Vieillissement et capitalisme : de l’exclusion à la solidarité ?

Julien Simard

L’époque est pour le moins étrange pour les personnes vieillissantes. Alors que l’espérance de vie rallonge en Occident – toutes choses étant égales par ailleurs – certains commentateurs et journalistes appréhendent, à grand renfort de métaphores, une menace réelle à moyen terme, incarnée dans une sourde peur de ces corps fatigués, en désuétude, dont il faudrait s’occuper, devant lesquels il est impératif de s’organiser collectivement. Ce péril est tantôt nommé « tsunami gris », d’autres fois « armageddon gériatrique » ou est parfois même représenté par l’expression « démographie apocalyptique » dans le monde anglo-saxon. On se réfère ici au fait que la plupart des États occidentaux verront leur proportion de personnes dépassant l’âge de 65 ans atteindre plus de 20 % de leur portrait démographique national d’ici l’an 2050.

Pour certainEs commentateurs et commentatrices, les pressions exercées sur l’État-providence par cette présence générationnelle particulière seraient telles qu’il faudrait repenser celui-ci dans son ensemble (lire en sous-texte : approfondir davantage les coupures dans les programmes sociaux). Habituellement, dans beaucoup de ces discours médiatiques, les propositions éditoriales portant sur les nécessaires réformes des services de santé s’orientent vers la solution de l’utilisateur-payeur. Les aînéEs deviennent ainsi les boucs-émissaires d’un système apparemment surchargé, exsangue, devant « gérer » encore davantage d’inactifs, tandis que s’accumulent jour après jour les dettes nationales ; il faut alors cesser de collectiviser la dépendance et en faire assumer les coûts aux individus eux-mêmes. Au même moment, assez curieusement, on assiste à l’éclosion d’un marché de services en plein essor autour du troisième âge : voyages, médicaments, quartiers spécialisés, résidences privées, produits d’assurance, offres à la carte de toutes sortes. Au-delà du danger qu’elles représentent, les personnes âgées deviennent un marché lucratif dans le capitalisme postfordiste.

Par contre, alors que les droits et l’importance de l’inclusion sociale et politique des aînéEs sont de plus en plus réaffirmés dans les discours officiels et au niveau législatif, sur le terrain, dans les villes notamment, la marge de manœuvre de cette « population » diminue face à la gentrification, au « capacitisme », à la profonde orientation « jeuniste » des sociétés contemporaines et à son corollaire obligé, l’âgisme. On pourrait également mentionner la non-application ou le retrait pratique de certaines mesures sociales, telle la Ley de dependencia espagnole, votée en 2007, pour faciliter le maintien à domicile des personnes vieillissantes en perte d’autonomie, mais restée lettre morte en raison de la crise économique qui sévit dans la péninsule ibérique depuis 20081. Chose certaine, le capitalisme contemporain, dans sa mouture « austère », affecte profondément les personnes âgées, qui souvent se retrouvent dans un entre-deux flou et distendu entre les discours officiels reconnaissant leur existence et leurs besoins concrets, leurs réalités quotidiennes.

Ce texte cherchera à aborder ce vaste sujet en identifiant certaines modalités d’inscription du capitalisme dans la sphère du vieillissement, autant dans les domaines du symbolique que de la vie matérielle. Pour ce faire, je présenterai d’abord rapidement les contours des représentations dominantes de la vieillesse dans les sociétés occidentales contemporaines, en explicitant notamment la tension entre la promotion de plus en plus courante du vieillissement actif et les dynamiques de discrimination qui y sont implicitement associées. Je m’attarderai ensuite au cas de Montréal pour démontrer comment la gentrification affecte le droit de vieillir chez soi, malgré des volontés politiques réitérées de garder les aînéEs à domicile. J’enchainerai avec une étude de cas effectuée sur le terrain à Barcelone, pour illustrer différentes alternatives visant à recréer du lien et des zones de rencontre entre les aînéEs et la société civile. Cette section se présente comme une reproduction de certaines notes ethnographiques compilées en juin 2013 sur des groupes d’aînéEs impliquéEs dans des formes d’engagement politique autonome, luttant contre les politiques d’austérité. Je terminerai avec une courte réflexion sur l’inclusion sociale des aînéEs et les possibilités de faire advenir un « vieillissement solidaire » dans les sociétés contemporaines.

Représentations des personnes âgées dans le capitalisme avancé

Nous devons d’abord et avant tout définir ce que nous entendons par « aînéEs », car ce groupe n’est pas homogène, ni ne peut être universellement défini. Dans le champ gérontologique et dans les politiques publiques, par convention, on parle d’une « personne âgée » ou d’un « senior » comme quelqu’un d’âgé de 65 ans et plus, mais d’autres études placent ce seuil à 60 ans. Il peut manifestement naître une confusion entre le groupe des retraitéEs et celui des personnes âgées, ces premiers pouvant, selon les contextes nationaux, entrer en retraite dès l’âge de 55, ou même 50 ans : la vigilance scientifique est donc de mise dans le découpage des catégories2. Pour les besoins de la cause – puisqu’il faut bien trancher quelque part – je considèrerai ici une personne âgée comme étant quelqu’un d’âgé de plus de 65 ans. Les droits, devoirs, attitudes, positions sociales qui sont associés aux personnes vieillissantes ne traversent pas les sociétés de manière uniforme, une évidence qu’il faut parfois rappeler à certains chercheurs ethnocentriques.

