Y a-t-il une vie après le postmarxisme ?

Mis en ligne le 12 janvier 2010

à propos de Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, Hégémonie et stra­té­gie socia­liste : vers une poli­tique démo­cra­tique radi­cale.

Publié en anglais il y a vingt-cinq ans, Hégémonie et stra­té­gie socia­listed’Ernesto Laclau et Chantal Mouffe s’est retrouvé au centre des débats, sou­vent hou­leux, autour du projet de refonte de la pensée socia­liste. À l’occasion de sa tra­duc­tion en fran çais, Marc Saint-Upéry sou­ligne la per­ti­nence de cer­taines de ses ana­lyses cri­tiques en même temps que le flou et la fra­gi­lité de sa pro­po­si­tion poli­tique de « démo­cra­tie radi­cale et plu­rielle ».
Dans sa pré­face à l’édition fran çaise d’
Hégémonie et stra­té­gie socia­liste (à partir d’ici, HSS), Étienne Balibar sou­ligne à juste titre qu’il y a quelque chose d’un peu étrange à voir paraître aujourd’hui une tra­duc­tion fran çaise du livre de Laclau et Mouffe‚ vingt-cinq ans après sa pre­mière édi­tion anglaise et bien long­temps après ses réédi­tions et tra­duc­tions en diverses langues. Bien entendu, on ne sau­rait que se féli­ci­ter du rôle de ces petits édi­teurs cou­ra­geux, indé­pen­dants et curieux dans la mise en cir­cu­la­tion de textes « intem­pes­tifs ». Reste qu’on peut se poser la ques­tion de savoir quels sont les pro­ces­sus de tri et de récep­tion idéo­lo­giques et cog­ni­tifs qui font qu’on tra­duit aujourd’hui en France Laclau et Mouffe, mais pas, par exemple, puisqu’il est ques­tion de « post­marxisme » et de « stra­té­gie socia­liste », A Future for Socialism, de John Roemer1, ou bien After Capitalism, de David Schweickart2 ; ou encore, pour­quoi per­sonne ne réédite une oeuvre majeure publiée à la même époque que HSS et qui explore sous un autre angle et dans un tout autre style – qu’on peut juger phi­lo­so­phi­que­ment et phi­lo­lo­gi­que­ment plus convain­cants – des espaces théo­riques voi­sins de ceux que fré­quente HSSLangage et pro­duc­tion, de Gyorgy Markus3 (lequel, tout comme Laclau et Mouffe, fraye avec le second Wittgenstein et la dimen­sion anthro­po­lo­gique de ses « jeux de lan­gage »).
L’une des rai­sons de cette […] 

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