PENSER LA GRANDE TRANSITION

Au-delà de la social-démocratie

Reconstruire nos mouvements

Par , Mis en ligne le 18 octobre 2019

Dans un article paru en 2017, l’historien Robert Brenner sou­ligne que la gauche semble para­ly­sée par une double impasse. D’une part, on observe des mou­ve­ments sociaux qui, en aspi­rant à une auto­no­mie com­plète par rap­port aux ins­ti­tu­tions éta­blies, se condamnent trop sou­vent à l’isolement poli­tique. D’autre part, nous avons des partis poli­tiques pro­gres­sistes qui, à défaut d’être sou­te­nus par des actions directes de masse, peinent à appli­quer leur pro­gramme de réformes, aussi modeste soit-il[2]. Ce qui se pro­file der­rière l’analyse de Brenner est la ques­tion des orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments les plus aptes à trans­for­mer les ins­ti­tu­tions, avec les condi­tions poli­tiques et éco­no­miques qui per­mettent à ces mêmes orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments de gagner plus ou moins aisé­ment en force.

Entre reproduction sociale et interruption

Le pou­voir social d’une orga­ni­sa­tion est lié – parmi d’autres élé­ments – à deux fac­teurs, soit sa par­ti­ci­pa­tion à la repro­duc­tion de la vie sociale et sa capa­cité de l’interrompre ou de la per­tur­ber pour défendre ses inté­rêts. Cette fonc­tion de repro­duc­tion et cette capa­cité d’interruption consti­tuent les pôles prin­ci­paux per­met­tant à une orga­ni­sa­tion d’agir poli­ti­que­ment de manière effi­cace. Par exemple, le pou­voir des classes capi­ta­listes dans une société repose à la fois sur leur impor­tance dans la repro­duc­tion de la vie sociale – liée entre autres à la concen­tra­tion des richesses et de la capa­cité d’investissement dans les mains d’une mino­rité – et sur leur capa­cité à per­tur­ber le cours normal des évé­ne­ments en rete­nant leurs inves­tis­se­ments, en délo­ca­li­sant leurs opé­ra­tions, en refu­sant de finan­cer le défi­cit d’un État, etc. À une autre échelle, on peut penser aux asso­cia­tions étu­diantes qué­bé­coises, dont l’activité inclut des ser­vices offerts à leurs membres (évé­ne­ments fes­tifs, confé­rences, repré­sen­ta­tion aux ins­tances uni­ver­si­taires, etc.) ainsi qu’une capa­cité de faire grève pour défendre les inté­rêts des étu­diantes et des étu­diants, ce qui leur a permis de jouer un rôle poli­tique consi­dé­rable au Québec.

Formes de repro­duc­tion sociale et d’interruption d’une orga­ni­sa­tion

Reproduction sociale Interruption
Implication dans la société civile, offre d’emplois et de ser­vices (édu­ca­tion popu­laire, santé et ser­vices sociaux, réseau­tage, défense de droits), for­ma­tion d’associations qui déve­loppent la capa­cité d’autonomie et d’autogestion tout en per­met­tant aux gens d’apprendre à se connaître, à décou­vrir leurs inté­rêts com­muns, etc. Grève, occu­pa­tion, blo­cage, boy­cot­tage, mani­fes­ta­tion, sit-in, déso­béis­sance civile, fuite de capi­taux, lock-out, « voter avec ses pieds », ter­ro­risme, gué­rilla ou guerre de basse inten­sité, émeute, sac­cage, etc.

L’idée d’une dyna­mique entre la repro­duc­tion et l’interruption vise à mettre en lumière l’interdépendance des deux élé­ments : une orga­ni­sa­tion qui offre des ser­vices et qui par­ti­cipe à la vie sociale sans dis­po­ser d’une capa­cité d’interruption pei­nera à inter­ve­nir poli­ti­que­ment, tandis qu’une orga­ni­sa­tion ou un groupe qui dis­pose d’une capa­cité d’interruption, mais qui ne par­ti­cipe d’aucune manière à la repro­duc­tion de la vie en société se prive d’une capa­cité à déve­lop­per une base d’appui large. En se concen­trant sur une orga­ni­sa­tion très mar­quée à droite, les tra­vaux de l’historienne Nancy MacLean ont par exemple montré que la deuxième vague du Ku Klux Klan (1915-1944) a connu un succès plus impor­tant que les deux autres – de deux à quatre mil­lions d’Américains étaient des membres encar­tés de l’organisation en 1924 – grâce à sa capa­cité à conci­lier une impli­ca­tion active dans la société civile (créa­tion de clubs de loisir et d’espaces de réseau­tage, finan­ce­ment d’hôpitaux des­ti­nés aux enfants blancs et pro­tes­tants, etc.) avec l’usage de la ter­reur comme outil de contrôle social (atten­tats, lyn­chages, etc.), tandis que les pre­mière et troi­sième vagues se sont limi­tées au déve­lop­pe­ment d’une capa­cité d’interruption, ne consti­tuant alors que des cel­lules d’action ter­ro­riste ciblant la com­mu­nauté afro-amé­ri­caine et les mou­ve­ments pro­gres­sistes[3].

