La dimension mortifère du capitalisme

Par Mis en ligne le 30 juin 2010

Au fur et à mesure où, semaine après semaine, quasi quo­ti­dien­ne­ment, la crise géné­rale du capi­ta­lisme contem­po­rain nous apporte son lot de nou­velles plus cala­mi­teuses les unes que les autres, c’est la véri­table nature de cette crise qui se révèle. Loin d’être seule­ment une crise éco­no­mique, fût-elle struc­tu­relle, c’est à une véri­table crise de civi­li­sa­tion que nous sommes confron­tés.

L’expression est certes gal­vau­dée depuis qu’elle a servi à dési­gner tout et n’importe quoi (sur­tout n’importe quoi, d’ailleurs !), en per­met­tant le plus sou­vent de mas­quer la manière dont elle s’articule avec la dimen­sion éco­no­mique de la crise : avec la crise dans laquelle la repro­duc­tion du capi­tal comme rap­port de pro­duc­tion se débat depuis main­te­nant plus d’un tiers de siècle. Par crise de civi­li­sa­tion, j’entends néan­moins que la situa­tion cri­tique dans laquelle le capi­tal est dura­ble­ment et sans doute même défi­ni­ti­ve­ment engagé (et nous avec lui, pour l’instant du moins) conduit à com­pro­mettre, inexo­ra­ble­ment, toutes les condi­tions de la vie en société et jusqu’aux acquis les plus fon­da­men­taux de la civi­li­sa­tion.

Quelques exemples des tendances régressives du capitalisme contemporain

Ce catas­tro­phisme fera sans doute sou­rire le lec­teur, qui en a entendu d’autres dans le genre. Quelques exemples pris dans l’actualité la plus récente lui feront, je l’espère, tou­cher du doigt et ce que je veux dire et la gra­vité de ce qui est en ques­tion.

Commençons par la nou­velle « réforme » des retraites qui se pré­pare en France (et ailleurs), en fait un nou­veau pas en avant vers la des­truc­tion pro­gram­mée de l’assurance vieillesse, avec à la clef et la néces­sité de pro­lon­ger la durée de la vie active et l’appauvrissement de la partie la plus âgée de la popu­la­tion, dès lors qu’elle n’exercera plus d’activité pro­fes­sion­nelle.

Tout le monde sait que la condi­tion humaine se défi­nit, notam­ment, par la conscience qu’a chaque homme, de sa mor­ta­lité, de la fini­tude de son exis­tence. Il en est résulté, très tôt dans l’histoire et même la pré­his­toire des socié­tés humaines, des rêves d’immortalité dont toutes les reli­gions ont fait leur beurre, en pro­me­nant d’illusoires para­dis post mortem. De manière plus maté­ria­liste, mais autre­ment plus effi­cace, les hommes ont obs­ti­né­ment tra­vaillé depuis des mil­lé­naires à amé­lio­rer leurs condi­tions maté­rielles d’existence : les pro­grès de la pro­duc­ti­vité du tra­vail, ceux de l’hygiène publique, ceux de la connais­sance scien­ti­fique et de la pra­tique médi­cale se sont conju­gués pour per­mettre d’augmenter l’espérance de vie moyenne des popu­la­tions humaines, c’est-à-dire le pour­cen­tage de ceux des humains capables d’atteindre de grands âges tout en fai­sant recu­ler les limites de ces der­niers.

Le capi­ta­lisme a eu partie liée avec ces pro­grès, dont il a étendu le champ et accé­léré le rythme. Et, pour­tant, non seule­ment il en aura limité les pleins béné­fices à la partie de la popu­la­tion mon­diale concen­trée dans les for­ma­tions domi­nantes (les soi-disant « Etats déve­lop­pés »), et encore de manière très inégale ; mais aujourd’hui, il fait direc­te­ment obs­tacle à la pour­suite de ce mou­ve­ment, y com­pris au sein de ces for­ma­tions. L’augmentation de l’espérance de vie, qui devrait réson­ner comme une bonne nou­velle, y appa­raît comme une catas­trophe parce qu’elle oblige à consa­crer une part gran­dis­sante de la richesse sociale à l’entretien de per­sonnes éco­no­mi­que­ment (mais non socia­le­ment) impro­duc­tives et que cette contrainte entre direc­te­ment en contra­dic­tion avec les exi­gences de la repro­duc­tion du capi­tal et les inté­rêts de ses pro­prié­taires. Autrement dit, la survie du capi­ta­lisme exige aujourd’hui de sacri­fier la réa­li­sa­tion en cours d’un des plus vieux rêves de l’humanité et des plus beaux acquis de la civi­li­sa­tion : le pro­lon­ge­ment de la vie et l’entretien de nos vieux.

