Résumé d'une présentation dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Les politiques néolibérales au Canada et la crise économique

Par Mis en ligne le 30 août 2011

Depuis une tren­taine d’années déjà, les stra­té­gies des domi­nants s’inscrivent dans ce qu’il est convenu d’appeler le néo­li­bé­ra­lisme. La carac­té­ris­tique prin­ci­pale de cette idéo­lo­gie, c’est la pri­mauté attri­buée aux forces du marché. Cela se tra­duit, concrè­te­ment, par une variété de poli­tiques et de pra­tiques qui nous sont bien fami­lières : pri­va­ti­sa­tion, déré­gle­men­ta­tion, sous-trai­tance ou impar­ti­tion, res­tric­tions sala­riales, res­ser­re­ment des pro­grammes sociaux, libé­ra­li­sa­tion des échanges com­mer­ciaux et des flux de capi­taux. Ces poli­tiques ont induit des muta­tions pro­fondes du capi­ta­lisme, dans le sens de la glo­ba­li­sa­tion et de la finan­cia­ri­sa­tion. Parallèlement, nous assis­tons à d’autres trans­for­ma­tions de l’environnement éco­no­mique décou­lant des avan­cées tech­no­lo­giques, ou des bou­le­ver­se­ments géo­po­li­tiques. Avec les pro­grès de l’électronique et l’augmentation des ser­vices, le gros de la valo­ri­sa­tion capi­ta­liste se réa­lise main­te­nant à tra­vers une pro­duc­tion imma­té­rielle. L’ordre éco­no­mique inter­na­tio­nal est aussi mis en cause par l’irruption des nou­velles puis­sances éco­no­miques, les fameux BRICS[1] et autres tigres cel­tiques ou dra­gons asia­tiques.

Nous vou­drions pré­sen­ter ici un rapide survol de ces mani­fes­ta­tions au Canada, puis trai­ter de la crise éco­no­mico-finan­cière et ses réper­cus­sions.

I – Les politiques néolibérales au Canada

Restrictions sala­riales

Le capi­tal cana­dien est par­venu à res­treindre les pro­gres­sions sala­riales en exploi­tant l’insécurité et la montée du chô­mage pro­vo­qués par les deux réces­sions majeures de 1982 et 1990 et les autres périodes de ralen­tis­se­ment, ainsi que les com­pres­sions de dépenses publiques qui ont suivi. Les impor­tantes res­tric­tions au pro­gramme d’assurance-emploi, mises en œuvre dans les années 1990, ont aussi pesé lour­de­ment. Après la réces­sion de 1982, brève mais pro­fonde, et gérée bru­ta­le­ment par les gou­ver­ne­ments, le rap­port de force social s’est modi­fié de manière durable à l’avantage du capi­tal. C’est à peine si les salaires sont par­ve­nus à suivre l’inflation depuis lors, subis­sant tantôt des reculs, tantôt de légères remon­tées.

Nouveau rôle « d’accompagnateur » (du capi­tal) pour l’État

Dans les années 1980, les gou­ver­ne­ments ont adhéré au crédo néo­li­bé­ral selon lequel l’État est une nui­sance pour l’économie, et qu’il faut s’en remettre aux forces du marché. En fait, les par­ti­sans de cette doc­trine sou­hai­te­raient idéa­le­ment qu’un État mini­mal soit mis au ser­vice des inté­rêts des entre­prises. Il y en a qui se sou­viennent peut-être du rap­port Gobeil, pro­duit au milieu des années 1980. Depuis, la déré­gle­men­ta­tion, la sous-trai­tance et la pri­va­ti­sa­tion dominent l’agenda des gou­ver­ne­ments. Le rôle de l’État comme pro­duc­teur de biens et ser­vices a été sys­té­ma­ti­que­ment remis en cause. L’implication de l’État est de plus en plus atta­quée dans les domaines de la santé, de l’éducation, des ser­vices muni­ci­paux, qui appa­raissent comme des ter­reaux fer­tiles pour la valo­ri­sa­tion des capi­taux.