Notre cadre d’analyse se situe ainsi à la croi­sée d’une théo­rie cri­tique des conflits sociaux et d’une concep­tion de l’économie poli­tique ins­pi­rée des ana­lyses fémi­nistes[4], en sou­te­nant d’une part que la repro­duc­tion de la vie sociale dépend, entre autres, du tra­vail mené par des orga­ni­sa­tions et des groupes for­ma­li­sés, agis­sant dans des sphères d’activité reliées aux mar­chés, à l’État, au tiers sec­teur (asso­cia­tions, mutuelles, coopé­ra­tives) ou à l’espace domes­tique, et d’autre part que la poli­tique est d’abord une ques­tion de rap­ports de force entre acteurs et groupes aux inté­rêts diver­gents, qui emploient des stra­té­gies dis­tinctes et déter­mi­nées par leur accès dif­fé­ren­cié aux res­sources sociales, éco­no­miques et ins­ti­tu­tion­nelles. Suivant la ter­mi­no­lo­gie de Gramsci, la par­ti­ci­pa­tion à la repro­duc­tion sociale et le déve­lop­pe­ment d’une capa­cité d’interruption consti­tuent deux dimen­sions essen­tielles de la mobi­li­sa­tion hégé­mo­nique, qui vise à contes­ter une cer­taine dis­tri­bu­tion du pou­voir dans une société donnée.

Montée et déclin du modèle social-démocrate

C’est en mobi­li­sant ce cadre d’analyse que nous sou­hai­tons abor­der la forme ins­ti­tu­tion­nelle domi­nante qu’a prise la gauche dans la période d’après-guerre en Amérique du Nord et en Europe, soit la social-démo­cra­tie. À la suite de l’écrasement du socia­lisme révo­lu­tion­naire en Europe de l’Ouest – notam­ment en Allemagne, en Italie et en Espagne – par les forces fas­cistes au cou­rant des années 1920 et 1930, et devant la néces­sité d’une paci­fi­ca­tion des conflits de classe dans les éco­no­mies capi­ta­listes avan­cées, l’idée d’un com­pro­mis à somme posi­tive entre capi­tal et tra­vail a rapi­de­ment gagné en popu­la­rité dans la période post-1945. Le para­digme éco­no­mique key­né­sien qui a dominé à plu­sieurs égards la scène poli­tique des démo­cra­ties libé­rales durant les « Trente Glorieuses » repo­sait pré­ci­sé­ment sur cette idée selon laquelle une col­la­bo­ra­tion entre capi­tal et tra­vail per­met­tait d’augmenter la pro­duc­ti­vité et d’assurer une expan­sion de la demande agré­gée, deux pro­ces­sus jugés béné­fiques pour les deux par­ties concer­nées – l’État inter­ve­nant alors avec des mesures contre-cycliques et la natio­na­li­sa­tion de plu­sieurs mono­poles natu­rels (trans­ports natio­naux, pro­duc­tion éner­gé­tique, etc.) pour assu­rer une sta­bi­lité opti­male à un sys­tème éco­no­mique pro­fon­dé­ment instable. Ce com­pro­mis, qu’on peut inter­pré­ter comme une manière par­ti­cu­lière d’organiser la repro­duc­tion sociale au niveau des rela­tions de tra­vail et de la macroé­co­no­mie, s’appuyait sur une mobi­li­sa­tion forte du mou­ve­ment ouvrier, avec des luttes syn­di­cales sur une base régu­lière dans les décen­nies suc­cé­dant à la Deuxième Guerre mon­diale et une col­la­bo­ra­tion sou­te­nue entre ces mêmes syn­di­cats et les dif­fé­rents partis poli­tiques actifs.

