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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Les sources de la montée de l’extrême droite en ligne
Enjeux nationaux et internationaux
14 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

La pré­sence de l’extrême droite en ligne semble de plus en plus impor­tante. Si on peut se sur­prendre de l’efficacité de la dif­fu­sion contem­po­raine des idées de l’extrême droite sur Internet, cette dif­fu­sion relève pour­tant de stra­té­gies de pro­pa­gande qui ont été mises en place gra­duel­le­ment au fil des pro­grès tech­no­lo­giques. De plus, la « culture Internet » semble avoir contri­bué signi­fi­ca­ti­ve­ment à accroître la visi­bi­lité de l’extrême droite en ligne. Cette culture, à la fois mode­lée par les uto­pies futu­ristes d’un cybe­res­pace liber­taire et par une sous-culture éli­tiste du trol­ling[1], s’est avérée un ter­reau fer­tile pour la droite radi­cale. Son influence est restée sous le radar média­tique jusqu’à ce que la vic­toire de Trump mette à l’avant-plan l’« alt-right[2] » qui doit l’essentiel de son influence à la dyna­mique d’Internet et des médias sociaux et à laquelle on attri­bue par­fois la vic­toire élec­to­rale de Trump.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Comment les néolibéraux ont gagné la bataille des idées… mais l’histoire n’a pas dit son dernier mot
Enjeux nationaux et internationaux
13 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Les mots sont la cui­rasse du pou­voir établi.

Marcuse

Le capi­ta­lisme a besoin d’une solide cui­rasse de mots et d’idées pour se rendre accep­table aux yeux de ceux qui en pâtissent… comme aussi à la conscience de ceux qui en pro­fitent. Cette cui­rasse consiste en un cadre de pensée doté d’une logique interne qui a réponse à tout et qui appa­raît comme rele­vant du bon sens. Le libé­ra­lisme est le nom de cette idéo­lo­gie qui décrit, explique et jus­ti­fie le sys­tème capi­ta­liste. Une idéo­lo­gie très astu­cieuse, car elle joue sur l’idée de liberté, la plus grande des aspi­ra­tions humaines.

Depuis son émer­gence au milieu du XVIIIe siècle, le libé­ra­lisme n’a cessé d’être contesté, mais il a sur­vécu à toutes les batailles, pour s’imposer sur toute la pla­nète, à la fin du XXe siècle, sous sa forme la plus extrême, le néo­li­bé­ra­lisme.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
L’influence politique de la droite chrétienne aux États-Unis et au Canada
Enjeux nationaux et internationaux
12 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

L’impact de la droite chré­tienne s’est récem­ment fait res­sen­tir lors des élec­tions amé­ri­caines en 2016. En effet, le pré­sident Trump a reçu 81 % de ses appuis de la part d’évangéliques « blancs » se disant « nés de nou­veau » (born again), ce qui consti­tue 61 % des 62 mil­lions d’évangéliques aux États-Unis, soit la moitié des per­sonnes qui ont voté lors des der­nières élec­tions pré­si­den­tielles. À deux ans des pro­chaines élec­tions, Trump obte­nait encore ses plus grands appuis de la part de per­sonnes reli­gieuses blanches, soit 69 % des évan­gé­liques, 48 % des per­sonnes des grandes tra­di­tions pro­tes­tantes et 44 % des catho­liques, com­pa­ra­ti­ve­ment à un faible pour­cen­tage de pro­tes­tants noirs (12 %) et de catho­liques non blancs (26 %), selon la firme de son­dage Pew Research[1]. Dès lors, plu­sieurs joueurs poli­tiques asso­ciés à cette droite chré­tienne ont réussi à influen­cer les déci­sions de la Maison-Blanche. Que ce soit l’appui indé­fec­tible à l’État moderne d’Israël par le trans­fert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, la ges­tion de l’immigration à la fron­tière du Mexique et des États-Unis, la dis­cri­mi­na­tion à l’encontre les droits des per­sonnes LGBTQ ou la bataille anti­avor­te­ment qui fait main­te­nant rage dans plu­sieurs États, on retrouve la droite chré­tienne comme archi­tecte de ces poli­tiques et prises de posi­tion. Le poids poli­tique de cette coa­li­tion reli­gieuse s’est aussi mani­festé au Brésil avec l’élection de Jair Bolsonaro, que cer­tains nomment « le messie ». Les son­dages indiquent que 70 % des quelque 56 mil­lions d’évangéliques du Brésil ont voté pour le nou­veau pré­sident[2].

