Une organisation politique libertaire est-elle possible ?

Mis en ligne le 14 juin 2010

Bruno Frère

Mai 2010

Les cri­tiques adres­sées par Proudhon à Marx et le débat ayant opposé Claude Lefort à Cornélius Castoriadis éclairent la ques­tion de l’organisation telle qu’elle se pose au sein de la galaxie alter­mon­dia­liste.

Introduction : l’idéologie du réseau

On entend très régu­liè­re­ment aujourd’hui au sein des nou­veaux mou­ve­ments sociaux les uns et les autres se récla­mer du réseau et de l’organisation en rhi­zome pour se dis­tin­guer au mieux des « anciennes » formes d’organisation que sont les partis poli­tiques et les syn­di­cats jugés trop « rigides » ou trop « hié­rar­chi­sés ». De l’économie soli­daire aux mou­ve­ments sou­te­nant les « sans » (sans papiers, sans logis, sans tra­vail, …) en pas­sant par la galaxie des autres asso­cia­tions et ONG com­po­sant le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste au sens large, l’organisation en réseau, plus flexible, est le plus sou­vent valo­ri­sée. D’ailleurs, plu­sieurs spé­cia­listes en font l’éloge contre les formes d’organisation tra­di­tion­nelles évo­quées plus haut : « contrat pré­dé­fini, faible expres­sion des adhé­rents, démo­cra­tie incer­taine, bureau­cra­ti­sa­tion, etc., sont des héri­tages des anciennes grandes fédé­ra­tions de type pyra­mi­dal qui tardent à jouer le jeu des réseaux hori­zon­taux »1 [1].

Aujourd’hui, avancent les plus opti­mistes, la lutte contre le capi­ta­lisme se pra­tique donc en réseau. Sur les Forums sociaux, qu’ils soient mon­diaux (Porto Alegre), euro­péens (Paris 2003, Londres, 2004…) ou locaux, nous serions en pré­sence d’une pure agré­ga­tion de forces en lutte directes et citoyennes qui se suf­fi­raient à elles-mêmes, loin des formes « délé­ga­trices » que sont les partis, syn­di­cats et autres fédé­ra­tions. La coopé­ra­tion spon­ta­née des asso­cia­tions pour « créer » de pro­jets trans­ver­saux de tout ordre suffit, dit-on, à expri­mer l’unité vir­tuelle de cet enga­ge­ment citoyen. On célèbre cette « nébu­leuse qui désigne la mani­fes­ta­tion posi­tive d’initiatives de citoyens qui veulent agir ensemble et prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés dans des sec­teurs de la vie les concer­nant »2 [2]. C’est pour­quoi il ne faut sug­gé­rer aucun cadre qui ris­que­rait de frei­ner leur spon­ta­néité. « Réglementer », « ins­ti­tu­tion­na­li­ser », autant de notions évo­quant la contrainte d’un pou­voir sus­cep­tible d’oppresser les actions spon­ta­nées qui émergent aux quatre coins des nou­veaux mou­ve­ments sociaux. Quel que soit son objet, l’association doit rap­pe­ler son anti-auto­ri­ta­risme, cal­quer son orga­ni­sa­tion connexion­niste sur ses propres struc­tures adhé­rentes et fonc­tion­ner dans la mul­ti­la­té­ra­lité.

Je vou­drais mon­trer dans cet article que cette fer­veur pour le réseau, pour l’horizontalité et pour le dyna­misme a-hié­rar­chique n’est pas neuve. Elle plonge ses racines dans la tra­di­tion liber­taire du XIXe Siècle et par­vient jusqu’à nous par le biais d’auteurs, pas spé­cia­le­ment anar­chistes au sens propre3 [3], tels que Lefort, Castoriadis ou encore Deleuze. Et à chaque époque, elle a posé des ques­tions ana­logues :

