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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Libre-échange et néo-néolibéralisme
La crise des crises
8 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il n’y a pas si long­temps, tout était au beau fixe dans le domaine du libre-échange. Le dis­cours domi­nant était à l’effet qu’on devait conti­nuer de s’attaquer aux bar­rières non tari­faires, c’est-à-dire aux lois et règle­men­ta­tions contrai­gnant les entre­prises et que les gou­ver­ne­ments avaient eu la mau­vaise idée d’adopter. Il y avait bien sûr des oppo­sants, et cela depuis les tout pre­miers accords, mais disait-on, c’était des per­sonnes inca­pables de s’adapter à un chan­ge­ment néces­saire.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les infrastructures de la contestation Entretien avec David McNally[1]
Reconstruire nos mouvements
5 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

X.L. – En quoi la crise éco­no­mique mon­diale de 2008 a-t-elle été déter­mi­nante ? Quelles sont ses causes et consé­quences ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicalisme, pouvoir ouvrier et économie[1]
Reconstruire nos mouvements
2 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans cet article, j’examine l’évolution du Plan Meidner-Hedborg (PMH) en Suède dans les années 1970, en ce qu’il illustre une ten­ta­tive de tran­si­tion du capi­ta­lisme avancé au socia­lisme, ainsi que ses impli­ca­tions pour la poli­tique du contrôle ouvrier et de la démo­cra­tie éco­no­mique. Le plan, éla­boré par Rudolf Meidner et Anna Hedborg – les deux éco­no­mistes de la puis­sante fédé­ra­tion syn­di­cale social-démo­crate sué­doise Landsorganisationen (LO) –, envi­sa­geait une tran­si­tion pro­gres­sive et à long terme vers le contrôle des tra­vailleurs et des tra­vailleuses sur l’ensemble des actions des plus grandes entre­prises par l’entremise d’un fonds appar­te­nant aux syn­di­cats. Le plan Meidner-Hedborg est signi­fi­ca­tif en tant qu’exemple de la voie social-démo­crate vers le socia­lisme, mais sa tra­jec­toire démontre aussi un carac­tère par­ti­cu­lier de la poli­tique de for­ma­tion col­lec­tive de capi­tal dans une société capi­ta­liste avan­cée, ce qui en fait une leçon impor­tante pour le monde contem­po­rain et les ten­ta­tives de tran­si­tion à venir.

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La grève, outil incontournable des travailleurs et des travailleuses
Reconstruire nos mouvements
30 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Au prin­temps 2018, des mil­liers d’enseignantes et d’enseignants amé­ri­cains ont cessé le tra­vail dans des régions où il n’y avait pas de grande tra­di­tion syn­di­cale, en Oklahoma, en Virginie-Occidentale, au Kentucky, au Colorado et en Arizona. Partout, le sou­tien popu­laire à la grève était stu­pé­fiant : plus de 72 %, selon divers son­dages. La société amé­ri­caine en entier a été secouée par cette résis­tance inat­ten­due. Dans un contexte où le mou­ve­ment syn­di­cal état­su­nien est très faible, cette confron­ta­tion a beau­coup sur­pris. Comment cela s’est-il passé ? Quelles sont les leçons ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Construire un rapport de force
Reconstruire nos mouvements
27 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme repose en grande partie sur l’exploitation de la force de tra­vail. Et le sys­tème de santé n’échappe pas à cette logique. On exploite, d’une part, le tra­vail rému­néré réa­lisé par les tra­vailleuses et les tra­vailleurs au quo­ti­dien auprès des patientes et des patients. Et on ne recon­naît pas, d’autre part, le tra­vail de la sphère domes­tique, ce tra­vail invi­sible, non rému­néré, qui incombe, encore en 2018, majo­ri­tai­re­ment aux femmes. Cette double exploi­ta­tion que subissent les femmes, sur laquelle comptent notre sys­tème et nos diri­geants poli­tiques pour conti­nuer d’accumuler du capi­tal, est venue à bout des pro­fes­sion­nelles en soin.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicats et mouvements dans la lutte
Reconstruire nos mouvements
24 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Les luttes qui ont mené à la mise sur pied des centres de la petite enfance (CPE) consti­tuent un exemple pro­bant de luttes qui ont conduit à de grandes tran­si­tions, celles de l’accession des femmes au marché du tra­vail et, aussi, celle de la recon­nais­sance de la valeur de leur tra­vail. L’histoire de cette lutte illustre les liens tissés entre les femmes, les com­mu­nau­tés et les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, et ren­seigne sur les pos­si­bi­li­tés de réa­li­ser des chan­ge­ments en pro­fon­deur lorsque les forces pro­gres­sistes font conver­ger leurs efforts. Ce n’est pas un hasard si les ser­vices de garde en géné­ral, et les CPE en par­ti­cu­lier, sont la cible des gou­ver­ne­ments de droite. En dimi­nuant et en pri­va­ti­sant ces ser­vices, l’objectif est de les trans­for­mer en des mar­chan­dises que les « consom­ma­teurs » peuvent ache­ter selon ladite « loi du marché »[2]. C’est la même logique que celle mise en place par les poli­tiques aus­té­ri­taires et les attaques contre les ser­vices publics depuis les années 1990.

