans fron­tières a dit que, pen­dant la fin de semaine, cinq de ses vols n’ont pas eu la per­mis­sion d’atterrir à Haïti, mais furent plutôt détour­nés vers la République domi­ni­caine. Benoit Leduc, le chef des opé­ra­tions de l’organisation, a dit que les délais encou­rus ont coûté des « cen­taines de vies ». La Croix-Rouge a aussi dit que ses avions n’avaient pu atter­rir pen­dant la fin de semaine.

Dans un com­mu­ni­qué de presse mardi, Médecins sans fron­tière a dit que ses avions sont encore en train d’être retour­nés. Un avion-cargo trans­por­tant 12 tonnes d’équipements, de médi­ca­ments et d’équipements chi­rur­gi­caux a été retardé trois fois dans la nuit de dimanche, selon le communiqué.

Les cen­taines de vols mili­taires qui ont atterri n’ont fourni que peu d’aide. S’il y avait des preuves que les sol­dats amé­ri­cains four­nissent de l’aide, c’est cer­tain que les médias amé­ri­cains la télé­dif­fu­se­raient de manière inces­sante. Des sol­dats ont dit qu’ils n’avaient tou­jours pas quitté leurs navires de guerre et leur base à l’aéroport. Ils « n’ont, pour la majeure partie, pas été une pré­sence signi­fi­ca­tive dans les rues, » comme le New York Times l’a dit de manière charitable.

Il y a eu une excep­tion mardi matin, lorsque les médias ont dif­fusé des images d’hélicoptères de l’armée amé­ri­caine atter­ris­sant devant le palais natio­nal effon­dré, où des dizaines de mil­liers d’Haïtiens ont attendu pen­dant près d’une semaine en ne rece­vant pra­ti­que­ment aucune aide. Les sol­dats ont dis­tri­bué du maté­riel de secours, mais ils ont aussi semblé construire un centre de com­mande, situé sym­bo­li­que­ment au même endroit que le siège du gou­ver­ne­ment haïtien.

L’ambassade amé­ri­caine en Haïti pré­tend qu’elle n’a pas été en mesure de livrer le maté­riel néces­saire « pour des rai­sons de sécu­rité ». Il est donc sous-entendu que les vies des tra­vailleurs huma­ni­taires sont mises en danger par des Haïtiens « pilleurs ». En fait, il n’y a pas eu un seul cas rap­porté de tra­vailleurs huma­ni­taires atta­qués par des Haïtiens. Comme le Wall Street Journal de mardi l’a noté, « Les res­pon­sables amé­ri­cains ont pointé du doigt les ques­tions de sécu­rité pour le retard dans l’approvisionnement en aide. Mais, une équipe de doc­teurs cubains a été vue lundi en train de trai­ter des cen­taines de patients sans qu’il n’y ait de fusil ou de soldat visible. »

Même si de tels dan­gers existent, cela ne ferait que sou­le­ver la ques­tion de ce que l’armée amé­ri­caine fait en Haïti si ses mil­liers de sol­dats ne sont pas en train d’amener l’aide huma­ni­taire à la popu­la­tion ou de pro­té­ger ceux qui le font.

Étant donné les preuves de plus en plus grandes qu’elle entrave les opé­ra­tions de sau­ve­tage, l’armée amé­ri­caine fut contrainte mardi de nier la nature évi­dente de sa mis­sion en Haïti. « Il y a eu des repor­tages dans les actua­li­tés selon les­quels les Etats-Unis enva­hissent Haïti », a dit le colo­nel Kane de l’armée amé­ri­caine. « Nous n’envahissons pas Haïti. C’est ridi­cule. Il s’agit d’aide humanitaire. »

Le colo­nel Kane a déclaré aux jour­na­listes à l’aéroport de Port-au-Prince « qui en est venu à res­sem­bler à une base mili­taire amé­ri­caine, où des héli­co­ptères décollent et atte­rissent sans cesse », selon le New York Times. Ce qui reste du gou­ver­ne­ment haï­tien doit se réunir dans un poste de police adja­cent à l’aéroport.

La pré­sence mili­taire inter­na­tio­nale à Haïti, sous direc­tion des Etats-Unis, conti­nue à gagner en impor­tance. Les sol­dats amé­ri­cains et inter­na­tio­naux ont main­te­nant l’autorité de répri­mer la popu­la­tion en vertu d’un décret du gou­ver­ne­ment haï­tien pro­mul­gué hier à la demande de la secré­taire d’Etat amé­ri­caine Hillary Clinton.

On s’attend à ce que les forces amé­ri­caines en Haïti même et au large du pays atteignent 11.000 per­sonnes au cours des pro­chains jours. Le Pentagone a dit que le 22e corps expé­di­tion­naire de la marine arri­vera bien­tôt à l’ouest de Port-au-Prince.

Les sol­dats cana­diens, au nombre d’environ 2000, seront déployés dans les villes dévas­tées de Léogâne et de Jacmel, près de l’épicentre du trem­ble­ment de terre au sud-ouest de Port-au-Prince. Le Canada a envoyé deux navires de guerre aux­quels se join­dront bien­tôt des navires de l’Italie, de l’Espagne et du Venezuela.

Le Conseil de sécu­rité des Nations unies qui s’est réuni mardi der­nier à New York a approuvé l’envoi de 3500 sol­dats et agents de police sup­plé­men­taires en Haïti. Avec ces nou­velles troupes, l’ONU aura 10.500 dans ce pays.

