Le temps de la rénovation politique

Par Mis en ligne le 25 juin 2011

France, Bouches-du-Rhône (13), Marseille, 8ème arr. : © par Vincent Desjardins

« L’architecture actuelle s’occupe de la maison, de la maison ordi­naire et cou­rante pour hommes nor­maux et cou­rants. Elle laisse tomber les palais. Voilà un signe des temps. » Le Corbusier

Le temps poli­tique actuel se recon­naît à son insta­bi­lité. On sent que le climat géné­ral se réchauffe, que les phé­no­mènes extrêmes se mul­ti­plient et que les gou­ver­nances (locale, natio­nale ou mon­diale) éprouvent une période d’incertitude. La mon­dia­li­sa­tion numé­rique veut que les popu­la­tions du globe res­sentent toutes en même temps les dif­fé­rences de pres­sions entre les régimes, ce qui fait en sorte que les crises des uns affectent le temps des autres. Et si l’on doit géné­ra­li­ser une vérité, on dira que nous vivons tous sous le même ciel, sous le même toit, soumis aux mêmes varia­tions du temps, c’est-à-dire que nous ne sommes plus à l’abri nulle part, qu’aucune crise ne nous épar­gnera, parce que nous par­ti­ci­pons tous, à dif­fé­rents degrés, à la fabri­ca­tion du temps à par­ta­ger dans la même maison poli­tique.

Le retard de la politique face à l’évolution rapide des autres sphères de la société

Or nous recon­nais­sons notre temps poli­tique dans son retard ou son dépha­sage par rap­port aux autres sphères sociales. En effet, les entre­prises, dans l’économie de marché, sont plus rapides que les États. Elles pro­fitent de leur sou­plesse pour les prendre de vitesse, ce qui crée un retour des pirates dans la mon­dia­li­sa­tion (cf. « La place du marché et la mon­dia­li­sa­tion », débat avec Daniel Innerarity, Sens Public). Cette vitesse ainsi que la course au profit qui l’accompagne favo­risent les scan­dales et la cor­rup­tion, alors que les socié­tés évo­luent plus rapi­de­ment que les struc­tures poli­tiques éri­gées pour assu­rer la sta­bi­lité, la sécu­rité et la conti­nuité des affaires humaines. Et plus glo­ba­le­ment encore, l’environnement connaît une crise qui s’aggrave tous les jours et qui para­ly­sera plu­sieurs pays, le réchauf­fe­ment étant le nom de code d’un destin commun qui for­cera les gou­ver­ne­ments à se trans­for­mer. Ces exemples, qui tra­duisent le retard de la poli­tique et annoncent en même temps l’avenir, n’échappent pas à des citoyens de plus en plus infor­més, ce qui entraîne le cynisme, la méfiance, le dégoût et la désaf­fec­tion envers la poli­tique.

Comment rénover le vieil édifice de la politique ?

Si les citoyens réa­lisent l’impuissance poli­tique et vivent dans le dégoût de la chose publique, cela ne veut pas dire qu’ils sont apa­thiques et immo­biles. En fait, le temps actuel est au chan­ge­ment, fut-il imper­cep­tible. L’ennui, c’est que les gens n’attendent presque plus rien des outils et des struc­tures en place, tout se pas­sant comme si la manière de faire de la poli­tique était par­ve­nue à décou­ra­ger jusqu’à ceux qui vou­laient la réno­ver. Les rêveurs ont fait place aux ges­tion­naires, et les pra­tiques dans la maison sont deve­nues lourdes, lentes, hypo­crites, sur­tout trop oppo­si­tion­nelles. La poli­tique est une struc­ture qu’il a tou­jours été dif­fi­cile de réno­ver parce qu’elle est construite sur l’organisation du conflit. Le pro­blème, c’est que cette concep­tion ne convient plus à des hommes qui vivent dans une petite maison ouverte, fra­gile et ronde. Le défi de la réno­va­tion est certes dif­fi­cile mais, heu­reu­se­ment, il existe encore des citoyens obsé­dés par le pro­grès et déci­dés à œuvrer au chan­ge­ment, en cher­chant d’autres manières de faire de la poli­tique dans la vieille maison.