Le modèle macroé­co­no­mique d’après-guerre a cepen­dant été soumis au cours des quatre der­nières décen­nies à un ensemble de pres­sions et de contraintes com­munes, liées notam­ment à l’intensification de la com­pé­ti­tion inter­na­tio­nale, la sur­ca­pa­cité de l’industrie manu­fac­tu­rière, la finan­cia­ri­sa­tion crois­sante des éco­no­mies et l’impact des réformes néo­li­bé­rales à tra­vers le monde. Ces dif­fé­rents fac­teurs externes ont pris forme dans un contexte de ralen­tis­se­ment durable de la crois­sance éco­no­mique, qui a engen­dré son lot d’instabilité et d’incertitude tant au niveau des poli­tiques publiques que des stra­té­gies d’accumulation. Ce qui dis­tingue tou­te­fois cette période d’instabilité de celle que l’Amérique du Nord et l’Europe ont connue dans les années 1930 est qu’elle n’a pas mené à une montée en puis­sance des mou­ve­ments ouvriers, mais a plutôt marqué leur étio­le­ment accé­léré, avec une dimi­nu­tion conti­nue du nombre d’actions de per­tur­ba­tion sur les lieux de tra­vail à l’aube des années 1980[5].

Si la com­bi­nai­son des fac­teurs évo­qués ci-haut et des attaques menées par le patro­nat et la droite a contri­bué au recul des capa­ci­tés d’interruption et d’intervention macroé­co­no­mique de la gauche dans l’ensemble des éco­no­mies capi­ta­listes avan­cées, il nous semble impor­tant de sou­li­gner qu’une ten­sion poli­tique interne au modèle social-démo­crate (que Robert Brenner a nommé le para­doxe de la social-démo­cra­tie) doit éga­le­ment être prise en compte[6]. Ce para­doxe prend selon Brenner la forme sui­vante : d’une part, les orga­ni­sa­tions sociales-démo­crates – à la fois par­ti­sanes, civiles et syn­di­cales – ne par­viennent véri­ta­ble­ment à se déve­lop­per et à gagner en puis­sance qu’à partir des luttes et des actions directes de masse menées par les mou­ve­ments de gauche. Mais, d’autre part, dès qu’elles s’établissent plus fer­me­ment dans le champ poli­tique offi­ciel, ces mêmes orga­ni­sa­tions recherchent l’acquiescement impli­cite du capi­tal, ce qui implique entre autres de décou­ra­ger et par­fois même de répri­mer les ini­tia­tives extra-par­le­men­taires de la gauche.

Le cœur du para­doxe de la social-démo­cra­tie se situe donc dans la neu­tra­li­sa­tion par les diri­geants sociaux-démo­crates des condi­tions mêmes de leur exis­tence, en l’occurrence les actions directes de masse, tant sur les lieux de tra­vail que dans les quar­tiers. Si les ten­sions qui accom­pagnent ce para­doxe sont moins vives dans les phases d’expansion éco­no­mique puisque les employeurs pré­fèrent alors céder quelques conces­sions plutôt que de ralen­tir la pro­duc­tion et l’obtention poten­tielle de pro­fits, les périodes de stag­na­tion sont mar­quées par d’importantes offen­sives patro­nales visant à faire pres­sion à la baisse sur les salaires et les condi­tions de tra­vail, ce qui oblige les orga­ni­sa­tions sociales-démo­crates à choi­sir entre la sta­bi­li­sa­tion des pro­fits et l’appui aux acti­vi­tés d’interruption défen­sives menées par la base mili­tante. Les orga­ni­sa­tions sociales-démo­crates ne peuvent en fait éviter ce dilemme qu’en comp­tant sur le main­tien indé­fini des forts taux de crois­sance qui ont carac­té­risé l’expansion d’après-guerre, mais le ralen­tis­se­ment dras­tique de la crois­sance éco­no­mique et le pas­sage des stag­na­tions cycliques à la stag­na­tion sécu­laire sapent dura­ble­ment cette pos­si­bi­lité, menant ainsi à une aggra­va­tion des ten­sions poli­tiques entre la repro­duc­tion sociale key­né­sienne et les mobi­li­sa­tions extra-par­le­men­taires.

