L’automne des patriarches

Par Mis en ligne le 23 février 2011

Deux révo­lu­tions et deux pré­si­dents déchus en quelques semaines. Longtemps pré­senté comme une région rétive à la démo­cra­ti­sa­tion et au chan­ge­ment, le monde arabe est secoué par un vent de révolte, qui pour­rait mettre fin au mythe de « l’exception auto­ri­taire » arabe.

Dans son der­nier film, Le Chaos [1], le cinéaste égyp­tien Youssef Chahine décrit le sou­lè­ve­ment d’un quar­tier du Caire contre la tyran­nie et la bru­ta­lité d’un chef de police qui ter­ro­rise les habi­tants du quar­tier, rackette ses com­mer­çants et tor­ture les déte­nus dans son com­mis­sa­riat. Le per­son­nage de Hatem, le poli­cier véreux, incarne l’autocrate arabe, qui n’a pour légi­ti­mité que sa propre vio­lence, arro­gant avec les faibles et obsé­quieux à l’égard des puis­sants. « Celui qui n’aime pas Hatem, n’aime pas l’Égypte » répète ce tyran­neau à un com­mer­çant qui refuse de payer sa dîme ou à un jeune qui s’oppose à ses pra­tiques. La fin du film pré­fi­gure la révolte égyp­tienne du 25 jan­vier 2011 : les habi­tants du quar­tier s’insurgent contre le pou­voir absolu du chef de police et l’assiègent dans son com­mis­sa­riat pour récla­mer son départ et sa tra­duc­tion en justice.

Dans cette œuvre pré­mo­ni­toire, Youssef Chahine livre une des­crip­tion acérée des dys­fonc­tion­ne­ments du régime égyp­tien qui allaient conduire à la révolte et au sou­lè­ve­ment popu­laire : la cor­rup­tion, la répres­sion, et l’absolutisme. Quelques années plus tard, la révolte ima­gi­née par Youssef Chahine est deve­nue réa­lité. Des cen­taines de mil­liers de mani­fes­tants ont occupé la place Attahrir, au cœur de la capi­tale égyp­tienne, pour obte­nir le départ du pré­sident Hosni Moubarak.

Par un effet domino, le sou­lè­ve­ment popu­laire en Égypte a été sus­cité et encou­ragé par le succès de la révo­lu­tion du Jasmin en Tunisie, qui a réussi à ren­ver­ser, en quelques semaines, le régime auto­ri­taire du pré­sident Ben Ali. Inquiets de la pro­pa­ga­tion de ce vent de révolte, de nom­breux chefs d’États arabes ont pris des mesures poli­tiques et éco­no­miques pour apai­ser les esprits et anti­ci­per les troubles dans leurs pays. C’est ainsi que le roi Abdallah de Jordanie a pro­cédé au limo­geage de son Premier ministre ; au Yémen, le pré­sident Ali Abdellah Saleh, au pou­voir depuis trente deux ans, a annoncé qu’il ne bri­gue­rait pas un nou­veau mandat, tandis qu’en Algérie, au Maroc et en Libye, des déci­sions éco­no­miques ont été prises en faveur des couches popu­laires. Mais malgré ces mesures, le spectre de la conta­gion se pro­file, annon­çant la fin de l’exception auto­ri­taire arabe.

Résistance à la démocratie

Au début des années 1990, une vague de démo­cra­ti­sa­tion défer­lait sur le monde [2] mar­quant l’effondrement de plu­sieurs régimes, notam­ment en Europe de l’Est et en Amérique latine, et leur rem­pla­ce­ment par des expé­riences démo­cra­tiques. Le monde arabe est resté à l’abri de cette dyna­mique, consti­tuant une « excep­tion auto­ri­taire » [3], qui a sus­cité une lit­té­ra­ture abon­dante sur les rai­sons de cette résis­tance. Plusieurs dimen­sions ont été explo­rées pour expli­quer la forte rési­lience de l’autoritarisme dans le monde arabe et les res­sorts qui empêchent l’émergence de la démo­cra­tie dans cette région.

