L’avenir de la gauche au Québec

Mis en ligne le 16 octobre 2007

Nous ne pou­vons pas parler du futur de la gauche au Québec sans réflé­chir à son passé pour la simple raison que le futur est lié au passé, et au pré­sent. En effet, il y a un véri­table fossé entre les idées qu’épousent la nou­velle géné­ra­tion de mili­tants et celles de la der­nière géné­ra­tion.

Par David Austin

Pour pré­voir la direc­tion que le chan­ge­ment social pren­dra dans l’avenir, il faut rendre compte des forces et des fai­blesses, en pra­tique ou en théo­rie, des mou­ve­ments qui l’ont pré­cé­dés.

L’histoire de la gauche qué­bé­coise doit inclure les mou­ve­ments sociaux et les groupes de diverses ori­gines et eth­ni­ci­tés. Cette his­toire ne peut négli­ger, ni la contri­bu­tion des Premières Nations dans leur lutte pour la jus­tice au Québec, ni la lutte et la rébel­lion des popu­la­tions noires d’origine afri­caine qui ont lutté contre l’esclavage avec les Autochtones dès le 16ieme siècle. L’histoire de la gauche qué­bé­coise doit aussi inclure les divers mou­ve­ments de libé­ra­tion à tra­vers le monde qui ont eu une influence impor­tante à Montréal dans les années soixante et soixante-dix (Chile, Vietnam, Afrique, les Antilles, etc.).

Aucun mou­ve­ment social ne peut avan­cer sans une bonne com­pré­hen­sion de l’apport et de la par­ti­ci­pa­tion active des com­mu­nau­tés qué­bé­coises qui ne sont pas d’origine fran­çaise. Ce point est par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour la ville de Montréal.

La ville de Montréal a joué un rôle très impor­tant dans le mou­ve­ment social qui ont bou­le­versé le monde dans les années soixante et soixante dix. Ce rôle n’était pas acti­ve­ment ni consciem­ment appré­cié par les Québécois – et par Québécois, je parle bien de tous les gens qui habitent ici au Québec.

Dans les années soixante et soixante dix, les pen­sées des Martiniquais Frantz Fanon et Aimé Césaire, d’Albert Memmi de Madagascar, et d’Amilcar Cabral de Guinée Bissau ont eu une influence poli­tique et intel­lec­tuelle immense sur la gauche qué­bé­coise fran­çaise et la gauche qué­bé­coise en géné­ral. Ce fait n’est pas suf­fi­sam­ment docu­menté dans les annales de l’histoire du Québec.

En plus, le mou­ve­ment de Black Power aux Etats Unis, les mou­ve­ments pour la libé­ra­tion de l’Algérie et du Vietnam, les mou­ve­ments d’indépendance en Afrique et la révo­lu­tion cubaine ont aussi été sources d’inspiration pour la gauche qué­bé­coise dans les années soixante et soixante-dix. Ces deux points sont aussi mal appré­ciés par la gauche qué­bé­coise et ne sont pas inclus dans les annales de l’histoire du Québec.

La poli­tique, c’est un mode de vie, une voca­tion et un pro­ces­sus. La liberté ne peut pas être atteinte sur les bancs des uni­ver­si­tés.

Les phi­lo­sophes, les pro­fes­seurs, etc., ont inter­prété le monde… mais le but est de le chan­ger et non de l’interpréter. (K. Marx) Évidemment, la théo­rie et les idées ont un rôle à jouer dans l’avancée de la gauche.

Oui, un nou­veau monde, un nouvel ordre global est pos­sible, mais il devra avoir des racines locales liées à une vision et à une appli­ca­tion qui tissent un lien sain entre le peuple et leur envi­ron­ne­ment.

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