En défi­ni­tive, la double impasse évo­quée par Brenner semble bien être due à la divi­sion de plus en plus mar­quée, au sein des forces de gauche, entre d’un côté des for­ma­tions par­ti­sanes qui pro­meuvent un nou­veau contrat social sans dis­po­ser des assises poli­tiques et ins­ti­tu­tion­nelles qui leur per­met­traient de mettre en œuvre leur pro­gramme, et de l’autre côté une aug­men­ta­tion du nombre d’événements pro­tes­ta­taires qui peinent à avoir un impact durable ou à trans­for­mer les rap­ports de pou­voir en leur faveur. Les débats sur la relance de la gauche doivent sans doute prendre en compte cette divi­sion crois­sante et réflé­chir acti­ve­ment aux manières d’y remé­dier.

De cette ana­lyse émergent plu­sieurs ques­tions : sur quelles bases une inter­ac­tion plus féconde entre la repro­duc­tion sociale et l’interruption pour­rait-elle se déve­lop­per dans les orga­ni­sa­tions pro­gres­sistes contem­po­raines ? Quels objec­tifs la gauche devrait-elle se fixer, au-delà de la défense des acquis asso­ciés au modèle social-démo­crate ?

Pour aller plus loin

Sans appor­ter des solu­tions défi­ni­tives, nous pro­po­sons ici quelques pistes de réflexion sur les voies pos­sibles de déve­lop­pe­ment.

Une prio­rité pour la gauche, aujourd’hui comme hier, est d’encourager la mul­ti­pli­ca­tion des luttes sur les lieux de tra­vail et dans les quar­tiers, puisque ces luttes per­mettent aux indi­vi­dus de lier leurs pro­blèmes per­son­nels à des dyna­miques sociales plus larges et d’aspirer à des solu­tions col­lec­tives, tout en encou­ra­geant le déve­lop­pe­ment de soli­da­ri­tés durables entre les indi­vi­dus enga­gés dans la défense de leurs droits et l’obtention de meilleures condi­tions de tra­vail et de vie. Le déve­lop­pe­ment d’organisations et de pro­grammes poli­tiques sur la base de ces luttes – et dans un dia­logue sou­tenu avec ces mêmes luttes – consti­tue une autre dimen­sion cen­trale du tra­vail de la gauche dans les années à venir[7].

Identifier les sec­teurs et les lieux dans les­quels la capa­cité d’interruption de la gauche est la plus forte à l’heure actuelle mérite éga­le­ment une atten­tion par­ti­cu­lière. Sur le ter­rain des rela­tions de tra­vail, les sec­teurs de la santé (infir­mières et infir­miers, pré­posé-e-s aux béné­fi­ciaires, ambu­lan­ciers et ambu­lan­cières, etc.) et de la logis­tique (trans­port, entre­pôts, etc.) ont été ciblés comme des sec­teurs qui peuvent per­tur­ber signi­fi­ca­ti­ve­ment le cours habi­tuel des choses, tout en atti­rant la sym­pa­thie du public avec une cam­pagne de mobi­li­sa­tion effi­cace[8].

Si les avan­cées syn­di­cales dans les entre­prises conven­tion­nelles demeurent impor­tantes, le déve­lop­pe­ment d’entreprises fonc­tion­nant sur une base coopé­ra­tive est un front essen­tiel à inves­tir, puisque ces der­nières ont le poten­tiel d’offrir une expé­rience de tra­vail démo­cra­tique et pour­raient même en venir à sou­te­nir syn­di­cats, partis et mou­ve­ments sociaux dans leurs luttes res­pec­tives, en ser­vant de base d’accumulation éco­no­mique alter­na­tive qui rédui­rait la menace que les lock-out, les délo­ca­li­sa­tions et autres moyens d’interruption à la dis­po­si­tion des capi­ta­listes font peser sur les dif­fé­rentes ini­tia­tives de gauche[9].

La réflexion sur l’avenir de la gauche ne peut pas se concen­trer exclu­si­ve­ment sur les enjeux de redis­tri­bu­tion maté­rielle, mais doit aussi prendre en compte les luttes contre la subor­di­na­tion cultu­relle, en défen­dant notam­ment le droit à la dif­fé­rence. Parvenir à des conver­gences théo­riques et pra­tiques afin de contrer ces deux formes d’injustice – inéga­li­tés socioé­co­no­miques et absence de recon­nais­sance ou de res­pect – est un objec­tif pri­mor­dial pour la gauche[10].

