Bilan et priorités de la CSQ pour 2011

Empêcher une dérive à droite du Québec en revendiquant une société plus juste et solidaire

Par Mis en ligne le 03 janvier 2011

Montréal, le 3 jan­vier 2010. – « Nous pro­fi­te­rons de la pro­chaine année pour ren­for­cer le regrou­pe­ment des forces de gauche, amorcé avec la nais­sance de l’Alliance sociale. Il faut empê­cher une dérive à droite du Québec que cer­tains groupes de pres­sion sou­haitent et qui aurait des consé­quences désas­treuses pour la grande majo­rité de la popu­la­tion puisqu’elle pro­fi­te­rait seule­ment à une mino­rité de gens déjà mieux nantis », a déclaré Réjean Parent, pré­sident de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), à l’occasion d’une confé­rence de presse pour dévoi­ler les grandes prio­ri­tés de la Centrale pour la pro­chaine.


Le bilan de 2010

« Nous sommes par­ti­cu­liè­re­ment fiers d’avoir mené à bien la négo­cia­tion des sec­teurs public et para­pu­blic et celle des res­pon­sables de ser­vice de garde en milieu fami­lial (RSG). Nous sommes aussi très heu­reux d’avoir réussi à faire recu­ler le gou­ver­ne­ment sur le ticket modé­ra­teur en santé, mais espé­rons qu’il revien­dra sur sa déci­sion en ce qui a trait à la fran­chise. Toutefois, nous sommes déçus de l’attitude gou­ver­ne­men­tale dans le dos­sier des écoles pas­se­relles, et ce, malgré une forte mobi­li­sa­tion de nos membres qui craignent pour la survie du fran­çais », affirme le pré­sident de la CSQ.

Les priorités 2011 de la CSQ

En ce qui a trait aux prio­ri­tés de l’organisation, Réjean Parent cible de façon prio­ri­taire la défense d’un Québec plus soli­daire, plus équi­table et plus éga­li­taire comme étant ce qui ani­mera la CSQ dans ses actions.
« Certains sont tentés par des idées de droite, de vieilles marottes qu’on nous sert depuis 30 ans. Notre défi est de faire la démons­tra­tion que cette pensée magique n’apporte rien et que le prin­cipe d’utilisateur/payeur qu’on essaie de nous faire avaler n’est qu’un écran de fumée. Ce sont les idées de gauche, les luttes et les reven­di­ca­tions pro­gres­sistes qui font que nous vivons dans un Québec où tous ont droit à l’éducation et à des soins de santé de qua­lité ainsi qu’à de nom­breux autres ser­vices publics. Tout n’est pas par­fait et il y a cer­tai­ne­ment des choses à amé­lio­rer, mais, ici, per­sonne n’est exclu socia­le­ment faute de reve­nus suf­fi­sants pour se payer des ser­vices », sou­tient M. Parent.

Revendiquer des mesures budgétaires plus équitables

L’une des pre­mières actions de la CSQ en ce début d’année sera sa par­ti­ci­pa­tion aux consul­ta­tions pré­bud­gé­taires du ministre des Finances, Raymond Bachand. Dans ce contexte, elle sera très active au cours des pro­chaines semaines, par le biais de l’Alliance sociale de même qu’au sein du Secrétariat inter­syn­di­cal des ser­vices publics (SISP), pour oppo­ser la voix des tra­vailleuses et des tra­vailleurs à celle des lobbys de droite dont les idées menacent les bases de soli­da­rité sur les­quelles repose notre société. Pour M. Parent, « le gou­ver­ne­ment a un devoir de jus­tice sociale à l’égard des citoyens et cela doit se tra­duire par une échelle d’imposition et des mesures fis­cales équi­tables qui tiennent compte des reve­nus ».

Des négociations à compléter

La CSQ pour­sui­vra le tra­vail pour fina­li­ser les ententes conclues en Front commun et en fédé­ra­tions, tout comme celle concer­nant les res­pon­sables de garde en milieu fami­lial. « Le gou­ver­ne­ment traîne de la patte, mais le tra­vail n’est pas fini puisqu’il faut com­plé­ter les textes et pour­suivre cer­tains tra­vaux décou­lant des comi­tés », ajoute Réjean Parent. Ce der­nier sou­ligne aussi qu’il est pres­sant de mettre en œuvre les nou­veaux droits des RSG et se dit éga­le­ment pré­oc­cupé par le nombre crois­sant de tra­vailleuses et tra­vailleurs aty­piques qui ne béné­fi­cient d’aucune pro­tec­tion mini­male et dont le revenu est à ce point insuf­fi­sant que plu­sieurs doivent recou­rir aux banques ali­men­taires pour bou­cler les fins de mois. En ce sens, l’entente col­lec­tive est un modèle d’inspiration pour l’avenir et un exemple de soli­da­rité à suivre.

