RIO + 20 : le tragique carnaval

Par Mis en ligne le 25 juin 2012

« Quand l’homme aura fait tomber le der­nier arbre, conta­miné le der­nier ruis­seau, pêché le der­nier pois­son, il s’apercevra que l’argent n’est pas comes­tible ! »
— Proverbe indien

Pendant près d’une semaine, la pla­nète des cré­dules a été tenue en haleine par des médias qui nous ont pré­senté le Sommet de Rio comme le sommet de la der­nière chance. Mieux, nous avons eu en prime le com­mu­ni­qué final avant la réunion des grands de ce monde. Cependant, et curieu­se­ment, en l’espace de deux mois, trois rap­ports venant de la Banque mon­diale, de l’OIT et du Pnue ont minu­tieu­se­ment mis en condi­tion l’opinion inter­na­tio­nale sur la conver­gence quant à la néces­sité d’aller vers l’économie verte. Nous allons les pré­sen­ter après un état des lieux, 20 ans après Rio.

Le procès de l’économie brune

En vingt ans, lit-on sur Agoravox : « La popu­la­tion mon­diale a aug­menté de 26%, 12% de la bio­di­ver­sité totale a dis­paru, les émis­sions de CO2 ont aug­menté de 36%, 300 mil­lions d’hectares de forêts ont dis­paru, il existe 21 méga­villes ten­ta­cu­laires, la tem­pé­ra­ture glo­bale a aug­menté de 0,4°C, la pro­duc­tion de plas­tique a aug­menté de 130%, l’acidité des océans a for­te­ment accé­léré mena­çant la vie marine qui est la source de toute vie ter­restre. (1)

Le rap­port du (Pnue), « Geo-5 » de juin 2012, va dans le même sens et fait le bilan des 90 objec­tifs recon­nus en matière de ges­tion durable de l’environnement et de déve­lop­pe­ment humain. Il éta­blit un état des lieux alar­mant : seuls 4 objec­tifs ont enre­gis­tré « des pro­grès signi­fi­ca­tifs ». 40 objec­tifs ont enre­gis­tré des pro­grès (le rythme de la défo­res­ta­tion a régressé, les zones pro­té­gées se sont éten­dues, etc.). 24 objec­tifs n’ont pas connu de pro­grès ou très peu. A titre d’exemple, les émis­sions de gaz à effet de serre devraient dou­bler d’ici 2050 et les res­sources halieu­tiques conti­nuent de s’amoindrir. 8 objec­tifs ont enre­gis­tré une dégra­da­tion (qua­lité des eaux sou­ter­raines, pro­tec­tion des récifs coral­liens, etc.). Les 14 objec­tifs res­tants n’ont pu faire l’objet d’une éva­lua­tion, faute de don­nées dis­po­nibles. 1,3 mil­liard de per­sonnes n’ont pas l’électricité, 2,6 mil­liards ne dis­posent pas d’installations sani­taires et 900 mil­lions n’ont pas accès à de l’eau propre et potable. De ce constat d’échec, le Pnue conclut que, 20 ans après le Sommet de la Terre de Rio 1992, la pla­nète doit réorien­ter d’urgence son déve­lop­pe­ment ». (2)

« Plusieurs crises, lit-on dans le Rapport du Pnue, ont surgi ou se sont accé­lé­rées au cours de la décen­nie écou­lée : climat, bio­di­ver­sité, éner­gie, den­rées ali­men­taires, eau et tout récem­ment la crise du sys­tème finan­cier et l’économie mon­diale tout entière. L’augmentation galo­pante des émis­sions pol­luantes donne lieu à des craintes crois­santes d’emballement du chan­ge­ment cli­ma­tique avec des consé­quences poten­tiel­le­ment désas­treuses pour l’humanité. Le choc des prix des com­bus­tibles de 2008 et la flam­bée des prix des den­rées ali­men­taires et des matières pre­mières qui en a découlé consti­tuent des signes mani­festes de fai­blesses struc­tu­relles et de risques tou­jours pré­sents. (…) La sécu­rité ali­men­taire est un pro­blème dont la nature est loin d’être com­prise par tous. La pénu­rie d’eau potable consti­tue déjà un pro­blème pla­né­taire et des pré­vi­sions sug­gèrent que l’écart entre la demande et l’offre renou­ve­lable annuelles d’eau douce va se creu­ser d’ici 2030. Les pers­pec­tives d’amélioration de l’assainissement demeurent sombres pour plus de 2,6 mil­liards de per­sonnes et 884 mil­lions d’êtres humains n’ont tou­jours pas accès à de l’eau potable salubre. » (2)

