Victoires du mouvement social en Italie

Par Mis en ligne le 03 juin 2011

Les médias ont rap­porté l’humiliante défaite de Berlusconi lors des élec­tions muni­ci­pales de dimanche der­nier en Italie. Très peu ont cepen­dant parlé de Giuliano Pisapia, le gagnant à Milan (deuxième ville du pays), et qui est une per­son­na­lité de la gauche, qui s’est illus­tré en dehors des grands partis (y com­pris du parti de centre-gauche, le Parti démo­crate),. Celui-ci est devenu tel­le­ment popu­laire à Milan que le PD a été forcé d’appuyer ce can­di­dat « out­si­der » fina­le­ment. Il a pu l’emporter sur l’ex-maire pro Berlusconi par une marge impor­tante. D’autres can­di­dats venant des mou­ve­ments sociaux et de la gauche l’ont éga­le­ment emporté à Naples, Bologne, Turin. À Milan, la droite a essen­tiel­le­ment fait cam­pagne contre les immi­grants « voleurs-de-job ».

Pisapia, un avocat syn­di­cal, a fait ses armes poli­ti­que­ment par­lant avec le Parti de la refon­da­tion com­mu­niste (Rifondazione), qui avait tenté (et échoué) de consti­tuer un grand parti de gauche arc-en-ciel durant la der­nière décen­nie. Sa cam­pagne s’est fait contre le bilan désas­treux de l’administration pro-Berlusconi, mais aussi pour les droits des immi­grants, la défense des ser­vices publics, le trans­port en commun. Tout au long de la cam­pagne élec­to­rale, les grands médias lui ont fait une sale job en le trai­tant d’ultra radi­cal, de rêveur, etc. On a aussi raconté qu’il allait construire des mos­quées, qu’il allait trans­for­mer Milan en un nou­veau « Stalingrad », et quoi d’autres encore ?!?!? En Italie, les médias sont lar­ge­ment contrô­lés par le clan Berlusconi.

En fin de compte, le pro­gramme de Pisapia a été endossé dans les quar­tiers ouvriers et popu­laires, mais aussi au sein des classes moyennes du centre-ville. Les élec­teurs ont bas­culé en sa faveur, notam­ment par ses dénon­cia­tions de l’impitoyable sys­tème de cor­rup­tion qui tra­verse l’administration muni­ci­pale (et l’ensemble de la gou­ver­nance en Italie).

Selon Il Manifesto (le grand jour­nal pro­gres­siste), la vic­toire de Pisapia démontre que seule la gauche est en mesure de vaincre Berlusconi. Le PD (ancien parti com­mu­niste) a glissé vers le social-libé­ra­lisme ces der­nières années. Les élec­teurs de gauche sont désa­bu­sés, le nombre d’abstentions a aug­menté consi­dé­ra­ble­ment ren­dant pos­sible la percée de la voyou­cra­tie. Reste à voir si ces avan­cées muni­ci­pales se concré­ti­se­ront à une plus grande échelle dans la pro­chaine période. En Italie comme en France, la gauche dis­pose d’appuis sociaux consi­dé­rables, d’un réel enra­ci­ne­ment dans les luttes et d’un fort réseau intel­lec­tuel et poli­tique. Cela peut faire la différence.

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