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Perspectives
Cinq ans plus tard… Les étincelles d’espérance du Printemps érable 2012
5 février 2018
No. 18 - Automne 2017

L’annonce d’une aurore ardente, Si fra­gile et ténue, Si petite, Dans la paume de la main,

Une césure de feu, D’un coup de serpe, Une éra­flure de sang léger,

Un carré rouge, Minuscule mémoire,

Qu’on trans­met de main en main, Et réveille comme une arme et un ser­ment.

L’annonce d’une aurore ardente[2]

Faire œuvre d’historien ne signi­fie pas savoir « com­ment les choses se sont réel­le­ment pas­sées ».

Cela signi­fie s’emparer d’un sou­ve­nir, tel qu’il surgit à l’instant du danger. […]

Le don d’attiser dans le passé l’étincelle de l’espérance n’appartient qu’à l’historiographie inti­me­ment per­suadé que, si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté.

Et cet ennemi n’a pas fini de triom­pher.

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire[3]

Printemps 2012, prin­temps 2017 : si on s’en tient aux impres­sions pre­mières d’un bon nombre de citoyens et de citoyennes du Québec, on n’aura aucune peine à conclure qu’il ne reste pas grand-chose, cinq ans plus tard, du fameux Printemps érable qué­bé­cois. Ou plutôt qu’il s’agit d’une sorte de rêve loin­tain, irré­mé­dia­ble­ment enfoui dans le passé, en somme bien irréel tant le pay­sage socio­po­li­tique du Québec de ce début d’année 2017 semble s’être figé autour des pon­cifs néo­li­bé­raux et de leurs pra­tiques sociales et poli­tiques inéga­li­taires ; avec qui plus est à l’horizon – pensez à Donald Trump ou à Marine Le Pen – ces ten­ta­tions popu­listes et xéno­phobes de droite chaque fois plus inquié­tantes et enva­his­santes.

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Programme
Québec solidaire clarifie son soutien à l’indépendance
4 février 2018
Conjonctures et actualités

Deux tâches principales étaient à l’ordre du jour du congrès du parti de gauche Québec solidaire (QS), réuni à Longueuil du 1er au 3 décembre 2017. L’un était l’adoption de la plate-forme du parti pour les prochaines élections générales du Québec, qui se tiendront en octobre 2018. L’autre était la ratification d’une fusion proposée avec Option nationale (ON), un petit parti issu d’une scission du Parti québécois en 2011 après que le PQ ait mis de côté son objectif d’indépendance du Québec dans un avenir prévisible. La fusion pourrait ajouter plusieurs centaines de militants de l’ON à l’effectif de 18 000 membres de QS.

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Perspectives
Le « nous » du Printemps québécois : entre récit national et solidarités internationales
4 février 2018
No. 18 - Automne 2017

À tort ou à raison, la grève étu­diante de 2012 a sou­vent été pré­sen­tée comme un exemple de spé­ci­fi­cité du Québec en Amérique du Nord. La com­pa­rai­son était facile. Après tout, le Québec était un cas à part, avec ses frais de sco­la­rité consi­dé­ra­ble­ment infé­rieurs à ceux des uni­ver­si­tés cana­diennes et amé­ri­caines – ce que n’ont pas manqué de rap­pe­ler plu­sieurs com­men­ta­teurs qui sou­hai­taient que soit rec­ti­fiée cette excep­tion par une hausse de 75 % des frais de sco­la­rité.

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Publications et événements
Numéro 19 - Hiver 2017
Lancement le 16 février 2018


Lancement du numéro 19.

Le 16 février pro­chain, nous allons lancer avec nos ami.e.s de Lutte Commune, à 19 h, à l’UQAM, salle A-2860, le der­nier numéro des NCS sur le syn­di­ca­lisme. Ce lan­ce­ment, qui pren­dra la forme d’une table ronde avec trois des auteur-e-s du dos­sier thé­ma­tique de ce numéro (Fanny Theurillat-Cloutier, Philippe Boudreau et Ghislaine Raymond), s’inscrit dans la pre­mière acti­vité du Camp de for­ma­tion de Lutte com­mune.

Toutes celles et ceux qui sont préoccupé.e.s par l’avenir du syn­di­ca­lisme sont bien­ve­nue.

Il ne faut pas man­quer cela !

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Articles récents

Règlement P-6 : état de la lutte
3 février 2018
No. 18 - Automne 2017
Bilan de luttes
De l’importance de la lutte contre l’exploitation sexuelle
et les autres formes de violences des hommes envers les femmes
2 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Cet article pro­pose de rap­pe­ler le combat fémi­niste mené depuis plus de 10 ans par la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES[2]) et ses alliées afin de dénon­cer la pros­ti­tu­tion des femmes et des filles.

Après avoir pré­senté som­mai­re­ment l’organisme, nous insis­te­rons sur l’importance de rendre compte du regard cri­tique sur l’exploitation sexuelle et l’industrie du sexe que portent nombre de femmes ayant un vécu en lien avec la pros­ti­tu­tion. Nous insis­te­rons ensuite sur l’importance de déve­lop­per des lieux fémi­nistes de sou­tien pour les femmes, en les consi­dé­rant comme nos sœurs et non des béné­fi­ciaires, en recon­nais­sant leurs besoins et en valo­ri­sant leur point de vue. Ces ini­tia­tives doivent être por­tées par les groupes de femmes, mais aussi par la société civile en géné­ral. Les gou­ver­ne­ments se doivent d’être soli­daires pour que l’égalité de fait se réa­lise et les hommes doivent être res­pon­sa­bi­li­sés en lien avec les consé­quences de leurs choix et de leurs actes. Enfin, nous rap­pel­le­rons que les fémi­nistes abo­li­tion­nistes refusent d’être cyniques, exigent l’abolition de tous les sys­tèmes de domi­na­tion et valo­risent les savoirs, pra­tiques et expé­riences fémi­nistes.