Des services publics de qualité

D’autre part, la Centrale demande au gou­ver­ne­ment de demeu­rer vigi­lant quant à la qua­lité des ser­vices publics offerts aux citoyens. Ce n’est pas en met­tant la hache dans ses ser­vices à la popu­la­tion qu’il y arri­vera. Également, il doit s’assurer de demeu­rer un employeur attrayant, en mesure d’attirer les com­pé­tences pour affron­ter l’important défi du renou­vel­le­ment des effec­tifs dans le sec­teur public et celui du trans­fert des exper­tises. Faut-il rap­pe­ler que nous pou­vons anti­ci­per, d’ici 5 ans, des départs mas­sifs à la retraite des tra­vailleuses et tra­vailleurs du sec­teur public ?

Se donner les moyens de la réussite en éducation

La CSQ pour­sui­vra ses efforts afin de sen­si­bi­li­ser le gou­ver­ne­ment et l’ensemble des acteurs de la société à l’importance de faire de l’éducation une véri­table prio­rité natio­nale.
Pour ce faire, elle suivra atten­ti­ve­ment les tra­vaux entou­rant les Rencontres des par­te­naires en édu­ca­tion sur la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et tech­nique, le plan contre la vio­lence à l’école, le plan sur les élèves han­di­ca­pées et en dif­fi­culté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), prévu en juin. Elle sera par­ti­cu­liè­re­ment atten­tive aux effets néga­tifs des nou­velles dis­po­si­tions de la Loi sur l’instruction publique décou­lant du projet de loi 88 (loi 29) et sa vision comp­table de la diplo­ma­tion et de la réus­site édu­ca­tive, et d’une ges­tion axée sur les résul­tats. La Centrale mili­tera encore et tou­jours pour qu’il y ait plus d’équité en édu­ca­tion, notam­ment en revoyant le finan­ce­ment des écoles pri­vées. Elle avan­cera ses tra­vaux entou­rant la réus­site des gar­çons, car en cette matière les moyens avan­cés par le gou­ver­ne­ment semblent insuf­fi­sants.
« Nous déplo­rons, entre autres, le peu d’efficacité et le peu de réper­cus­sions des plans mis de l’avant par l’ex-ministre de l’Éducation concer­nant la vio­lence à l’école, la per­sé­vé­rance sco­laire et le fran­çais. Plusieurs mois après leur mise en vigueur, nous sommes à même de consta­ter le peu d’effets dans les milieux. Nous avons confiance que la ministre Line Beauchamp aura une oreille atten­tive à nos pro­po­si­tions visant à donner un second souffle à ces plans qui sont igno­rés dans plu­sieurs cas », men­tionne le pré­sident de la CSQ.

Une accessibilité aux études universitaires à protéger

Le pré­sident de la CSQ s’oppose éga­le­ment aux inten­tions du gou­ver­ne­ment de haus­ser les frais de sco­la­rité au niveau uni­ver­si­taire puisque cela aurait des consé­quences directes sur l’accessibilité aux études supé­rieures et sur la réus­site des étu­diants. « Avec les défis qui attendent la société qué­bé­coise au cours des pro­chaines années, nous n’avons pas le luxe de nous priver d’une main-d’œuvre qua­li­fiée. Nous sommes extrê­me­ment sen­sibles aux cris d’alarme lancés par les fédé­ra­tions étu­diantes selon lequel il faut régler autre­ment que sur leur dos les pro­blèmes de finan­ce­ment des uni­ver­si­tés. C’est pour cette raison qu’à l’instar d’autres groupes, la CSQ milite pour des États géné­raux dans les plus brefs délais », ajoute le pré­sident de la Centrale.

Un système public de santé à défendre et à renforcer

Dans le domaine de la santé, la CSQ conti­nuera de se battre contre la pri­va­ti­sa­tion hypo­crite et en douce de notre sys­tème de santé qui s’imprègne dans notre esprit col­lec­tif comme étant une nor­ma­lité. « On tente de faire croire aux gens qu’il est normal de débour­ser pour obte­nir des soins de santé alors que nous payons déjà des impôts. Les intru­sions du privé dans notre sys­tème public sont réelles et c’est très inquié­tant. Nous pour­sui­vrons donc sans relâche notre lutte pour un sys­tème de santé public, uni­ver­sel et acces­sible à tous et à toutes », conclut M. Réjean Parent.

Profil de la CSQ

La CSQ repré­sente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du per­son­nel de l’éducation. Elle est l’organisation syn­di­cale la plus impor­tante en édu­ca­tion au Québec. La CSQ est éga­le­ment pré­sente dans les sec­teurs de la santé et des ser­vices sociaux, des ser­vices de garde, du muni­ci­pal, des loi­sirs, de la culture, du com­mu­nau­taire et des com­mu­ni­ca­tions.

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