Pour l’anthropologue Bernard Bernadi3, l’âge est un « marqueur social, associant des déterminations objectives posant la coïncidence normale d’un âge et d’un rôle ou d’une fonction », et le passage d’une cohorte à une autre peut se faire soit par un acte initiatique ou par une appartenance générationnelle, souvent consacrée publiquement d’une manière ou d’une autre. Dans l’Occident contemporain, le découpage entre les temps de la vie (jeunesse, vie adulte dite « active » et vieillesse) est la conséquence d’un mode particulier de gestion des populations, structuré d’abord et avant tout par le travail4. Il n’est donc pas étonnant que les luttes pour les droits des aînéEs passent d’emblée par la revendication de régimes de protection sociale, de retraite, et par des tentatives de redéfinition de ce que sont la productivité et l’activité dans le dernier tiers de la vie, de manière à limiter les effets d’exclusion liés au fait d’arrêter de travailler et de consommer au même régime que durant la vie adulte.

Or, nous assistons depuis quelques décennies déjà à une médicalisation et à une pathologisation de ce statut qu’est la vieillesse, processus basé sur une dichotomie étanche entre vie active et vie passive, elle-même étroitement reliée aux nouvelles définitions de la citoyenneté néolibérale. Sera inclus dans la « cité » qui fournira un input aux réserves matérielles et symboliques de valeur du capitalisme avancé, d’où la présence grandissante d’argumentaires en santé publique mettant de l’avant des politiques et des mesures garantissant et implémentant le « vieillissement actif et en santé ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un rapport de 2002, avait défini le vieillissement actif de la manière suivante : « le processus par lequel est effectuée l’optimisation des opportunités visant la santé, la participation et la sécurité de manière à améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes »5. Pour l’OMS, le concept d’« activité », chez les personnes âgées, renvoie au fait de continuer à participer aux affaires sociales, économiques, culturelles, spirituelles et civiques de la communauté. Certaines organisations aînées de défense de droits comme l’American Association of Retired People (AARP) aux États-Unis ou la FADOQ vont s’inscrire de plain-pied dans la promotion de ce vieillissement actif ; l’AARP a d’ailleurs adopté comme slogan le mot d’ordre suivant « servir plutôt qu’être servis »6.

Comme l’écrit Ignace Olazabal7, on encourage ce vieillissement aussi qualifié de « productif » ou de « bien vieillir », afin que l’allongement de l’espérance de vie se traduise par l’allongement d’une espérance de vie en bonne santé, en enjoignant les personnes à demeurer « autonomes » et « non dépendantes du système de santé et de services sociaux et des proches aidants ». Pour ceux et celles qui ne peuvent s’inscrire dans un vieillissement productif fait de voyages, de bénévolat et de jeux, comme extension symbolique d’une vie passée au travail et dans la consommation, la médicalisation, l’institutionnalisation, la pathologisation et la prise en charge sociosanitaire par le médicament sont quelques-unes des avenues biopolitiques qui s’ouvrent. Pour Michel Foucault8, « la vieillesse est une crise, mais également une déviation puisque, dans notre société où le loisir est la règle, l’oisiveté forme une sorte de déviation ».

Minkler et Holstein9 critiquent à juste titre cette vision selon laquelle l’engagement citoyen ou du bénévolat dans les structures publiques ou privées – le civic engagement en anglais – serait nécessaire au « bien vieillir ». Cette notion serait tout autant dépolitisée qu’immergée dans des conceptions étroites de ce qu’est l’« activité ». Selon Laliberte Rudman, cette représentation du vieillissement à l’origine de bien des politiques publiques s’inscrit dans « une nouvelle série d’obligations reliées à la nécessité d’être des retraités autonomes, responsables et actifs »10. Par ailleurs, l’argumentaire du vieillissement productif est basé sur une certaine discrimination implicite : comme l’écrit Meredith Minkler11, l’activité des proches aidants (caregiving) serait invisible dans ce découpage de statuts, mettant encore une fois les femmes à l’écart de la vie dite « active » dans la vieillesse, surtout celles n’ayant pas le temps de s’engager dans une activité bénévole quelconque, car trop occupées à prendre soin de leurs proches. On pourrait rajouter aux exclus de ce discours celles et ceux qui ne peuvent sortir du domicile par manque d’autonomie, qui souffrent de problèmes psychologiques ou ceux n’ayant tout simplement pas assez de capital économique pour se déplacer dans la ville, comme c’est le cas dans de nombreux quartiers montréalais. Aux États-Unis, l’engagement bénévole comme pilier du bien vieillir est promu et supporté par des fondations privées comme celle de la MetLife12, s’inscrivant ainsi dans une logique de charité tout à fait compatible avec le désengagement de l’État dans les programmes sociaux. Le bénévolat est-il apolitique, ou du moins récupéré par les institutions-clés du capitalisme à travers une valorisation ostentatoire de la productivité des aînéEs ? La question reste ouverte et doit être discutée davantage, surtout au Québec où elle semble parfois faire consensus.