Certains modèles insistent essen­tiel­le­ment sur le rôle des struc­tures sociales tra­di­tion­nelles dans la genèse et le ren­for­ce­ment de l’autoritarisme dans le monde arabe. L’intellectuel pales­ti­nien Hisham Sharabi a ainsi essayé de démon­trer, dans un célèbre essai, com­ment les rap­ports d’autorité et de domi­na­tion sont for­te­ment ancrés dans la culture poli­tique arabe [4]. Pour lui, les rela­tions entre les États et les indi­vi­dus dans les socié­tés arabes empruntent les mêmes sché­mas de fonc­tion­ne­ment qu’au sein de la struc­ture fami­liale, avec la figure du père répres­sif, auto­ri­taire et domi­nant, mais néces­saire et entre­te­nant ses enfants dans une situa­tion de dépen­dance. La culture néo-patriar­cale dans cette région, selon Sharabi, se carac­té­rise par une per­son­ni­fi­ca­tion du pou­voir poli­tique et par des méca­nismes de média­tion et de clien­té­lisme qui main­tiennent l’équilibre de ce sys­tème et assurent sa per­sis­tance [5]. Un autre modèle théo­rique pour expli­quer l’autoritarisme arabe est fourni par l’anthropologue Abdellah Hammoudi [6]. En s’appuyant sur l’exemple maro­cain, Hammoudi pré­sente les rap­ports entre le maître et son dis­ciple dans les confré­ries mys­tiques comme para­dig­ma­tiques des liens de domi­na­tion et de sou­mis­sion dans la sphère poli­tique arabe. Le dis­ciple, qui s’efface en tant qu’individu et se dis­sout tota­le­ment dans le pou­voir spi­ri­tuel et le pres­tige de son maître, est le modèle qui annonce le citoyen arabe, renon­çant à sa liberté et à sa sin­gu­la­rité et accep­tant de s’insérer dans une logique de sou­mis­sion à l’autorité tuté­laire du chef poli­tique. D’autres ana­lyses mettent en avant le contrôle des res­sources éco­no­miques par les régimes arabes, dans le but d’asseoir leur domi­na­tion et de main­te­nir les citoyens dans des condi­tions de dépen­dance et de sou­mis­sion. Certains États, notam­ment les pays du Golfe, « achètent » donc la paix sociale et poli­tique par le biais de la redis­tri­bu­tion de la rente que pro­curent les res­sources natu­relles dont ils sont nantis. Cette situa­tion d’ « État ren­tier » [7], permet aux régimes en place de se passer des recettes fis­cales, et de contour­ner ainsi les aspi­ra­tions démo­cra­tiques qui éta­blissent une cor­ré­la­tion entre l’acquittement des impôts et le droit de contrô­ler les poli­tiques menées par les États. Le mythe fon­da­teur de la pra­tique démo­cra­tique, « Pas de taxa­tion sans repré­sen­ta­tion », devient donc sans fon­de­ment dans des États à faible ponc­tion fis­cale où les indi­vi­dus entre­tiennent des liens de clien­té­lisme avec les gou­ver­nants. L’opposition est perçue alors comme une menace à la situa­tion de rente et un risque de désta­bi­li­sa­tion sus­cep­tible de priver les béné­fi­ciaires de ce sys­tème de redis­tri­bu­tion. Malgré la mise en place de quelques mesures de libé­ra­li­sa­tion poli­tique et l’adoption de réformes per­met­tant d’élargir les marges de liber­tés dans cer­tains pays arabes (notam­ment en Jordanie, au Maroc et au Koweït), le trait commun entre ces régimes demeure la per­sis­tance de l’autoritarisme et l’existence d’un grand défi­cit démo­cra­tique. Les révo­lu­tions tuni­sienne et égyp­tienne qui ont marqué le début de 2011 per­mettent cepen­dant de croire au déman­tè­le­ment du phé­no­mène auto­ri­taire dans le monde arabe. Certains élé­ments en œuvre dans ces révo­lu­tions laissent pré­sa­ger que plus rien ne sera comme avant et qu’une dyna­mique de chan­ge­ment et de réformes pro­fondes a été enclenchée.