Sur quelques tentatives récentes de rénovation de la maison politique

En Europe, à l’heure d’une crise éco­no­mique durable, on a vu naître des mou­ve­ments d’indignation ins­pi­rés du prin­temps arabe. Les mani­fes­ta­tions en Espagne, en Grèce et dans plu­sieurs capi­tales visaient à chan­ger l’air poli­tique, à créer et à pro­fi­ter des micro-cli­mats de liberté et d’espoir afin d’aménager autre­ment le destin. Ces mani­fes­ta­tions, qui durent encore, reposent sur un dégoût, comme le montre l’abstention record au Portugal où 41% des gens ne se sont pas déplacé pour aller voter malgré la crise actuelle. On vou­lait, dirons-nous, mani­fes­ter contre la vétusté des bâti­ments poli­tiques.

Arrêtons-nous à l’Espagne et à la Grèce où s’expérimentent des démo­cra­ties directes. Les mani­fes­ta­tions ont été bap­ti­sées de diverses façons rela­tives aux pla­te­formes qui les ont pro­mues : Democracia Real Ya [Une vraie démo­cra­tie main­te­nant], mou­ve­ment 15-M, #spa­nish­re­vo­lu­tion, Indignados [Les indi­gnés], acam­pa­da­sol [cam­pe­ment de Sol], toma­la­plaza [Prendslaplace], nonos­va­mos [Nousnepartironspas], yes­we­camp, etc. Comment inter­pré­ter ces mou­ve­ments ?1 Il s’agit, dit-on, d’un mou­ve­ment hori­zon­tal de citoyens qui ne repré­sentent qu’eux-mêmes. Ils se sont réunis, loin de tout parti et de tout syn­di­cat, pour pro­tes­ter et ripos­ter à une classe poli­tique qui ne les repré­sente plus. Vivant en autar­cie à la Puerta del Sol de Madrid, les indi­gnés, tels des cam­peurs urbains volon­taires, ont montré qu’il est temps de faire les choses autre­ment, de réno­ver la maison. La pro­tes­ta­tion visait, sous la devise « Nous ne sommes pas des mar­chan­dises aux mains des poli­tiques et des ban­quiers », à cri­ti­quer les mesures prises par le gou­ver­ne­ment après la crise finan­cière. « Le 17 mai, de manière spon­ta­née, explique Botella-Ordinas dans son article, un nombre plus impor­tant de per­sonnes se concentre sur la place pour y passer la nuit, et d’autres cam­pe­ments sur­gissent dans beau­coup d’autres villes. Le mou­ve­ment s’accroît de manière expo­nen­tielle les jours sui­vants, sous l’impulsion de dyna­miques internes et des réseaux sociaux. Des mil­liers de citoyens de tous milieux s’unissent aux concen­tra­tions, au sein des­quelles aucun dra­peau ni aucun signe poli­tique n’est montré. Aucun leader n’apparaît parmi ces per­sonnes, et une rota­tion s’instaure pour dési­gner les porte-parole qui répondent aux ques­tions de la presse ». Ces lignes montrent bien que des citoyens veulent chan­ger les manières de faire, non pas déco­rer la maison, mais la revoir à partir de ses fon­da­tions.

À la Puerta del Sol, on impro­vi­sait une orga­ni­sa­tion par assem­blées. Il se construi­sait un vil­lage auto­suf­fi­sant qui sub­sis­tait grâce aux dona­tions ano­nymes des citoyens. Ici, ce n’était pas l’argent qui impor­tait. À Sol et sur les autres places, en effet, de nom­breuses assem­blées s’étaient orga­ni­sées dans les­quelles la parole était donnée à tous. « Des déci­sions sont prises sur les étapes sui­vantes, ainsi que sur les mani­festes et les com­mu­ni­qués, écrit la même auteure. Le mou­ve­ment dénonce la perte de légi­ti­mité de la démo­cra­tie et réclame une régé­né­ra­tion poli­tique ». Ce qui est déter­mi­nant, dans ces assem­blées, c’est sans doute leur fonc­tion­ne­ment, qui est un retour aux sources. On veut trans­for­mer la poli­tique.

