URGENCE SAUVONS LA PLANETE, SAUVONS L’AFRIQUE Non à la marchandisation du climat Un autre monde, social, solidaire et écologique, est possible

Par Mis en ligne le 14 décembre 2009

Les afri­cains ont encore en mémoire les récentes inon­da­tions qui ont causé, dans plu­sieurs pays du conti­nent, au cours de cette année, des cen­taines de morts et des cen­taines de mil­liers de dépla­cés. Ce genre de catas­trophe natu­relle devient de plus en plus fré­quent en Afrique qui fut rela­ti­ve­ment épar­gnée par de tels déchai­ne­ments de la nature. Les pré­vi­sions ne sont pas de nature à ras­su­rer : les cli­ma­to­logues pré­voient de véri­tables drames cli­ma­tiques du fait du réchauf­fe­ment cli­ma­tique. L’Afrique est, d’ores et déjà, une grande vic­time du chan­ge­ment cli­ma­tique en cours.

Il est actuel­le­ment lar­ge­ment admis, au sein de la com­mu­nauté scien­ti­fique inter­na­tio­nale, qu’une aug­men­ta­tion de deux degrés Celsius de la tem­pé­ra­ture moyenne à la sur­face du globe aura pour consé­quence directe en Afrique, notre conti­nent, une aug­men­ta­tion de 127 % des vic­times des inon­da­tions, plus de 600 mil­lions de per­sonnes affec­tées de manque d’eau, 55 mil­lions de per­sonnes qui seront tou­chées par la famine, avec éga­le­ment une aug­men­ta­tion de 17% du nombre de malades du palu­disme et de 16 % du nombre de per­sonnes atteintes par les mala­dies diar­rhéiques. L’agriculture et l’élevage sur le conti­nent seront éga­le­ment très affec­tés avec des pertes éva­luées à 133 mil­liards de dol­lars. Face à ces catas­trophes qui s’annoncent, il faut plus que jamais que les gou­ver­ne­ments afri­cains, au lieu de recou­rir à des appels conti­nuels à l’aide huma­ni­taire, per­pé­tuant ainsi dans les esprits à tra­vers le monde l’image d’une Afrique éter­nel­le­ment men­diante, s’engagent réso­lu­ment dans la dénon­cia­tion de la res­pon­sa­bi­lité du sys­tème éco­no­mique capi­ta­liste actuel dans ce drame.

Après près de trois siècles de règne du capi­ta­lisme au niveau mon­dial et autant de pré­sence colo­niale en Afrique, il est plus qu’urgent de faire le bilan. Ce sys­tème éco­no­mique impose son modèle indi­vi­dua­liste de com­por­te­ment, mar­gi­na­li­sant les logiques col­lec­tives de nos socié­tés ances­trales, exploi­tant les peuples et pillant les richesses natu­relles et minières sur le conti­nent, déniant les droits sociaux des popu­la­tions et sac­ca­geant leur envi­ron­ne­ment natu­rel, sans d’autre logique que l’accumulation des pro­fits par et pour une mino­rité sociale domi­nante dans les pays du Nord comme sur le conti­nent. Et comme tou­jours ce sont les pauvres sur le conti­nent qui conti­nue­ront de subir les consé­quences dra­ma­tiques de cette crise cli­ma­tique. Ils sont les plus expo­sés à la pol­lu­tion, aux inon­da­tions et autres consé­quences du chan­ge­ment cli­ma­tique, tout en étant dépour­vus de moyens d’adaptation au nou­veau contexte cli­ma­tique.

Face à cet avenir incer­tain, l’oligarchie capi­ta­liste qui domine le monde cherche à détour­ner l’attention de citoyens de plus en plus conscients du désastre immi­nent en essayant de leur faire croire que la tech­no­lo­gie et la mar­chan­di­sa­tion du climat pour­raient contri­buer à lutter contre le réchauf­fe­ment de la pla­nète. Ainsi nous pro­pose-t-on la com­pen­sa­tion des excès d’émissions des gaz à effet de serre des indus­tries du Nord par des com­pen­sa­tions finan­cières pour le reboi­se­ment au Sud ; nous parle-t-on de fabri­quer plus de voi­tures élec­triques ou plus de bio­car­bu­rants, d’intensifier le déve­lop­pe­ment de l’énergie nucléaire, d’amplifier des taxes éco­lo­giques au niveau mon­dial… Tout un ensemble de mesures pour faire per­du­rer la logique éco­no­mique de crois­sance et de des­truc­tion des res­sources natu­relles et minières au Sud au profit des riches.

Nous reje­tons caté­go­ri­que­ment ces solu­tions et nous appe­lons les peuples afri­cains à ne pas se lais­ser berner par ces mys­ti­fi­ca­tions que nour­rissent les médias qui sont aux mains des diri­geants du sys­tème. L’avenir n’est pas dans une tech­no­lo­gie au ser­vice des pro­fits, mais dans un nouvel agen­ce­ment des rela­tions sociales dans nos pays et entre le Nord et le Sud. Plus que jamais, nous devons lutter pour sauver nos vies, ainsi que celles des géné­ra­tions futures, du chan­ge­ment cli­ma­tique en pre­nant la défense de nos forêts, en lut­tant éga­le­ment pour l’accès à l’eau, la sou­ve­rai­neté ali­men­taire et éner­gé­tique pour tous. Nous devons plus que jamais lutter en soli­da­rité avec les peuples pyg­mées d’Afrique cen­trale et les peuples nomades du désert, qui ont de tout temps vécus en sym­biose avec la nature, et que l’exploitation capi­ta­liste effré­née des res­sources natu­relles et minières dans nos forêts et déserts est en train de déci­mer. Nous devons lutter pour la recon­nais­sance enfin de la dette éco­lo­gique his­to­rique que nous doivent les pays du Nord après 300 ans d’esclavage, de colo­ni­sa­tion, de pillage et d’assassinats des lea­ders afri­cains éclai­rés pou­vant conduire le conti­nent afri­cain à l’émancipation totale et à la pré­ser­va­tion de ses richesses.

Nous appe­lons les sala­riés, les pay­sans, les pêcheurs, les jeunes et les étu­diants, les peuples d’Afrique dans toutes leurs com­po­santes à se mobi­li­ser contre la logique du marché que nous impose le capi­ta­lisme néo­li­bé­ral basé sur le consu­mé­risme et la crois­sance sans fin et pour reven­di­quer que les ques­tions sociales et de jus­tice cli­ma­tique, soient au cœur des dis­cus­sions du Sommet sur le climat qui se tient actuel­le­ment à Copenhague.

Nous sou­te­nons les actions et mobi­li­sa­tions des mou­ve­ments sociaux pré­sents à Copenhague et nous sommes soli­daires de la mobi­li­sa­tion mon­diale du 12 décembre pour la jus­tice sociale et pour la sau­ve­garde du climat.

Ensemble sau­vons notre mère nour­ri­cière, la Terre.

Un autre monde main­te­nant !!!

ATTAC Bénin,

ATTAC Burkina Faso ,

ATTAC Centrafrique

APASH/ATTAC Congo Brazzaville ,

ATTAC Côte d’Ivoire,

ATTAC Gabon,

CERIDA/ATTAC Guinée,

ATTAC Maroc,

ATTAC Togo,

RAID/ATTAC Tunisie

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