Prenons un deuxième exemple, proche du pré­cé­dent. C’est un autre rêve de l’humanité que celle d’une vie « sans mala­die », d’une santé aussi constante et par­faite que pos­sible. Et c’est un autre acquis de la civi­li­sa­tion que d’avoir pro­gressé dans cette voie et que d’avoir étendu le béné­fice de ces pro­grès au plus grand nombre. Inutile de rap­pe­ler que l’institution d’une prise en charge publique, par le biais de l’impôt et de la coti­sa­tion sociale, de la lutte contre la mala­die y aura lar­ge­ment contri­bué. Que des pro­grès res­tent à réa­li­ser, là encore, sur un plan mon­dial, c’est l’évidence même ; comme est évi­dente la dis­po­ni­bi­lité actuelle en moyens maté­riels et per­son­nels à cette fin. Là encore, seule l’incompatibilité de leur mobi­li­sa­tion avec les exi­gences de la repro­duc­tion du capi­tal (qui impose non seule­ment un par­tage inégal de la richesse sociale mais encore un usage sou­vent nui­sible de celle-ci) sté­ri­lise cette pos­si­bi­lité. Et c’est ainsi qu’on vient nous expli­quer que la prise en charge sociale de la mala­die et des malades est deve­nue dis­pen­dieuse, qu’il faut mettre fin à la « dérive des dépenses de santé » (quid de la dérive des reve­nus des pro­fes­sion­nels de la santé, des pro­fits des groupes phar­ma­ceu­tiques et des inté­rêts des fonds de pla­ce­ment pro­prié­taires des cli­niques privés dont ces dépenses répu­tées infla­tion­nistes sont pour­tant la condi­tion soi­gneu­se­ment tue sinon cachée ?) et « ration­ner l’accès aux soins » au détri­ment d’une part gran­dis­sante de la popu­la­tion, en com­men­çant par la plus pau­pé­ri­sée ?

Veut-on un troi­sième exemple, qui n’est pas non plus sans rap­port avec les deux pré­cé­dents ? Le tra­vail est d’abord une néces­sité natu­relle, ins­crite dans notre condi­tion bio­lo­gique ; au fil des siècles et au gré du déve­lop­pe­ment de rap­ports d’exploitation de l’homme par l’homme, il est devenu une contrainte sociale ; et cer­tains y voient même une obli­ga­tion morale, contrac­tée à l’égard de nos tiers proches ou de la société dans son ensemble. Quoi qu’il en soit, pré­ci­sé­ment parce qu’il est ins­crit à l’horizon de l’existence de la plu­part d’entre nous (j’exclus de ce nous les ren­tiers qui vivent à nos cro­chets), le tra­vail s’est tou­jours accom­pa­gné du rêve de la fin du tra­vail, qui compte ainsi lui aussi parmi les plus archaïques de l’humanité.

Là encore, à défaut de pou­voir le réa­li­ser tel quel, du moins les hommes se sont-ils avan­cés sur la voie de la réduc­tion de la quan­tité de tra­vail et donc de la durée du tra­vail que chaque humain doit four­nir pour assu­rer la repro­duc­tion maté­rielle des socié­tés dont il est membre, en en aug­men­tant la pro­duc­ti­vité. Et, sous ce rap­port aussi, le capi­ta­lisme s’est montré pro­gres­siste en déve­lop­pant consi­dé­ra­ble­ment les forces pro­duc­tives de la société. Mais, là encore, sur un mode de plus en plus contra­dic­toire, puisque l’économie gran­dis­sante de tra­vail vivant (le tra­vail des hommes par oppo­si­tion au tra­vail mort des machines) que réa­lise l’accroissement de la pro­duc­ti­vité du tra­vail se tra­duit, dans le cadre des rap­ports capi­ta­listes de pro­duc­tion, par une aug­men­ta­tion constante du chô­mage et de la pré­ca­rité sala­riale. Une fois de plus, comme la fée Carabosse, le capi­tal com­pro­met la réa­li­sa­tion d’un antique rêve d’émancipation en cau­che­mar.