Il faut néanmoins se souvenir que cette promotion du vieillissement actif et en bonne santé fut implémentée pour inverser les stigmates et pratiques liées à l’âgisme13 et aux représentations négatives des personnes âgées, trop souvent perçues comme étant dépendantes et passives, ou devrait-on dire, comme Foucault, oisives. Ainsi, dans les années soixante-dix, l’âgisme, discours concomitant au sexisme et au racisme, fut identifié comme oppression à abattre. Le gérontologue Robert Butler l’avait ainsi défini : « un processus par lequel des personnes sont stéréotypées et discriminées en raison de leur âge »14. Selon l’Association québécoise de gérontologie15, certains discours médiatiques, institutionnels et politiques, comme ceux présentés au début de ce texte, nourriraient activement l’âgisme, qui se déclinerait alors en attitudes, stéréotypes et pratiques discriminatoires. L’âgisme fonctionne dans les deux sens, en dépeignant à la fois les aînés comme nécessairement malades, séniles ou technophobes, par exemple, ou encore en les glorifiant ou les idéalisant, en supposant d’emblée qu’ils sont « fiables », « toujours en voyage » ou « bons avec les enfants ». On pourrait donc qualifier sans conteste certaines publicités des résidences privées et des compagnies d’assurance comme participants de cette dernière forme d’âgisme. Dans une société donnée, le rôle qu’on veut faire jouer aux aînés passe d’abord et avant tout par la manière de les représenter.

Pour les organisations combattant l’âgisme comme les Grey Panthers aux États-Unis, des changements sociaux profonds dans les sociétés contemporaines sont de mise, notamment en ce qui a trait aux définitions de « l’activité » et de l’inclusion sociopolitique. Or, il y a effectivement plusieurs manières de s’attarder au problème de l’âgisme; tout dépend en fait de la grille d’analyse qu’on pose sur les causes de cette oppression. Est-ce que tenter de régler l’âgisme en favorisant les mêmes valeurs que le système qui le nourrit par sa glorification de l’activité productive est une solution ? On peut en douter. Toujours est-il que dans le quotidien, jour après jour, l’âgisme a des conséquences graves. Pour Jérôme Pellissier, qui écrit dans la revue Vie et vieillissement publiée par l’Association québécoise de gérontologie, « poussé à bout de sa logique, l’âgisme débouche sur le meurtre »16, ou plus fréquemment, sur la maltraitance et la négligence, surtout dans certaines institutions de soins ou résidences privées où l’infantilisation des patients et des patientes fait des ravages. Plusieurs formes d’abus peuvent découler de l’âgisme : abus psychologiques, mais aussi sociaux, financiers et d’autres enfin liés aux conditions de logement. C’est ici qu’il devient pertinent de comprendre comment les transformations urbaines et la gentrification participent de l’exclusion des personnes âgées désirant vieillir sur place.

Gentrification et vieillissement sur place à Montréal

Lorsqu’on se penche sur le vieillissement en contexte urbain, la question du logement s’impose d’elle-même, comme plan de base des conditions d’existence, autant symboliques que matérielles. Mais comment participer aux réseaux sociaux urbains et aux divers groupes d’intérêts peuplant les villes – et pouvoir ainsi achever un vieillissement actif et en santé, tel que recommandé par l’Organisation mondiale de la santé – si la possibilité même d’un vieillissement dans les quartiers centraux est de plus en plus menacée dans des villes comme Montréal, New York, Londres, Paris ou Barcelone ? Cela semble une contradiction manifeste. Ignace Olazabal17 écrit d’ailleurs que « vieillir dans la ville demeure un pari pour toutes ces personnes qui n’ont pas suivi le sentier de la technologie, dont le revenu de retraite s’avère insuffisant ou qui voient s’installer les incapacités propres à l’avancée en âge ». Pourtant, au grand âge ou même avant, le logement est non seulement un socle de mémoire et d’identité, mais aussi de sécurité psychologique et physique, alors qu’on y passe parfois la majeure partie de son temps. Au-delà d’être un espace strictement privé, le logement est également un lieu de connexion communautaire, inscrivant l’aînéE dans des réseaux divers, de voisinage notamment, dont la fréquentation est par ailleurs nécessaire, selon l’OMS, au vieillissement actif. Cependant, dans de nombreuses villes occidentales où la population est qualifiée de vieillissante, des situations de « mal-logement » (insalubrité, espaces inadaptés, éloignement des services de proximité, isolement) et de précarité locative sont vécues par des proportions variables, mais relativement élevées de personnes âgées18. Cette précarité locative, qu’on pourrait qualifier d’« exclusion territoriale »19, peut se nourrir et se conjuguer avec des situations d’isolement et de mort sociale, de pertes de mobilité et d’autonomie ainsi que de prévalence de problèmes variés de santé physique et mentale. Cela, dans un contexte macrosocial où l’exclusion structurelle des aînés s’étendrait également aux domaines sociopolitiques, symboliques, économiques et identitaires, comme nombre de chercheurs le remarquent aujourd’hui20.

