LA DROITE : QUELLES DROITES ?

Une résistance émerge face à des élites particulièrement cruelles

État des lieux

Par Mis en ligne le 05 septembre 2020

Entrevue avec Beverly J. Silver[1]

C.Y. – Avec l’équipe du Global Social Protest Research Group, vous tra­vaillez sur les conflits sociaux et de tra­vailleurs depuis la fin du XIXe siècle. Vos tra­vaux mettent en évi­dence des vagues de conflits à des moments-clés ou des « points tour­nants » de l’histoire de nos socié­tés. Ils révèlent en par­ti­cu­lier une inten­si­fi­ca­tion des conflits depuis la crise de 2008, simi­laire à celle des années 1930 qui était carac­té­ri­sée par une « montée des extrêmes » face à l’intensification de la mar­chan­di­sa­tion. Comment expli­quer le retour de cette utopie du libre-marché qui sévit avec le néo­li­bé­ra­lisme, dont on croyait pour­tant, avec Polanyi, avoir retenu que cela peut mener à une grande catas­trophe comme le nazisme et la Seconde Guerre mon­diale ?

B.J.S. – Il est vrai que Polanyi a brillam­ment réfuté cette croyance dans le libre-marché, en mon­trant pour­quoi cette idéo­lo­gie ne peut conduire qu’à une catas­trophe, à un cata­clysme enchaî­nant fas­cisme, dépres­sion et guerres mon­diales, comme cela s’est pro­duit dans le sillage de la crise des années 1930. D’ailleurs, plus per­sonne dans l’après-Seconde Guerre mon­diale n’aurait défendu cette utopie dévas­ta­trice. Même Nixon se pro­cla­mait « key­né­sien » en 1971.

Cependant, la cri­tique de cette idéo­lo­gie libé­rale est insuf­fi­sante. Elle n’a d’ailleurs pas permis d’anticiper un pos­sible retour de l’utopie du libre-marché, parce qu’elle laisse dans l’ombre l’évolution his­to­rique du capi­ta­lisme. Celui-ci ne joue aucun rôle dans l’analyse de Polanyi. Or, le capi­ta­lisme en tant que sys­tème his­to­rique mon­dial (world-his­to­ri­cal system) repose sur une contra­dic­tion fon­da­men­tale : il ne peut à la fois pour­suivre le profit et pré­ser­ver les moyens de vivre de l’ensemble de la pla­nète.

On voit ainsi alter­ner depuis la fin du XIXe siècle les crises de pro­fi­ta­bi­lité (1873-1896 et 1973-1980) avec les crises de légi­ti­mité (1929-1945 et 2001-2008) parce que la solu­tion d’un type de crise entraîne néces­sai­re­ment l’autre : en vou­lant renouer avec les pro­fits, le capi­ta­lisme du début du XXe siècle a tel­le­ment appau­vri les tra­vailleurs et les tra­vailleuses que la misère a plongé la société dans le déses­poir, le chaos et la révolte. Pour répondre à cette effroyable crise de légi­ti­mité, le com­pro­mis social bâti dans le sillage du New Deal et de l’après-Seconde Guerre mon­diale a reposé sur la pré­misse qu’il n’y aurait plus de contra­dic­tion entre assu­rer la pro­fi­ta­bi­lité et assu­rer les moyens de vivre. Ce fut l’ère de l’utopie de la crois­sance infi­nie. Elle s’est heur­tée aux limites éco­lo­giques et au ren­for­ce­ment du pou­voir des tra­vailleurs et de leurs luttes : par­tout sur la pla­nète, on a tenu pour acquis que le modèle du sala­rié for­diste allait s’étendre à toutes les caté­go­ries de tra­vailleurs. Or, la géné­ra­li­sa­tion de ce modèle était incom­pa­tible avec le main­tien de la pro­fi­ta­bi­lité. D’où la crise des années 1970 et la contre-révo­lu­tion menée par Reagan et Thatcher.

C.Y. – Mais com­ment expli­quer que le « retour du pen­dule » aille si loin à pré­sent, au point d’assister à nou­veau à ce que vous appe­lez une « plon­gée vers le chaos » ?

B.J.S. – Il n’y a jamais eu d’engagement clair, dans le cadre du com­pro­mis for­diste, à placer les moyens de vivre avant les pro­fits si les deux entraient en contra­dic­tion. La mise en œuvre, inau­gu­rée par Reagan et Thatcher, de poli­tiques visant à renouer avec les pro­fits, en déré­gu­lant la mon­naie et en déman­te­lant les pro­tec­tions acquises par les tra­vailleurs et les tra­vailleuses s’est donc opérée en renouant avec l’idéologie du libre-marché.