Des légitimités fragiles

Dans son ana­lyse de la révo­lu­tion fran­çaise et la com­pa­rai­son, en fili­grane, avec le fonc­tion­ne­ment de la démo­cra­tie en Amérique, Alexis de Tocqueville remar­quait que la puis­sance ou la fai­blesse de l’État, et ses rap­ports avec la société, déter­minent la nature des chan­ge­ments et leur degré de radi­ca­lité. D’après Tocqueville, la domi­na­tion de l’État en France et son ascen­dant sur la société ne lais­saient de place qu’à la révo­lu­tion et au chan­ge­ment brutal. En revanche, il remar­quait qu’en Amérique, les reven­di­ca­tions sociales et poli­tiques avaient des chances d’aboutir en raison de la rela­tive fai­blesse de l’État et de la forte mobi­li­sa­tion dont la société était capable. La révo­lu­tion poli­tique en France prend ainsi des allures de révo­lu­tion reli­gieuse, intran­si­geante et radi­cale, balayant tout sur son pas­sage, qui ne se contente pas de réfor­mer ce qui devrait être réformé, mais tente de créer un homme nou­veau et une société nou­velle [8]. Ce constat de Tocqueville pour la révo­lu­tion fran­çaise peut aider à com­prendre les res­sorts des révo­lu­tions tuni­sienne et égyptienne.

Après le pro­ces­sus de déco­lo­ni­sa­tion, les États dans le monde arabe ont été conçus comme des puis­sances de trans­for­ma­tion, ayant pour mis­sion de chan­ger les socié­tés et de concré­ti­ser les espé­rances de déve­lop­pe­ment, de jus­tice sociale et d’indépendance poli­tique et éco­no­mique. Les mou­ve­ments d’opposition, les espaces de contes­ta­tion et le plu­ra­lisme poli­tique ont été réduits ou sup­pri­més par les États arabes, sous pré­texte de lutte contre l’impérialisme ou de réa­li­sa­tion de grands chan­tiers de déve­lop­pe­ment. Les struc­tures tra­di­tion­nelles de média­tion entre le pou­voir poli­tique et la société ont été dévoyées et trans­for­mées en réseaux de clien­tèle et de dis­tri­bu­tion de pré­bendes per­met­tant aux États de conso­li­der leur domi­na­tion. Le conflit israélo-arabe a éga­le­ment permis à de nom­breux régimes d’étouffer toute vel­léité d’opposition, en bran­dis­sant la menace du « com­plot étran­ger » et de la com­pro­mis­sion avec « l’ennemi sio­niste » [9]. L’usage de la répres­sion et de la vio­lence a ren­forcé cette puis­sance de l’État face à la société dans le monde arabe. Toutes les sou­papes qui auraient permis de régu­ler les demandes et les reven­di­ca­tions popu­laires ont été fer­mées, créant une situa­tion de frus­tra­tion et d’exaspération qui s’est expri­mée sous des formes vio­lentes et épi­so­diques (les émeutes du pain, les ten­ta­tives d’assassinat des diri­geants politiques…).