Allez, un der­nier exemple pour faire bon compte. L’ensemble des « rêves » pré­cé­dents s’articule sur celui de rendre les hommes « maîtres et pos­ses­seurs de la nature ». En déve­lop­pant l’appareillage indus­triel du tra­vail humain ainsi que les connais­sances scien­ti­fiques qui en sont pour partie la condi­tion, le capi­ta­lisme aura éga­le­ment contri­bué à la réa­li­sa­tion de ce der­nier rêve. Tout en le trans­for­mant là encore en cau­che­mar dès lors que ce projet de domi­na­tion de la nature revient à trai­ter cette der­nière comme un immense réser­voir de matières pre­mières et d’énergie dans lequel on pour­rait puiser sans tenir compte de sa fini­tude ainsi que comme un immense dépo­toir dans lequel on pour­rait reje­ter les rési­dus et déchets de la pro­duc­tion indus­trielle, sans tenir davan­tage compte de la fini­tude des éco­sys­tèmes à les absor­ber. La catas­trophe éco­lo­gique qui en résulte n’est nul­le­ment acci­den­telle ni par consé­quent évi­table : elle est ins­crite dans le pro­duc­ti­visme inhé­rent à la repro­duc­tion indé­fi­nie du capi­tal tout comme dans le carac­tère aveugle et incon­trô­lable d’un procès social de pro­duc­tion divisé entre de mul­tiples capi­taux indé­pen­dants et rivaux les uns des autres [1].

Le communisme ou la mort !

Je pour­rais mul­ti­plier les exemples, en mon­trant com­ment le capi­ta­lisme contem­po­rain com­pro­met de même d’autres acquis de la civi­li­sa­tion, tels que l’élévation du niveau intel­lec­tuel et cultu­rel de la popu­la­tion obte­nue par l’intermédiaire de la dif­fu­sion de l’accès à l’écrit ou encore l’autonomie affec­tive et réflexive de l’individu. Mais plutôt que de mul­ti­plier ainsi les exemples, ten­tons d’en déga­ger le sens géné­ral ainsi que les consé­quences à en tirer sur le plan poli­tique.

Il y a en gros un siècle, Rosa Luxembourg avait bien défini ce qui allait être l’enjeu du XXe siècle en posant le dilemme sui­vant : le socia­lisme ou la bar­ba­rie. Et, en effet, faute d’avoir su réa­li­ser le socia­lisme et pour l’avoir lamen­ta­ble­ment paro­dié sous la forme de la social-démo­cra­tie et atro­ce­ment défi­guré sous la forme du sta­li­nisme, le siècle écoulé n’a pas été avare de bar­ba­ries. Aujourd’hui, au terme d’un siècle d’élargissement et d’approfondissement de l’emprise du capi­ta­lisme sur l’humanité, l’enjeu s’est lui-même radi­ca­lisé : ce sera le com­mu­nisme ou la mort ! Ou bien nous serons capables de dépas­ser le capi­ta­lisme en réa­li­sant le projet com­mu­niste d’une société récon­ci­liée avec elle-même ainsi qu’avec la nature (pour faire bref), ou bien les ten­dances mor­ti­fères du capi­ta­lisme à l’œuvre dans les régres­sions pré­cé­dem­ment poin­tées iront jusqu’à leur terme.

La pre­mière condi­tion pour conju­rer cette pers­pec­tive est bien de prendre conscience que de telles ten­dances sont ici à l’œuvre et d’en mesure la vio­lence poten­tielle. Or on est encore très loin du compte y com­pris parmi ceux qui dénoncent les régres­sions pré­cé­dentes et se mobi­lisent contre elles, sans pour autant devi­ner de quoi elles sont grosses. La plu­part d’entre eux juge­ront sans doute que j’exagère voire que je délire en par­lant de telles ten­dances. Qu’ils réflé­chissent un moment aux faits sui­vants :