« Collectivement, conclut le rap­port, ces crises ont de graves consé­quences sur notre capa­cité à assu­rer la pros­pé­rité dans le monde et à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le déve­lop­pe­ment (OMD).Elles viennent s’ajouter aux pro­blèmes sociaux per­sis­tants liés au chô­mage, à l’insécurité socioé­co­no­mique et à la pau­vreté (….) Bien au contraire, la plu­part des stra­té­gies de déve­lop­pe­ment et de crois­sance éco­no­miques ont favo­risé l’accumulation rapide de capi­tal phy­sique, finan­cier et humain, au prix d’un épui­se­ment et d’une dégra­da­tion exces­sifs du capi­tal natu­rel, qui com­prend notre dota­tion en res­sources natu­relles et en éco­sys­tèmes. À l’heure actuelle, les condi­tions penchent lour­de­ment en faveur de l’économie brune domi­nante laquelle, entre autres, dépend, à l’excès, de l’énergie issue des com­bus­tibles fos­siles. Ainsi, en 2008, les prix et la pro­duc­tion de com­bus­tibles fos­siles béné­fi­ciaient de sub­ven­tions d’un mon­tant col­lec­tif supé­rieur à 650 mil­liards de dol­lars, soit un niveau non inci­ta­tif à l’adoption d’énergies renou­ve­lables. » (2)

L’économie verte

Le déve­lop­pe­ment durable demeure un but vital à long terme, mais pour l’atteindre un ver­dis­se­ment de l’économie est néces­saire. Depuis deux ans, la notion « d’économie verte » a rompu ses amarres avec l’univers des spé­cia­listes en éco­no­mie de l’environnement et rejoint le flux géné­ral du dis­cours poli­tique. (2)

C’est là qu’intervient la néces­sité de comp­ta­bi­li­ser la nature dans le PIB. Pour le Pnue : « Les preuves abondent aujourd’hui que le ver­dis­se­ment des éco­no­mies ne fait pas obs­tacle à la créa­tion de richesses et d’emplois et qu’il existe de mul­tiples oppor­tu­ni­tés d’investissement, et donc d’augmentation de la richesse et des emplois, dans de nom­breux sec­teurs verts, il fau­drait mettre en place de nou­velles condi­tions favo­rables à la tran­si­tion vers une éco­no­mie verte et c’est sur ce point que les déci­deurs dans le monde doivent agir d’urgence. L’économie verte recon­naît la valeur du capi­tal natu­rel et l’intérêt d’y inves­tir. La bio­di­ver­sité, tissu vivant de notre pla­nète, englobe la vie sous tous ses aspects : gènes, espèces et éco­sys­tèmes (…)Il est pos­sible d’en esti­mer la valeur éco­no­mique et leur valeur actuelle consti­tue un aspect fon­da­men­tal du « capi­tal natu­rel ». Des res­sources telles que les forêts, les lacs, les zones humides et les bas­sins flu­viaux sont des com­po­santes essen­tielles du capi­tal natu­rel au niveau des éco­sys­tèmes (…) qui consti­tuent autant d’aspects cru­ciaux d’une éco­no­mie verte. (2)