Au Québec, alors que l’État se désengage progressivement de la prise en charge des personnes âgées avec pertes d’autonomie en coupant notamment dans les lits publics, ouvrant ainsi un lucratif marché pour les résidences privées21, l’augmentation des loyers et du coût de la vie semble aggraver leur fragilité face aux changements structurels de l’urbain, alors que plus de la moitié d’entre elles ont besoin de l’apport du supplément mensuel de revenu minimum garanti. Pendant ce temps, l’offre de logements sociaux est loin de répondre à la demande et les personnes âgées doivent se tourner de plus en plus vers le marché et la famille pour l’hébergement et les soins. Un déplacement de la prise en charge des personnes vulnérables ou âgées s’opère en fait présentement des régimes étatiques vers des amalgames institutionnels nouveaux et flous composés notamment, de façon croissante, d’acteurs municipaux et d’entreprises privées22. Pour Aubry23, quatre facteurs expliquent en fait l’expansion récente du réseau de résidences privées : la diminution de l’offre de service dans les établissements régis par la Loi sur les services de santé et les services sociaux, la pénurie de ressources consacrées au maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie par les CLSC, l’augmentation de la demande et le désir de rester à domicile ainsi que le vieillissement de la population comme tel.

Le gouvernement québécois, par l’entremise de sa politique Vieillir et vivre ensemble chez soi, dans sa communauté, au Québec24, adoptée sous le dernier gouvernement libéral, tente de garantir le vieillissement sur place par des aides monétaires permettant d’adapter les résidences à des habitants en perte de mobilité. La politique vise aussi le support de formes de participation communautaire et de programmes de santé de proximité. Par ailleurs, Montréal a adopté la politique Ville amie des aînés, telle que promue par l’OMS depuis 2007, en souscrivant donc aux nécessités d’adapter la métropole aux réalités des aînés en essayant notamment d’implanter l’accessibilité économique aux logements, en s’assurant d’une proximité des aînés des services essentiels, en facilitant les modifications et rénovations pouvant être apportées à des logements pour les adapter à des personnes en perte d’autonomie, en promouvant l’intégration sociale et, enfin, le vieillissement sur place. Par contre, pour que le programme aille au-delà des vœux pieux, il faudra affronter résolument le problème de la spéculation immobilière et de la gentrification.

Or, la gentrification, dans les quartiers centraux montréalais, est rapide, profonde, et affecte les aînéEs de manière disproportionnée25. On peut définir minimalement l’embourgeoisement ou gentrification comme étant « un phénomène physique, économique, social et culturel impliquant un quartier autrefois habité par les classes défavorisées et dans lequel on constate l’invasion par une population (plus) favorisée »26. Ces situations peuvent provoquer, dans certains cas, des conjonctures où des aînés se retrouvent étrangers à la fois au plan identitaire et financier dans des quartiers qu’ils habitent pourtant depuis des décennies, alors qu’ils font l’expérience de transformations dans leurs rapports à l’environnement bâti et qu’ils doivent conjuguer avec des hausses des loyers et des changements dans l’offre de commerces avoisinants. La gentrification – même si ce terme sert à décrire des réalités parfois fort différentes – s’accompagne souvent de pratiques immobilières spéculatives, produisant inexorablement des pressions sur la capacité des aînéEs de vieillir sur place. Ces opérations se concrétisent généralement par le biais d’évictions ou de reprises de logement, souvent menées dans le strict respect des règles de la Régie du logement. Le Comité logement Petite-Patrie, à Montréal, a estimé que plus du tiers des dossiers concernant les évictions et les reprises de logement (pour agrandissement ou subdivision) affectaient des personnes âgées de 65 ans et plus, qui n’ont pas toujours la capacité de lutter contre ces mesures prises unilatéralement par les propriétaires27. Il semble que dans certains quartiers, la gentrification soit plus puissante que les discours politiques.

Par ailleurs, selon Janine Wiles et ses collaboratrices28, les mesures publiques cherchant à favoriser le vieillissement sur place prennent peu en compte l’avis des principaux intéressés sur ce que cette notion veut dire pour eux et elles. En recueillant la parole d’un échantillon d’aînés en Nouvelle-Zélande, Wiles et son équipe ont découvert que l’attachement et la connexion au lieu des aînés dans un espace urbain étaient fonction des contextes sociaux et communautaires, et non pas seulement du maintien à domicile comme tel. Ceci montre l’importance de réfléchir aux dynamiques entre quartier, lien social et identité dans l’avancée en âge ; certaines études auraient montré que les populations marginalisées chercheraient justement à quitter leur quartier faute d’une inclusion sociale satisfaisante29. Ceci pourrait d’ailleurs expliquer certains départs vers les résidences privées, situées généralement dans les banlieues montréalaises30. Bigonesse et ses collaboratrices31 écrivent à ce propos que les aînés ont du mal à faire des choix de logement dans le contexte montréalais actuel :

Les recherches menées dans le cadre du projet Villes amies des aînés au Québec démontrent que les aînés ont une connaissance limitée des options qui s’offrent à eux, font face à un choix d’habitations qui sont souvent financièrement inaccessibles, situées loin des services de proximité, isolées de la communauté et qui n’arrivent pas à s’ajuster à l’évolution de leurs besoins liés au processus normal du vieillissement.

Ce qu’il faut retenir de ce dernier point est l’importance capitale de faire émerger la voix des aînés en ville, alors que s’accentue une certaine invisibilisation de ceux-ci dans l’espace public, processus qui passe à Montréal par la disparition des espaces de socialisation traditionnels, comme les clubs de l’âge d’or ou certains restaurants de quartier32. Comment garantir l’inclusion sociale des personnes âgées dans ces contextes d’exclusions macrosociales, de transformations profondes et rapides comme celles qu’apporte la gentrification ?