Libéralisation du com­merce et de la cir­cu­la­tion des capi­taux

Dans les années 1980, le gou­ver­ne­ment Conservateur de Brian Mulroney s’est appli­qué à négo­cier un accord de libre échange avec les États-Unis. Le traité, conclu en 1989, a été étendu par la suite pour englo­ber le Mexique, (ALENA, 1994) Plusieurs accords bila­té­raux de libre échange avec d’autres pays ont suivi. Grâce à ces accords, le com­merce exté­rieur a pris beau­coup d’extension. Mais les pré­ro­ga­tives des inves­tis­seurs ont aussi été sen­si­ble­ment éten­dues. Présentement, le gou­ver­ne­ment vient de conclure des accords de libre-échange avec la Colombie et le Honduras. Il s’affaire à négo­cier presque en cati­mini un traité de libre-échange avec l’Europe qui risque, entre autres, d’ouvrir les sec­teurs de l’éducation, de la santé et des ser­vices muni­ci­paux aux empiè­te­ments des mul­ti­na­tio­nales.

L’endettement public source de pro­fits privés

Même l’endettement crois­sant des gou­ver­ne­ments dans les années 1980, suite au relè­ve­ment des taux d’intérêt, a été exploité par les banques cana­diennes, trop heu­reuses de prêter aux gou­ver­ne­ments et d’agir comme cour­tier pour les banques étran­gères dési­reuses de prêter au gou­ver­ne­ment cana­dien. En 1991, la situa­tion était deve­nue dra­ma­tique, quand le gou­ver­ne­ment fédé­ral était réduit à emprun­ter 37 sous sur chaque dollar de revenu.

Globalisation et déré­gle­men­ta­tion : un trem­plin pour la finance cana­dienne

Historiquement, c’est en bonne partie dans la finance que le capi­tal cana­dien s’est épa­noui. Le virage néo­li­bé­ral appor­tera un nou­veau souffle, entre autres en per­met­tant la fusion des opé­ra­tions ban­caires, d’assurance et de cour­tage. La glo­ba­li­sa­tion en cours a aussi favo­risé son expan­sion à l’étranger, un mou­ve­ment accé­léré par la levée gra­duelle des pla­fonds sur les pla­ce­ments des fonds de pen­sion à l’étranger à la fin des années 1990. (Toutes les res­tric­tions sont levées en 2005). L’investissement cana­dien à l’étranger connaît un essor marqué au cours de la décen­nie de 1998 à 2008, qui accom­pagne l’apparition de forts excé­dents du compte cou­rant. Ces inves­tis­se­ments ont sur­tout pris la forme d’investissements de por­te­feuille, mais aussi, pour une bonne partie, d’investissements directs, sur­tout dans les res­sources.

Une grande partie de ces acti­vi­tés s’est orien­tée vers les para­dis fis­caux, des endroits ser­vant de relais pour des pla­ce­ments dans des pays tiers en fran­chise d’impôt.[2] La finan­cia­ri­sa­tion crois­sante de l’économie à comp­ter des années 1980 consacre le statut hégé­mo­nique de cette frac­tion du capi­tal cana­dien, cen­trée sur­tout à Toronto.

Les res­sources cana­diennes : un champ de bataille pour les mul­ti­na­tio­nales 

Avec l’essor éco­no­mique des pays émer­gents, les res­sources éner­gé­tiques et les matières pre­mières sont rede­ve­nues fort convoi­tées. Les capi­taux affluent au Canada dans ces sec­teurs et des batailles féroces se livrent pour le contrôle des entre­prises. Pour le seul mois de jan­vier 2011, les fusions et acqui­si­tions au Canada s’élèvent à 16,4 mil­liards de dol­lars. Certaines entre­prises cana­diennes s’en trouvent for­te­ment valo­ri­sées, comme Barrick Gold, numéro un mon­dial dans l’extraction de l’or, ou les pétro­lières de l’Alberta. Mais le capi­tal cana­dien perd aussi du ter­rain au profit d’investisseurs étran­gers qui ren­forcent leur emprise sur des entre­prises comme Inco, Falconbridge ou Alcan. Il par­vient néan­moins à défendre cer­tains bas­tions, comme l’illustre le blo­cage par le gou­ver­ne­ment cana­dien de la ten­ta­tive de prise de contrôle de Potash Corp.

