Cérémonie commémorative

Vibrant hommage à Madeleine Parent

Par Mis en ligne le 02 avril 2012

MONTRÉAL – 1er avril 21021 – Près de 500 per­sonnes, se sont ras­sem­blées, lors d’une céré­mo­nie com­mé­mo­ra­tive, au Centre Funéraire Côte-Des-Neiges, en mémoire de Madeleine Parent. L’événement fut empreint de bonne humeur grâce aux pres­ta­tions de la cho­rale « Les voies fémi­nistes » de la Maison Parent-Roback, des Mémés déchaî­nées et de Viviane Michel, du mou­ve­ment Femmes autoch­tones du Québec.

Douze femmes, jeunes et moins jeunes du Québec et d’ailleurs au Canada, ont témoi­gné de l’engagement inébran­lable de cette femme d’apparence fra­gile, mais com­bien tenace et cou­ra­geuse. Selon l’animatrice Ariane Émond, fémi­niste et jour­na­liste : « Elle était douce et rebelle à la fois. »

Monique Simard

Monique Simard, ancienne vice-pré­si­dente de la CSN, aujourd’hui direc­trice géné­rale du Programme fran­çais de l’Office natio­nal du film du Canada, a ren­con­tré Madeleine Parent en Ontario, alors qu’elle diri­geait la Confédération des syn­di­cats cana­diens. « Madeleine Parent dépas­sait, dans la légende, plu­sieurs autres grands syn­di­ca­listes. Elle a changé le cours de l’histoire. Elle a milité à une époque où la société était pro­fon­dé­ment anti­syn­di­cale. Elle était com­bat­tive, sans oppor­tu­nisme, enga­gée, stra­tège, têtue, lucide et avant-gar­diste » affirme Monique Simard.

Joanie Camron Pritchett, pré­si­dente de la Confédération des syn­di­cats cana­diens (CSU/CCU) qua­li­fie Madeleine Parent de grande leader vision­naire et elle est recon­nais­sante envers la syn­di­ca­liste qui, il y a près de 50 ans a fondé le CSU/CCU : « Elle a construit le syn­di­ca­lisme indé­pen­dant au Canada. Elle n’avait peur de rien. Notre pays et le monde ont besoin d’autres grands lea­ders comme elle. »

Michèle Taïna Audette et Viviane Michel (Femmes autochtones du Québec)En 1952, expul­sés de l’OUTA sous la pres­sion des syn­di­cats amé­ri­cains, Madeline Parent et son conjoint Kent Rowley ont quitté leQué­bec pour l’Ontario. Avec lui, elle par­court le Canada afin de créer des syn­di­cats locaux indé­pen­dants des syn­di­cats amé­ri­cains. Ils y fondent la Confédération des syn­di­cats cana­diens (en) en 1969.

La juge à la retraite, Juanita Westmoreland-Traoré a rap­pelé l’engagement de madame Parent à défendre les femmes de cou­leur : « Madeleine Parent a milité pour le droit à l’égalité bien avant la charte des droits. Elle fut un pilier dans la démarche d’intégration des femmes des mino­ri­tés. »

Jeanne Reynolds, porte-parole de la Coalition large de l’association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante (CLASSE), ori­gi­naire de Valleyfield, à quelques pas de l’usine de tex­tile Montreal Cotton, a visi­ble­ment été tou­chée par l’impact de Madeleine Parent sur l’engagement mili­tant des femmes. Elle a rap­pelé l’importance de la grève de l’usine de tex­tile en juin 1946, alors que Madeleine Parent et Kent Rowley étaient orga­ni­sa­teurs syn­di­caux, ce qui leur a valu d’être accu­sés d’être com­mu­nistes par Maurice Duplessis.

Madeleine Parent a été soli­daire des femmes de toutes ori­gines. Selon Michèle Taïna Audette, pré­si­dente de Femmes autoch­tone du Québec, elle fut une alliée indé­fec­tible femmes autoch­tones dans leur lutte contre « l’injustice autoch­tone », soit la perte du statut d’autochtone de nom­breuses femmes.

Louis Roy, président de la CSN

Organisée par des retraité-e-s de la CSN et avec le sou­tien de la confé­dé­ra­tion, cette céré­mo­nie fut l’occasion de prendre la mesure de l’importance de l’action de Madeleine Parent qui, jusqu’à son der­nier souffle, n’a jamais renoncé à rendre notre monde plus juste et plus éga­li­taire. Le pré­si­den­tet la vice-pré­si­dente, Louis Roy et Denise Boucher, repré­sen­taient la CSN à cette céré­mo­nie com­mé­mo­ra­tive. Des repré­sen­tantes de la fon­da­tion Léa-Roback, fidèle com­pagne de lutte de Madeleine Parent, étaient aussi pré­sentes.

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