Francois-cyr

Le « triomphe » de Pauline Marois
lundi 27 février 2012
Québec / Canada

Après des mois de batailles inter­nes dont chaque vir­gule a été relayée sur la place publi­que, Pauline Marois a réussi son pari. D’une part les oppo­sants au sein du PQ ont mis leurs cri­ti­ques de côté, à l’exception de Lisette Lapointe et de Martin Aussant. D’autre part, le PQ connaît une remon­tée dans les son­da­ges alors qu’il était dans la « cave » depuis des mois. Certes, cette remon­tée tient davan­tage à la lamen­ta­ble per­for­mance de François Legault et de ses caquis­tes. Mais quand même, Pauline Marois peut se réjouir.

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15 observations sur la crise au PQ
  1. Le PQ est le pro­duit à la fin des années 1960 d’une rup­ture au sein de l’élite poli­ti­que qué­bé­coise de l’époque. Les « viel­les » élites qui sont les relais du capi­ta­lisme et de l’État cana­dien se dis­lo­quent. De « nou­vel­les » élites pren­nent forme autour du sec­teur tech­no­cra­ti­que de l’administration qu’on n’appelle pas encore l’« État » qué­bé­cois. Mais la dimen­sion de classe (essor de la petite bour­geoi­sie) n’est pas seule à modi­fier le pay­sage, car le PQ, c’est le « retour » d’une ques­tion natio­nale enfer­mée dans un cadre réac­tion­naire et clé­ri­cal. René Lévesque et ses col­lè­gues émer­gent du choc des clas­ses et des nations au sein de l’État capi­ta­liste cana­dien.
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L’actuel débat sur les pactes tactiques entre progressistes : ses origines et sa portée

Depuis la recom­po­si­tion du pay­sage par­ti­san au Québec inter­ve­nue en 2011 (tant au fédé­ral qu’au pro­vin­cial), la ques­tion de l’ouverture de dis­cus­sions entre forces poli­ti­ques sou­ve­rai­nis­tes et pro­gres­sis­tes s’est posée chez maints ana­lys­tes et acteurs gra­vi­tant autour de ces cou­rants, par-delà les lignes par­ti­sa­nes et sans égard au statut de tout un chacun (jour­na­liste, blo­gueur, mili­tant, cher­cheur, pro­fes­seur, etc.). Le site des Nouveaux cahiers du socia­lisme tente, dans la mesure de ses moyens, de faire connaî­tre et de dif­fu­ser ces réflexions et débats. Il n’y a pas de posi­tion édi­to­riale des NCS sur les pactes tac­ti­ques, sinon de dire qu’il faut qu’il y ait dis­cus­sion large là-dessus. Les dif­fé­ren­tes posi­tions rela­ti­ves aux pactes, au sein de la gauche, sont non seule­ment légi­ti­mes, mais il serait sur­tout très témé­raire de pré­ten­dre connaî­tre LA meilleure posi­tion sur un tel sujet, compte tenu des atouts et contra­dic­tions que chaque option com­porte.

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Pouvoirs émergents

À l’origine du « grand com­pro­mis »

Après la grande crise de 1929 et la guerre mon­diale contre le fas­cisme, un grand « com­pro­mis » est arra­ché aux clas­ses domi­nan­tes par les résis­tan­ces des peu­ples et la nou­velle confi­gu­ra­tion géo­po­li­ti­que lais­sée par le rap­port de forces mili­taire. Ce com­pro­mis permet aux domi­nés d’améliorer leurs condi­tions de vie et d’accroître leur influence sur le ter­rain poli­ti­que. De leur côté, les domi­nants sécu­ri­sent le capi­ta­lisme en évi­tant des rup­tu­res le remet­tant en ques­tion fon­da­men­ta­le­ment. Chaque région selon des ryth­mes et des formes spé­ci­fi­ques ins­pi­rées par les conjonc­tu­res par­ti­cu­liè­res assu­me­ront ce phé­no­mène. Ici au Québec, c’est ce qui est connu sous le nom de la « révo­lu­tion tran­quille ».

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Québec Solidaire et le PQ : une discussion inévitable
dimanche 30 octobre 2011
Gauche / Mouvements sociaux, Québec / Canada

Depuis sa fon­da­tion, Québec Solidaire construit patiem­ment son iden­tité de parti de gauche éco­lo­giste et fémi­niste sans man­quer une occa­sion de réaf­fir­mer son adhé­sion à la lutte pour la sou­ve­rai­neté du Québec. Ses deux porte-paro­les ont à plu­sieurs repri­ses laissé enten­dre qu’ils n’étaient pas fermés à la pers­pec­tive de négo­cier ponc­tuel­le­ment des accords élec­to­raux afin de contri­buer à faire pro­gres­ser cette der­nière idée.