Le mou­ve­ment du prin­temps a réchauffé d’autres régions du monde, car il don­nait le goût de vivre un évé­ne­ment sym­bo­lique fort. C’est le cas en Grèce. Deux semaines après les débuts des révoltes, les médias, tou­te­fois, ne par­laient pas vrai­ment de ce qui se pas­sait. Le mou­ve­ment des indi­gnés grecs avait fait débor­der les grandes places par des foules criant leur colère. Les médias limi­taient la cou­ver­ture des évé­ne­ments, alors que le gou­ver­ne­ment trem­blait. Ce n’était plus ni une simple pro­tes­ta­tion, mais une véri­table révolte popu­laire par laquelle on criait son refus de payer « leur crise » et « leur dette », tout en dénon­çant le néo­li­bé­ra­lisme. La com­plexité du sys­tème éco­no­mique fait des vic­times par­tout et les Grecs ne veulent plus payer, en vérité ne peuvent plus payer. Ce que les indi­gnés espa­gnols et grecs disent, bref, c’est que les gou­ver­ne­ments, y com­pris ceux de gauche, doivent servir dans la même maison, qui devra être plus humaine. Si ces « prin­temps » poli­tiques sont tous de confi­gu­ra­tions dif­fé­rentes, le Syntagma grec par­tage avec la Place Tahrir du Caire ou la Puerta del Sol de Madrid la même colère contre l’élite qui menace une démo­cra­tie à refaire et à refon­der.

Ces mou­ve­ments ren­contrent cepen­dant des limites car ils sont face à un dilemme, estime Daniel Innerarity dans un entre­tien2. Il disait : « Soit ils res­tent en dehors du sys­tème poli­tique et ils se confortent dans les belles paroles sans être effi­cace, ou alors il rentre dans le jeu poli­tique. Si les indi­gnés choi­sissent cette solu­tion, ils devront alors prendre des posi­tions et avan­cer vers une cer­taine effi­ca­cité par la com­pro­mis­sion ». La poli­tique est tou­jours obsé­dée par la ges­tion du pré­sent. La « démo­cra­tie réelle main­te­nant », le nom du col­lec­tif à l’origine de la mobi­li­sa­tion, prend en compte cette même logique de l’immédiat. Autrement dit, les indi­gnés s’expriment au pré­sent, comme les gou­ver­ne­ments, alors que la réno­va­tion devrait viser le futur. Si ces mou­ve­ments se situent dans cet espace d’immédiateté, ils rentrent dans la logique des partis poli­tiques. Toujours selon Innerarity : « si l’indignation reste en marge de la poli­tique et de ses déci­sions, elle ne permet pas le chan­ge­ment auquel elle aspire et devient une pos­ture conser­va­trice »3. La poli­tique est en retard, mais elle demeure l’espace de confi­gu­ra­tion du pou­voir. Les mou­ve­ments peuvent se trans­for­mer en immo­bi­lisme s’ils n’intègrent pas l’espace poli­tique à réno­ver. Que la poli­tique peine à entendre les indi­gnés est une chose, mais que ces indi­gnés, de leur côté, com­prennent mieux la struc­ture du pou­voir afin de la trans­for­mer ensuite, voilà qui en est une autre.

Or, puisque la terre tourne, les effets peuvent se mani­fes­ter ailleurs. Et si les socié­tés ne changent que par imi­ta­tion, on ne sur­pren­dra per­sonne en disant que ces prin­temps ont eu des effets jusqu’au Québec et au Canada. Les récentes élec­tions fédé­rales se sont sol­dées, en effet, par une « vague orange », c’est-à-dire un vote de gauche et de pro­tes­ta­tion contre le parti au pou­voir4. Mais comme ce qui se passe au Canada a des réper­cus­sions au Québec, la vague a modi­fié le pay­sage poli­tique qué­bé­cois. Le vent de pro­tes­ta­tion peut souf­fler sur les pays, sur les partis et à l’intérieur de ceux-ci. Il y a deux semaines, trois dépu­tés cla­quaient le porte du Parti qué­bé­cois, déçus par la ligne impo­sée par la chef Pauline Marois, elle qui venait d’obtenir, quelques semaines plus tôt, un vote de confiance de 93% ! Cette semaine, six dépu­tés avaient quitté le parti… Pour jus­ti­fier son départ, Louise Beaudoin dénon­çait la « par­ti­san­ne­rie aveugle » qui nuit à la poli­tique. La poli­tique doit se réno­ver, car les gens veulent du chan­ge­ment rapi­de­ment, plus rapi­de­ment que ne le permet la struc­ture.

Toujours au Québec, le poli­ti­cien de l’heure est un indé­pen­dan­tiste du nom de Amir Khadir. Il s’agit de l’un des deux chefs d’un parti de gauche. Khadir est le seul député élu de sa for­ma­tion, Québec Solidaire, à siéger à l’Assemblée natio­nale. Or Khadir fait beau­coup parler de lui car il incarne à lui seul l’une des nou­velles manières de faire de la poli­tique : le franc parler5. Dans son cas, il s’agit de la poli­tique du cou­rage de la vérité.