Mis à part le fait que le voca­bu­laire du réseau (flexi­bi­lité, poly­va­lence, mobi­lité, projet, dyna­misme, hori­zon­ta­lité, auto­ges­tion, a-hié­rar­chie etc.) est de toute façon déjà celui du Nouvel Esprit du Capitalisme, comme l’ont très bien montré Luc Botlanski et Eve Chiapello4 [4], ne peut-on pas inter­ro­ger l’idéologie du réseau pour ce qu’elle conduit pré­ci­sé­ment les nou­veaux mou­ve­ments sociaux à ne se construire aucune iden­tité stable qui puisse per­mettre de construire un front conver­geant face aux poli­tiques publiques et éco­no­miques contem­po­raines que tous cri­tiquent ? Ou encore, pour le dire autre­ment, si l’organisation ver­ti­cale est bannie du mou­ve­ment social depuis long­temps, n’y-a-t-il aucun risque à reje­ter toute forme d’organisation elle-même ?

Proudhon contre Marx

L’espoir de voir naître un sys­tème poli­tique (au sens propre du terme) du réseau est hérité en droite ligne de la pensée liber­taire de Proudhon. A l’occasion de la pre­mière inter­na­tio­nale, et face à Marx, Proudhon était devenu le porte-parole d’un autre socia­lisme, qua­li­fié aujourd’hui d’associationniste5 [5]. Construite autour d’une forme de spon­ta­néisme popu­laire, Proudhon envi­sa­geait le mou­ve­ment poli­tique ouvrier comme étant celui de regrou­pe­ment libre et impul­sifs d’associations ou d’ateliers (sus­cep­tibles par ailleurs de passer entre eux des contrats ponc­tuels sur le ter­rain éco­no­mique), qu’il fau­drait à peine aider à se struc­tu­rer pour qu’ils deviennent la véri­table faire-valoir de toute une classe, en lieu et place d’un quel­conque parti com­mu­niste révolutionnaire6 [6].

Qu’entendait Proudhon par la notion de fédé­ra­tion ? Il s’agissait avant tout d’un contrat passé entre des indi­vi­dus pour faire une asso­cia­tion (de pro­duc­tion ou de consom­ma­tion) puis, à l’échelle supé­rieure, du contrat liant diverses asso­cia­tions entre elles (par exemple, une asso­cia­tion de pro­duc­tion X avec une asso­cia­tion de consom­ma­tion Y). Le contrat fédé­ra­tif « c’est l’acte par lequel deux ou plu­sieurs indi­vi­dus conviennent d’organiser entre eux, dans une mesure et pour un temps déter­mi­nés, cette puis­sance indus­trielle que nous appe­lons l’échange ; consé­quem­ment ils s’obligent l’un envers l’autre et se garan­tissent réci­pro­que­ment une cer­taine somme de ser­vices, pro­duits, avan­tages, devoirs (…), se recon­nais­sant par­fai­te­ment indé­pen­dants, soit pour leur consom­ma­tion, soit pour leur pro­duc­tion »7 [7]. Par ces contrats les par­ti­cu­liers et les entre­prises s’engagent bel et bien en fonc­tion de leurs inté­rêts et en fonc­tion des contraintes éco­no­miques sans aban­don­ner leurs initiatives8 [8]. Dans Du prin­cipe fédé­ra­tif, Proudhon indique d’ailleurs que « dans ce sys­tème les contrac­tants non seule­ment s’obligent com­mu­ta­ti­ve­ment les uns envers les autres, mais ils se réservent indi­vi­duel­le­ment, en for­mant le pacte, plus de droits, de liberté, d’autorité qu’ils n’en aban­donnent ». Dès lors que ce n’est plus le cas, libre à eux de quit­ter la fédération9 [9]. Selon Proudhon, la jus­tice émane des rap­ports entre ces entre­prises et petits ate­liers d’artisans et d’ouvriers qui s’organisent entre eux pour résis­ter à la concur­rence. Ils feront forte impres­sion sur lui lorsqu’il obser­vera l’organisation des Canuts à Lyon.