On aurait tou­te­fois pu s’attendre après la crise finan­cière de 2008, qui n’est plus une crise de pro­fi­ta­bi­lité – puisque les pro­fits ont été réta­blis avec la finan­cia­ri­sa­tion – à ce qu’une cor­rec­tion de tra­jec­toire inter­vienne : de toute évi­dence, le sys­tème a failli à pro­té­ger la terre, le tra­vail et la mon­naie ; nous sommes en pleine crise de légi­ti­mité.

Mais, ainsi que le sou­ligne Polanyi, ce qui peut paraître normal – voir les classes diri­geantes placer la pro­tec­tion de la société dans son ensemble au-dessus de ses inté­rêts égoïstes, comme elles l’ont fait au Royaume-Uni au XVIIIe siècle – n’est pas ce qui est le plus commun. Outre la bour­geoi­sie triom­phante, dont Polanyi dit qu’elle ne pos­sède « aucun organe pour sentir les dan­gers » conte­nus dans la course au profit, à la mar­chan­di­sa­tion et l’accumulation, il y a d’autres contre-exemples, comme celui des colo­ni­sa­teurs euro­péens. Et quand une « élite gros­siè­re­ment égoïste », pour reprendre l’expression de Polanyi, arrive à se main­te­nir au pou­voir, alors il faut s’attendre à plon­ger dans la des­truc­tion totale en entrant dans une longue période de chaos. C’est ce à quoi nous assis­tons aujourd’hui avec l’accroissement des inéga­li­tés, la pro­li­fé­ra­tion des guerres, la crise des réfugié·e·s, la montée de la xéno­pho­bie, des néo­fas­cistes et des mou­ve­ments d’extrême droite.

C.Y. – Vous sou­li­gnez que c’est la montée des mou­ve­ments mas­sifs de tra­vailleurs et la force des révoltes anti-impé­ria­listes qui, après la grande catas­trophe des années 1930, ont amené les classes diri­geantes à prendre conscience des dan­gers conte­nus dans l’utopie d’un marché auto­ré­gulé. Or, aujourd’hui, on insiste beau­coup sur l’affaiblissement des mou­ve­ments de tra­vailleurs et du syn­di­ca­lisme. Vos tra­vaux confirment-ils cet aspect ?

B.J.S. – Sur ce plan, il faut être atten­tif à ce que sou­li­gnaient Marx et Polanyi. Tous deux ont insisté sur les mou­ve­ments de résis­tance que nour­rissent le capi­ta­lisme et la mar­chan­di­sa­tion, d’une part, au point de pro­duc­tion, c’est-à-dire sur les lieux de tra­vail, d’autre part, pour ce qui concerne Polanyi, dans la société dans son ensemble. Car le sys­tème capi­ta­liste tout à la fois appau­vrit, plonge dans la misère une partie de la popu­la­tion et sus­cite une réac­tion de pro­tec­tion de la société, et, en même temps, il ali­mente sans cesse la for­ma­tion de nou­velles classes de tra­vailleurs et de tra­vailleuses.

Ces phé­no­mènes illus­trent le carac­tère cyclique de la des­truc­tion créa­trice du capi­ta­lisme, qui contri­bue au fait que les classes tra­vailleuses (wor­king classes) et les mou­ve­ments de tra­vailleurs du monde entier se forment, se défont et se reforment de façon récur­rente. La vague de conflits anti-aus­té­rité en Europe a été ainsi sur­tout portée par les classes ouvrières éta­blies qui sont en train de se déman­te­ler. En revanche, la vague de grèves que la Chine a connue récem­ment, grèves menées par les tra­vailleurs migrants des cam­pagnes vers les villes, révèle qu’une nou­velle classe de tra­vailleurs est en for­ma­tion. On retrouve ce phé­no­mène avec les délo­ca­li­sa­tions de pro­duc­tion de la Chine vers le Vietnam, le Cambodge ou le Bangladesh : à nou­veau, des grèves ont éclaté dans le sillage des nou­velles implan­ta­tions indus­trielles. On véri­fie ainsi ce que j’ai résumé par « là où le capi­tal va, les conflits capi­tal-tra­vail suivent rapi­de­ment ».

J’ai qua­li­fié de « Polanyi-type » et de « Marx-type » ces deux sortes de vague de conflits. Mais il est apparu une nou­velle sorte, c’est-à-dire un troi­sième type d’acteurs parmi les tra­vailleurs, qui sont deve­nus visibles en par­ti­cu­lier depuis les sou­lè­ve­ments et pro­tes­ta­tions de 2011 dans le monde. Ce sont toutes ces per­sonnes qui sont sous-employées, pré­caires ou chô­meuses que l’on retrouve par exemple dans Occupy ou lors des mou­ve­ments dits du Printemps arabe.