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Les défis des gauches en France
Reconstruire nos mouvements
21 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

L’offensive d’ampleur du capi­tal, sui­vant la stra­té­gie de choc décrite par Naomi Klein[2], vise à détri­co­ter métho­di­que­ment les acquis sociaux du XXe siècle. L’objectif est à la fois éco­no­mique, pour réta­blir des taux de pro­fits en baisse, et idéo­lo­gique, pour affai­blir les capa­ci­tés de résis­tance du mou­ve­ment ouvrier. Ces poli­tiques, menées tant par la droite que par les partis sociaux-démo­crates, ont dura­ble­ment affai­bli les mou­ve­ments d’émancipation. Entretemps, le sys­tème est pris dans une fuite en avant pro­duc­ti­viste et consu­mé­riste, qui a des consé­quences éco­lo­giques de plus en plus désas­treuses, des­quelles découle un nou­veau cycle de luttes. D’autre part, ces crises ren­forcent les ten­sions inter­im­pé­ria­listes et mul­ti­plient les situa­tions de chaos, favo­ri­sant guerres, ter­ro­rismes et migra­tions, qui per­mettent aux diri­geants de jouer de la corde raciste et de divi­ser dura­ble­ment les classes popu­laires. De ces crises émerge une nou­velle géné­ra­tion de mili­tants asso­cia­tifs et poli­tiques, fémi­nistes, anti­ra­cistes, éco­lo­gistes ou alter­mon­dia­listes, par­fois en oppo­si­tion, par­fois en conver­gence avec l’ancien mou­ve­ment ouvrier.

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Au-delà de la social-démocratie
Reconstruire nos mouvements
18 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un article paru en 2017, l’historien Robert Brenner sou­ligne que la gauche semble para­ly­sée par une double impasse. D’une part, on observe des mou­ve­ments sociaux qui, en aspi­rant à une auto­no­mie com­plète par rap­port aux ins­ti­tu­tions éta­blies, se condamnent trop sou­vent à l’isolement poli­tique. D’autre part, nous avons des partis poli­tiques pro­gres­sistes qui, à défaut d’être sou­te­nus par des actions directes de masse, peinent à appli­quer leur pro­gramme de réformes, aussi modeste soit-il[2]. Ce qui se pro­file der­rière l’analyse de Brenner est la ques­tion des orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments les plus aptes à trans­for­mer les ins­ti­tu­tions, avec les condi­tions poli­tiques et éco­no­miques qui per­mettent à ces mêmes orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments de gagner plus ou moins aisé­ment en force.

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Élections fédérales 2019 - Enjeu climatique
Pensée magique : la droite canadienne et le climatonégationnisme
15 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Alors que le rap­port de 2019 d’Environnement et chan­ge­ment cli­ma­tique Canada révèle que le Canada devance de loin le reste du monde en ce qui a trait au rythme du réchauf­fe­ment de la pla­nète[1], on aurait pu espé­rer que la nou­velle don­ne­rait du fil à retordre aux auteurs du déni du chan­ge­ment cli­ma­tique. Cependant, comme on pou­vait mal­heu­reu­se­ment s’y attendre, à peine le rap­port a-t-il été publié que l’économiste Ross McKitrick, cher­cheur prin­ci­pal à l’Institut Fraser, un bas­tion du néga­tion­nisme, a publié un article dans le Financial Post (10 avril 2019), fai­sant écho à l’approche « tout le monde prend un valium » du météo­ro­logue et cli­mato-scep­tique sué­dois Lennart Bengtssom, qui met en doute la vali­dité des modèles uti­li­sés par les cli­ma­to­logues pour cal­cu­ler et pré­voir les ten­dances au réchauf­fe­ment – un stra­ta­gème habi­tuel dans l’arsenal néga­tion­niste.

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Repolitiser l’accumulation primitive
Reconstruire nos mouvements
15 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il y a une logique de néces­sité dans la lec­ture pro­gres­siste de l’accumulation pri­mi­tive. Selon celle-ci, dont on trouve des frag­ments chez Marx, l’histoire devait passer par un pro­ces­sus d’accumulation pri­mi­tive, et celui-ci, bien que ter­rible et regret­table dans ses effets immé­diats, serait néces­saire pour trans­for­mer les fon­de­ments maté­riels de la société. Dit autre­ment, la vio­lence qui a été exer­cée sur les peuples libres pour les sou­mettre au capi­tal, sur les femmes dans le cadre de leur domes­ti­ca­tion, et sur la nature dans le cadre de sa trans­for­ma­tion mar­chande serait une étape mal­heu­reuse, mais inévi­table de la marche col­lec­tive vers le pro­grès. Cette pers­pec­tive pro­gres­siste, pré­gnante dans le socia­lisme, le mar­xisme et les mou­ve­ments de gauche, com­porte quelques failles.

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