Voix aînées barcelonaises

Ce que la situation de Barcelone nous démontre, c’est que les aînéEs n’attendent plus grand-chose de l’État, en faillite, et s’organisent eux-mêmes pour revendiquer leurs droits. En Europe, surtout en Espagne, en Grèce, au Portugal et en Italie, les effets de la crise économique de 2008 ne cessent de s’approfondir : chômage massif, marché de l’immobilier volatile et loyers en hausse, augmentation du coût de la vie, profondes coupures dans les régimes de retraite et les services publics. Pour revenir à l’Espagne spécifiquement, un des pays les plus vieillissants d’Europe, la situation est devenue particulièrement critique pour un nombre grandissant de citoyennes et de citoyens, âgés ou jeunes, n’arrivant plus à payer leur loyer ou leur hypothèque. Les personnes âgées doivent parfois mettre en jeu l’entièreté de leurs économies de retraite pour éviter de perdre le logement qu’elles ont, dans certains cas, occupé toute une vie. En effet, ces expulsions de logements (desahucios) conduites grâce à une collusion entre pouvoirs publics, banques et agences de crédit, ont touché en 2012 des sommets inégalés. Alors que le chômage atteignait plus de 26 % au dernier trimestre de 2012, plus de 47 000 logements furent vidés dans toute l’Espagne, surtout en Catalogne, à Madrid et à Valence, et ce, uniquement durant le premier trimestre de 2012, selon des chiffres publiés par le Consejo General del Poder Judicial33.

À Barcelone, les réseaux associatifs émanant de la société civile sont assurément plus nombreux et mieux tissés qu’à Montréal. La vingtaine de groupes de la Fédération d’associations de voisins et voisines de Barcelone, ou, en catalan Federació d’Associacions de Veïns i Veïnes de Barcelona (FAVB), organisent du support direct aux personnes âgées évincées, en collaboration avec la puissante Plateforme des affectés par l’hypothèque, ou Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH). La solidarité informelle de quartier, très prégnante à Barcelone depuis le début du XXe siècle à travers les actions des mouvements anarcho-syndicalistes, a acquis un nouveau souffle à l’occasion de la chute de la dictature franquiste et un second dans les dix dernières années, avec l’émergence du mouvement des jeunes squatteurs anarchistes, okupa. Dans le domaine associatif, Barcelone est ainsi composée d’une très dense xarxa de xarxes, ce qui veut dire en catalan « réseau des réseaux ». Voici quelques récits qui l’illustrent.

Je débouche un jour, au détour d’une promenade au soleil couchant, en plein Barri Gòtic, le quartier médiéval de Barcelone transformé aux dires de beaucoup en Disneyland : c’est que, dans ce petit quadrilatère qui jouxte la Rambla, tout ou presque finit par être englouti dans le marché du tourisme. D’où la surprise qui fut la mienne d’entendre à l’entrée du quartier, au métro Jaume I, l’intense réverbération d’un long discours en catalan, au porte-voix, qui s’adressait à des banquiers. Devant le Palau de la Generalitat, siège de la communauté autonome de la Catalogne, une soixantaine de manifestantes et de manifestants brandissent des affiches où un immense requin blanc ouvre les dents et où il est écrit : « Banquiers voleurs, retournez-nous notre argent ! ». La majorité, sinon tous, ont des têtes blanches. Je m’approche pour discuter avec une dame qui m’apprend qu’ils viennent ici tous les mardis depuis près d’un an et demi, sous la bannière du groupe estafatsxlabanca. Ces gens, comme un million d’autres dans toute la Catalogne, se sont fait siphonner leur retraite par les multiples fraudeurs appartenant aux banques CatalunyaCaixa, Santander, BBVA, Caixa Penedès ou Unnim. La dernière en liste est Bankia, dont la valeur en bourse s’est tout récemment effondrée de 82 %; certains de ses dirigeants étaient en 2013 devant les tribunaux espagnols pour fraude et mauvaise gestion. Pour survivre, selon ce qu’on me dit, les gens doivent se tourner vers les banques alimentaires, la famille ou le voisinage. Un homme d’un âge bien avancé, peut-être autour de 80 ans, a pris le porte-voix à la fin de la manifestation, devant le regard stoïque (et masqué par des fichus noirs) de quelques Mossos d’Esquadra, la police catalane. Il lance : « s’il faut aller en prison, nous irons ! Nous ne perdrons pas notre dignité ! ». Peu de temps après, la manifestation repart, avec un nouveau slogan qui la meut : « La prochaine fois, nous reviendrons avec de la dynamite ! »

Une autre vignette illustrative de la place des aînés à Barcelone concerne le Passeig de Sant Joan, long d’environ 3 km, qui est un îlot de verdure, de bancs publics et de parcours déambulatoires et cyclistes, même s’il est bordé par deux rues latérales exclusivement dédiées aux voitures. La proportion d’aînéEs qui s’y trouve est impressionnante, et ce, du matin au soir. Ces quartiers vieillissent, me dit-on à l’Association des voisins et amis du Passeig de Sant Joan (Associacio de veïns i amics del Passeig de Sant Joan), où je suis allé rencontrer le président et quelques membres qui cachetaient, dans des lettres individuelles et timbrées, les règlements d’un concours de peinture à leurs membres. Pratiques d’une autre époque qui me rappelle la complexité des rapports au temps pour chaque génération, comme ceux qui marchent longtemps, canne à la main, sur des petites sections du Passeig. Pourquoi ces quartiers vieillissent-ils, je demande ? On me répond que nombre de jeunes s’en vont en raison de la crise.