Pour inté­grer ce phé­no­mène aux conflits de tra­vailleurs, il faut reve­nir à Marx qui avait bien sou­li­gné, dans le volume 1 du Capital, que le pro­ces­sus d’accumulation du capi­tal va de pair avec un accrois­se­ment de la misère qui conduit à des conflits au niveau de la société. Un tel constat ramène à l’avant-plan la ques­tion des luttes sur les condi­tions de repro­duc­tion de la force de tra­vail, au sujet de laquelle il existe une impor­tante lit­té­ra­ture fémi­niste per­ti­nente. Le capi­ta­lisme est ainsi carac­té­risé par la ten­dance à long terme à détruire plus rapi­de­ment des moyens de vivre qu’à en créer de nou­veaux. Nous assis­tons donc à la pro­lé­ta­ri­sa­tion de per­sonnes qui ne sont pas absor­bées par le sala­riat stable parce qu’elles sont en sur­plus par rap­port aux besoins du capi­tal. Nous pou­vons donc nous attendre à ce que les luttes menées par ce troi­sième type de tra­vailleurs s’amplifient à l’avenir.

Aussi est-ce une bonne nou­velle de voir ces per­sonnes mar­gi­na­li­sées ou exclues par le capi­tal se mobi­li­ser mas­si­ve­ment dans les dif­fé­rentes par­ties du monde. Nos tra­vaux montrent bien que l’on retrouve les trois types de classes tra­vailleuses dans la recru­des­cence actuelle de l’agitation ouvrière et de classe à l’échelle mon­diale.

C.Y. – Doit-on en déduire que les tra­vailleurs et tra­vailleuses du monde entier vont enfin s’unir ? L’optimisme est-il de mise quand on se sou­vient que le triomphe du nazisme a aussi résulté des divi­sions de la gauche et de l’incompréhension du danger que l’antisémitisme fai­sait courir et qui aurait néces­sité de faire front commun ? Aujourd’hui encore le racisme, le sexisme, la xéno­pho­bie tra­versent les rangs des tra­vailleurs, qui sont aussi des tra­vailleuses, des immigrant·e·s, des réfugié·e·s, des musul­mans et musul­manes, etc. Les élites et classes diri­geantes ne s’aveuglent-elles pas d’autant plus qu’il leur est pos­sible d’agiter ces spectres pour gagner des voix – et pas seule­ment parmi les pauvres, comme on a cou­tume de le penser, mais parmi les classes moyennes ?

B.J.S. – En effet, un trait fon­da­men­tal du capi­ta­lisme his­to­rique tient dans les façons selon les­quelles les dis­tinc­tions en fonc­tion du genre, de la race, du statut de citoyen­neté, etc., sont régu­liè­re­ment mobi­li­sées par les capi­ta­listes, mais aussi, selon les situa­tions, par les États ou par les tra­vailleurs eux-mêmes, pour jus­ti­fier l’octroi ou la reven­di­ca­tion de pro­tec­tions en faveur d’un seg­ment des classes tra­vailleuses[2]. On cherche ainsi à ache­ter une légi­ti­mité au capi­ta­lisme auprès d’une partie seule­ment des tra­vailleurs pour éviter une crise de pro­fi­ta­bi­lité. Ce sont des ten­ta­tives pour résoudre la qua­dra­ture du cercle, qui se heurtent tôt ou tard aux aspi­ra­tions des tra­vailleuses et tra­vailleurs lais­sés pour compte – la majo­rité – de béné­fi­cier aussi de droits et pro­tec­tions.

Mais au cours du XXe siècle, ces ten­ta­tives ont fonc­tionné un temps : on a assisté au déve­lop­pe­ment de divi­sions entre tra­vailleurs et tra­vailleuses au sein d’un même pays, mais aussi d’un pays contre un autre, ce qui a débou­ché par exemple sur la Première Guerre mon­diale. Cela a aussi conso­lidé la dépen­dance du Sud par rap­port au Nord. Car les inéga­li­tés entre Nord et Sud se sont accrues au cours de la période for­diste et elles se main­tiennent à pré­sent à un haut niveau, tandis que les inéga­li­tés se creusent au sein des pays. Cette situa­tion nour­rit les flux de migra­tion et le recours aux guerres, lorsque des gou­ver­ne­ments cherchent à recon­qué­rir une légi­ti­mité autour du dra­peau natio­nal.