Plus d’un demi-siècle après la déco­lo­ni­sa­tion, et à la suite de la signa­ture de trai­tés de paix avec Israël par des pays arabes (Égypte, Jordanie), la légi­ti­mité his­to­rique de ces régimes s’est effri­tée et a été sou­mise à forte contes­ta­tion. Le dis­cours natio­na­liste, tenu par cer­tains régimes, met­tant en relief la lutte contre « l’ennemi sio­niste » et « le com­plot étran­ger » se retrou­vait en totale contra­dic­tion avec les poli­tiques menées par ces régimes et la néces­sité de s’insérer dans l’économie mon­diale en accueillant des inves­tis­se­ments occi­den­taux et des mil­lions de tou­ristes chaque année. Une trans­for­ma­tion démo­gra­phique s’est paral­lè­le­ment opérée dans la région : la majo­rité de la popu­la­tion est désor­mais jeune et en déca­lage total avec la géné­ra­tion des diri­geants en place [10]. Elle estime que le « grand récit » tenu par les chefs d’État arabes sur la lutte pour l’indépendance et la par­ti­ci­pa­tion aux guerres contre les enne­mis his­to­riques est obso­lète et caduc. Il est ainsi remar­quable que pen­dant le der­nier dis­cours du pré­sident égyp­tien H. Moubarak, alors que celui-ci insis­tait sur son passé de soldat et de chef de l’armée de l’air égyp­tienne pen­dant la guerre de 1973, les mani­fes­tants de la place Attahrir conti­nuaient à crier « irhal, irhal » (« dégage, dégage »). Pour cette jeune géné­ra­tion, leurs diri­geants ont failli à leur mis­sion ; ils incarnent un sys­tème répres­sif, cor­rompu, ser­vant à l’enrichissement per­son­nel des diri­geants et de leurs familles. Les mani­fes­tants à Tunis et au Caire repro­chaient notam­ment aux régimes qu’ils ont ren­ver­sés leur manque d’exemplarité morale et leur subor­na­tion. Cette situa­tion d’effondrement des régimes à cause de leur cor­rup­tion et leur déca­dence morale aux yeux de leur peuple rap­pelle les ana­lyses de l’historien arabe Ibn Khaldûn. En obser­vant les dynas­ties au pou­voir en Afrique du Nord, cet his­to­rien esti­mait que les États sont ini­tia­le­ment portés par une Assabiya, un esprit de corps tribal ou reli­gieux, qui permet à un chef de se hisser au pou­voir. Mais pour Ibn Khaldûn, cet esprit de corps n’est pas suf­fi­sant, car il peut pous­ser à un exer­cice exces­sif de l’autorité, néces­si­tant alors l’intervention des Khisal, c’est-à-dire des vertus per­son­nelles du chef et son exem­pla­rité morale, qui neu­tra­lisent les pen­chants pour l’injustice et la cor­rup­tion [11]. Le cycle de déca­dence est déclen­ché, selon Ibn Khaldûn, quand ces vertus dis­pa­raissent et que les gou­ver­nants n’incarnent, aux yeux de leurs sujets, que déli­ques­cence morale et tyran­nie. Dans cette pers­pec­tive les révo­lu­tions tuni­sienne et égyp­tienne ont été consi­dé­rées comme une renais­sance, une opé­ra­tion de « net­toyage » en vue d’une nou­velle « hygiène » poli­tique et sociale. Au len­de­main des départs des deux pré­si­dents déchus, les mani­fes­tants tuni­siens et égyp­tiens ont pro­cédé au net­toyage des rues et des places où des sit-in avaient été tenus, d’abord pour signi­fier la nature paci­fique et orga­ni­sée de leurs sou­lè­ve­ments, mais aussi pour mar­quer sym­bo­li­que­ment le début d’une nou­velle ère, basée sur des règles saines et solides.