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Culture
Présence autochtone, une saga à contre-courant
1 février 2018
No. 18 - Automne 2017

I.S-A. – Comment a com­mencé l’aventure du fes­ti­val Présence autoch­tone ?

A.D. – Dans les années 1980, il y avait une nou­velle effer­ves­cence cultu­relle parmi les Premières Nations. Les jeunes artistes com­men­çaient à s’approprier des moyens d’expression contem­po­rains tout en s’affirmant comme des artistes de l’une ou de l’autre des Premières Nations du Québec. Kashtin connais­sait un succès mon­dial avec des chants de type folk­song rédi­gés et inter­pré­tés en langue innue. Alanis Obomsawin réa­li­sait des films à l’Office natio­nal du film du Canada. Les cultures autoch­tones vivaient une sorte de renou­veau, mais il y avait peu d’espaces où l’on pou­vait se connec­ter à ce cou­rant-là. Les artistes autoch­tones res­taient en posi­tion mar­gi­nale par rap­port à la mou­vance artis­tique qué­bé­coise. Certes, il avait eu quelques expé­riences dans des villes – c’est-à-dire hors des com­mu­nau­tés autoch­tones – à Roberval, à Val-d’Or et à Montréal, comme des week-ends cultu­rels avec films, chan­sons et deux ou trois confé­rences ; bref, des occa­sions de ren­contre pour se fami­lia­ri­ser avec la réa­lité des Premières Nations à partir d’éléments artis­tiques et cultu­rels qui don­naient de très bons résul­tats. La dif­fi­culté, c’est que ces acti­vi­tés étaient sou­vent orga­ni­sées sous l’égide d’un centre d’amitié autoch­tone ou d’une asso­cia­tion ayant par ailleurs son propre pro­gramme, de sorte qu’elles étaient tou­jours ponc­tuelles, sans conti­nuité.

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Culture
Les mots des femmes. Pouvoir, identité et souveraineté indigène[1]
31 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Dans ce texte paru en 2008, Patricia A. Monture explique le sens que prend pour elle le tra­vail d’écriture dans la lutte poli­tique des femmes autoch­tones, et à tra­vers une prise en consi­dé­ra­tion du tra­vail de dif­fé­rentes auteures et mili­tantes autoch­tones, y théo­rise le rap­port de néces­sité entre la voix de l’écrivaine et l’indépendance poli­tique. Il s’agit d’un texte impor­tant pour com­prendre l’épistémologie autoch­tone, la rela­tion entre la vie et l’écriture, et la pers­pec­tive indi­gène sur la cri­tique lit­té­raire. De plus, le texte syn­thé­tise bien la pers­pec­tive que Monture a déve­lop­pée et portée dans l’ensemble de son tra­vail intel­lec­tuel et mili­tant, et qui reste peu connu à ce jour du public fran­co­phone.

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La lutte des femmes autochtones pour les droits reproductifs
26 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Au Canada, les femmes autoch­tones vivent une réa­lité très dif­fé­rente de celles des autres femmes : elles connaissent un taux dis­pro­por­tion­nel­le­ment élevé d’infections trans­mis­sibles sexuel­le­ment (ITS), de gros­sesses à risques, d’accouchements pré­ma­tu­rés, de mor­ta­lité mater­nelle, de gros­sesses dites pré­coces et de vio­lence sexuelle. Ce texte fait le constat des prin­ci­paux enjeux entou­rant leur santé et leurs droits repro­duc­tifs, et explore diverses stra­té­gies de résis­tance mises en place par des fémi­nistes autoch­tones.

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Résistances
Autochtones et environnementalistes : unis contre les sables bitumineux
26 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

À la mémoire de Jacob Wawatie et de Jean Léger, dis­pa­rus tous deux en octobre 2016.

Chacun à leur façon, ils étaient des média­teurs qui ont ouvert des che­mins entre les cultures,

pour une plus grande jus­tice éco­lo­gique.

L’heure des bra­siers

L’automne 2016 marque l’éveil à la situa­tion du peuple Sioux du Dakota du Nord à Standing Rock. Les tribus Lakota et Dakota de cette nation s’organisent contre le projet Dakota Access Pipeline (DALP) de l’entreprise du même nom. Depuis plu­sieurs mois déjà, ils dénoncent ce pipe­line qui tra­ver­se­rait le lac Oahe, mena­çant leurs sources d’eau potable, ainsi que nombre de leurs lieux sacrés. Ce pipe­line de 1825 km pré­voit trans­por­ter plus d’un demi-mil­lion de barils de pétrole brut vers l’Illinois en tra­ver­sant quatre États. Malgré une loi fédé­rale, il n’y a jamais eu de consul­ta­tion signi­fi­ca­tive des Premières Nations. Après quelques semaines, le cam­pe­ment érigé sur les rives du lac Oahe abrite plu­sieurs cen­taines de per­sonnes venues de dif­fé­rentes com­mu­nau­tés autoch­tones d’Amérique du Nord, mais aussi de nom­breux mili­tants et mili­tantes envi­ron­ne­men­taux.

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