II L’impact de la crise sur le capital canadien

A. La finance

Comme ailleurs, la finance cana­dienne a beau­coup investi dans les nou­veaux ins­tru­ments finan­ciers, tels les pro­duits déri­vés. Mais les banques cana­diennes sont demeu­rées rela­ti­ve­ment peu expo­sées aux titres ados­sés à des actifs « toxiques » si bien qu’elles ont résisté mieux qu’ailleurs à la crise finan­cière de 2007 et 2008. Certains sec­teurs du capi­tal finan­cier qué­bé­cois, en revanche, ont été for­te­ment affec­tés par la crise finan­cière. C’est le cas tout par­ti­cu­liè­re­ment de la Caisse de dépôt et pla­ce­ment du Québec (CDPQ) qui a enre­gis­tré un ren­de­ment néga­tif de 25% en 2008, sur­tout en raison de son impli­ca­tion dans le papier com­mer­cial adossé à des actifs (PCAA).

La crise a néan­moins modi­fié sen­si­ble­ment les flux finan­ciers au Canada, qui se sont inver­sés. La réces­sion mon­diale a sur­tout affecté le Canada en annu­lant les excé­dents com­mer­ciaux. À comp­ter de la fin de 2008, le compte cou­rant devient défi­ci­taire. Cela signi­fie que pour équi­li­brer la balance des paie­ments, il faut impor­ter des capi­taux. C’est ce qui s’est pro­duit. Dès 2007 les capi­taux cana­diens placés à l’extérieur com­mencent à refluer à domi­cile, consi­déré comme un endroit plus sûr. Les inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels se tournent vers les titres de dette publique. Les flux de capi­taux cana­diens vers l’étranger ont repris après la réces­sion, mais ils n’ont pas encore retrouvé les niveaux anté­rieurs[3].

À comp­ter du début 2009, le capi­tal étran­ger se remet à affluer au Canada, sur­tout en titres d’emprunts, (dont une très grande partie en obli­ga­tions du gou­ver­ne­ment fédé­ral) mais aussi en actions, du fait de la rela­tive pros­pé­rité cana­dienne. Là aussi, le Canada fait figure de refuge. Ces entrées ont par ailleurs poussé à la hausse la valeur du dollar cana­dien, accen­tuant les dif­fi­cul­tés des expor­ta­teurs cana­diens.

Les évé­ne­ments en cours risquent par ailleurs d’accentuer les dif­fi­cul­tés des fonds de pen­sion. Face aux tur­bu­lences des mar­chés bour­siers, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain à garanti le main­tien de faibles taux d’intérêt au moins jusqu’au milieu de 2013. En réac­tion au climat d’incertitude qui entoure l’évolution de l’économie mon­diale, les inves­tis­seurs se ruent sur les bons du Trésor amé­ri­cain, consi­dé­rés comme des pla­ce­ments sûrs. En consé­quence, les ren­de­ments ont for­te­ment dimi­nué. Les obli­ga­tions de 10 ans rap­portent à peine plus de 2,0 %. Cela donne une idée des faibles ren­de­ments pré­vi­sibles sur les titres à revenu fixe. Or, nos régimes de retraite publics comme privés tablent sur des ren­de­ments à long terme de l’ordre de 7,0% par an, une cible plutôt dif­fi­cile à atteindre si la crois­sance éco­no­mique n’est pas au rendez-vous.

B. Finances publiques

Dès l’amorce de la réces­sion les gou­ver­ne­ments des grands pays mettent en œuvre des pro­grammes sub­stan­tiels mais tem­po­raires de sti­mu­la­tion de l’économie, pre­nant la forme d’allègements fis­caux et de dépenses publiques accrues. Avec la reprise qui s’esquisse, plu­sieurs pays qui ont vu leurs défi­cits publics croître en raison de la réces­sion, et leur dette s’alourdir en consé­quence, se tournent vers des poli­tiques d’austérité afin de réta­blir leurs équi­libres bud­gé­taires. En plus des souf­frances qu’elles infligent à la popu­la­tion, ces poli­tiques s’avèrent inef­fi­caces, car elles entre­tiennent le marasme éco­no­mique et le chô­mage. Les ratios d’endettement ont même ten­dance à s’accroître, en raison de la stag­na­tion ou du recul de l’économie. Or, la crois­sance éco­no­mique est néces­saire pour atté­nuer le poids de la dette publique. On se trouve donc dans une impasse. C’est ce qui a conduit à la crise de la dette sou­ve­raine dans plu­sieurs pays euro­péens. Ceux-ci se retrouvent non seule­ment avec des dif­fi­cul­tés finan­cières et éco­no­miques, mais aussi avec des crises sociales et poli­tiques.

