De grandes absences et des micromesures

« Le gouvernement Harper garde le cap sur l’austérité et annonce une série de petites mesures tout en occultant plusieurs grandes demandes du Québec. » Réagissant au dépôt du budget du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, le trésorier de la CSN, Pierre Patry s’est montré déçu à plusieurs égards, particulièrement des baisses d’impôt pour les entreprises. « Le gouvernement se prive de revenus importants alors qu’il applique des compressions dans plusieurs ministères, dont ceux du Développement économique et de l’Environnement. »

Les grands absents
Plusieurs dossiers à incidence pécuniaire entre Québec et Ottawa demeurent irrésolus. C’est le cas de la compensation fédérale pour la quasi-harmonisation de la taxe de vente du Québec. La CSN rappelle que le Québec est la première province à avoir harmonisé l’essentiel de son régime de taxe de vente avec la TPS fédérale. Malgré cela, le gouvernement fédéral n’a toujours pas versé de compensation financière au Québec, même si plusieurs provinces s’étant harmonisées récemment, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, ont déjà été compensées. Il s’agit d’un manque à gagner de 2,2 milliards pour le Québec.

Le gouvernement fédéral annonce des micromesures pour la formation et l’éducation, mais pas un mot sur le rehaussement des transferts fédéraux au chapitre de l’enseignement supérieur. Le manque à gagner, par rapport au niveau de 1994-1995 indexé selon l’inflation, se situe à plus de 3,4 milliards à l’échelle canadienne. Cela représente environ 800 millions de plus pour le Québec.
« Le gouvernement prétend vouloir soutenir la croissance et l’emploi, mais il se retire de pratiquement toutes les mesures de stimulation mises en place au cours des deux dernières années », de noter M. Patry.

Il prolonge certaines mesures spéciales d’assurance-emploi, mais demeure muet sur une véritable amélioration du régime. « Il n’y a aucune mesure dans ce budget pour améliorer l’accessibilité aux prestations d’assurance-emploi, pour éliminer le délai de carence et augmenter le taux de remplacement du revenu. Est-il nécessaire de rappeler que le gouvernement s’est accaparé 57 milliards de dollars dans la caisse d’assurance-emploi ? », de déplorer Pierre Patry.

Le gouvernement prolonge également l’initiative ciblée pour les travailleurs âgés, mais ne propose rien pour soutenir le revenu des ceux ayant perdus leur emploi pendant la récession et qui ne pourront jamais plus accéder au marché du travail, malgré les programmes de formation. La CSN réclame depuis plusieurs années une passerelle leur permettant de se rendre à la retraite dans la dignité.

Des miettes pour la forêt et l’environnement
Le trésorier de la CSN constate que le gouvernement fédéral consent encore une fois des miettes pour aider les entreprises forestières à innover. « Soixante millions, c’est bien peu compte tenu de la gravité de la crise qui a débuté il y a plusieurs années et qui se poursuit. » La CSN aurait préféré un programme de prêts et de garanties de prêts, la mise en place d’une politique de modernisation de l’industrie comprenant l’utilisation du bois dans les constructions fédérales, le financement de la recherche et de la commercialisation des biocarburants produits à partir des résidus forestiers et un programme de diversification des économies régionales frappées par la crise.

En environnement, le gouvernement se départit de presque tous ses programmes d’efficacité énergétique, par exemple ceux soutenant les nouvelles constructions résidentielles et commerciales, l’utilisation de la biomasse, de l’éolien et des biocombustibles, pour ne conserver que le programme écoÉNERGIE Rénovation – Maisons pour une année seulement, une mesure qui vise à contenter le NPD.

« Il s’agit d’un budget sans surprise, extrêmement décevant pour le Québec et qui ne s’attaque pas aux défis de l’avenir », de conclure Pierre Patry.

La CSN représente plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.