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Les voix se multiplient pour dénoncer la privatisation de l’aide au logement

Reproduction du communiqué publié sur le site du FRAPRU

La période des fêtes n’a pas affaibli la grogne contre l’important virage en matière d’aide au logement, annoncé lors de la mise à jour économique et financière du 25 novembre dernier. À l’initiative du FRAPRU et de ses groupes membres, plus de 300 lettres ont été adressées en quelques semaines au ministre des Finances, Éric Girard, ou au premier ministre, François Legault, pour s’opposer à la privatisation de l’aide au logement et demander qu’AccèsLogis ne soit pas remplacé par un nouveau programme élargissant le financement public au marché privé.

Parmi les signataires, on retrouve plusieurs organismes en habitation, mais aussi d’autres organisations communautaires, comme  la  Ligue des droits et libertés, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), l’Union des consommateurs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front commun des personnes assistés sociales du Québec, la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec, le Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ), le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ) et le Mouvement PHAS (Personnes handicapées pour l’accès aux services); syndicales, comme la Fédération nationale des enseignantes et enseignants (FNEEQ-CSN), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et des conseils régionaux syndicaux comme le Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN et ceux de l’Outaouais et des Laurentides; féministes, comme le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, L’R des centres de femmes du Québec, Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec; et de nombreux universitaires.

Rappelant que le seul programme québécois dédié à la réalisation du logement social est sous-financé depuis des années, le FRAPRU signale que pas moins de 10 000 logements programmés (parfois depuis plus de 10 ans) ne sont toujours pas construits et que 10 000 autres sont en développement selon l’Association des groupes de ressources techniques du Québec et pourraient être construites rapidement si Québec y consentait les sommes requises.  Cependant, le gouvernement Legault a plutôt choisi d’investir dans un nouveau programme de logements abordables axé sur le financement du marché privé, sans préciser, ni le nombre, ni le prix des unités qui en résulteront.

Si on se fie aux éclaircissements apportés par la ministre de l’Habitation, le nouveau programme pourra être utilisé également par les organismes développant des logements hors marché (coopératifs, sans but lucratif et publics), mais aucune cible n’est fixée et ils seront en concurrence avec les promoteurs du marché privé. « Prétendre que c’est du pareil au même, c’est oublier la mission des coops, des OSBL et des offices d’habitation, qui est de loger les gens, avec des loyers les moins chers possibles, tout en préservant le patrimoine collectif; alors que celui des promoteurs, c’est de faire le plus de profits possibles, le plus vite possible », souligne Véronique Laflamme, la porte-parole du regroupement.

Selon le regroupement, plusieurs nouvelles administrations municipales risquent de ne pouvoir atteindre leurs objectifs de développement et les problèmes de logement et d’itinérance risquent de s’aggraver sur leurs territoires.

Le FRAPRU s’inquiète également de la définition qui sera donnée à « l’abordabilité » des logements et des mécanismes qui seront mis en place pour contrôler les projets du marché privé des loyers. « On est laissé dans l’ignorance la plus totale, alors que c’est au cœur des préoccupations des ménages mal-logés. La population doit avoir des réponses à ces questions et des garanties avant qu’un sou en provenance de fonds publics soit confié aux promoteurs immobiliers ! », réclame sa porte-parole.

Le FRAPRU rappelle que 90% du parc de logements locatifs du Québec est déjà privé et tourne le dos aux quelques 244 000 ménages locataires ayant des besoins impérieux de logement, obligés de vivre dans des logements trop petits, insalubres et-ou trop chers. À son avis, l’État doit s’assurer qu’ils aient une alternative sûre et pérenne garantissant leur droit au logement. Il demande donc un investissement gouvernemental majeur dans un grand chantier de logements sociaux et pour cela, des programmations pluriannuelles d’AccèsLogis. « Le logement étant un des principaux déterminant de la santé, ces logements sociaux sont indispensables pour protéger les collectivités vulnérables contre les conséquences prévisibles des crises sanitaires et climatiques », précise sa porte-parole.

De tels investissements dans AccèsLogis sont également réclamés par les milieux municipaux, et économiques, de même que par les partis d’opposition. Avec d’autres regroupements nationaux impliqués dans le développement du logement social et communautaire, l’Association des groupes de ressources techniques du Québec, la Confédération québécoise des coopératives d’habitation, la Fédération des locataires de HLM du Québec et le Réseau québécois des OSBL d’habitation, des interventions publiques ont été orchestrées pour passer le message et d’autres sont prévues d’ici le dépôt du dernier budget de la CAQ avant les élections de l’automne 2022. Pour sa part, le FRAPRU transmettra sous peu son mémoire pré-budgétaire au ministère des Finances et prévoit des actions régionales à la mi-février.

Pour plus d’informations:
Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU : 418 956-3403 (cell.)

 

SourceFRAPRU