Alors que plus de sol­dats sont dépê­chés sur les lieux, les efforts inter­na­tio­naux d’aide sont loin d’être suf­fi­sants pour satis­faire aux besoins de nour­ri­ture, d’eau et de soins. Ces efforts jusqu’à pré­sent ont résulté en ce que seule­ment « une petite frac­tion de l’aide pro­mise a pu se rendre aux cen­taines de mil­liers de Haïtiens qui en ont déses­pé­ré­ment besoin » selon une éva­lua­tion qu’a faite le Guardian de l’aide dis­tri­buée mardi dernier.

La recherche pour des sur­vi­vants dans les décombres des immeubles qui se sont écrou­lés n’a sauvé que 90 per­sonnes à ce jour selon les chiffres de l’ONU. L’espoir dimi­nue, mais deux femmes ont été extir­pées des décombres d’un immeuble de l’université mardi der­nier et les équipes de sau­ve­tage ont pu détec­ter des bat­te­ments car­diaques au moyen d’équipements sophis­ti­qués sous les décombres d’une banque.

Malgré le fait que des experts affirment que des vic­times sont tou­jours en vie sous les ruines des villes d’Haïti, l’armée amé­ri­caine a dit qu’il était de mettre un terme aux opé­ra­tions de recherche et de sau­ve­tage. « Nous nous atten­dons à passer très bien­tôt de la phase de recherche à une phase de recons­truc­tion », a dit le géné­ral de la marine Daniel Allyn, l’adjoint au com­man­dant des forces amé­ri­caines en Haïti.

Selon le Programme ali­men­taire mon­dial (PAM), une agence de l’ONU basée à Rome, seule­ment 250.000 rations ali­men­taires quo­ti­diennes auraient été dis­tri­buées à ce jour, la moitié de ce nombre par l’armée amé­ri­caine. Le PAM a réussi a dis­tri­bué envi­ron 50.000 rations lundi passé, envi­ron la moitié du nombre prévu. Les Etats-Unis ont com­mencé mardi à para­chu­ter de la nour­ri­ture et de l’eau. La pre­mière semaine de la crise, le Pentagone a refusé de consi­dé­rer cette méthode de dis­tri­bu­tion en disant que cela fini­rait en émeutes.

Des jour­na­listes ont rap­porté des scènes d’horreur et de peur à Port-au-Prince. Des dizaines de mil­liers de Haïtiens quittent la capi­tale pour la cam­pagne, soit à pied, soit en s’entassant dans des auto­bus et des bateaux. Des camions ser­vant habi­tuel­le­ment à la col­lecte des ordures viennent dépo­sés des cen­taines de corps dans des fosses communes.

A cause du manque d’antibiotiques et d’autres médi­ca­ments, beau­coup d’amputations sont réa­li­sées d’une façon som­maire, sou­vent sans mor­phine ou autre anti­dou­leur, dont on manque par­tout. Des doc­teurs et des infir­mières au comble du déses­poir conti­nuent à deman­der des anes­thé­siants, des scal­pels et des scies pour ampu­ter les membres écra­sés, selon Associated Press. Un repré­sen­tant de Médecins sans fron­tières a dit que les chi­rur­giens de son hôpi­tal de pre­mière ligne à Cité Soleil ont été forcés d’acheter une scie au marché local pour pou­voir réa­li­ser des ampu­ta­tions après qu’un autre de ses avions s’est vu refu­ser la per­mis­sion par l’armée amé­ri­caine d’atterrir à Port-au-Prince.

« C’était l’amputation ou la mort », a dit à NBC le Dr Nancy Snyderman, tra­vaillant pour l’aide huma­ni­taire. « Il y a beau­coup d’infections secon­daires. C’est la prin­ci­pale cause de mort actuellement. »

« Dans un pays où il est si dif­fi­cile de sur­vivre en temps normal, cela devient presque impos­sible pour un amputé. Cela sou­lève immé­dia­te­ment la ques­tion de ce qui vien­dra ensuite », a déclaré Snyderman. « On ne trouve pas de pro­thèses dans ce pays qui sera bien­tôt un pays d’orphelins et d’amputés. »

« J’ai vu des bébés dont le crâne était fendu comme un melon d’eau », a-t-elle conti­nué. « Les méde­cins ne pou­vaient rien faire que de leur bander la tête, les cou­vrir et les lais­ser mourir. »

L’indifférence de Washington devant ces hor­reurs est pal­pable. Après avoir vu des chi­rur­giens sté­ri­li­sés leur équi­pe­ment avec de la vodka, Bill Clinton, en tête des opé­ra­tions de sau­ve­tage, a déclaré « C’est incroyable ce que les Haïtiens peuvent accomplir. »

Avant la visite de Clinton, l’hôpital a été mis sous la pro­tec­tion de 100 para­chu­tistes amé­ri­cains, a rap­porté l’Agence France-Presse. Les para­chu­tistes refou­laient les foules déses­pé­rées de Haïtiens aux portes de l’hôpital.

Tom Eley

http://​www​.wsws​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​N​e​w​s​/​2​0​1​0​/​j​a​n​2​0​1​0​/​h​a​i​t​-​j​2​6​.​shtml

(Article ori­gi­nal anglais paru le 20 jan­vier 2010)

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