La CSQ sceptique

Réaction au Plan Nord

Par Mis en ligne le 13 mai 2011

Montréal, le 9 mai 2011. – Représentant plu­sieurs syn­di­cats de tra­vailleuses et de tra­vailleurs vivant dans les régions tou­chées par le Plan Nord, la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ) est scep­tique concer­nant ce Chantier d’une géné­ra­tion pré­senté par le gou­ver­ne­ment du Québec.
« Nous dou­tons que le gou­ver­ne­ment Charest puisse mener à bon port une telle ini­tia­tive avec les pro­blèmes de gou­ver­nance aux­quels il a dû faire face au cours des der­nières années. Nous crai­gnons que le pre­mier plan d’action prévu pour les cinq pro­chaines années ait des consé­quences extrê­me­ment néga­tives aux plans social et envi­ron­ne­men­tal pour les popu­la­tions du Nord-du-Québec », affirme le pré­sident de la CSQ, Réjean Parent.
Des vœux pieux en édu­ca­tion et en santé
La CSQ déplore que les mesures mises de l’avant en édu­ca­tion et en santé repré­sentent des mesures recy­clées alors que le gou­ver­ne­ment affirme avoir besoin d’une main-d’œuvre qua­li­fiée et en santé. « Nous aurions espéré que les orien­ta­tions mises de l’avant soient plus pré­cises et sur­tout chif­frées. Pourquoi le gou­ver­ne­ment est-il capable de pré­ci­ser les coûts dédiés aux infra­struc­tures rou­tières et minières, mais inca­pable de l’indiquer pour l’éducation et la santé, alors que sa prio­rité est, selon ce qu’il rap­porte, le bien-être et le déve­lop­pe­ment des com­mu­nau­tés consi­dé­rées comme la prin­ci­pale richesse du Nord », ajoute le pré­sident de la CSQ.
Si le passé est garant de l’avenir, il y a lieu de s’inquiéter
Ce pre­mier plan d’action repré­sente un véri­table boom minier si l’on tient compte qu’il y a 11 pro­jets déjà prévus. Si le passé est garant de l’avenir, il y a tout lieu de s’inquiéter des inten­tions gou­ver­ne­men­tales au cha­pitre de l’exploration des res­sources minières. Pensons à l’opacité du pro­ces­sus d’octroi des permis d’exploration et d’exploitation des res­sources minières et gazière, aux liai­sons inces­tueuses entre le gou­ver­ne­ment et l’industrie, à la spo­lia­tion du sous-sol qué­bé­cois au béné­fice d’entreprises qui détiennent tous les droits sur le sous-sol et aux pro­fits des entre­prises qui sont engran­gés à l’extérieur du Québec.
Pour la CSQ, si le gou­ver­ne­ment Charest entend prou­ver qu’il agit bel et bien comme gar­dien du bien col­lec­tif, il doit, de toute urgence et avant d’aller de l’avant, s’assurer d’avoir effec­tué la réforme de la Loi sur les mines. Il faut aussi que le Québec modi­fie son régime fiscal afin d’obtenir les rede­vances essen­tielles au déve­lop­pe­ment du Québec, ce qui signi­fie, encore là, des modi­fi­ca­tions sub­stan­tielles à la Loi sur les mines et au Régime de droits miniers du Québec.
Déception pour le déve­lop­pe­ment durable et la pro­tec­tion de l’environnement
La CSQ est par­ti­cu­liè­re­ment déçue du peu d’information four­nie par le gou­ver­ne­ment concer­nant la manière dont il entend pro­té­ger l’environnement et contri­buer au déve­lop­pe­ment durable. Quant aux enga­ge­ments à l’égard du déve­lop­pe­ment des com­mu­nau­tés autoch­tones, celui de construire 800 nou­veaux loge­ments d’ici 2015, quoiqu’intéressant, nous semble très loin des besoins réels des com­mu­nau­tés qui font face à des besoins criants en matière d’infrastructures sani­taires et de ser­vices publics.
Depuis plus de 15 ans, la CSQ est enga­gée dans le réseau des Établissements verts Brundtland, comp­tant plus de 1000 éta­blis­se­ments fai­sant du déve­lop­pe­ment pour un avenir viable une prio­rité. Elle est pré­sente dans toutes les régions visées par le Plan Nord et repré­sente les Cris et les Inuits qui tra­vaillent dans les ser­vices d’éducation du Grand Nord. C’est pour­quoi elle suivra atten­ti­ve­ment ce dos­sier en col­la­bo­ra­tion avec ses fédé­ra­tions et ses syn­di­cats visés.
« Nous sommes très déçus de l’annonce faite aujourd’hui en grande pompe et nous nous deman­dons si le gou­ver­ne­ment Charest n’est pas en train de vendre au rabais de grands pans du ter­ri­toire qué­bé­cois », conclut Réjean Parent.
Profil de la CSQ
La CSQ repré­sente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du per­son­nel de l’éducation. Elle repré­sente des membres en for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et tech­nique dans toutes les régions du Québec. La CSQ est éga­le­ment pré­sente dans les sec­teurs de la santé et des ser­vices sociaux, des ser­vices de garde, du muni­ci­pal, des loi­sirs, de la culture, du com­mu­nau­taire et des com­mu­ni­ca­tions.

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