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
La société américaine hantée par le fascisme culturel, religieux et « doux »
Enjeux nationaux et internationaux

État de la situa­tion

L’arrivée au pou­voir de Donald Trump est, pour les États-Unis et pour l’ensemble des socié­tés capi­ta­listes avan­cées, symp­to­ma­tique de la crise et de la fai­blesse de la gou­ver­nance au sein de la classe capi­ta­liste. Cette der­nière ne peut plus répondre aux reven­di­ca­tions des tra­vailleurs et des tra­vailleuses rela­tives aux condi­tions de vie, à l’environnement, à la mili­ta­ri­sa­tion de notre pla­nète et au dépé­ris­se­ment de la démo­cra­tie libé­rale. La colère des classes popu­laires est inti­me­ment liée à la peur d’un avenir incer­tain. Aux États-Unis, cela s’est tra­duit par un res­sen­ti­ment pro­fond envers les élites poli­tiques et une méfiance à l’endroit des ins­ti­tu­tions. Si la Bourse de New York semble en pleine santé, c’est sur­tout au béné­fice de la classe capi­ta­liste et de ses valets au sein de la classe poli­tique. Les faits parlent d’eux-mêmes : baisses d’impôts pour les riches, avan­tages tari­faires pour les com­pa­gnies et socié­tés état­su­niennes et, qui plus est, une Maison-Blanche aux mains des ténors de Wall Street.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
CAQ : quel retour du nationalisme économique ?
Enjeux nationaux et internationaux

Après un peu plus d’un an de gou­ver­ne­ment de la Coalition avenir Québec (CAQ), quel bilan éco­no­mique peut être tracé ? Sommes-nous face à un parti qui pour­suit l’œuvre aus­té­ri­taire de ses devan­ciers libé­raux ? Son ancrage natio­na­liste lui fait-il déve­lop­per une poli­tique éco­no­mique moins béa­te­ment favo­rable au capi­tal inter­na­tio­nal ? Ou sommes-nous en pré­sence d’une sorte d’Action démo­cra­tique du Québec (ADQ) 2.0 ?