  • Instituer un allon­ge­ment de la durée de coti­sa­tion et donc d’activité pour pou­voir pré­tendre à une pen­sion à taux com­plet, alors même que les car­rières pro­fes­sion­nelles sont par ailleurs de plus en plus rac­cour­cies par l’allongement du délai d’accès à un pre­mier emploi stable et la mul­ti­pli­ca­tion, en cours de vie active, des périodes de chô­mage, n’est-ce pas pro­gram­mer sciem­ment le rac­cour­cis­se­ment de l’existence des retrai­tés par usure au tra­vail d’un grand nombre et par baisse de leurs reve­nus pour tous ?
  • Que peut bien signi­fier le fait que l’on ait cal­culé que « (…) un peu plus de la moitié des dépenses de santé du régime géné­ral est des­ti­née aux malades de 55 ans et plus de 30% à ceux de 70 ans et plus » et que « Le mon­tant moyen de dépenses médi­cales repré­sente 5238 euros chez les seniors contre une moyenne natio­nale de 1793 euros. » [2] ? Sinon qu’on induit ainsi l’idée que les « seniors » coûtent cher non seule­ment à l’assurance-vieillesse mais encore à l’assurance-maladie et qu’on ferait d’une pierre deux coups si l’on pou­vait abré­ger leur exis­tence ? Et pour en rajou­ter une touche, médi­tons le ballon d’essai sui­vant d’un Alain Minc, tou­jours à la pointe de l’entreprise de décons­truc­tion de l’Etat-providence : « J’ai un père qui a 102 ans. Il a été hos­pi­ta­lisé pen­dant 15 jours en ser­vice de pointe, il en est sorti. La col­lec­ti­vité fran­çaise a dépensé 100.000 euros pour soi­gner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extra­or­di­naire, pour lui donner quelques mois, ou j’espère, quelques années de vie. Je trouve aber­rant que quand le béné­fi­ciaire a un patri­moine ou quand ses ayants droit ont les moyens, que l’Etat m’ait fait ce cadeau à l’œil. Et donc, je pense qu’il va bien fal­loir s’interroger sur le fait de savoir com­ment on récu­père les dépenses médi­cales sur les très vieux en ne met­tant pas à contri­bu­tion ou leur patri­moine quand ils en ont un ou le patri­moine de leurs ayants droit. Ce serait au pro­gramme socia­liste de le pro­po­ser. » [3]
  • Que peut bien signi­fier que les gou­ver­nants s’entêtent (en France du moins) à main­te­nir en acti­vité des réac­teurs nucléaires à bout de souffle (ini­tia­le­ment pro­gram­més pour durer trente ans, on pro­jette de les faire fonc­tion­ner qua­rante ans voire au-delà) ou à construire des réac­teurs de « nou­velle géné­ra­tion » (type EPR) dont on sait qu’il pré­sente des risques spé­ci­fiques d’accidents graves (type Tchernobyl) sinon que c’est là une manière de dire aux popu­la­tions qu’elles doivent accep­ter de courir de tels risques ? Tout comme il faudra que les géné­ra­tions futures acceptent de vivre pen­dant des cen­taines et même des mil­lions d’années à côté ou au-dessus de pou­belles débor­dant de déchets nucléaires.
  • Que peut signi­fier la récur­rence des « marées noires » (la der­nière en date qui vient de se déclen­cher dans le golfe du Mexique promet de dépas­ser toutes les pré­cé­dentes réunies) et le fata­lisme avec lequel elles sont accueillies par ces mêmes gou­ver­nants et leurs hérauts média­tiques sinon que la pour­suite de la « crois­sance éco­no­mique » (= la repro­duc­tion du capi­tal) vaut bien qu’on lui sacri­fie le milieu marin tout entier s’il le faut ?

Jaurès disait que le capi­ta­lisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage [4]. Aujourd’hui le capi­ta­lisme n’est plus mor­ti­fère seule­ment sur les champs de bataille qu’il mul­ti­plie pour­tant un peu par­tout sur la pla­nète. C’est par l’ensemble des dimen­sions de sa dyna­mique de repro­duc­tion qu’il est déjà actuel­le­ment mor­ti­fère ou qu’il s’apprête à deve­nir de jour en jour davan­tage. Il devient urgent d’en faire naître et d’en aigui­ser la conscience dans le mou­ve­ment social.

Quelques mots d’ordre radicaux, (mais pas trop, tout de même !)