Les notions de diver­sité et de vivre-ensemble ne peuvent être réduites à des caté­go­ries mobi­li­sées par les gou­ver­ne­ments sui­vant les cycles élec­to­raux, mais doivent plutôt s’incarner dans des col­la­bo­ra­tions concrètes per­mises par les luttes sur les lieux de tra­vail et de rési­dence, ainsi que les dif­fé­rentes acti­vi­tés qui contri­buent à la repro­duc­tion du tissu asso­cia­tif et com­mu­nau­taire dans un milieu donné. C’est la somme des inter­ac­tions entre membres de diverses ori­gines et com­mu­nau­tés, notam­ment dans des contextes de mobi­li­sa­tion poli­tique, qui permet le déve­lop­pe­ment d’un mul­ti­cul­tu­ra­lisme par le bas, entendu comme une forme de soli­da­rité élar­gie qui com­bine, au niveau des dis­cours et des pra­tiques, la lutte contre les inéga­li­tés de genre, de race et de classe[11].

Les stra­té­gies de la gauche res­tent majo­ri­tai­re­ment condi­tion­nées par l’idée d’une crois­sance éco­no­mique conti­nue, ce qui appa­raît comme une posi­tion de moins en moins tenable face aux crises cli­ma­tique et envi­ron­ne­men­tale en cours. Une réflexion large sur les ins­ti­tu­tions et les pra­tiques per­met­tant d’harmoniser la repro­duc­tion sociale et la décrois­sance pros­père mérite d’être débat­tue par les mou­ve­ments et orga­ni­sa­tions pro­gres­sistes. L’occupation des ter­rains et le blo­cage des pro­jets d’exploitation et de trans­port des hydro­car­bures res­te­ront sans doute une forme d’interruption impor­tante pour les mobi­li­sa­tions éco­lo­gistes à venir, les luttes des peuples autoch­tones ayant beau­coup à nous apprendre sur ces ques­tions[12].

La liste ci-haut n’est pas exhaus­tive, et ne pourra être déve­lop­pée et appro­fon­die que par un échange constant entre les mobi­li­sa­tions poli­tiques et l’élaboration théo­rique. Notre article se pro­po­sait d’étudier l’évolution récente de la gauche à partir des concepts de repro­duc­tion sociale et d’interruption, en espé­rant que ce pre­mier tra­vail d’analyse sera com­plé­menté par des pro­po­si­tions, des contre-pro­po­si­tions et des débats sti­mu­lants dans les temps à venir.

Auteurs : Emanuel Guay et Alessandro Drago[1]

Respectivement doc­to­rant en socio­lo­gie à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université McGill


  1. Merci à Charles Guay-Boutet et à Audrey Laurin-Lamothe pour leurs com­men­taires géné­reux sur des ver­sions anté­rieures de cet article, son contenu final n’engageant tou­te­fois que les auteurs.
  2. Robert Brenner, « Introducing Catalyst », Catalyst, vol. 1, n° 1, 2017, p. 20-25.
  3. Nancy MacLean, Behind the Mask of Chivalry. The Making of the Second Ku Klux Klan, New York, Oxford University Press, 1995.
  4. Diane Elson, « The eco­no­mic, the poli­ti­cal and the domes­tic : busi­nesses, states and hou­se­holds in the orga­ni­za­tion of pro­duc­tion », New Political Economy, vol. 3, n° 2, 1998, p. 189-208.
  5. Beverly J. Silver, Forces of Labor. Workers’ Movements and Globalization since 1870, New York, Cambridge University Press, 2003.
  6. Robert Brenner, « The para­dox of social demo­cracy. The ame­ri­can case » dans Mike David, Fred Pfeil et Michael Sprinker, The Year Left. An American Socialist Yearbook, vol. 1, New York, Verso, 1985, p. 36-39.
  7. Jane McAlevey, No short­cuts. Organizing for Power in the New Gilded Age, New York, Oxford University Press, 2016.
  8. Kim Moody et Charles Post, « The poli­tics of US labour. Paralysis and pos­si­bi­li­ties », Socialist Register, vol. 51, 2014, p. 309-311.
  9. Richard D Wolff, Democracy at Work. A Cure for Capitalism, Chicago, Haymarket Books, 2012.
  10. Nancy Fraser, « From redis­tri­bu­tion to recog­ni­tion ? Dilemmas of jus­tice in a “post-socia­list” age », New Left Review, vol. 1, n° 212, 1995.
  11. Himani Bannerji, The Dark Side of the Nation. Essays on Multiculturalism, Nationalism and Gender, Toronto, Canadian Scholar’s Press, 2000.
  12. Marie-Josée Béliveau, « Autochtones et envi­ron­ne­men­ta­listes : unis contre les sables bitu­mi­neux », Nouveaux Cahiers du socia­lisme, n° 18, 2017.

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