Sa défense d’une sorte de fédé­ra­lisme spon­tané appa­raît à l’époque comme une forte déro­ga­tion aux prin­cipes des com­mu­nistes (plus proches de Marx) qui défi­nissent la révo­lu­tion comme étant la prise du pou­voir de l’Etat (éven­tuel­le­ment vio­lente) par un parti com­posé des repré­sen­tants de la classe pro­lé­taire. Il tient ces prin­cipes pour des uto­pies aussi illu­soires qu’une poli­tique accep­tant que la pro­priété soit concen­trée dans les mains de quelques-uns. Grâce à cette idée « la plus haute du génie poli­tique » qu’est le fédé­ra­lisme, pense-t-il, « nous n’avons plus à craindre de nous abîmer dans les anti­no­mies gou­ver­ne­men­tales, de voir la plèbe s’émanciper en pro­cla­mant une dic­ta­ture per­pé­tuelle (ou) la bour­geoi­sie mani­fes­ter son libé­ra­lisme en pous­sant la cen­tra­li­sa­tion à outrance »10 [10]. Jusqu’au len­de­main de la pre­mière Internationale (1864) et la paru­tion du Capital de Marx (1867) cette cri­tique est très par­ta­gée par les membres de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), alors davan­tage convain­cus par le fédé­ra­lisme liber­taire de Proudhon ou l’anarchisme plus ferme de Bakounine. Au sujet des­dits prin­cipes des com­mu­nistes « de parti » Proudhon écrit iro­ni­que­ment : « C’est une nou­velle caté­go­rie de la science sociale qu’ils abo­lissent : valeur, échange, éga­lité, jus­tice, achats et ventes, com­merce, cir­cu­la­tion, crédit, etc. Le com­mu­nisme, pour sub­sis­ter, sup­prime tant de mots, tant d’idées, tant de faits, que les sujets formés par ses soins n’auront plus besoin de parler, de penser ni d’agir : ce seront des huîtres atta­chées côte à côte, sans acti­vité, ni sen­ti­ment, sur le rocher… de la fra­ter­nité. Quelle phi­lo­so­phie intel­li­gente et pro­gres­sive que le com­mu­nisme ! »11 [11].

On remar­quera à ce sujet une cer­taine clair­voyance de Proudhon. Il relève, avant tout le monde, que le risque qu’encourent les com­mu­nistes à vou­loir se ranger der­rière une hié­rar­chie de parti auquel on ferait allé­geance pour guider l’État ne ferait que repro­duire, tout aussi auto­ri­tai­re­ment, l’aliénation et l’infantilisation que l’on croit être le propre du sys­tème capi­ta­liste. « En fin de compte, que chacun soit ouvrier natio­nal et tra­vaille au compte de l’État, qui ne paye per­sonne, mais qui prend soin de ses enfants, telle est à peu près l’utopie ». Et une telle utopie uni­taire est dan­ge­reuse, pré­voit Proudhon bien avant les dérives auto­ri­taires de Lénine, puis tota­li­taires de Staline en URSS. Car elle indique que « de tous leurs pré­ju­gés inin­tel­li­gents et rétro­grades, celui que les com­mu­nistes caressent le plus est celui de la dic­ta­ture »12 [12].

« Le sys­tème fédé­ra­tif est l’opposé de la hié­rar­chie ou de la cen­tra­li­sa­tion admi­nis­tra­tive. Dans la fédé­ra­tion, les attri­buts de l’autorité cen­trale se spé­cia­lisent et se restreignent, dimi­nuent de nombre, d’immédiateté, et si j’ose ainsi dire, d’intensité à mesure que la confé­dé­ra­tion se déve­loppe », dit-il13 [13]. Le pou­voir est perçu comme tour­nant, chaque struc­ture (asso­cia­tion, mutuelle ou coopé­ra­tive) devant sug­gé­rer à l’unité fédé­rale des repré­sen­tants dont la durée des man­dats est de court terme.