Khadir s’est fait entendre depuis qu’il s’est placé au ser­vice de la vérité. Tel Diogène face à Alexandre le Grand, il s’est opposé, lors d’une com­mis­sion par­le­men­taire, à l’ancien pre­mier ministre Lucien Bouchard. Pour peu que l’on puisse inter­pré­ter les évé­ne­ments, Bouchard a exigé, en raison de la révo­ca­tion par le gou­ver­ne­ment des permis d’exploration de l’estuaire du Saint-Laurent, un pro­ces­sus d’indemnisation pour l’industrie du gaz de schiste. Le plai­doyer du porte-parole de l’Association pétro­lière et gazière du Québec a été ponc­tué d’un accro­chage avec Khadir. Tel un par­rhê­siaste, Khadir l’a accusé, alors que le pré­sident de l’Association témoi­gnait devant la com­mis­sion sur le projet de loi 18 qui annule tous les permis d’exploitation dans l’estuaire du Saint-Laurent, de ne pas avoir défendu les inté­rêts du Québec en tra­vaillant à pro­té­ger des mul­ti­na­tio­nales qui cherchent, a-t-il pré­cisé, à « spo­lier nos res­sources natu­relles ».

Lors d’une confé­rence de presse, Khadir, le nou­veau chien de garde qué­bé­cois, s’en est pris au couple prin­cier bri­tan­nique, Kate et William, qu’il a qua­li­fié de « para­site », mais aussi au gou­ver­ne­ment du Québec, qui payera les frais de la visite royale annon­cée pour l’été. Ce cou­rage de la vérité, pour parler comme Foucault6, a cepen­dant un prix : cela peut séduire, mais aussi repous­ser des élec­teurs, comme l’indique un son­dage récent mon­trant que ses der­nières prises de posi­tion l’ont fait recu­ler dans le pal­ma­rès des per­son­na­li­tés poli­tiques les plus popu­laires, Khadir pas­sant de la pre­mière à la sep­tième place7. La liberté, l’indépendance d’esprit et le cou­rage de la vérité réap­pa­raissent dans le pay­sage poli­tique du Québec, et ces valeurs ont un prix, comme on peut le voir par­tout ailleurs.

Donner de l’air en rénovant la politique en largeur

Ces exemples indiquent que la poli­tique, par­tout, est confron­tée à sa réno­va­tion. Que ce soit aux États-Unis, dans les pays arabes, en Afrique, en Europe, au Canada et au Québec, cer­taines manières de faire la poli­tique ne passent plus. Les popu­la­tions ont accès à des infor­ma­tions qui cir­culent à haute vitesse et veulent plus de trans­pa­rence et de jus­tice. Si la poli­tique demeure l’affaire de popu­la­tions qui dis­cutent et doivent se pro­je­ter dans l’avenir, ces popu­la­tions s’influencent mutuel­le­ment et plus rapi­de­ment que jamais aupa­ra­vant. Dans une mon­dia­li­sa­tion qui trans­forme les gagnants et les per­dants de jadis et qui nous force en quelque sorte à choi­sir une voie8, où l’économie doit apprendre de l’environnement et la poli­tique de ceux qui veulent la réno­ver, la démo­cra­tie appa­raît comme un régime poli­tique atmo­sphé­rique appelé à se trans­for­mer sur une pla­nète qui tourne, qui sur­chauffe et se réchauffe glo­ba­le­ment. Si elle par­vient à res­sen­tir les pres­sions éma­nant de plu­sieurs sphères dif­fé­rentes, elle peut reve­nir en force au moment même où la qua­lité de vie et le bien-être ne semblent plus être les prio­ri­tés des gou­ver­ne­ments, ce qui a favo­risé, non sans raison, les révoltes et les mani­fes­ta­tions.