L’armée des ombres

Dans une chro­nique pleine d’humour et d’ironie, le jour­na­liste égyp­tien Mamoun Fandi a décrit les affron­te­ments entre les mani­fes­tants qui récla­maient le départ de Moubarak et les par­ti­sans de ce der­nier comme une bataille entre « l’âne et Facebook » [12]. Pour M. Fandi, ces heurts étaient symp­to­ma­tiques d’une lutte entre deux visions de l’avenir de l’Égypte : une jeu­nesse moderne, arri­mée à son monde, et aspi­rant à la démo­cra­tie et à l’universalité, et ceux « qui veulent faire reve­nir l’Égypte au Moyen âge », selon l’expression du chro­ni­queur. Il est un peu exces­sif de consi­dé­rer les deux sou­lè­ve­ments popu­laires comme des « révo­lu­tions Facebook ». Dans les deux pays, les réseaux sociaux ont cepen­dant été déter­mi­nants dans la mobi­li­sa­tion des jeunes mani­fes­tants. L’usage des réseaux sociaux a donné aux deux révo­lu­tions leur spon­ta­néité et leur indé­pen­dance à l’égard des orga­ni­sa­tions poli­tiques tra­di­tion­nelles. Une véri­table armée des ombres, formée de pseu­do­nymes, de blogs, de com­men­taires ano­nymes sur les forums, s’est ainsi consti­tuée au fil du temps, pour dénon­cer, à l’abri de la cen­sure, la nature auto­ri­taire des régimes. Les révo­lu­tions tuni­sienne et égyp­tienne se sont nour­ries d’images et de vidéos prises lors des affron­te­ments avec les forces de l’ordre, mon­trant l’héroïsme des jeunes mani­fes­tants et la vio­lence illé­gi­time des régimes. La vidéo d’un mani­fes­tant égyp­tien blo­quant la route à des camions de police, rap­pe­lant le fameux acte de l’opposant chi­nois à la place Tiananmen, a été pré­sen­tée comme le sym­bole de la chute du « mur de la peur » chez le peuple égyp­tien. La trans­mis­sion virale de ces vidéos, par des sites de par­tage ou par les réseaux sociaux, a enhardi de nou­veaux mani­fes­tants et encou­ragé d’autres per­sonnes, réti­centes, à des­cendre dans les rues. Ces révo­lu­tions annoncent aussi l’effondrement du secret et de l’opacité qui entou­raient géné­ra­le­ment les dic­ta­tures dans le monde arabe. « Chacun voit aisé­ment ce qu’on paraît être, mais presque per­sonne n’identifie ce qu’on est ; et ce petit nombre d’esprits péné­trants n’ose pas contre­dire la mul­ti­tude, qui a pour bou­clier la majesté de l’État ». Cette maxime de Machiavel, élevée au rang de poli­tique d’État par les diri­geants arabes, est deve­nue inopé­rante. Les for­tunes des chefs d’État, les scan­dales de leur entou­rage et les vio­la­tions des droits de l’homme qu’ils ont com­mises ont été étalés sur Internet et rendus acces­sibles à leurs peuples. Sans cher­cher à éta­blir un lien de cau­sa­lité entre les deux évé­ne­ments, il est notable que les révo­lu­tions arabes se soient pro­duites quelques semaines seule­ment après les révé­la­tions de Wikileaks qui ont permis aux Tunisiens et aux Égyptiens de décou­vrir ce que la diplo­ma­tie amé­ri­caine pen­sait des deux régimes, et d’accéder à de nou­velles infor­ma­tions sur l’étendue de la cor­rup­tion dans leurs pays. La chaîne Al Jazeera, en don­nant la parole à l’opposition égyp­tienne et tuni­sienne, a éga­le­ment par­ti­cipé à l’éclatement de cette bulle d’opacité. Quand les télé­vi­sions publiques, dans les deux pays, mini­mi­saient le nombre des mani­fes­tants et pas­saient sous silence la répres­sion des jeunes pré­sents dans les rues, Al Jazeera dif­fu­sait les images des vic­times, et mon­trait l’ampleur de la mobilisation.

Si une seule image devait sym­bo­li­ser l’impuissance des régimes auto­ri­taires arabes à main­te­nir leurs peuples dans l’opacité et la dés­in­for­ma­tion, ce serait ainsi celle de la télé­vi­sion publique égyp­tienne dif­fu­sant en boucle la vidéo d’un pont sur le Nil sur lequel la cir­cu­la­tion était nor­male, tandis que sur Al Jazeera, des cen­taines de mil­liers de per­sonnes scan­daient « Dégage, dégage ».

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