DIX ANS APRÈS LE PREMIER FORUM SOCIAL MONDIAL DE PORTO ALEGRE

Tensions globales et altermondialisme

Par Mis en ligne le 26 septembre 2011

Cet article, publié dans la der­nière livrai­son de la revue Contretemps (numéro 11, 3ème tri­mestre – sep­tembre 2011) tente d’analyser le bilan et les acquis du pro­ces­sus des Forums sociaux et du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste depuis 2001 et de dis­cu­ter leur avenir tandis que le contexte géo­po­li­tique et éco­no­mique inter­na­tio­nal est marqué par un appro­fon­dis­se­ment de la crise sys­té­mique du capi­ta­lisme. Quel est l’impact du Forum social mon­dial (FSM) et du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste dans les luttes actuelles ? Quelles sont les pers­pec­tives pour la construc­tion d’un rap­port de forces durable face aux forces du capi­tal à l’échelon mon­dial ?

Le FSM et le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste res­tent-ils des acteurs cen­traux des luttes dans cette phase actuelle ? Quelles rela­tions construire avec ceux du « prin­temps arabe » ou les « Indignés » ? Comment envi­sa­ger la rela­tion des mou­ve­ments sociaux avec la trans­for­ma­tion poli­tique ?

Extraits :

« Huit Forums sociaux mon­diaux (FSM), un Forum poly­cen­trique (c’est-à-dire orga­nisé dans plu­sieurs pays de dif­fé­rentes régions du monde dans la même période), une « Journée glo­bale d’actions » et une « Année glo­bale d’actions » ont accom­pa­gné une décen­nie tumul­tueuse ( 2001-2011) qui a pro­pulsé le monde dans une période de forte insta­bi­lité géoé­co­no­mique et géo­po­li­tique (…)

(…) Aujourd’hui, l’idéal alter­mon­dia­liste est confronté à une contra­dic­tion. Son propos rentre indé­nia­ble­ment en réso­nance avec l’orientation géné­rale d’un capi­ta­lisme dont la logique d’accumulation sans fin et de déve­lop­pe­ment per­ma­nent des inter­dé­pen­dances entre Etats accom­pa­gnera ces der­niers, dans une longue pers­pec­tive his­to­rique, vers « la for­ma­tion d’unités (d’intégration et de domi­na­tion) plus englo­bantes » selon la for­mule du phi­lo­sophe et socio­logue Norbert Elias (…)

(…) Mais quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir du projet de démo­cra­tie mon­diale porté par une partie du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste – nous lui pré­fé­rons celui de construc­tion d’un inté­rêt géné­ral inter­na­tio­nal -, les condi­tions socio-his­to­riques actuelles empêchent sa réa­li­sa­tion poli­tique concrète.(…)

(…) Le pro­ces­sus du FSM doit gérer un pas­sage de relais entre sa période euro­péenne et latino-amé­ri­caine et son élar­gis­se­ment géo­gra­phique et poli­tique à l’Afrique et l’Asie. Si ce der­nier est posi­tif et en phase avec l’évolution du contexte inter­na­tio­nal, il ne lui assure pas encore la même accu­mu­la­tion de forces mobi­li­sées et for­gées autour de luttes com­munes inté­grées, ni les mêmes relais poli­tiques et logis­tiques ancrés dans un espace géo­gra­phique modelé par des vic­toires sociales et poli­tiques.(…)

(…) Par ailleurs, avec le déve­lop­pe­ment des luttes sociales et poli­tiques actuelles (celles visibles dans le monde arabe, en Europe ou en Amérique latine ou celles connues mais non visibles en Asie et d’autres pays du Sud), une nou­velle géné­ra­tion d’acteurs poli­tico-sociaux est née. Si elle semble avoir hérité d’une partie de la culture et des reven­di­ca­tions du pro­ces­sus du FSM, elle n’a que peu de liens avec lui. »

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