Le trafic des migrantEs

Par Mis en ligne le 01 avril 2011

La pau­pé­ri­sa­tion de régions entières du globe ainsi que la crois­sance des inéga­li­tés sociales dans les pays et entre les pays ont créé les condi­tions pro­pices à toutes les formes de trafic et de traite des êtres humains. Les plus tou­chéEs pro­viennent prin­ci­pa­le­ment des pays du Sud et de l’Est. À l’échelle de ces régions, le bou­le­ver­se­ment des struc­tures sociales dû au triomphe de l’économie capi­ta­liste néo­li­bé­rale favo­rise l’économie infor­melle et les déstruc­tu­ra­tions sociales. De même, l’extension de l’économie de marché et la crois­sance des inéga­li­tés sociales, ren­for­cées par les plans d’ajustement struc­tu­rel, les endet­te­ments des États ainsi que la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie sont loin d’exclure ou de mar­gi­na­li­ser ses victimes.

La mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste tire même avan­tage à « les pro­duire » pour son plus grand profit. Les lais­sés-pour-compte sont en réa­lité « la source des rentes les plus fortes de l’économie mon­dia­li­sée ». Le régime actuel d’accumulation du capi­tal, étroi­te­ment lié aux déré­gu­la­tions de la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale, réduit les femmes et les filles à une mar­chan­dise sus­cep­tible d’être ache­tée, vendue, louée, appro­priée ou échan­gée. Il ren­force l’équation archaïque entre femme et sexe, rédui­sant les femmes à une huma­nité moindre et contri­buant à les main­te­nir dans un statut infé­rieur. Paradoxalement, beau­coup dans nos socié­tés s’opposent à la mar­chan­di­sa­tion des biens et des ser­vices lorsque cela concerne le sys­tème hos­pi­ta­lier, l’éducation, l’eau, etc., tout en accep­tant sinon en pro­mou­vant la moné­ta­ri­sa­tion des rela­tions humaines, ce qu’est par essence la pros­ti­tu­tion, qua­li­fiée libé­ra­le­ment de « tra­vail comme un autre » ou de « tra­vail du sexe ».

La vic­toire du néo­li­bé­ra­lisme dans les années 1980 a permis une accé­lé­ra­tion de la sou­mis­sion à la moné­ta­ri­sa­tion des rap­ports sociaux ce qui s’est tra­duit par un essor consi­dé­rable des indus­tries du sexe ; les femmes et les filles du monde entier en paient un lourd tribut.

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances)

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