La grève est étudiantes, la lutte est populaire!

Vers une grève sociale

Par Mis en ligne le 16 mai 2012

Hausse des frais de scolarité comme élément de « la révolution culturelle »

Depuis plu­sieurs semaines une fronde étu­diante ébranle le consen­sus néo-libé­ral imposé par les gou­ver­ne­ments qué­bé­cois et cana­diens depuis plu­sieurs années. Cette fronde étu­diante a pour étin­celle l’annonce d’une nou­velle hausse des droits de sco­la­rité uni­ver­si­taires qui les fera aug­men­ter de 75%. Les laquais du gou­ver­ne­ment libé­ral dans les médias tentent de faire passer cette mesure pour une fata­lité depuis son annonce dans le budget 2010. Derrière ce fata­lisme affir­mée par le gou­ver­ne­ment et ses alliés on retrouve pour­tant une déci­sion avant tout poli­tique s’articulant dans ce que le ministre des finances appelle une « révo­lu­tion cultu­relle » et ce que les ins­tances éco­no­miques inter­na­tio­nales nomment sous le nom de « budget d’austérité ». Peu importe le nom que les gou­ver­ne­ments donnent à ces mesures, on com­prend qu’il s’agit en défi­ni­tive du déman­tè­le­ment des ser­vices publics visant à pri­va­ti­ser ce qu’il reste du commun.

La grève est étudiante, la lutte est populaire !

Le mou­ve­ment étu­diant a pris pour point d’ancrage la ques­tion des frais de sco­la­rité et de la mar­chan­di­sa­tion des uni­ver­si­tés. Il n’est, cepen­dant, pas dupe quant à l’articulation de cette mesure dans un projet plus large tou­chant autant l’éducation pri­maire et secon­daire, le sec­teur de la santé que l’exploitation sau­vage des res­sources natu­relle. Notre résis­tance face au mesure néo-libé­rales du gou­ver­ne­ment qué­bé­cois se doit de prendre en compte l’ensemble des sec­teurs éta­blis­sant un lien social per­met­tant de parler d’une com­mu­nauté. Le gou­ver­ne­ment tente de com­par­ti­men­ter notre grève en affir­mant que sa mesure vise à faire payer sa « juste part » au corps étu­diant. Pourtant dès le début de la grève les étu­diants et étu­diantes ont tenté de d’affirmer que le projet poli­tique qu’ils por­taient dépas­sait le cadre d’une stricte négo­cia­tion comp­tables et cor­po­ra­tistes avec le gou­ver­ne­ment. Nous vou­lons, certes, voir le gou­ver­ne­ment annu­ler ladite hausse des frais de sco­la­rité, mais nous dési­rons du même coup remettre en ques­tion l’impératif éco­no­mique qui trace les poli­tiques de nos gou­ver­ne­ments.

Pour ce faire, le mou­ve­ment étu­diant ne peut rester seule et doit s’adjoindre de l’ensemble des forces qui forment notre société et qui la font vivre : Que ce soit les tra­vailleurs et tra­vailleuses des sec­teurs de la santé, de l’éducation et des ser­vices sociaux, les lock-outé de Rio-Tinto et les mis-à-pied de Aveos par un capi­ta­lisme sau­vage, les tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires des couche-tard aux­quels on refuse le droit d’association, les femmes vivant des menaces conser­va­trices contre leurs droits, les aînés se fai­sant impo­sés de tra­vailler plus long­temps, ou les autoch­tones voyant une nou­velle colo­ni­sa­tion piller ce qui leur reste de ter­ri­toire.

De la grève étu­diante à la grève sociale

Les étu­diantes et étu­diants en grève sont conscients de leur impuis­sance à faire recu­ler seul le gou­ver­ne­ment sur ces divers mesures. D’où la néces­sité pour le mou­ve­ment étu­diant de s’adjoindre de l’ensemble des forces sociales dans sa lutte contre la révo­lu­tion cultu­relle de Bachand. Nous ne fai­sons pas ici un appel à un appui de façade où quelques per­ma­nents syn­di­caux rédigent un com­mu­ni­qué pour réité­rer une énième fois leur appui à la lutte étu­diante. Nous dési­rons au contraire appe­ler à une conver­gence de l’ensemble de la popu­la­tion qué­bé­coise contre les poli­tiques de cou­pures et de mar­chan­di­sa­tion des ser­vices sociaux et de nos droits col­lec­tifs. Seule une géné­ra­li­sa­tion de la grève étu­diante sur les lieux de tra­vail pourra rendre cette conver­gence effec­tive. C’est, donc, un appel à la grève sociale que nous lan­çons à l’ensemble de la popu­la­tion !

En ce moment, le gou­ver­ne­ment répond aux étu­diant-e-s en ten­tant de les bâillon­ner par la voie des tri­bu­naux et de la matraque. Chaque jour la ministre de l’éducation tente de briser la grève que les étu­diant-e-s ont pour­tant voté démo­cra­ti­que­ment. Notre meilleure réponse au dur­cis­se­ment de l’état dans la ges­tion de la grève est l’élargissement de celle-ci pour rendre toute répres­sion indi­vi­duelle impos­sible. Cessons d’avoir peur des lois qui encadrent notre mécon­ten­te­ment et déso­béis­sons col­lec­ti­ve­ment afin de sortir ensemble dans les rues du Québec. Seul, cette déso­béis­sance sera mar­gi­na­li­sée et répri­mée par le gou­ver­ne­ment mais si l’ensemble des sec­teurs de la société qué­bé­coise se donne le mot le gou­ver­ne­ment ne pourra faire appel aux tri­bu­naux.

Cette grève sociale, nous devons la construire à la base en lan­çant la dis­cus­sion sur les lieux de tra­vail sur la manière de déser­ter nos occu­pa­tions quo­ti­diennes. Appelons à des assem­blées géné­rales dans nos syn­di­cats locaux afin de dis­cu­ter de la pos­si­bi­lité de mettre en place une telle grève. Contactons les groupes com­mu­nau­taires dans nos quar­tiers pour faire des assem­blées citoyennes sur la grève sociale. Ces assem­blées sont l’expression de notre capa­cité à déli­bé­rer ensemble et de construire un mou­ve­ment qui dépasse les limites éta­blies par l’élite. Que la rue inves­tie depuis deux mois devienne l’expression de notre refus col­lec­tif.

En ce moment le gou­ver­ne­ment a la frousse, il est prêt à céder. Profitons de ce moment pour mettre une clé dans l’engrenage de la révo­lu­tion cultu­relle et défendre une société qui prio­rise la popu­la­tion sur le profit.

Nous vous invi­tons à consul­ter :

http://​www​.gre​ve​so​ciale​.info/

Une réponse à “Vers une grève sociale”

  1. Guy Roy dit :

    Camarades,

    Nous avons envoyé il y a quelques mois un appel à la grève géné­rale aux diri­geants syn­di­caux de l’Alliance sociale.

    Seule le SFPQ nous a répondu qu’on trans­fé­rait notre demande au sec­teur de la mobi­li­sa­tion du syn­di­cat.

    Peut-être que la rue pourra mani­fes­ter, plus que nous, assez de vigeur pour influen­cer les déci­sions des direc­tions syn­di­cales de manière à ce que soient convo­quées des assem­blées spé­ciales pour dis­cu­ter de la per­ti­nence de cette grève.

    Nous sou­hai­tons le meilleur des succès à tou-te-s ceux et celles qui élè­ve­ront la voix dans un élan commun pour passer à l’action contre les Libéraux de Jean Charest.

    Vive l’insurrection citoyenne !