Les discussions viennent vite sur la situation politico-économique actuelle. Devant le néant des services sociaux, la société civile s’organise. Jamais les soupes populaires des églises n’ont autant fonctionné, me disent-ils. Plusieurs associations de volontaires, dont la Creu Roja (Croix rouge catalane) ont également créé un système nommé Radars pour cartographier de manière autonome, pâté de maisons par pâté de maisons, les aînés qui sont en situation précaire à tous les niveaux : autonomie physique, cognitive et financière. Des voisins sont impliqués; tout en évitant de briser l’intimité de ces aînés et en maintenant une certaine confidentialité dans le processus, ils peuvent contacter le réseau si la personne âgée qu’ils ont à l’œil semble être dans un besoin urgent, ou si elle n’est pas sortie de sa maison depuis plusieurs jours. On parle ici de situations de nécessité radicale. Cette association ne peut pas, et loin de là, s’acquitter des tâches auxquelles la Ley de dependencia aurait dû se dédier. Je leur parle de l’âgisme. On me répond qu’ici, il n’y a pas de mot pour cela, car les personnes âgées sont respectées. J’ai pourtant lu dans le journal la semaine d’avant qu’une chercheuse espagnole effectuait actuellement des recherches sur le sujet. Mais bon, si l’on se fie à cet informateur, la société catalane semble réfractaire à penser qu’on puisse discriminer les gens pour cause d’âge avancé.

Troisièmement, comment ne pas parler ici des iaioflautas, dont le nom a été formé de la manière suivante : iaio, personne âgée, flautas, terme péjoratif normalement utilisé pour stigmatiser les punks et les hippies qui aiment bien traîner avec des chiens et qui participaient aux assemblées du 15-M en 201134 sur les places publiques espagnoles. Les iaioflautas sont des aînés et des indignés, dont l’identité a été forgée dans ce 15-M qui fêtera bientôt ses trois ans. Ce cadrage symbolique veut donc renverser la désignation négative associée aux jeunes participant aux mouvements sociaux. Il semble qu’en adoptant un tel slogan, les iaioflautas inscrivent leur action collective à la fois dans des réseaux familiaux et au sein du « peuple » ordinaire catalan. Ils évitent par ailleurs de se confiner à des enjeux spécifiques en se faisant les porte-paroles – aînés – de la société civile espagnole, exsangue. « Pour une vie digne », réclament également les iaios.

Les iaios luttent pour le futur, me souffle F., porte-parole de l’organisation. Parce qu’ils savent que ce futur sera pire qu’aujourd’hui, que la crise est là pour durer, et que ce sont leurs enfants et leurs petits-enfants qui en feront inexorablement les frais. En raison du chômage massif, nombreuses sont les familles qui dépendent des pensions des aînéEs pour survivre, du moins ceux qui en ont toujours. « Que feront-ils lorsque nous mourrons », se demandent-ils ? Les iaios revendiquent d’abord la fin de la socialisation des pertes bancaires. Puis, en solidarité avec la PAH, la fin des évictions. Incompréhensible leur paraît cette situation où des « gens sont sans maisons et des maisons sans gens ». Enfin, ils réclament une « économie au service des personnes » et non pas un régime de précarisation grandissant, détruisant les petits et moyens commerces. Un programme de base, me dit F. « Les citoyens paient pour l’irresponsabilité des banques », lit-on sur leur site. N’empêche, F. ne se gêne pas pour qualifier leur manifeste d’« anticapitaliste », ce qui « serait évident à travers les positions prises ». Lors d’une assemblée à laquelle j’assistais, un membre évoquait la possibilité de s’unir aux partis politiques. Un autre lui répondait que c’est tout le système qu’il faut balancer par-dessus bord, intervention récoltant moult applaudissements. Les iaioflautas ne sont donc pas partisans.

Récemment, en mars dernier, les marchas de la dignidad, auxquelles des iaios ont participé, ont sillonné l’Espagne de Barcelone à Madrid, réunissant des membres de toute la société civile espagnole, rassemblant des millions de personnes dans la capitale pour réclamer des programmes sociaux. Dans les derniers mois, ils se sont joints aux mobilisations contre la hausse du prix du transport public à Barcelone (la campagne Stop pujades). L’an dernier, ils ont réussi à s’immiscer dans une séance en cours au parlement catalan pour demander une « république du 99 % ». Le fait d’être des aînés leur confère un avantage de taille, qu’ils savent utiliser à bon escient : dans une action, les policiers se tiennent bien plus tranquilles devant des têtes blanches, du moins c’est ce qu’on me dit. Du coup, les iaios ne craignent pas la désobéissance civile et se mettent parfois volontairement en situation de tampon lors d’actions plus radicales, comme durant cette occupation d’un cinéma vide qui a eu lieu en juin 2013 en plein Casc Antic. Ou pour faire une chaîne humaine devant un hôpital en voie de privatisation.