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Faire échec à la droite

Dans les cou­loirs, François Legault attend son heure pour adap­ter de façon moins idéo­lo­gi­que le projet de droite de Stephen Harper à l’échelle qué­bé­coise. Ce sont deux pro­jets qui veu­lent concrè­te­ment dire la liqui­da­tion de la révo­lu­tion tran­quille par le déman­tè­le­ment des sys­tè­mes sociaux uni­ver­sels, la pri­va­ti­sa­tion de la culture et l’éducation, la mar­gi­na­li­sa­tion des mou­ve­ments sociaux et syn­di­caux, bref, le réta­blis­se­ment d’un cer­tain « ordre » et d’une cer­taine hié­rar­chie qu’on a connus pen­dant les lon­gues années noires de Duplessis. Bien sûr, le projet est main­te­nant « moder­nisé », ce ne sera pas la grande noir­ceur obs­cu­ran­tiste avec ses sou­ta­nes et sa police pro­vin­ciale, mais en sub­stance, c’est sem­bla­ble, avec l’appui enthou­siasme de Québec Inc et en par­ti­cu­lier de sa frac­tion la plus réac­tion­naire. Cependant, il faut se le dire, ce n’est pas une « fata­lité », en dépit de ce que dit Quebecor et ses médias ou il ne reste pres­que plus de jour­na­liste que des idéo­lo­gues.

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Corruption politique : au-delà de la pomme pourrie

Chaque fois qu’il en est ques­tion, on nous sert la même image. Il suffit d’identifier quel­ques fruits pour­ris, de les sortir du panier et de punir ceux qui les ont mis là. Simple et pra­ti­que, l’image fait l’économie d’une ana­lyse de la dimen­sion sys­té­mi­que du pro­blème et des éven­tuels méca­nis­mes de contre-pou­voir ins­ti­tu­tion­nels et démo­cra­ti­ques, ce qui pour­rait per­met­tre de déployer une poli­ti­que pré­ven­tive. Plus encore, cette image chi­rur­gi­cale permet de gommer le contexte poli­ti­que et l’environnement idéo­lo­gi­que.

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La politique a horreur du vide

Même quand tout semble bouché, la scène poli­ti­que ne peut pas s’« arrê­ter ». Si des for­ma­tions et des pro­jets s’écroulent, inévi­ta­ble­ment d’autres pren­nent la place.

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Le NPD et la question québécoise : continuités et ruptures
mercredi 14 septembre 2011
Gauche / Mouvements sociaux, Québec / Canada

Le pre­mier can­di­dat à la chef­fe­rie du NPD, Brian Topp, se pré­sente comme un Québécois et un poli­ti­cien « res­pon­sa­ble », dis­po­sant d’une ample expé­rience au sein de diver­ses admi­nis­tra­tions publi­ques. Parmi ses expé­rien­ces mar­quan­tes, il a été le chef de cabi­net du Premier Ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, entre 1993 et 2000.

Il faut cepen­dant se sou­ve­nir que Romanow a été l’un des archi­tec­tes de la fameuse « nuit des longs cou­teaux’ en 1981, durant laquelle le Québec s’est retrouvé isolé et ostra­cisé par Ottawa et les gou­ver­ne­ments pro­vin­ciaux. Cette dou­teuse opé­ra­tion, on s’en sou­vient, fut en fait conçue par Jean Chrétien et Pierre Trudeau, avec l’appui du chef du NPD fédé­ral de l’époque, Ed Broadbent. Les lea­ders fédé­ra­lis­tes, en effet, étaient sou­cieux d’humilier René Lévesque alors déses­péré de trou­ver un com­pro­mis accep­ta­ble évi­tant le rapa­trie­ment uni­la­té­ral de la consti­tu­tion, selon les termes et prin­ci­pes éta­blis par le gou­ver­ne­ment fédé­ral. Depuis, Romanow et la plu­part des élus pro­vin­ciaux du NPD sont restés hos­ti­les au Québec. Ils n’acceptent pas l’idée que la nation qué­bé­coise existe. Ils ne voient pas pour­quoi il y aurait des droits spé­ci­fi­ques pour le Québec dans le cadre de la consti­tu­tion cana­dienne. Ils s’opposent mor­di­cus au droit à l’autodétermination.

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