Manifestation étudiante

Le rôle de la police est-il d’assurer l’ordre ou de provoquer ?

Par Mis en ligne le 22 avril 2012

Les quelque 200 mili­tantes et mili­tants de la CSN qui ont par­ti­cipé ce midi à la mani­fes­ta­tion étu­diante qui s’est dérou­lée dans le sec­teur du Palais des congrès de Montréal témoignent de la force bru­tale et dis­pro­por­tion­née uti­li­sée envers les mani­fes­tants, mais encore plus du rôle pro­vo­ca­teur joué par les forces poli­cières.

« La mani­fes­ta­tion a été paci­fique jusqu’à ce qu’un poli­cier, sans raison, décide d’asperger un jeune avec des gaz lacry­mo­gènes. Du coup, ils ont sorti l’artillerie lourde et s’en sont pris vio­lem­ment aux mani­fes­tants pour les faire recu­ler, les tabas­sant à coups de matraque même s’ils recu­laient sans résis­tance. Le com­por­te­ment des forces poli­cières n’a été que pro­vo­ca­tion », de décla­rer Jean Trudelle, pré­sident de la FNEEQ-CSN.

« Pendant la mani­fes­ta­tion, alors que le pré­sident du Syndicat des chargé-es de cours de l’Université du Québec à Montréal ten­tait d’aider un étu­diant qui gisait sur le sol à se rele­ver, un poli­cier l’a empoi­gné et pro­jeté vio­lem­ment sur une voi­ture. Plusieurs autres mani­fes­tants ont été poi­vrés même s’ils ne fai­saient que mani­fes­ter dans le calme », de sou­li­gner Gaétan Châteauneuf, pré­sident du Conseil cen­tral du Montréal métro­po­li­tain.

« Alors que le gou­ver­ne­ment aurait dû s’asseoir avec toutes les asso­cia­tions étu­diantes depuis le début de la semaine et résoudre le conflit, il a plutôt décidé de créer de toute pièce une crise encore plus impor­tante en fai­sant dévier le débat sur la vio­lence. Son com­por­te­ment des der­niers jours est non seule­ment irres­pon­sable, mais scan­da­leux. Nous sommes loin de penser qu’il œuvre à apai­ser les ten­sions. Au contraire, il les attise. Sa blague tota­le­ment dépla­cée envers les mani­fes­tants démontre un mépris indigne d’un chef d’État. Personne d’autre que le pre­mier ministre ne peut réta­blir le dia­logue, il a le devoir de s’en rap­pe­ler », de dire le pré­sident de la CSN, Louis Roy.

Non à la gra­tuité minière, oui à la gra­tuité sco­laire
Rappelons qu’un des slo­gans des étu­diants aujourd’hui était « Non à la gra­tuité minière, oui à la gra­tuité sco­laire ». Les mili­tantes et les mili­tants de la CSN ont mani­festé aujourd’hui en appui aux étu­diants, mais aussi pour joindre leurs voix à celles des gens qui contestent les res­sources fara­mi­neuses qui sont consa­crées au Plan Nord, alors que le gou­ver­ne­ment libé­ral choi­sit de refi­ler de plus en plus la fac­ture des études supé­rieures aux étu­diantes, aux étu­diants et à leurs familles. Pour la CSN, l’éducation devrait être une prio­rité natio­nale.

La CSN, fondée en 1921, regroupe 300 000 membres répar­tis dans les sec­teurs public et privé.

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