Pierre-beaudet

Article 1
Relire la révolution russe
1917-2017 : Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­tique en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­tique est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peuples « bar­bares ». Depuis, la situa­tion a quelque peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­laires des 15 der­nières années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en dégagent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nistes ?


En 1917, les grandes puis­sances se dressent les unes contre les autres dans une foire d’empoigne inter impé­ria­liste. Dans les tran­chées, c’est une véri­table bou­che­rie où coulent des flots de sang pro­lé­taire et popu­laire écla­bous­sant un corps social pour­ris­sant. Pourtant presque par­tout, l’opinion popu­laire est pro guerre, empor­tée par une fer­veur natio­na­liste mani­pu­lée par la droite et l’extrême droit. Pire encore, ce patrio­tisme mal placé est endossé par les prin­ci­paux mou­ve­ments socia­listes. Certes, il y a des excep­tions : ici et là, des mou­ve­ments, des intel­lec­tuels, quelques partis de gauche, rechignent, mais sans grand impact. Sauf en Russie.

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¡Hasta siempre Comandante !
samedi 26 novembre 2016
Conjonctures et actualités

fidel-castroLes pro­chaines géné­ra­tions se sou­vien­dront long­temps de Fidel Castro et de sa révo­lu­tion impro­bable. En 1959 avec une poi­gnée de gué­rillé­ros et une orga­ni­sa­tion fan­to­ma­tique, il s’empare du pou­voir détenu par quelques voyous et mafio­sos. Au début, les États-Unis hésitent, mais rapi­de­ment, le conflit éclate, notam­ment lorsque le nou­veau gou­ver­ne­ment décide de redis­tri­buer les terres qui appar­tiennent à la puis­sante United Fruit. Dès 1960, une guerre invi­sible com­mence avec les mul­tiples ten­ta­tives de la CIA d’assassiner Castro. En 1961, une ten­ta­tive d’invasion menée par des mer­ce­naires cubains à la solde des États-Unis se ter­mine par un lamen­table échec. En 1962, le monde passe à un cheveu de la guerre nucléaire quand les États-Unis décident d’empêcher l’installation de mis­siles sovié­tiques à Cuba.

Castro tient le coup parce qu’essentiellement, il a l’appui de la popu­la­tion. D’une part, il rompt avec la cor­rup­tion géné­ra­li­sée et l’insolence des riches qui avaient trans­formé ce pays en une sorte de bordel déli­rant des États-Unis. D’autre part, le nou­veau régime, certes peu démo­cra­tique, a l’immense qua­lité de répondre aux besoins du peuple, ce qui place Cuba bien en avant des pays d’Amérique latine au niveau des poli­tiques sociales et de l’intégration socio-éco­no­mique des couches mar­gi­na­li­sées (notam­ment des Afro-Cubains). Cuba devient le cham­pion dans plu­sieurs domaines (santé mater­nelle et infan­tile, alpha­bé­ti­sa­tion et sco­la­ri­sa­tion, etc.)

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La gauche et la question nationale
Le Parti socialiste du Québec et la question nationale
Le rendez-vous manqué
vendredi 28 octobre 2016
Conjonctures et actualités

En 1963, une for­ma­tion poli­tique voit le jour au Québec pour mettre de l’avant un projet socia­liste. Avec des syn­di­ca­listes et des intel­lec­tuels, le Parti socia­liste du Québec (PSQ) s’inscrit dans cette gauche « émer­gente » qui se déve­loppe dans le contexte d’une révo­lu­tion pas-si-tran­quille qui tra­verse le Québec. Au départ pro­met­teur, le projet s’étiole jusqu’à sa dis­pa­ri­tion dans l’indifférence géné­rale en 1968. L’intention de cet essai n’est pas de faire une his­toire « défi­ni­tive » du PSQ, mais d’explorer à partir de cette expé­rience his­to­rique les débats qui se sont concen­trés sur la ques­tion natio­nale. Un tableau synop­tique sur l’histoire du PSQ se retrouve à la fin du texte.