Dans l’analyse de la situa­tion actuelle, il ne s’agit donc pas de repro­duire l’erreur d’appréciation qu’a faite Marx : son opti­miste, quant à l’unification d’un mou­ve­ment inter­na­tio­nal de tra­vailleurs et à son pou­voir de trans­for­ma­tion sociale, venait de ce qu’il a tenu pour acquis que les dis­tinc­tions au sein de la classe labo­rieuse, entre ceux qui sont employés et ont le pou­voir d’imposer des per­tur­ba­tions coû­teuses au capi­tal et ceux qui ne le sont pas ou qui sont sous-employés et ont seule­ment le pou­voir de pro­vo­quer des pro­tes­ta­tions de rue, ne recou­paient pas les dis­tinc­tions en matière de genre, de race, de statut de citoyen­neté, etc. Or, c’est le déve­lop­pe­ment main dans la main du capi­ta­lisme avec le colo­nia­lisme, le racisme et le patriar­cat qui a brouillé la capa­cité de la classe labo­rieuse à pro­duire une vision éman­ci­pa­trice pour l’ensemble de la classe.

Aujourd’hui, en même temps que nous avons des signes que les divi­sions en matière de genre, de race, de citoyen­neté se dur­cissent, nous avons aussi des signes encou­ra­geants comme quoi ces divi­sions arrivent à être dépas­sées. Par exemple, aux États-Unis, un pays dont l’impact géo­po­li­tique est bien sûr énorme, nous avons assisté, à la suite des luttes et impacts démo­gra­phiques des migra­tions, à un revi­re­ment de l’AFL-CIO[3], qui a décidé de sou­te­nir les mou­ve­ments de défense de l’immigration et de se posi­tion­ner en faveur de la léga­li­sa­tion des tra­vailleurs sans-papiers, alors que cette orga­ni­sa­tion syn­di­cale s’y était long­temps oppo­sée. On voit aussi émer­ger un nou­veau lea­der­ship porté par des figures fémi­nines issues des luttes des tra­vailleuses domes­tiques et des Centres de tra­vailleurs (wor­kers cen­ters) ou parmi les récentes élues du Parti démo­crate.

La situa­tion est bien sûr contra­dic­toire avec l’élection de Trump dont l’attitude du type « Après moi le déluge » ne dif­fère guère de celle des élites d’il y a un siècle. Même, ce qu’on voit aujourd’hui nous invite à nous deman­der si l’évolution du capi­ta­lisme his­to­rique n’a pas pro­duit des classes diri­geantes par­ti­cu­liè­re­ment cruelles pour igno­rer à ce point les niveaux cho­quants de dégra­da­tion des moyens de vivre et du bien-être de la majo­rité de la popu­la­tion dans le monde, pour mini­mi­ser les risques de conflits et d’émeutes sociales que la situa­tion fait peser, ou pour croire qu’avec la tech­no­lo­gie, elles seraient capables de se pro­té­ger de la montée des tem­pé­ra­tures et du niveau des océans. Mais à côté de ces sup­pu­ta­tions, on voit très concrè­te­ment monter des mou­ve­ments qui pro­posent des visions pour aller au-delà du capi­ta­lisme his­to­rique afin de pro­té­ger les moyens de vivre de l’ensemble de la pla­nète.

Carole Yerochewski est pro­fes­seure asso­ciée en rela­tions indus­trielles à l’Université du Québec en Outaouais.


  1. Beverly J. Silver est pro­fes­seure de socio­lo­gie à l’Université Johns-Hopkins et direc­trice du Arrighi Center for Global Studies à Baltimore (Maryland, É.-U.). Elle est l’auteure de Forces of Labor. Workers’ Movements and Globalization since 1870 (Cambridge, University Press, 2003) tra­duit dans plus d’une dou­zaine de langues. Le livre vient d’être publié en fran­çais en livre numé­rique (e-book) sous le titre Forces du tra­vail. Les conflits ouvriers et la glo­ba­li­sa­tion depuis 1870, par les édi­tions de l’Asymétrie (Toulouse), <https://​edi​tion​sa​sy​me​trie​.org/​o​u​v​r​a​g​e​/​f​o​r​c​e​s​-​d​u​-​t​r​a​vail/>. Par ailleurs, un article sur le même sujet que cette entre­vue est parue en 2019 sous le titre « “Plunges into utter des­truc­tion” and the limits of his­to­ri­cal capi­ta­lism », dans Roland Atzmüller, Brigitte Aulenbacher, Ulrich Brand, Fabienne Décieux, Karin Fischer et Birgit Sauer (dir.), Capitalism in Transformation. Movements and Countermovements in the 21st Century, Cheltenham (Royaume-Uni), Edward Elgar Publishing, 2019.
  2. Des auteures parlent à ce sujet des fron­tières chan­geantes des iden­ti­tés de genre, de race, eth­ni­cité, etc., et de la cocons­truc­tion des rap­ports sociaux en matière de classe, de sexe et de race/​ethnicité. Pour un aperçu, voir Danièle Kergoat, 2009 ; Danielle Juteau, 2015 ; Sirma Bilge, 2010, Rina Agarwala et Jennifer JihyeChun, 2019. Note de Carole Yerochewski.
  3. AFL-CIO : American Federation of Labor-Congress of Industrial Organizations.

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