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
La guerre culturelle de la Fédération des Québécois de souche et du Council of European Canadians[1]
Enjeux nationaux et internationaux
9 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Le Canada n’échappe pas à la vague de groupes dits d’extrême droite, même s’il est pos­sible de s’interroger sur la force de ce retour[2], d’autant que les groupes dis­pa­raissent au gré des scis­sions internes, comme il semble que ce soit peut-être le cas avec La Meute[3]. Néanmoins, cer­tains demeurent actifs. Même si leurs membres actifs sont peu nom­breux – et il est dif­fi­cile de savoir com­bien les lisent ou les suivent –, en revanche, ils par­viennent à atti­rer l’attention. Dans la nébu­leuse de groupes d’extrême droite, nous avons choisi d’en exa­mi­ner deux en par­ti­cu­lier, soit la Fédération des Québécois de souche (FQS) et le Council of Europeans Canadians (CEC), et ce, pour les rai­sons sui­vantes.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Coalition avenir Québec, des impasses en perspective
Enjeux nationaux et internationaux
8 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Les élec­tions qué­bé­coises de 2018 ont consti­tué un choc pour plu­sieurs. Les partis domi­nants, le Parti qué­bé­cois (PQ) et le Parti libé­ral du Québec (PLQ), sur la scène poli­tique qué­bé­coise depuis des décen­nies, ont été radi­ca­le­ment affai­blis. Ces élec­tions auront sur­tout révélé le carac­tère frag­menté de la société qué­bé­coise qui se tra­duit par des cli­vages inquié­tants tant sur le plan eth­no­cul­tu­rel et géné­ra­tion­nel que sur le plan idéo­lo­gique (l’axe gauche-droite) et régio­nal. Plus de cent cir­cons­crip­tions ont par ailleurs élu une ou un député fédé­ra­liste à l’Assemblée natio­nale alors qu’elles por­taient au pou­voir la Coalition avenir Québec (CAQ), un parti qui se dit à la fois natio­na­liste et fédé­ra­liste.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Le climatoscepticisme sous l’aile de la droite radicale
État des lieux
7 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Dans le meilleur des mondes, on rejet­te­rait le cli­ma­tos­cep­ti­cisme du revers de la main. Nier la science avec autant d’acharnement ne mérite pas tant d’attention. Mais les pro­grès de cette ten­dance dans l’opinion publique ont fait des ravages. Au point de contri­buer à faire élire, dans deux des pays les plus puis­sants du monde, les États-Unis et le Brésil, des cli­ma­tos­cep­tiques notoires, avec un gigan­tesque pou­voir de nui­sance. Nous en res­sen­ti­rons les consé­quences à long terme. Combattre cette ten­dance devient alors un enjeu vital.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Le paradigme populiste – Identité, peuple et représentation
État des lieux
6 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Phénomène récur­rent dans l’histoire du der­nier siècle, le popu­lisme serait-il devenu le para­digme domi­nant au sein des démo­cra­ties libé­rales ? Il serait pour ainsi dire à la fois l’expression d’une crise de la repré­sen­ta­tion et, sur le plan du dis­cours, la réfé­rence arché­ty­pale d’un ensemble de pra­tiques met­tant en jeu le corps du peuple et celui du pou­voir. En science, on dira qu’il y a chan­ge­ment de para­digme (modèle théo­rique, concepts, équa­tion) lorsque se déploient les moyens de contour­ner une ou des ano­ma­lies géné­rant, à terme, le pas­sage à un nou­veau cadre concep­tuel[1]. Or, nous assis­te­rions, du point de vue poli­tique, à l’émergence d’un nou­veau para­digme jus­te­ment au sens où le popu­lisme tend aujourd’hui à s’imposer comme seule langue légi­time de la trans­pa­rence alors que, du point de vue per­for­ma­tif, il s’incarne dans une série d’actions tou­jours mieux assu­mées. Projet de « régé­né­ra­tion » d’une démo­cra­tie confis­quée par les élites autant de gauche que de droite, il se pré­sente aux yeux des sans-voix, des sans-part et des désabusé·e·s, comme un sub­sti­tut uni­fi­ca­teur à un sys­tème qui frag­mente et court-cir­cuite les aspi­ra­tions les plus pro­fondes du peuple. Il est devenu un mode de faire de la poli­tique en rup­ture avec les formes ins­ti­tu­tion­nelles et repré­sen­ta­tives qu’il se charge d’attaquer. Il est en cela, para­doxa­le­ment, consub­stan­tiel à la démo­cra­tie au sens où il se pré­sente comme une réponse déri­vée à l’altération des méca­nismes de délé­ga­tion et du prin­cipe de volonté géné­rale dans un contexte où la démo­cra­tie paraît, plus que jamais, fonc­tion­ner sans démos.

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LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Une résistance émerge face à des élites particulièrement cruelles
État des lieux
5 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Entrevue avec Beverly J. Silver[1]

C.Y. – Avec l’équipe du Global Social Protest Research Group, vous tra­vaillez sur les conflits sociaux et de tra­vailleurs depuis la fin du XIXe siècle. Vos tra­vaux mettent en évi­dence des vagues de conflits à des moments-clés ou des « points tour­nants » de l’histoire de nos socié­tés. Ils révèlent en par­ti­cu­lier une inten­si­fi­ca­tion des conflits depuis la crise de 2008, simi­laire à celle des années 1930 qui était carac­té­ri­sée par une « montée des extrêmes » face à l’intensification de la mar­chan­di­sa­tion. Comment expli­quer le retour de cette utopie du libre-marché qui sévit avec le néo­li­bé­ra­lisme, dont on croyait pour­tant, avec Polanyi, avoir retenu que cela peut mener à une grande catas­trophe comme le nazisme et la Seconde Guerre mon­diale ?

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