Si la poli­tique doit chan­ger, inno­ver, l’occasion n’a jamais été aussi belle. Si elle veut accueillir ceux qui mani­festent en offrant un espace nou­veau, loin des anciens palais, elle retrou­vera quelques par­ti­sans. Mais la tâche sera dif­fi­cile car les socié­tés sont com­plexes et le pou­voir est éclaté. Si elle veut sur­vivre aux vagues à venir et aux volon­tés de chan­ge­ment, elle devra accep­ter que des indi­vi­dus en elle osent dire la vérité, du moins cer­taines véri­tés qui dérangent. Il faut par­ve­nir à créer un climat favo­rable pour tous dans la seule véri­table demeure que les hommes peuvent, tous ensemble, amé­na­ger.

Envisager la réno­va­tion de la poli­tique, c’est revoir les inté­rêts privés en fonc­tion du bien commun. Désormais, c’est tenir compte de la plus grande fra­gi­lité. C’est construire moins en hau­teur, plus en lar­geur, peut-être plus en ron­deur même, pour reprendre, dans un autre contexte, l’intuition puis­sante de l’architecte Le Corbusier.



Notes

1 Pour plus de pré­ci­sions, je ren­voie au dos­sier paru en mai sur La Vie des Idées, notam­ment aux articles de Eva Botella-Ordinas inti­tulé « La démo­cra­tie directe de la Puerta del Sol » et celui de Florencia Peyrou por­tant le titre « La longue his­toire de la démo­cra­tie espa­gnole ».

2 Voir l’article de Yves Montuelle dans l’Express du 31 mai 2011, « Les indi­gnés doivent ren­trer dans le jeu poli­tique », où il pré­sente la posi­tion de Daniel Innerarity.

3 Cette posi­tion se com­pren­dra mieux à la lec­ture de son article « La indi­gna­ción no es sufi­ciente ». publié dans El País le 21 mai 2011.

4 À ce sujet, voir notre article « La « vague orange » au Québec », Sens Public, 26 mai 2011.

5 Pour un com­plé­ment, lire notre col­la­bo­ra­tion spé­ciale publiée sur Vigile, « Amir Khadir et le cou­rage de la vérité » parue le 4 juin 2011.

6 Sur le cou­rage de la vérité, voir le tra­vail de Foucault. Foucault a étudié le thème de la par­rhê­sia cynique dans l’un de ses cours au Collège de France, pré­ci­sé­ment celui du 29 février 1984, et qui a fait l’objet d’une publi­ca­tion inti­tu­lée Le Courage de la vérité/​Le Gouvernement de soi et des autres II/ Cours au Collège de France. 1984, Gallimard/​Seuil (coll. « Hautes Études »), 2009.

7 Voir Marco Bélair-Cirino, « Le baro­mètre des per­son­na­li­tés Léger Marketing-Le Devoir – Legault, le plus popu­laire de tous », Le Devoir, lundi 13 juin 2011.

8 Sur la mon­dia­li­sa­tion, ses défis et ses enjeux en Europe, lire l’article de G. Wormser, « L’Europe sur­vi­vra-t-elle à la mon­dia­li­sa­tion ? », publiée sur Sens Public, 2 juin 2011.

Une réponse à “Le temps de la rénovation politique”

  1. temps dit :

    Très bel article. Bien docu­menté, bien construit, logique, tou­te­fois je pense qu’il n’a pas d’ame, qu’il lui manque le coeur, ce petit plus qui rend l’homme humain. En fait, je ne pense pas que les sys­tèmes sociaux sont com­plexes, en fait ils veulent que les poli­tiques soient à leur ser­vice, que les Nations soient à leur ser­vice, et actuel­le­ment nous ne ren­con­trons que des sys­tèmes qui cherchent à nous condi­tion­ner à croire qu’un sys­tème avec un qui pense et une mul­ti­tude qui obéit c’est pour notre bien. Etudiant deve­nant cobaye humain sui­vant des pro­to­coles médi­caux pour pou­voir manger, jeune fille qui se pros­ti­tuent pour pou­voir pour­suivre les études, détour­ne­ment de l’eau un des bien le plus pré­cieux, construc­tion de sys­tèmes dan­ge­reux comme des cen­trales nucléaires, … des sciences qui ne découvrent rien et qui cau­tionnent tout ça sélec­tion­nant par indif­fé­rence, igno­rance et cor­rup­tion des spé­cia­listes en créa­tion de faux. Est le sen­ti­ment laissé au blog­trot­teur que je suis. Je ne sais pas le vrai, mais les poli­tiques sont bien plus reje­tés que ce qu’ils l’imaginent. Sont-ils indif­fé­rents ou aveugles ? La encore je ne sais le vrai du faux.
    Cordialement