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Le Forum social mondial après Montréal
samedi 17 septembre 2016
Conjonctures et actualités

FSM 2016 sigleLe Forum social mon­dial s’est ter­miné à Montréal le 13 août der­nier après quatre jours de déli­bé­ra­tions et de ren­contres. Le bilan est en train de se faire. Et il faut en dis­cu­ter ample­ment, car ce FSM appar­tient à un grand « nous » qui inclut les mou­ve­ments popu­laires de plu­sieurs pays, pas seule­ment au Québec. Il y a cer­tai­ne­ment des aspects posi­tifs qui ont été atteints à Montréal, en même temps que des côtés plus sombres. Cette situa­tion ouvre un débat com­plexe qui s’amorce au FSM où doit se déci­der dans les pro­chains mois com­ment conti­nuer cette grande aven­ture.

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Un certain 11 septembre
jeudi 15 septembre 2016
Conjonctures et actualités


golpe_de_estado_1973Quand arrive cette date fati­dique, je suis, comme plu­sieurs, inter­pellé, choqué, un peu désta­bi­lisé. En 2001, les attaques contre les États-Unis ont lit­té­ra­le­ment créé un « autre monde », marqué par la « guerre sans fin » annon­cée par le pré­sident Bush, dont les consé­quences ne cessent de s’amplifier aujourd’hui, dans une sorte de « crise des crises » qui semble avoir de belles années devant elle.

Mais cette his­toire, qu’il faut mieux com­prendre, tout en com­pa­tis­sant avec les vic­times, ce n’est pas ce dont je veux parler aujourd’hui.

Je pense que la plu­part des lec­teurs de PTAG savent qu’il y a eu un autre 11 sep­tembre, en 1973, aux consé­quences éga­le­ment gra­vis­simes. À Santiago, dans les autres grandes villes chi­liennes, il y a eu un mas­sacre qui a duré pen­dant plu­sieurs mois, voire quelques années. L’armée chi­lienne, avec l’appui des diverses classes domi­nantes, au Chili, aux États-Unis et ailleurs, a éra­di­qué le projet d’un pou­voir popu­laire qui pre­nait forme dans ce pays, porté par un gou­ver­ne­ment pro­gres­siste d’autre part, et par une incroyable mobi­li­sa­tion par en bas d’autre part. À l’époque où le capi­ta­lisme com­men­çait à se mon­dia­li­ser, ce projet était insup­por­table. Il fal­lait le casser, à tout prix et tout de suite. C’est ce que raconte le mer­veilleux docu­men­taire de Patricio Guzman, « La bataille du Chili ». C’est un témoi­gnage incroyable, que vous pouvez regar­der tran­quille­ment chez vous, car il est, inté­gra­le­ment, sur Youtube.

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Visas refusés
Mon ami Refaat ne viendra pas au Forum
FSM de Montréal
dimanche 7 août 2016
Conjonctures et actualités

Refaat_SabbahC’était à la fin des années 1980. L’Intifada, le sou­lè­ve­ment pales­ti­nien non armé, bat­tait son plein. Les jeunes affluaient par mil­liers dans les rues pour affron­ter les sol­dats de l’occupation qui avaient reçu l’ordre de « casser des bras », selon l’expression du pre­mier ministre israé­lien de l’époque. Dans les vil­lages, les quar­tiers, par­tout, la popu­la­tion pales­ti­nienne, de tous les âges, met­tait en place une sorte d’administration paral­lèle.

Refaat Sabbah venait de Burkin, un petit vil­lage du nord de la Cisjordanie occu­pée, alors en rébel­lion ouverte contre l’occupation. Pendant de longs mois, Refaat avait été détenu, sans procès ni accu­sa­tion (la « déten­tion admi­nis­tra­tive »). Finalement, lorsque je l’ai connu, il venait de ter­mi­ner ses études et de com­men­cer à exer­cer sa pro­fes­sion d’enseignant à Ramallah.

Être ensei­gnant en Palestine, c’est un hon­neur, un défi et une mis­sion. Dans les écoles sur­peu­plées, les jeunes sont sur­vol­tés. En même temps, l’éducation est le bien le plus pré­cieux où enfants, ensei­gnants et parents s’acharnent, sou­vent dans des condi­tions très dif­fi­ciles, à faire fonc­tion­ner les écoles. Refaat com­pre­nait qu’il fal­lait non seule­ment gérer ce chaos per­ma­nent, mais aussi remettre en ques­tion les manières de faire et un cer­tain auto­ri­ta­risme hérité des admi­nis­tra­tions pré­co­lo­niales. C’est ainsi que Paulo Freire s’est infil­tré en Palestine grâce au tra­vail du col­lec­tif mis en place par Refaat, le Teacher Creativity Center (TCC). C’était un combat acharné à la fois contre les méca­nismes de l’occupation et contre une partie de la société et du lea­der­ship pales­ti­nien conser­va­teur.

