Pierre-beaudet

Perspectives
L’État n’est pas un bloc monolithique, mais un champ stratégique
vendredi 16 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Introduction

Dans le numéro pré­cé­dent des NCS, l’histoire com­plexe de la « ren­contre » entre démo­cra­tie et socia­lisme a été abor­dée. Évidemment, cette ques­tion ne date pas d’hier ! La démo­cra­tie arra­chée par les révo­lu­tions bour­geoises euro­péennes a été un avan­ce­ment pour les classes popu­laires. Peu à peu, l’espace des droits s’est élargi, y com­pris le droit d’association et de parole. Après maintes luttes, le droit de vote a été concédé à tous les hommes citoyens et, beau­coup plus tard, aux femmes. Dans le mou­ve­ment de déco­lo­ni­sa­tion, des peuples se sont libé­rés. Des acquis sociaux, notam­ment l’accès aux ser­vices publics, à la santé, à l’éducation, ont été gagnés, tou­jours après de longues luttes. Tout cela n’est pas rien.

Lire la suite...
Perspectives
La révolution soviétique : 100 ans plus tard
jeudi 15 février 2018
No. 18 - Automne 2017
Pierre Beaudet

Pierre Beaudet

En février 1917, une révo­lu­tion éclate à Petrograd et à Moscou. Un régime d’une dureté abso­lue, qui dure depuis 300 ans, tombe comme un châ­teau de cartes. Les révo­lu­tion­naires russes, qui luttent dans des condi­tions extrê­me­ment dif­fi­ciles, sont sur­pris comme tout le monde. La Russie et une grande partie du monde bas­culent alors dans une ère nou­velle.

Lire la suite...
Idle No More : un mouvement non-mouvement
Entrevue avec Melissa Mollen Dupuis
mardi 24 octobre 2017
No. 18 - Automne 2017

Melissa Mollen Dupuis est Innue, ori­gi­naire d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord. Depuis main­te­nant plus de 10 ans, elle est impli­quée dans de mul­tiples ini­tia­tives com­mu­nau­taires et cultu­relles, dont le fameux Wapikoni Mobile, au point où son nom et son visage sont main­te­nant connus par des tas de gens. Avec Idle No More où Melissa est impli­quée, c’est un tour­nant pour les résis­tances et les reven­di­ca­tions autoch­tones. Comment cela s’est-il mis en place ? Quels ont été les résul­tats ? Quelles sont les pers­pec­tives ?

Lire la suite...
article 23
Victor Serge vit
samedi 7 octobre 2017
La révolution d'octobre 1917

Pourquoi un obscur écri­vain à la natio­na­lité dou­teuse et mort dans la plus totale indif­fé­rence à Mexico il y a 60 ans devrait-il vous inté­res­ser ? En tout cas, le pari est que vous lirez Serge bien­tôt, puisque l’un de ses prin­ci­paux romans, « L’affaire Toulaév», vient d’être réédité par Lux Éditeur qui devrait aussi, à l’automne pro­chain, repu­blier son auto­bio­gra­phie, « Mémoires d’un révo­lu­tion­naire ».

Lire la suite...
article 22
1917, c’était la révolution
jeudi 5 octobre 2017
La révolution d'octobre 1917

En février 1917, des mil­liers, puis des cen­taines de mil­liers de tra­vailleurs, en fait sur­tout, de tra­vailleuses, para­lysent les grands centres de la Russie. Devant les sol­dats venus les chas­ser, les mères et les grand-mères demandent la fin de l’horrible bou­che­rie qui s’appelle la Première Guerre mon­diale, du pain et aussi, la liberté, contre un régime dic­ta­to­rial qui dure depuis plus de 300 ans. Les sol­dats refusent de tirer dans le tas et bien­tôt, c’est la fin d’un régime. Après cet immense coup de ton­nerre, les pay­sans n’attendent per­sonne pour s’emparer des terres. Les ouvriers prennent les usines déser­tées par les patrons. Les sol­dats aban­donnent les tran­chées et reviennent à la maison avec leurs armes. C’est une immense fête de la liberté, mais aussi un grand chaos.

Lire la suite...
Directement de Palestine
Un point tournant pour la Palestine et Israël
lundi 24 juillet 2017
Conjonctures et actualités

Depuis quelques jours dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occu­pés depuis 1967, j’observe à Jérusalem et Ramallah les affron­te­ments qui n’ont cessé depuis ven­dredi et qui ont fait plus de 450 bles­sés du côté pales­ti­nien, de même que 6 morts dont trois tués israé­liens. La plu­part des bles­sés sont de Jérusalem et de Ramallah (au nord de la ville), dont une qua­ran­taine ont été atteints par balle. Dans ces deux villes et dans d’autres endroits en Palestine, entre 75 000 et 150 000 per­sonnes ont été pré­sentes. Dans la vieille ville de Jérusalem et notam­ment autour de l’esplanade des mos­quées (al-Ḥaram aš-Šarīf), des dizaines de mil­liers de Palestiniens se retrouvent jour et nuit pour mani­fes­ter et prier. Cette espla­nade consti­tue l’un des plus impor­tants lieux saints pour les musul­mans dans le monde, ainsi que le joyau archi­tec­tu­ral de la vieille ville de Jérusalem. Depuis l’occupation israé­lienne de 1967, malgré les réso­lu­tions de l’ONU, Israël a refusé d’évacuer Jérusalem-Est où résident plus de 300 000 Palestiniens et l’a déclaré « capi­tale éter­nelle et indi­vi­sible d’Israël ».

