De Bangkok à Copenhague

Le débat essentiel concernait le Protocol de Kyoto avec l’accord de l’Union Européenne de fusionner les deux négociations, le Protocol de Kyoto et la Convention à Longue Terme, (Issue de Rio en ‘92 avec tous les pays, y compris ceux qui, tel les États Unis n’ont pas signé le Protocol de Kyoto). Le groupe des 77 + la Chine qui représente tous les pays en voie de développement a protesté contre une proposition qui aurait comme conséquence d’abolir la différence des responsabilités entre les pays développés (Annexe 1 du Protocol de Kyoto) et les pays en voie de développement, ainsi que d’abolir toute forme de contrainte pour les pays développés. Le résultat le plus probable de Copenhague est qu’il n’en sortira pas de Traité, mais une déclaration politique qui donne un mandat à négocier à L’UNFCCC sur trois points clés :

  • un cible clair et ambitieux pour les pays listés dans l’Annexe I,
  • un engagement des économies principales des pays en voie de développement d’en finir avec l’augmentation des émissions de leurs gaz a effet de serre,
  • un mécanisme “acceptable” pour redistribuer et transférer des fonds vers les pays les plus pauvres pour atténuer les effets et s’adapter. Au sein de l’UNFCCC différents acteurs qui représentent la “société civile” sont reconnus comme partie prenant de la discussion, malgré le fait que la signature finale appartient aux États : CAN (l’ONG la plus importante qui travaille sur les questions environnementales), l’Assemblée des Peuples Indigènes( CAUCUS) ; le CIS (les syndicats principaux), le Mouvement des Femmes, le BNGO (les grandes entreprises), les autorités locales et CJN ! (Climate Justice Now ! avec “les Amis de la Terre, La Via Campesina, Jubilée South, Focus on the Global South, ATTAC, etc.

Ces groupes ont des préoccupations différentes et tentent d’effectuer du lobbying ou de travailler avec les états ou groupes d’états afin de faire avancer leurs préoccupations dans la discussion. En tant qu’ATTAC nous devons définir une stratégie concernant les questions clés que nous souhaitons défendre au sein de ce processus, par ticulièrement en lien avec nos allies de CJN !

ATTAC France a proposé de focaliser sur trois questions, sachant que la question très importante de la réduction sera défendue par un grand groupe d’acteurs, l’Assemblée des Peuples Indigènes, RAC, etc.

  1. La reconnaissance de la responsabilité spécifique des pays développés, qui tient compte de toute la question de la dette écologique, le transfert de technologie (en tant que “bien commun” au lieu des droits de propriété intellectuelle) ainsi que les fonds pour la réduction et la compensation
  2. le rejet de compensation CDM et tous les marchés de gaz à effet de serre. À cet égard, CJN est le seul groupe dont la position est claire
  3. de sortir la Banque Mondiale et le FMI des mécanismes de répartition des fonds

En dehors de la réunion de l’UNFCCC à Bangkok, Climate Justice Now ! a tenu une réunion sur la stratégie avec des par ticipants venant de 30 pays (Argentine, Australie, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Canada, Chine, Danemark, Équateur, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Corée, Liban, Mexique, Népal, Pakistan, Philippines, Salvador, Thaïlande, Togo, Royaume Uni, Etats Unis).

Les délégations les plus importantes venaient de l’Inde, d’Indonésie, des Philippines, de la Thaïlande et des Etats Unis. En termes de réseaux, il y avait une forte présence des Amis de la Terre, de La Via Campesina, de Focus on the Global South. ATTAC était représentée par un groupe de France, du Japon et du Togo. Ce séminaire était d’une grande utilité, puisque la majorité des participants faisait partie des Mouvements Sociaux ou “Justice Mondiale”, et qu’ils étaient réellement engagés dans l’idée de créer un pont entre les questions environnementales et celles de la justice. C2 la ressemblait un peu à la fin des années ‘90, quand les Mouvements sociaux s’engageaient dans le champ de la critique de la mondialisation, champ jusqu’alors occupé par certaines ONGs (Jubilée 2000 etc…)

Les décisions : principales pour Copenhague étaient :

  1. de proposer aux Mouvements Sociaux, Klimaforum, (Climate Justice Action) etc de créer un seul bloc pour la manifestation importante du 12 décembre sous le slogan “changement de système et non pas de climat”
  2. d’organiser un débat important le 13 décembre au sein du Klimaforum sur “qu’est ce que Justice Climatique Maintenant (Climate Justice Now) et qu’allons nous faire maintenant”
  3. de participer dans diverses actions non-violentes organisées lors de COP15 et de organiser ”Reclaim the Power” (Réapproprions le Pouvoir) avec JCM le 16 décembre
  4. de soutenir le tribunal des peuples sur la dette climatique.

