Les conservateurs au pouvoir depuis 2006

Un bilan catastrophique

Par Mis en ligne le 21 avril 2011

À deux semaines des élec­tions fédé­rales qui se tien­dront le 2 mai pro­chain, et à l’instar de la CSN, le Conseil cen­tral du Montréal métropolitain–CSN appelle ses membres à voter pour des can­di­da­tures ayant le plus de chance de chas­ser les conser­va­teurs du pouvoir.

Plusieurs élé­ments jus­ti­fient cette posi­tion. « Les dérives et les frasques anti­dé­mo­cra­tiques de ce gou­ver­ne­ment font frémir », s’est insurgé le pré­sident du conseil cen­tral, Gaétan Châteauneuf, qui a fait l’énumération de quelques-unes de ses incon­duites : pro­ro­ga­tion à deux reprises du Parlement ; inter­dic­tion au per­son­nel des minis­tères de com­pa­raître devant les comi­tés par­le­men­taires ; contrôle absolu sur les rela­tions de presse ; négo­cia­tions secrètes d’ententes com­mer­ciales avec dif­fé­rents pays (Colombie, UE) ; refus de sanc­tion­ner la ministre de la Coopération inter­na­tio­nale, Bev Oda, sur la ques­tion de la sub­ven­tion de l’Agence cana­dienne de déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nale (ACDI) pour l’organisme Kairos et Tutti Quanti. 

En matière de droits humains, il faut rap­pe­ler, entre autres, que le Canada est l’avant-dernier pays à avoir appuyé la Déclaration sur les droits des peuples autoch­tones, un texte pour­tant adopté par 143 États à l’assemblée géné­rale des Nations Unies le 13 sep­tembre 2007. « C’est une véri­table honte, s’est indi­gné le pré­sident du conseil cen­tral. En plus, il a fallu attendre trois ans pour que le Canada rati­fie enfin cet impor­tant texte, et cela ne s’est fait que le 12 novembre dernier. »

Sur le plan des droits des femmes, il y a aussi matière à grande inquié­tude. Depuis qu’ils sont arri­vés au pou­voir, les dépu­tés conser­va­teurs mul­ti­plient les pro­jets de loi privés contre le droit à l’avortement (C-291, C-338, C-537, C-543, C-484 et le der­nier en lice, C-510, battu en décembre 2010). Encore récem­ment, le gou­ver­ne­ment Harper déci­dait d’exclure les ser­vices d’avortement du plan du G20 sur la santé mater­nelle et infan­tile, niant du même coup le fait que des mil­liers de femmes dans le monde meurent chaque année des suites d’un avor­te­ment pra­ti­qué dans de mau­vaises conditions.

Signalons éga­le­ment les com­pres­sions de 43% dans le budget de fonc­tion­ne­ment de Condition fémi­nine Canada (entre autres, 12 des 16 bureaux régio­naux de l’organisme ont été fermés un peu par­tout au pays), les chan­ge­ments aux cri­tères de finan­ce­ment des orga­nismes de femmes, l’annulation du Programme natio­nal d’investissement dans les ser­vices de garde, l’adoption d’une loi sur l’équité sala­riale qui oblige les femmes à pré­sen­ter, seules, leurs plaintes sans l’aide de leur syn­di­cat, sous peine d’amende pour ce dernier.

Il faut aussi sou­li­gner les posi­tions ultra conser­va­trices de ce parti, notam­ment en ce qui a trait au registre des armes à feu que son chef a promis d’abolir s’il décro­chait une majo­rité le 2 mai pro­chain. Concernant l’assurance-emploi, le gou­ver­ne­ment fédé­ral s’est emparé, en juillet 2010, de la réserve de 57 mil­liards de dol­lars consti­tuée des coti­sa­tions excé­den­taires des employeurs et des employé-es de 1996 à 2009. Un autre véri­table scan­dale national !

Le bilan envi­ron­ne­men­tal du gou­ver­ne­ment Harper est éga­le­ment déplo­rable. En effet, le Canada s’est opposé à l’adoption d’une réso­lu­tion de l’Organisation des Nations Unies recon­nais­sant l’accès à l’eau comme étant un droit fon­da­men­tal. De plus, il revient sur ses enga­ge­ments à titre de signa­taire du Protocole de Kyoto : non seule­ment pour ce qui est des taux d’émissions de gaz à effet de serre, mais éga­le­ment en per­met­tant le déve­lop­pe­ment sans contrainte de l’industrie des sables bitu­mi­neux dans l’ouest canadien.

D’autre part, si les conser­va­teurs favo­risent de façon éhon­tée l’ajout de bud­gets pour la Défense natio­nale, rien ne se fait en revanche pour sortir de la pau­vreté et de la pré­ca­rité une partie impor­tante de la popu­la­tion. Selon Campagne 2000, près d’une per­sonne sur dix, y com­pris un enfant sur dix, vit encore dans la pau­vreté ! Et cette situa­tion est pire chez les com­mu­nau­tés autoch­tones puisque dans ce cas, c’est un enfant sur quatre qui gran­dit en situa­tion de pauvreté.

En matière de rela­tions de tra­vail, au fédé­ral, aucune légis­la­tion n’interdit l’utilisation de tra­vailleurs de rem­pla­ce­ment : les bri­seurs de grève. « Il est grand temps qu’un gou­ver­ne­ment fédé­ral adopte enfin une régle­men­ta­tion per­met­tant de meilleures rela­tions de tra­vail au pays grâce à une véri­table loi anti-scabs, a conclu Gaétan Châteauneuf. Pour toutes ces rai­sons, le 2 mai pro­chain, il faut chas­ser les conser­va­teurs du pouvoir ! »

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