Lire la suite...
Article 11
Lénine et l’essor des mouvements de libération nationale
Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie
mercredi 29 mars 2017
La révolution d'octobre 1917

Un dia­logue dif­fi­cile dès l’origine

Au moment de son avè­ne­ment, le socia­lisme euro­péen s’inscrit dans les grandes luttes démo­cra­tiques et sociales euro­péennes. Pour Marx, le capi­ta­lisme est à la fois l’obstacle que doivent sur­mon­ter les mou­ve­ments socia­listes et la matrice d’une réor­ga­ni­sa­tion fon­da­men­tale de la société. Marx pense que le capi­ta­lisme est « révo­lu­tion­naire » parce qu’il confronte l’ordre ancien (le féo­da­lisme), mais aussi parce que, par nature, il bous­cule les rap­ports sociaux(1). D’autre part il crée ses propres fos­soyeurs, les pro­lé­taires modernes, qui vont mettre fin à l’accumulation du capi­tal et même à l’État. Cette vision opti­miste de Marx ins­pi­rée en partie d’Hegel fait en sorte que la marche de l’histoire se joue en Europe dans les pays indus­tria­li­sés, alors qu’ailleurs, les peuples sont essen­tiel­le­ment des spec­ta­teurs. Plus encore, le capi­ta­lisme euro­péen de par ses pous­sées impé­ria­listes ouvre la voie. En Inde notam­ment, au-delà des pré­da­tions et des mas­sacres, le colo­nia­lisme bri­tan­nique, estime Marx, impose des trans­for­ma­tions néces­saires.

Lire la suite...
Article 1
Relire la révolution russe
1917-2017 : Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­tique en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­tique est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peuples « bar­bares ». Depuis, la situa­tion a quelque peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­laires des 15 der­nières années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en dégagent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nistes ?


En 1917, les grandes puis­sances se dressent les unes contre les autres dans une foire d’empoigne inter impé­ria­liste. Dans les tran­chées, c’est une véri­table bou­che­rie où coulent des flots de sang pro­lé­taire et popu­laire écla­bous­sant un corps social pour­ris­sant. Pourtant presque par­tout, l’opinion popu­laire est pro guerre, empor­tée par une fer­veur natio­na­liste mani­pu­lée par la droite et l’extrême droit. Pire encore, ce patrio­tisme mal placé est endossé par les prin­ci­paux mou­ve­ments socia­listes. Certes, il y a des excep­tions : ici et là, des mou­ve­ments, des intel­lec­tuels, quelques partis de gauche, rechignent, mais sans grand impact. Sauf en Russie.

Lire la suite...
¡Hasta siempre Comandante !
samedi 26 novembre 2016
Conjonctures et actualités

fidel-castroLes pro­chaines géné­ra­tions se sou­vien­dront long­temps de Fidel Castro et de sa révo­lu­tion impro­bable. En 1959 avec une poi­gnée de gué­rillé­ros et une orga­ni­sa­tion fan­to­ma­tique, il s’empare du pou­voir détenu par quelques voyous et mafio­sos. Au début, les États-Unis hésitent, mais rapi­de­ment, le conflit éclate, notam­ment lorsque le nou­veau gou­ver­ne­ment décide de redis­tri­buer les terres qui appar­tiennent à la puis­sante United Fruit. Dès 1960, une guerre invi­sible com­mence avec les mul­tiples ten­ta­tives de la CIA d’assassiner Castro. En 1961, une ten­ta­tive d’invasion menée par des mer­ce­naires cubains à la solde des États-Unis se ter­mine par un lamen­table échec. En 1962, le monde passe à un cheveu de la guerre nucléaire quand les États-Unis décident d’empêcher l’installation de mis­siles sovié­tiques à Cuba.

Castro tient le coup parce qu’essentiellement, il a l’appui de la popu­la­tion. D’une part, il rompt avec la cor­rup­tion géné­ra­li­sée et l’insolence des riches qui avaient trans­formé ce pays en une sorte de bordel déli­rant des États-Unis. D’autre part, le nou­veau régime, certes peu démo­cra­tique, a l’immense qua­lité de répondre aux besoins du peuple, ce qui place Cuba bien en avant des pays d’Amérique latine au niveau des poli­tiques sociales et de l’intégration socio-éco­no­mique des couches mar­gi­na­li­sées (notam­ment des Afro-Cubains). Cuba devient le cham­pion dans plu­sieurs domaines (santé mater­nelle et infan­tile, alpha­bé­ti­sa­tion et sco­la­ri­sa­tion, etc.)

Lire la suite...