Même son de cloche de la part de l’OIT. Dans un Rapport récent inti­tulé « Vers le déve­lop­pe­ment durable : tra­vail décent et inté­gra­tion sociale dans une éco­no­mie verte », nous lisons : « Le modèle de déve­lop­pe­ment actuel s’avère inef­fi­cace et non viable, pas seule­ment pour l’environnement, mais aussi pour les éco­no­mies et les socié­tés. Nous devons de toute urgence nous orien­ter vers le déve­lop­pe­ment durable avec un ensemble cohé­rent de poli­tiques qui placent l’homme et la pla­nète au centre. La conver­sion à une éco­no­mie plus res­pec­tueuse de l’environnement pour­rait géné­rer de 15 à 60 mil­lions d’emplois sup­plé­men­taires à l’échelle mon­diale au cours des vingt pro­chaines années » a déclaré Juan Somavia, le DG de l’OIT. (3)

Nous y voilà ! Dans le même ton, la Banque mon­diale dans son der­nier Rapport, qui se veut géné­reux, s’intéresse à l’économie verte qu’elle pense rendre ren­table en incluant la nature comme capi­tal mar­chand. Le rap­port de la Banque mon­diale du 10 mai exhorte les États à « Penser Vert ». Nous lisons : « Alors que les ins­tru­ments de mesure du revenu natio­nal tels que le PIB ne mesurent que la crois­sance éco­no­mique à court terme, nous avons besoin d’indicateurs qui prennent en compte l’ensemble des richesses (y com­pris le capi­tal natu­rel) pour savoir si la crois­sance sera durable sur le long terme. » (4)

Comment résis­ter à cette fausse bonne solu­tion ?

On le voit, les der­nières défenses immu­ni­taires des pays en déve­lop­pe­ment ; leurs sols et leurs sous-sols devien­dront des pro­duits mar­chands. On peut se deman­der, alors, si la syn­chro­ni­sa­tion de la paru­tion de ces rap­ports et l’acharnement à impo­ser une nou­velle vision de l’économie verte n’est pas sus­pect. Comment com­prendre, en effet, que tout ce qui a de la valeur est mar­chan­di­sable.

C’est ce que dénonce Esther Vivas qui écrit : « Le vert fait vendre. De la « révo­lu­tion verte » en pas­sant par la « tech­no­lo­gie verte » et jusqu’à la « crois­sance verte ». Dernière trou­vaille en date, l’« éco­no­mie verte ». Une éco­no­mie qui, contrai­re­ment à ce que son nom indique, n’a rien de « vert », mis à part la cou­leur des dol­lars qu’espèrent gagner ceux-là mêmes qui en font la pro­mo­tion (..) Deux décen­nies plus tard, où en sommes-nous ? Que sont deve­nus des concepts tel que le « déve­lop­pe­ment durable », qui est accolé à ce sommet ? Où en est la rati­fi­ca­tion de la Convention sur le Changement cli­ma­tique qui avait jeté les bases du Protocole de Kyoto ? Ou de la Convention sur la Diversité bio­lo­gique qui fut éla­bo­rée à l’époque ? Ce ne sont plus que des chif­fons de papier, ni plus ni moins. Au cours de toutes ces années, non seule­ment on n’est pas par­ve­nus à frei­ner le chan­ge­ment cli­ma­tique, la perte de bio­di­ver­sité, la défo­res­ta­tion, etc., mais ces pro­ces­sus n’ont fait, au contraire, que s’aggraver et s’intensifier. Nous assis­tons ainsi à une crise éco­lo­gique sans pré­cé­dent qui menace l’avenir de l’espèce humaine et de la vie sur cette pla­nète. Une crise qui joue un rôle cen­tral dans la crise de civi­li­sa­tion que nous tra­ver­sons. (…) Cette inca­pa­cité à offrir une issue réelle, nous avons clai­re­ment pu la consta­ter lors des échecs des som­mets sur le climat à Copenhague (2009), Cancún (2010), Durban (2011), ou lors du sommet sur la bio­di­ver­sité à Nagoya au Japon (2010). » (5)