A cette fin, je pro­pose que soient dif­fu­sés dans les pro­chaines mobi­li­sa­tions des slo­gans qui, loin de s’opposer aux ten­dances mor­ti­fères en ques­tion, sur­en­ché­ri­ront sur ces der­nières de manière à les rendre les plus expli­cites et intel­li­gibles pos­sible. Par leur carac­tère à la fois absurdes et mons­trueux, ces slo­gans doivent amener à prendre conscience du nihi­lisme radi­cal et de la pro­fonde bar­ba­rie qui animent le capi­ta­lisme contem­po­rain. Ce qui n’exclut pas de recou­rir à l’humour noir pour faire rire jaune ! La liste sui­vante en four­nit quelques exemples qui n’ont aucune pré­ten­tion à l’exhaustivité. Je fais confiance dans l’imagination des mili­tants pour en inven­ter d’autres :

  • Institution d’une durée légale maxi­male de vie pour tous ! L’idéal serait la fixa­tion de cette durée à 65 ans puisque cela per­met­trait de sup­pri­mer l’assurance vieillesse (par euth­na­sie), ce qui fera plai­sir à la patronne du MEDEF, Laurence Parisot. Mais, pour ne pas trop cho­quer le public (j’entends déjà d’ici l’indignation des Thibaut – CGT -, Mailly – FO – et Chérèque – CFDT) et ména­ger une tran­si­tion, on peut envi­sa­ger de partir de l’espérance de vie actuelle (disons 80 ans) et de dimi­nuer l’âge en ques­tion d’un semestre par an jusqu’à atteindre 65 ans en 2040. C’est rai­son­nable, non ?
  • Institution d’un capi­tal santé pour tous, c’est-à-dire d’un mon­tant global de prise en charge de soins sur l’ensemble de l’existence, depuis la nais­sance, au-delà duquel il appar­tien­dra à chacun de payer inté­gra­le­ment les soins aux­quels il voudra recou­rir… s’il peut. On lais­sera le soin aux « par­te­naires sociaux » de fixer ce mon­tant, en veillant cepen­dant à ce qu’il ne soit pas trop élevé. Selon le prin­cipe bien connu que « Les soins, ce n’est pas obli­ga­toire, même et sur­tout quand on est malade ! ».
  • Rétablissement de l’esclavage. On a beau­coup trop et injus­te­ment décrié l’esclavage qui pré­sente pour­tant bien des avan­tages. Car l’esclave est assuré, outre sa ration de coups de fouet ou de bâton, d’être nourri, logé et blan­chi (même médio­cre­ment) et de ne jamais connaître les affres du chô­mage et de l’inactivité. Chacun pourra donc choi­sir libre­ment de deve­nir esclave plutôt que de rester tra­vailleur sala­rié ou chô­meur, en ayant la pos­si­bi­lité de se vendre lui-même au plus offrant et de rache­ter ulté­rieu­re­ment sa propre liberté le cas échéant. Evidemment, il convien­dra d’instituer une bourse aux esclaves, où le cours de chaque caté­go­rie d’esclaves devra fluc­tuer selon les règles impres­crip­tibles d’« une concur­rence libre et non faus­sée ». La Croix Rouge et Amnesty International seront auto­ri­sés à enquê­ter et à rap­por­ter sur les condi­tions de vie des esclaves, en veillant à ce qu’ils ne soient soumis à aucun trai­te­ment inhu­main ni dégra­dant.
  • Institutions de primes de risque éco­lo­gique. Les per­sonnes qui accep­te­ront de vivre et de tra­vailler dans des condi­tions éco­lo­gi­que­ment dan­ge­reuses ou a for­tiori dégra­dées se ver­ront gra­ti­fiées d’une aug­men­ta­tion de leur capi­tal santé et d’un allon­ge­ment de leur durée légale d’existence…
  • Et pour résu­mer le tout : « La vie est un luxe que tout le monde n’est pas (plus) en droit de se payer ! »

Alain Bihr vient de publier aux Editions Page deux, dans nou­velle col­lec­tion « Empreinte », La logique mécon­nue du Capital.

SOURCE : http://​www​.labreche​.ch

Notes

1. Voir l’article : « Le capi­ta­lisme peut-il se mettre au vert ? » publié dans la revue La Brèche, numéro 5, mars 2009.

2. Etude de l’impact du vieillis­se­ment de la popu­la­tion sur les depenses de sante, CNAMTS

3. Déclaration faite à l’émission « Parlons Net », France-Info, 7 mai 2009.

4. Les véri­tables propos de Jaurès sont les sui­vants : « Toujours votre société vio­lente et chao­tique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dor­mante porte l’orage ». Textes choi­sis, Editions Sociales, 1959, p. 88

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