Copenhague, préparer la mobilisation

Le 16 – 17 – et 18 Octobre plusieurs réunions internationales étaient organisées à Copenhague.

La première était une réunion CJA ; il s’agit du réseau qui a déjà organisé plusieurs réunions internationales pour COP15 (http://www.climate-justice-action. org / http://www.climate-justice-action.org/) et qui prévoit plusieurs actions y compris “reclaim Power” qui se tiendra le 16 décembre.

Dans la première lettre ATTAC pour Copenhague, nous avons inclus un rapport de la réunion CJA qui s’est tenue en juin, et qui fournit d’autres informations sur ce réseau. Plusieurs réseaux internationaux étaient présents lors de la réunion de mi-octobre (FOE, Via Campesina, Jubilée South, Focus) avec la présence de différents groupes européens qui provenaient d’Allemagne, des Pays Bas, du Royaume Uni, de la France et d’Italie. Il y avait également différents groupes danois, dont Klimax et Climate Collective (http://www.climatecollective.org/en… http://www.climatecollective. org/en/start/) ; ATTAC France a participé à la réunion. On a discute de beaucoup de questions d’organisation, tout comme d’une question politique qui a été abordé en profondeur : Quoi faire pendant le “Reclaim Power” du 16 décembre.

L’idée est de créer un bloc non-violent qui va avancer jusqu’au périmètre de la Zone de Conférence et d’y tenir un rassemblement de personnes et de militants qui vont sortir de la Conférence et se joindre a nous, pour créer une “Assemblée des Peuples” pour le jour ou les Chefs d’Etats devront arriver.

Le 18, plusieurs réunions seront organisées avec Klimaforum (http://www.klimaforum09.org / http://www. klimaforum09.org) et les organisateurs de la grande manifestation du 12 décembre (http://www.12dec09. dk/ / http://www.12dec09.dk).

Durant la matinée, une délégation de CJN a rencontré le conseil d’administration de Klimaforum pour discuter des grandes lignes (les missions de Klimaforum et les orientations politiques) ainsi que du processus de la déclaration. Pendant l’après-midi une réunion ouverte s’est tenue afin que les groupes et réseaux participant au processus de préparation puissent prendre connaissance :

  • De l’organisation de la restauration : “climate collective” organise des milliers de repas bon marché (3 euros environ), qui seront accessibles à différents endroits de la ville
  • l’hébergement : il existe différentes solutions, dont certaines pour des personnes qui resteront durant plusieurs jours (des hôtels qui coutent chers, les familles d’accueil pour des représentants de la société civile) et pour des personnes qui comptent s’y rendre uniquement pour le 12 et le 13 (des écoles et centres de sport)
  • Centre Klimaforum : est un centre sportif (très proche de la gare centrale)

Le programme Klimaforum :

  1. différentes réunions se tiendront du 7 au 10, afin de finaliser la déclaration
  2. un forum avec différentes activités tenues sous la responsabilités des diverses organisations
  3. une impor tante réunion ouver te organisée par CJN le 13 après- midi
  4. deux briefings journaliers, l’un à 11h du matin, qui vise la préparation des activités et des actions du jour, l’autre de 19h a 20h, dans le but d’assurer une évaluation conjointe des processus interne (du centre de conférence de l’ONU) et des activités externes
  5. Différentes activités culturelles se tiendront le 12 au soir : concert, théâtre, cinéma etc.

La manifestation du 12 décembre va démarrer devant le Parlement Danois et finira près du centre Bella (ou se tient la Conférence de l’ONU). Trois personnes prendront la parole au début, et 6 à la fin, de la manifestation à Copenhague.

Chritpohe Aguiton

Pour en savoir plus :

* Paru dans le n° 0 du Courrier des Mouvements sociaux.