Au Canada, les partis d’opposition ont dû mena­cer de rem­pla­cer le gou­ver­ne­ment conser­va­teur de Harper par une coa­li­tion pour le déci­der à pré­sen­ter, au début de 2009, un pro­gramme de sti­mu­la­tion plus en rap­port avec les exi­gences de la situa­tion. Ce pro­gramme, de 46 mil­liards sur deux ans, sera centré sur les infra­struc­tures et la réno­va­tion domi­ci­liaire. Au Québec, un vaste plan de réfec­tion des infra­struc­tures lancé fort oppor­tu­né­ment quelque temps avant la réces­sion permet d’amortir le choc mieux qu’ailleurs. Les ins­ti­tu­tions finan­cières éta­tiques, comme Investissement Québec et la SGF sont aussi appe­lées à la res­cousse pour garan­tir des prêts aux entre­prises. En outre, comme au fédé­ral, un pro­gramme tem­po­raire de sti­mu­la­tion de la réno­va­tion domi­ci­liaire est mis sur pied.

Mais dès que la reprise s’est mani­fes­tée, les gou­ver­ne­ments ont ren­versé la vapeur. Le nou­veau gou­ver­ne­ment Conservateur du royaume Uni a cer­tai­ne­ment pré­senté le pro­gramme d’austérité bud­gé­taire le plus dra­co­nien. Au Canada, le gou­ver­ne­ment Conservateur annonce dans son budget pour 2011 le main­tien des réduc­tions d’impôts pour les entre­prises, et des com­pres­sions de 4 mil­liards dont la nature reste à déter­mi­ner. Il devance à 2014-2015 le retour à l’équilibre bud­gé­taire, prévu ini­tia­le­ment pour l’année sui­vante. Au Québec, le budget de 2010 pré­cise les mesures que le gou­ver­ne­ment entend prendre pour réta­blir l’équilibre bud­gé­taire en 2013-2014. Le projet pré­voit des hausses de 2,0 % de la taxe de vente, un relè­ve­ment de la tari­fi­ca­tion, notam­ment des hausses sub­stan­tielles de 1625 $ des droits de sco­la­rité, ainsi que l’introduction d’une contri­bu­tion d’un mon­tant égal pour tous de 200 $ pour le finan­ce­ment de la santé. Du côté des dépenses, un frei­nage brutal de la crois­sance est pro­jeté, visant tout par­ti­cu­liè­re­ment les coûts de main-d’œuvre.

C. Et main­te­nant ?

En août 2011, le pes­si­misme gagne les mar­chés bour­siers en raison des inquié­tudes concer­nant la vigueur de la crois­sance éco­no­mique mon­diale. Ces appré­hen­sions sont ali­men­tées par l’essoufflement de la crois­sance observé aux États-Unis comme en Europe depuis le début de l’année, mais aussi par les doutes concer­nant la volonté et la capa­cité des gou­ver­ne­ments amé­ri­cains et euro­péens de venir à bout des pro­blèmes d’endettement et de trou­ver des solu­tions pour relan­cer dura­ble­ment leurs éco­no­mies.

Dans ce contexte, le gou­ver­ne­ment cana­dien est inter­venu pour se faire ras­su­rant, offrant même le Canada comme modèle pour la com­mu­nauté inter­na­tio­nale. Tandis que le pre­mier ministre Harper pour­sui­vait une tour­née à saveur com­mer­ciale en Amérique latine, le ministre des Finances, Jim Flaherty, décla­rait que le meilleur moyen stra­té­gique dont dis­pose le gou­ver­ne­ment pour main­te­nir la confiance et sti­mu­ler la crois­sance éco­no­mique, c’est de pour­suivre son plan de retour à l’équilibre bud­gé­taire en 2014-2015. (Déclarations du 10 et 19 août, aux­quelles le ministre des finances du Québec, M. Raymond Bachand, a fait écho).