« (….) Aujourd’hui, vingt ans plus tard, ils veulent nous vendre leur « éco­no­mie verte » comme une solu­tion à la crise éco­no­mique et éco­lo­gique. Il s’agit d’un pro­ces­sus d’appropriation néo-colo­nial des res­sources natu­relles – du moins celles qui ne sont pas encore pri­va­ti­sées – afin de les trans­for­mer en mar­chan­dises que l’on achète et que l’on vend. Ses pro­mo­teurs sont, pré­ci­sé­ment, ceux qui nous ont conduits à la situa­tion de crise dans laquelle nous nous trou­vons (…) Ces mêmes com­pa­gnies qui mono­po­lisent le marché de l’énergie (Exxon, BP, Chevron, Shell, Total), de l’agro-industrie (Unilever, Cargill, DuPont, Monsanto, Procter&Gamble), des phar­ma­ceu­tiques (Roche, Merck), sont les prin­ci­pales qui impulsent l’économie verte. Nous assis­tons à une nou­velle attaque contre les biens com­muns et les per­dants seront les 99% de notre pla­nète. Et tout par­ti­cu­liè­re­ment les com­mu­nau­tés indi­gènes et pay­sannes du Sud, celles qui pro­tègent et vivent de ces éco­sys­tèmes. Elles seront expro­priées et expul­sées de leurs ter­ri­toires au profit des entre­prises mul­ti­na­tio­nales qui veulent tirer profit de ces éco­sys­tèmes ». (5)

Pour le site alter­na­tif Attac-France qui abonde dans le même sens : « Le coup de théâtre a eu lieu et un projet de décla­ra­tion a été approuvé par la plé­nière des négo­cia­teurs. Sans enga­ge­ment pres­crip­tif, encore moins contrai­gnant, sans date de mise en oeuvre, cette décla­ra­tion est extrê­me­ment faible et n’impose en rien un chan­ge­ment de para­digme pour construire « le monde que nous vou­lons ». Les enga­ge­ments ne sont bien sou­vent que « volon­taires », comme le par­tage d’expériences ou suf­fi­sam­ment édul­co­rés pour être lais­sés à l’arbitrage de chaque État, comme la fin des sub­ven­tions aux éner­gies fos­siles. Sur le climat, ce texte invite à se pro­je­ter vers la pro­chaine confé­rence de Doha.(…) Le cas de l’eau est emblé­ma­tique : les Etats-Unis, le Canada, la Turquie, le Brésil et la Chine, ont tout fait pour que ne soit pas men­tionné le droit uni­ver­sel à l’accès à l’eau (….) La pré­émi­nence donnée aux méca­nismes de marché pour régu­ler l’environnement et allouer les res­sources vers le déve­lop­pe­ment durable et l’économie verte est confir­mée et éten­due. A l’inverse, tou­jours pas d’engagement sur des taxes inter­na­tio­nales sur les tran­sac­tions finan­cières.(…) Les modes de consom­ma­tion et de pro­duc­tion insou­te­nables des pays riches et des popu­la­tions riches des pays émer­gents ne sont pas véri­ta­ble­ment remis en cause. (…)Sur le ver­sant de la « gou­ver­nance mon­diale », il fau­drait se satis­faire d’un Pnue aux com­pé­tences élar­gies, même si les finan­ce­ments addi­tion­nels doivent s’effectuer sur une base volon­taire. Plus éton­nant est l’acceptation de ce texte par les pays les plus pauvres. (…) » (6)

En défi­ni­tive, le site alter­na­tif Attac prône une autre voie : « Cette « éco­no­mie verte », la volonté de sou­mettre tous les cycles vitaux de la vie aux règles du marché et à la domi­na­tion de la tech­no­lo­gie. Pour sortir de l’alternative sui­ci­daire aus­té­rité ou crois­sance, une tran­si­tion éco­lo­gique est urgente, notam­ment en matière éner­gé­tique. Créatrice d’emplois et ouvrant les pos­si­bi­li­tés d’un avenir commun entre les peuples du monde. » (7)