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En avant vers le Forum social mondial
FSM 2016 – Dans quelques jours…
samedi 30 juillet 2016
Conjonctures et actualités

30FSM 2016 sigleIl y a des occa­sions dans notre courte vie de papillon qu’il ne faut pas man­quer. Ce n’est pas tou­jours ce à quoi on s’attend. On peut être sur­pris ou même déçu par rap­port à ce qu’on espé­rait au départ. Mais au bout de la ligne, on se dit, « une chance que j’étais là »…

Depuis 2001, le Forum social mon­dial a navi­gué d’un bout à l’autre du monde. Il a été asso­cié pen­dant long­temps à l’essor des mou­ve­ments popu­laires et des gou­ver­ne­ments pro­gres­sistes en Amérique latine, d’où le fait qu’il a eu lieu plu­sieurs fois au Brésil. Il s’est déplacé en Asie, en Afrique et ailleurs dans le monde, sou­vent dans des condi­tions dif­fi­ciles. Il y a eu des forums, ima­gi­nez-vous, à Bagdad, Istanbul, Karachi, Mumbai, Ramallah, Gaza, Tunis, dans ce vaste « arc des crises » où se jouent d’interminables tra­gé­dies. Le Forum s’est éga­le­ment pro­mené aux États-Unis, dans plu­sieurs villes euro­péennes où on a appris à mieux se connaître, à se soli­da­ri­ser, à fêter aussi.

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En marche vers le Forum social mondial
La deuxième vie du FSM
Enjeux du FSM de Montréal
vendredi 27 mai 2016
Conjonctures et actualités

FSM 2016 sigleCe Forum mon­dial, vous vous en sou­vien­drez, est né au Brésil en 2001. À l’époque, la vague de chan­ge­ment en menait large en Amérique du Sud. Des mou­ve­ments comme le MST (Brésil), les Piqueteros (Argentine), les comi­tés popu­laires (Bolivie) met­taient les domi­nants en péril. Parallèlement, des gou­ver­ne­ments pro­gres­sistes étaient élus dans plu­sieurs pays. En Europe, c’était la belle époque d’Attac, du réfé­ren­dum contre le traité euro­péen en France (gagné par les mou­ve­ments). Il y avait aussi l’essor d’un nouvel inter­na­tio­na­lisme, comme le démon­trait avec éclat le splen­dide Sommet des peuples des Amériques, à Québec en avril 2001. Et c’est là-dessus donc que le FSM a « surfé » pen­dant plu­sieurs années sous l’impulsion des réseaux lati­nos avec la par­ti­ci­pa­tion de plu­sieurs autres, dont le réseau qué­bé­cois qui a pris une place plus qu’honorable dans le pro­ces­sus.

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En marche vers le Forum social mondial
Plus que la moitié du monde
samedi 14 mai 2016
Université populaire 2016

FSM 2016 sigleIl y a déjà de cela plu­sieurs décen­nies, la nou­velle géné­ra­tion fémi­niste était montée à l’assaut du ciel, non seule­ment pour confron­ter le capi­ta­lisme patriar­cal, mais aussi pour dépous­sié­rer les mou­ve­ments de gauche qui pen­saient encore que la lutte des femmes, c’était un « front secon­daire ». Cela fait presque drôle aujourd’hui, mais il a fallu des luttes et des luttes pour faire en sorte que les mou­ve­ments popu­laires et les partis pro­gres­sistes se « déniaisent » et portent la ques­tion de l’égalité au pre­mier plan. Cette trans­for­ma­tion a été bien sûr ini­tiée et conso­li­dée par de for­mi­dables mou­ve­ments comme la Fédération des femmes du Québec qui a réussi, en plus d’organiser des résis­tances immenses devant les assauts contre les droits des femmes, à « infil­trer » la conscience fémi­niste au sein des syn­di­cats, des groupes popu­laires et de tout le monde. Aujourd’hui, Québec soli­daire par exemple se défi­nit comme une orga­ni­sa­tion fémi­niste.

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