Réaction de la CSN au budget fédéral

De grandes absences et des micromesures

Par Mis en ligne le 23 mars 2011

« Le gou­ver­ne­ment Harper garde le cap sur l’austérité et annonce une série de petites mesures tout en occul­tant plu­sieurs grandes demandes du Québec. » Réagissant au dépôt du budget du ministre fédé­ral des Finances, Jim Flaherty, le tré­so­rier de la CSN, Pierre Patry s’est montré déçu à plu­sieurs égards, par­ti­cu­liè­re­ment des baisses d’impôt pour les entre­prises. « Le gou­ver­ne­ment se prive de reve­nus impor­tants alors qu’il applique des com­pres­sions dans plu­sieurs minis­tères, dont ceux du Développement éco­no­mique et de l’Environnement. »

Les grands absents
Plusieurs dos­siers à inci­dence pécu­niaire entre Québec et Ottawa demeurent irré­so­lus. C’est le cas de la com­pen­sa­tion fédé­rale pour la quasi-har­mo­ni­sa­tion de la taxe de vente du Québec. La CSN rap­pelle que le Québec est la pre­mière pro­vince à avoir har­mo­nisé l’essentiel de son régime de taxe de vente avec la TPS fédé­rale. Malgré cela, le gou­ver­ne­ment fédé­ral n’a tou­jours pas versé de com­pen­sa­tion finan­cière au Québec, même si plu­sieurs pro­vinces s’étant har­mo­ni­sées récem­ment, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, ont déjà été com­pen­sées. Il s’agit d’un manque à gagner de 2,2 mil­liards pour le Québec.

Le gou­ver­ne­ment fédé­ral annonce des micro­me­sures pour la for­ma­tion et l’éducation, mais pas un mot sur le rehaus­se­ment des trans­ferts fédé­raux au cha­pitre de l’enseignement supé­rieur. Le manque à gagner, par rap­port au niveau de 1994-1995 indexé selon l’inflation, se situe à plus de 3,4 mil­liards à l’échelle cana­dienne. Cela repré­sente envi­ron 800 mil­lions de plus pour le Québec.
« Le gou­ver­ne­ment pré­tend vou­loir sou­te­nir la crois­sance et l’emploi, mais il se retire de pra­ti­que­ment toutes les mesures de sti­mu­la­tion mises en place au cours des deux der­nières années », de noter M. Patry.

Il pro­longe cer­taines mesures spé­ciales d’assurance-emploi, mais demeure muet sur une véri­table amé­lio­ra­tion du régime. « Il n’y a aucune mesure dans ce budget pour amé­lio­rer l’accessibilité aux pres­ta­tions d’assurance-emploi, pour éli­mi­ner le délai de carence et aug­men­ter le taux de rem­pla­ce­ment du revenu. Est-il néces­saire de rap­pe­ler que le gou­ver­ne­ment s’est acca­paré 57 mil­liards de dol­lars dans la caisse d’assurance-emploi ? », de déplo­rer Pierre Patry.

Le gou­ver­ne­ment pro­longe éga­le­ment l’initiative ciblée pour les tra­vailleurs âgés, mais ne pro­pose rien pour sou­te­nir le revenu des ceux ayant perdus leur emploi pen­dant la réces­sion et qui ne pour­ront jamais plus accé­der au marché du tra­vail, malgré les pro­grammes de for­ma­tion. La CSN réclame depuis plu­sieurs années une pas­se­relle leur per­met­tant de se rendre à la retraite dans la dignité.

Des miettes pour la forêt et l’environnement
Le tré­so­rier de la CSN constate que le gou­ver­ne­ment fédé­ral consent encore une fois des miettes pour aider les entre­prises fores­tières à inno­ver. « Soixante mil­lions, c’est bien peu compte tenu de la gra­vité de la crise qui a débuté il y a plu­sieurs années et qui se pour­suit. » La CSN aurait pré­féré un pro­gramme de prêts et de garan­ties de prêts, la mise en place d’une poli­tique de moder­ni­sa­tion de l’industrie com­pre­nant l’utilisation du bois dans les construc­tions fédé­rales, le finan­ce­ment de la recherche et de la com­mer­cia­li­sa­tion des bio­car­bu­rants pro­duits à partir des rési­dus fores­tiers et un pro­gramme de diver­si­fi­ca­tion des éco­no­mies régio­nales frap­pées par la crise.

En envi­ron­ne­ment, le gou­ver­ne­ment se dépar­tit de presque tous ses pro­grammes d’efficacité éner­gé­tique, par exemple ceux sou­te­nant les nou­velles construc­tions rési­den­tielles et com­mer­ciales, l’utilisation de la bio­masse, de l’éolien et des bio­com­bus­tibles, pour ne conser­ver que le pro­gramme éco­ÉNER­GIE Rénovation – Maisons pour une année seule­ment, une mesure qui vise à conten­ter le NPD.

« Il s’agit d’un budget sans sur­prise, extrê­me­ment déce­vant pour le Québec et qui ne s’attaque pas aux défis de l’avenir », de conclure Pierre Patry.

La CSN repré­sente plus de 300 000 tra­vailleuses et tra­vailleurs, et ce, tant dans les sec­teurs privé que public.

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