Nous sommes sur le point de passer à une nou­velle phase, une nou­velle accu­mu­la­tion de capi­tal, main­mise sur les res­sources miné­rales et les terres de la pla­nète. Cela se passe par la pseudo-légi­ti­ma­tion du capi­ta­lisme vert mais aussi par une mili­ta­ri­sa­tion crois­sante des zones concer­nées. Les pro­po­si­tions « alter­na­tives » de Via Campesina, non seule­ment conduisent à la sou­ve­rai­neté ali­men­taire, mais pro­posent une agri­cul­ture consom­ma­trice de car­bone qui refroi­dit la pla­nète… Le G20 n’a jamais fait preuve de déter­mi­na­tion à revoir en pro­fon­deur le modèle néo­li­bé­ral et insou­te­nable actuel. Ses maigres enga­ge­ments sur les para­dis fis­caux ou la sup­pres­sion des sub­ven­tions aux éner­gies fos­siles n’ont jamais été suivis d’effet, le G20 pré­fé­rant sauver les banques plutôt que les peuples.

Contre ce modèle néo­li­bé­ral et pré­da­teur, insou­te­nable tant sur le plan éco­lo­gique que social, de nom­breuses orga­ni­sa­tions, il faut résis­ter, nous ne sommes pas dupes, l’économie verte est un luxe que seuls les pays riches peuvent s’offrir, c’est une approche impo­sée par les pays indus­tria­li­sés pour piller les terres encore comes­tibles et pour frei­ner le déve­lop­pe­ment et main­te­nir les pays en déve­lop­pe­ment dans la pau­vreté. A bien des égards, la ker­messe de Rio +20 est un tra­gique car­na­val où chaque pays déve­loppé mais aussi émergent, joue un rôle taillé à sa poin­ture. Les variables d’ajustement seront, comme d’habitude, les pays pauvres notam­ment afri­cains qui, les pre­miers, paie­ront les ardoises de plus en plus lourdes en termes d’errements cli­ma­tiques de plus en plus dévas­ta­teurs et de plus en plus récur­rents. Ainsi va le monde.

Chems Eddine Chitour

Notes

1. Du G 20 au Rio 20 ! http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​t​r​i​b​u​n​e​-​l​i​b​r​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​d​u​-​g​-​2​0​-​a​u​-rio-…

2. http://​www​.unep​.org/​g​r​e​e​n​e​c​o​n​o​m​y​/​P​o​r​t​a​l​s​/​8​8​/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​g​er/GE…

3. http://​www​.un​.org/​a​p​p​s​/​n​e​w​s​F​r​/​s​toryF. asp ?NewsID=28290&Cr=OIT&Cr1=

4.http://​web​.world​bank​.org/​W​B​S​I​T​E​/​E​X​T​E​R​N​A​L​/​T​O​P​I​C​S​/​E​X​T​S​D​NET/0,,contentMDK:23191431 pagePK:64885161 piPK:64884432 theSitePK:5929282,00.html

5. Esther Vivas Articule publié dans « Público » le 17/06/2012. Traduction : Ataulfo Riera.http://​www​.legrand​soir​.info/​q​u​a​n​d​-​l​-​e​c​o​n​o​m​i​e​-​e​t​-​l​e​-​c​a​p​i​t​a​l​i​s​m​e​-​s​e​-​p​e​i​g​n​e​n​t​-​e​n​-​v​e​r​t​.html

6. http://​www​.france​.attac​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​r​i​o​2​0​-​n​o​t​e​-​d​e​-​d​e​c​r​y​ptage ndeg2

7. http://​www​.france​.attac​.org/​l​i​v​r​e​s​/​l​a​-​n​a​t​u​r​e​-​n​a​-​p​a​s​-​d​e​-​prix-…

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