Inclusion sociale

Après la présentation de ces quelques portraits barcelonais, on peut pertinemment se demander, à la manière de Grenier et Valois-Nadeau, « comment imaginer un “vieillissement solidaire” […] dans une conjoncture néolibérale résolument centrée sur la responsabilité individuelle ? »35. À mon sens, contrairement à ce qu’affirment les auteurs qui se questionnent sur les possibilités d’une compatibilité entre les deux options, il faut laisser ouverte la possibilité que ce vieillissement solidaire soit carrément incompatible avec certaines manières dont le « bien vieillir » actuellement brandi par les politiques publiques. Cela implique à mon sens un engagement politique des aînéEs, ainsi qu’une politisation radicale du vieillissement.

Que faire pour inclure les personnes âgées dans la vie sociale urbaine ? Billette et ses collaborateurs36 ont défini l’inclusion sociale aînée comme « un processus complexe de cocréation d’un projet social qui reconnaît les possibilités et la diversité des participations de chacun, en tant que membre socialement valorisé ». Pour Hélène Thomas37, la participation sociale équivaut à un maintien de la citoyenneté de la personne âgée, car celle-ci risque l’exclusion en raison d’une série de facteurs structurels, exposés rapidement dans l’introduction. Les mouvements sociaux urbains doivent se questionner sur la place des aînéEs en leur sein : leur voix est-elle entendue ? Les projets sociaux auxquels nous pensons leur font-ils une place ? De plus en plus d’aînés cherchent à s’engager socialement et politiquement, d’où l’importance d’offrir, comme communautés, des espaces de socialisation politiques autonomes intergénérationnels. En effet, Anne-Marie Guillemard38 démontre apparemment que la participation associative des retraitéEs, en France, est en hausse, notamment en raison de l’élargissement de cette période et de ce statut de « retraité », avec l’allongement de l’espérance de vie, et en raison d’un certain refus de la passivité ou de l’improductivité associée avec la fin de la vie dite « active », tel qu’abordé plus tôt. Morrow-Howell et ses collaborateurs39 ont par ailleurs noté que de plus en plus de pratiques de participation sociale des aînés seraient intergénérationnelles, et la tendance semble s’installer.

Il faut se rappeler que les mobilisations collectives autour des enjeux de logement en contexte de renouvellement urbain et de gentrification ne sont pas uniquement axées sur la dénonciation, la revendication ou même l’action directe, mais articulent de réels contre-pouvoirs des communautés et pratiquent un droit à la ville, en mettant sur pied des institutions informelles ou formelles qui peuvent instaurer des réseaux d’échanges économiques et d’une panoplie de pratiques quotidiennes de résistance. En s’engageant dans l’action collective sur les enjeux de logement, comme c’est le cas pour le collectif À qui la ville ? à Montréal, ces personnes âgées s’intègrent dans certains réseaux intergénérationnels sur la base du quartier, ce qui peut contribuer à leur inclusion sociale et donc à la modification de leur capital social, territorial ou économique, notamment à travers des réseaux d’échange réciproques et des économies du don. L’exemple des iaioflautas montre la nécessité d’une voix politique aînée, concertée avec d’autres groupes de la société civile, mais loin des organisations institutionnalisées.

1 Sacramento Pinazo, « La Loi relative à la promotion de l’autonomie personnelle et au soutien des personnes en situation de dépendance. Quelle application en milieu urbain espagnol ? » Diversité urbaine, vol. 11, n° 1, 2011, p. 123-136.

2 Certaines organisations, comme la FADOQ (Fédération de l’âge d’or du Québec) défendent les 50 ans et plus.

3 Bernard Bernadi, « Âge », dans Pierre Bonte et Michel Izard (dir.), Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 2004, p. 32.

4 Christine L. Fry, « Social anthropology and ageing », dans Dale Dannefer et Chris Phillipson (dir.), The Sage Handbook of Social Gerontology, Los Angeles, Sage, 2010, p. 48-60.

5 Organisation mondiale de la santé, Qu’est-ce que le « vieillissement actif » ?, Programme Vieillissement et qualité de vie, 2014, <www.who.int/ageing/active_ageing/en/#>.

6 American Association of Retired People, Home, 2014, <www.aarp.org>.

7 Ignace Olazabal, « Présentation », Diversité urbaine, vol. 11, n° 1, 2011, p. 6.

8 Michel Foucault, « Des espaces autres », Empan, vol. 2, n° 54, 2004, p. 16.

9 Meredith Minkler et Martha B. Holstein, « From civil rights to … civic engagement ? Concerns of two older critical gerontologists about a “new social movement” and what it portends », Journal of Aging Studies, vol. 22, n° 2, 2008, p. 196204.

10 Dans Line Grenier et Fannie Valois-Nadeau, «“Vous êtes tous des gagnants, “Étoile des aînés” et le vieillissement réussi au Québec », Recherches sociologiques et anthropologiques, vol. 44, n° 1, 2013, p. 138.

