L’offensive québécoise contre l’amiante

Montréal, le 21 juin 2011. – Madame Kathleen Ruff, récipiendaire du Prix national de héros de la santé publique2011 décerné par l’Association canadienne de santé publique pour sa lutte internationale contre l’amiante, a donné le signal d’envoi d’une offensive québécoise majeure pour en finir définitivement avec l’exploitation de cette substance cancérigène. Parrainée par Nature-Québec, la Société pour Vaincre la Pollution (SVP) et la Coalition Québec meilleure Mine, la campagne contre l’amiante ralliera les groupes décisifs de la société civile québécoise autour de la Déclaration « L’AMIANTE TUE » et promet un automne chaud sur cette question. La SVP lancera également la campagne « UNE FIBRE PRÈS DE CHEZ VOUS », démontrant la présence sous-estimée de l’amiante dans les édifices privés et publics au Québec.

« Toutes les associations médicales crédibles dans le monde, les plus importants groupes de droits humains, des syndicats parmi les plus puissants réclament en vain l’arrêt définitif de cette exploitation au Québec », selon madame Ruff.

« Le Québec continue d’être la cause d’une épidémie de décès, dans le monde, mais aussi au Québec. Il est temps qu’on en finisse avec cette industrie qui tue et ne génère aucun emploi durable. Et il est temps que notre gouvernement comprenne le message et soutienne plutôt les travailleurs de l’amiante à se reconvertir dans des emplois d’avenir », a déclaré le porte-parole.
« On nous cache l’ampleur de la présence de la fibre cancérigène ici même, chez nous», a déclaré Daniel Green, de la SVP. « UNE FIBRE PRÈS DE CHEZ VOUS viendra démontrer qu’au Québec aussi, cette fibre mortelle, qu’on ne peut confiner, cause des dommages. »

« En garantissant 58 millions $ pour la réouverture de la mine Jeffrey, le gouvernement finance littéralement nos cancers. Il rend aussi tous les Québécois complices des milliers de morts dues à l’amiante chez les plus pauvres parmi les pauvres. Par cette campagne, nous indiquons notre refus d’être complices de cette hécatombe ici et ailleurs », a conclu Anne-Marie Saint-Cerny, coordonnatrice de la campagne.

Rappelons que le gouvernement du Québec a consenti une garantie de prêt de 58 millions $ à Mine Jeffery Inc. afin de permettre la réouverture de la mine Jeffrey et relancer l’exploitation de l’amiante au Québec. Le Québec est considéré comme chef de file mondial et principal lobbyiste de cette industrie qui tue plus de 100 000 personnes par année dans le monde. 55 pays ont déjà banni l’utilisation de l’amiante sur leur territoire et plusieurs ont lancé d’onéreux travaux de désamiantage afin de préserver leur population. Au Québec même, les décès causés par l’amiante constituent la dépense d’indemnisation la plus importante de la CSST.

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Déclaration : L’amiante tue

28 juin 2011

« La Centrale des syndicats du Québec, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et des groupes environnementaux tels que Nature Québec et Greenpeace invitent l’ensemble de la société civile à cosigner la déclaration nommée L’AMIANTE TUE en vue d’une offensive majeure qui débutera officiellement cet automne. La déclaration, qui exige l’éradication de l’amiante en sol québécois, est parrainée par Nature Québec, par la Coalition Pour que le Québec ait Meilleure Mine ! et par la Société pour Vaincre la Pollution (SVP). « 

L’AMIANTE TUE

Parce que…

… toutes les formes d’amiante, chrysotile compris, tuent plus de 100 000 personnes par année dans le monde ;

… aucun niveau d’exposition n’est sécuritaire ;

… il est impossible de confiner les poussières tueuses et elles se répandent dans nos villes, villages et bâtiments ;

… au Québec, nos travailleurs meurent plus des maladies d’amiante que de toute autre maladie professionnelle ;

… des écoles et institutions sont déjà contaminées et on ne connait pas encore l’ampleur des dégâts ni les coûts effarants du désamiantage ;

… toutes les organisations médicales crédibles au monde ont conclu que les fibres d’amiante peuvent tuer ;

… le revenu de l’amiante québécois est souillé des morts qu’il cause dans les pays du Tiers monde où on l’exporte ;

… les Québécois ne veulent plus être complices de cette mort que l’on exporte chez les plus pauvres des pauvres ;

… 55 pays ont déjà banni l’amiante et cette industrie n’a aucun avenir pour nos travailleurs ;

… le gouvernement du Québec veut donner encore 58 millions $ à des promoteurs et rouvrir à leur profit la mine Jeffrey ;

… l’industrie de l’amiante ne fait pas vivre, mais mourir, les humains.

Nous exigeons :

que le gouvernement du Québec mette fin définitivement à l’exploitation et à l’exportation de l’amiante ;

que le gouvernement du Québec remette immédiatement l’argent prévu pour les promoteurs, 58 millions $, aux travailleurs de l’amiante et à leur communauté pour que soient développées des industries saines et viables ;

que le gouvernement du Québec rende publiques immédiatement les données sur la contamination à l’amiante de tous les établissements publics ou privés, et qu’il lance un vaste chantier de désamiantage des lieux publics.