Égalité femmes-hommes

« Le gouvernement doit passer de la parole aux actes »

l'Intersyndicale des femmes

Par Mis en ligne le 06 février 2011
Longueuil, le 2 février 2010 – Dans son bilan de l’application de la Politique gou­ver­ne­men­tale pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pré­senté aujourd’hui aux membres de la Commission des rela­tions avec les citoyens (sic), l’Intersyndicale des femmes constate que quoique des avan­cées aient été obte­nues au cours des der­nières années, des défis majeurs res­tent à rele­ver pour que l’égalité de droit devienne une éga­lité de fait.
« Le gou­ver­ne­ment doit aller plus loin pour rem­plir ses obli­ga­tions envers les femmes et recon­naitre que la dis­cri­mi­na­tion vécue par les femmes est sys­té­mique. Le temps de passer de la parole aux actes est venu, notam­ment en main­te­nant l’intégrité de la Commission sur l’équité sala­riale et en aug­men­tant les bud­gets affec­tés au Conseil du Statut de la femme et en sou­te­nant les groupes auto­nomes de femmes, par­ti­cu­liè­re­ment la Fédération des femmes du Québec. Il est pri­mor­dial que ces orga­nismes puissent rem­plir adé­qua­te­ment leur rôle et que leur ana­lyse et leur exper­tise soient recon­nues, tout par­ti­cu­liè­re­ment en cette période d’incertitude éco­no­mique qui fra­gi­lise davan­tage les femmes », ont plaidé les repré­sen­tantes de l’Intersyndicale des femmes.
Remettre de la cohé­rence

Pour l’Intersyndicale des femmes, les mesures conte­nues dans le der­nier budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, sont inco­hé­rentes avec la volonté affi­chée du gou­ver­ne­ment de réduire les inéga­li­tés entre les sexes. La tari­fi­ca­tion des ser­vices publics (« fonds santé », hausse des frais de sco­la­rité, etc.), au détri­ment de mesures fis­cales pro­gres­sives nuit direc­te­ment à l’égalité. De la même façon, le recours de plus en plus fré­quent au privé et aux agences exté­rieures, les par­te­na­riats publics-privés (PPP) et la mul­ti­pli­ca­tion de la sous-trai­tance nuisent à l’atteinte de l’égalité de fait pour les femmes. Ces poli­tiques du gou­ver­ne­ment Charest ren­forcent les inéga­li­tés sociales et nuisent à la redis­tri­bu­tion de la richesse, dont les femmes sont les pre­mières béné­fi­ciaires. Par sur­croit, la réduc­tion de la taille de l’État fait dis­pa­raitre des emplois majo­ri­tai­re­ment occu­pés par des femmes.

Le gou­ver­ne­ment doit faire de son deuxième plan d’action pour l’égalité une prio­rité éta­tique. Pour y arri­ver, la cohé­rence doit être au rendez-vous. « En vue du pro­chain budget, le ministre des Finances convie encore les citoyens et les citoyennes à faire des « choix dif­fi­ciles » qui rédui­ront encore davan­tage l’offre de ser­vices publics. Au même moment, du côté de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition fémi­nine, on pré­tend agir sur tous les fronts pour réduire les inéga­li­tés entre les femmes et les hommes. Cette inco­hé­rence nous éloigne du but recher­ché : l’égalité réelle entre les hommes et les femmes », ajoutent les repré­sen­tantes de l’Intersyndicale des femmes.

« L’accès à l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut se faire qu’en assu­rant l’égalité des chances entre tous les citoyens et toutes les citoyennes, ce qui implique des mesures fis­cales équi­tables et pro­gres­sives, mais aussi le main­tien et le déve­lop­pe­ment de ser­vices publics acces­sibles et de qua­lité pour toutes et pour tous », concluent les repré­sen­tantes de l’Intersyndicale des femmes.

Le mémoire de l’Intersyndicale des femmes Pour que l’égalité de droit devienne une éga­lité de fait, le gou­ver­ne­ment doit passer de la parole aux actes, est dis­po­nible sur les sites des orga­ni­sa­tions membres. L’Intersyndicale était repré­sen­tée par Michèle Boisclair, vice-pré­si­dente de la FIQ, Lucie Grandmont, vice-pré­si­dente du SFPQ et par Dominique Verreault, pré­si­dente de l’APTS.

Profil de l’Intersyndicale des femmes

Créée en 1977, l’Intersyndicale des femmes repré­sente aujourd’hui plus de 200 000 tra­vailleuses syn­di­quées dont la plu­part œuvrent dans les ser­vices publics. Elle regroupe les orga­ni­sa­tions syn­di­cales sui­vantes : l’Alliance du per­son­nel pro­fes­sion­nel et tech­nique de la santé et des ser­vices sociaux (APTS), la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), la Centrale des syn­di­cats démo­cra­tiques (CSD), la Fédération inter­pro­fes­sion­nelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat de la fonc­tion publique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de pro­fes­sion­nelles et pro­fes­sion­nels du gou­ver­ne­ment du Québec (SPGQ).

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Renseignements :

Francis Boucher APTS (514) 609-2906
Sandra Gagné FIQ (514) 796-5093
Éric Lévesque, SFPQ (418) 564-4150

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