11 Minkler et Holstein, op.cit., p. 18.

12 Song-Lee Hong, Nancy Morrow-Howell, Fengyan Tang et James Hinterlong, « Engaging older adults in volunteering: conceptualizing and measuring institutional capacity », Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly, vol. 38, n° 2, 2008, p. 200-219.

13 Grenier et Valois-Nadeau, op.cit.

14 Martine Lagacé, « Le prisme déformant de l’âgisme », Vie et vieillissement, vol. 7, n° 2, 2009, p. 2.

15 Association québécoise de gérontologie, Qu’est-ce que l’âgisme, 2012, <www.aqg-quebec.org/260/Qu-est-ce-que-l-agisme-.gerontologie>.

16 Jérôme Pellissier, « Âgisme et stéréotypes », Vie et vieillissement, vol. 7, n° 2, 2009, p. 8.

17 Olazabal, op. cit., p. 10.

18 Julia Faure, « Mal-logement et vieillissement » Gérontologie et société, vol. 136, n° 1, 2011, p. 255-267.

19 Michèle Charpentier, « Inégalités des défis liés aux vieillissements », dans Michèle Charpentier, Nancy Guberman, Véronique Billette, Jean-Pierre Lavoie, Amanda Grenier et Ignace Olazabal (dir.), Vieillir au pluriel. Perspectives sociales, Montréal, PUQ, 2010, p. 109-114.

20 Véronique Billette, Jean-Pierre Lavoie, Anne-Marie Séguin et Isabelle Van Pevennage, « Réflexions sur l’exclusion et l’inclusion sociale en lien avec le vieillissement. L’importance des enjeux de reconnaissance et de redistribution », Frontières, vol. 25, n° 1, 2012, p. 10-30.

21 Daniel Gagnon, « Vieillir chez soi ? », Quoi de neuf ? Le magazine de l’AREQ-CSQ, Édition spéciale Congrès, 2011, p. 3-13.

22 Anne-Marie Séguin, « Le rôle des municipalités dans le soutien à une population vieillissante : vers une reconfiguration du système de soutien aux aînés », Diversité urbaine, vol. 11, n° 1, 2011, p. 39-54.

23 François Aubry, « Les résidences privées à but lucratif pour personnes âgées : un portrait sectoriel », Cahiers du LAREPPS, École de travail social, UQAM, n° 05-08, 2005.

24 Gouvernement du Québec, Vieillir et vivre ensemble. Chez soi, dans sa communauté, au Québec, Ministère de la Famille et des Aînés et ministère de la Santé et des Services sociaux, 2012.

25 Jean-Pierre Lavoie, Damaris Rose, Victoria Burns et Véronique Covanti. « La gentrification de La Petite-Patrie. Quelle place et quel pouvoir pour les aînés ? », Diversité urbaine, vol. 11, n° 1, 2011, p. 59-80.

26 Ibid., p. 61.

27 Ibid.

28 Janine Wiles, Annette Leibing, Nancy Guberman, Jeanne Reeve et Ruth E. S. Allen, « The meaning of “aging in place” to older people », The Gerontologist, vol. 52, n° 3, 2011, p. 357-366.

29 Johanne Charbonneau, « Lien social et communauté locale : quelques questions préalables », Lien social et politique, vol. 39, printemps 1998, p. 115-126.

30 Laure Blein et Nancy Guberman, « Vieillir au centre de la ville plutôt que dans ses marges », Diversité urbaine, vol. 11, n° 1, 2011, p. 103-121.

31 Catherine Bigonesse, Marie Beaulieu et Suzanne Garon, « L’habitation destinée aux aînés : l’importance du chez-soi et de la participation dans le développement de nouveaux modèles », Reflets, AQRP, mars 2013, p. 14.

32 Jean-Pierre Lavoie et Damaris Rose, « Gentrification et exclusion sociale des personnes âgées », Les Cahiers du CREGÉS, n° 2012, vol. 1, <www.creges.org/site/images/Gentrification_et_exclusion_sociale_num%C3%A9ro_2012_Vol.1.pdf>.

33 Andrés Muniz, « El número de desahucios bate todos los récords: 46.559 en tres meses de 2012 », Público, 22 juillet 2012, <www.publico.es/ espana/ 439864/ el-numero-de-desahucios-bate-todos- los-records-46-559-en-tres-meses-de-2012>.

34 Le mouvement du 15-M désigne le mouvement des indignés, mouvement qui s’est formé à la suite de la manifestation du 15 mai en 2011. (NdR)

35 Grenier et Valois-Nadeau, op.cit. p. 152.

36 Billette et coll., op. cit., p. 17-18.

37 Hélène Thomas, « La promotion de la citoyenneté sociale et politique dans le grand âge à l’ère de la protection rapprochée », Gérontologie et société, vol. 120, n° 1, 2007, p. 99-114.

38 Anne-Marie Guillemard, « De la retraite mort sociale à la retraite solidaire. La retraite une mort sociale (1972) revisitée trente ans après », Gérontologie et société, vol. 102, n° 3, 2002, p. 53-66.

39 Nancy Morrow-Howell, Jim Hinterlong, Philip A Rozario et Fengyan Tang, « Effects of volunteering on the well-being of older adults », The Journals of Gerontology. Series B, Psychological Sciences and Social Sciences, vol. 58, n° 3, 2008, p. S137‑145.