Entre-temps, le gou­ver­ne­ment pour­suit la mise en place de ses poli­tiques struc­tu­rantes, que nous pou­vons briè­ve­ment rap­pe­ler.

  • Abaisser le taux d’imposition com­biné fédé­ral-pro­vin­cial sur les pro­fits à 25 %, afin d’offrir aux entre­prises le taux le plus faible parmi les grands pays indus­tria­li­sés. Le taux fédé­ral d’imposition des pro­fits sera abaissé à 15 % en 2012, alors qu’il se situait à 22 % quand les Conservateurs ont pris le pou­voir, début 2006. Du côté des pro­vinces, les taux varient. Au Québec il se situe pré­sen­te­ment à 11 %. En Ontario, il devrait être abaissé de 14% à 10% d’ici quelques années, comme le sou­haite le gou­ver­ne­ment fédé­ral.
  • Création d’une com­mis­sion cana­dienne des valeurs mobi­lières, alors qu’il en existe pré­sen­te­ment dans les pro­vinces. Cela per­met­trait de cen­tra­li­ser davan­tage la finance à Toronto. Plusieurs pro­vinces s’y opposent et le litige n’est pas résolu.
  • Un traité de libre-échange entre le Canada et l’Union euro­péenne, dont la portée serait plus large que l’ALENA. Cet accord pour­rait englo­ber l’accès aux appels d’offre des pro­vinces et muni­ci­pa­li­tés, la mobi­lité de la main-d’œuvre, les ser­vices finan­ciers, la recon­nais­sance des titres de com­pé­tence. (C’est pour­quoi les pro­vinces sont repré­sen­tées à la table de négo­cia­tion) Selon ses pro­ta­go­nistes, avec un tel traité le Canada dis­po­sera d’un avan­tage stra­té­gique impor­tant pour atti­rer des entre­prises et des inves­tis­seurs dési­rant bras­ser des affaires sans entrave à la fois sur le conti­nent euro­péen et sur le marché amé­ri­cain. Le Canada consti­tuera la porte d’entrée par excel­lence pour ces deux mar­chés impor­tants. En même temps, les entre­prises ins­tal­lées au Canada pour­ront expor­ter libre­ment leurs pro­duits sur ces deux grands mar­chés. En revanche, comme men­tionné pré­cé­dem­ment, les domaines de l’éducation et de la santé, les bre­vets phar­ma­ceu­tiques, les ser­vices muni­ci­paux, notam­ment l’eau, seront davan­tage expo­sés aux empiè­te­ments des mul­ti­na­tio­nales et du sec­teur privé.

Conclusion

En somme, le gou­ver­ne­ment estime que l’état de l’économie cana­dienne ne jus­ti­fie pas de sti­mu­lants par­ti­cu­liers à ce moment-ci. Les ménages sur­en­det­tés, les chô­meurs et les per­sonnes assis­tées sociales appau­vries, les étu­diants pris à la gorge, les indus­tries qui vivotent, les muni­ci­pa­li­tés dont les infra­struc­tures vétustes croulent lit­té­ra­le­ment, les citoyens obli­gés de puiser de plus en plus dans leur poche pour des ser­vices publics, n’ont qu’à s’en remettre au libre jeu des forces du marché et se conten­ter des miettes de la crois­sance pen­dant que les écarts de reve­nus se creusent et que l’environnement se dégrade.

Le gou­ver­ne­ment concentre plutôt ses efforts sur la mise en place d’une sorte de cadre néo­li­bé­ral à la sauce irlan­daise qui ferait du Canada la plaque tour­nante entre l’Europe et les États-Unis pour les bras­seurs d’affaires de tout acabit.

Pierre Beaulne
Août 2011


[1] Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud

[2] Environ un dollar sur quatre de pla­ce­ments directs cana­diens à l’étranger va dans les para­dis fis­caux, dont 75 cents qui pro­viennent du sec­teur finan­cier. Statistique Canada 11-621-MIF2005021

[3] Boulay, E., « L’évolution de la crise finan­cière mon­diale et l’activité trans­fron­ta­lière, 2007 à 2010 », L’Observateur éco­no­mique cana­dien, Statistique Canada, Septembre 2010

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