Le regrou­pe­ment part de la ren­contre locale de struc­tures locales. Il se déve­loppe spon­ta­né­ment et si un regrou­pe­ment (par exemple de coopé­ra­tive de pro­duc­tion et de consom­ma­tion) trouve des conver­gences d’intérêt et de lutte avec un regrou­pe­ment autre, celles-ci ne doivent donner nais­sance qu’à une unité ponc­tuelle qui ne doit pas défi­nir un pro­gramme qui les uni­rait dans un contrat de long terme. Ce en quoi d’ailleurs Proudhon dis­tingue les fédé­ra­tions spon­ta­nées et éphé­mères (qu’il pré­co­nise) des fédé­ra­tions cen­tra­li­sées par le haut (qu’il critique)14 [14]. Il n’y a que de l’agrégation spon­ta­née don­nant lieu à un réseau, pas d’unité car « avec l’unité, la poli­tique se réduit à un simple machi­nisme, dont il n’y a plus qu’à faire tour­ner le volant. Tant pis pour qui se laisse prendre dans l’engrenage : ce n’était pas véri­ta­ble­ment un homme poli­tique ; c’était un intrus (…). La démo­cra­tie, lorsqu’elle incline au com­mu­nisme, for­mule l’unité. Sa fin est l’unité, son moyen l’unité, sa loi, tou­jours l’unité. L’unité est son alpha et son oméga, sa for­mule suprême chaque fois qu’elle répond à la demande de four­nir son pro­gramme »15 [15].

De là en partie sa brouille avec Marx, qui lui sug­gé­rait dans une lettre de 184616 [16] l’adhésion à une néces­saire orga­ni­sa­tion cen­trale qui puisse coor­don­ner les unités ouvrières (coopé­ra­tives, conseils dans les indus­tries, syn­di­cats, mutuelles, etc.) et dif­fu­ser un sen­ti­ment d’unité, deux tâches qui ne peuvent être spon­ta­nées. Dans sa réponse, on note que c’est sur­tout la pos­si­bi­lité d’une révo­lu­tion arbi­traire par une pré­ten­due classe homo­gène qui fâche Proudhon. Il sait que Marx lui-même, en tant que phi­lo­sophe, n’apporte qu’une atten­tion « contrainte par les évè­ne­ments » à la ques­tion du parti contrai­re­ment à ce que pourra lais­ser penser la seule lec­ture du Manifeste com­mu­niste (1848). Néanmoins, cet échange épis­to­laire consu­mera le divorce, et le rejet de la classe par Proudhon peut être tenu pour l’équivalent du rejet du parti auquel il pro­cède par­tout ailleurs. Et de s’insurger : Non, « à un niveau fédé­ra­tif supé­rieur, la régé­né­ra­tion d’autorités impli­cites dans un contexte d’auto-organisation ne peut qu’apparaître comme illé­gi­time »17 [17].

Socialisme ou Barbarie : Castoriadis ou Lefort ?

Si l’on peut parler d’un cer­tain débat trans­his­to­rique au sujet de « l’organisation », c’est aussi parce que son redé­ploie­ment dans le vaste mou­ve­ment contem­po­rain de l’altermondialisme (entre d’une part des asso­cia­tions atta­chées à leur indé­pen­dance et à une cer­taine mobilité18 [18] et celles rat­ta­chées à des fédé­ra­tions, des partis ou des syn­di­cats) n’est pas le pre­mier du genre. Il y a un demi-siècle, une autre oppo­si­tion pou­vait être lue à la lumière de la dis­tinc­tion entre « spon­ta­néisme liber­taire prou­dho­nien » et « orga­ni­sa­tion mar­xiste ». Il s’agit de celle qui fit implo­ser le groupe Socialisme ou Barbarie (SouB) dans l’après-guerre. Fondé par deux phi­lo­sophes, ce groupe ani­mait prin­ci­pa­le­ment la revue du même nom et se dis­tin­guait des com­mu­nistes, et même des trots­kistes, de l’époque par ses propos extrê­me­ment cri­tiques à l’égard Moscou. Mais en interne une divi­sion avait créé deux cou­rants.

Aux côtés du pre­mier de ces phi­lo­sophes, Castoriadis, cer­tains tenaient le dis­cours de « L’organisation » contre le second, Lefort qui, pour sa part, pré­fé­rait le voca­bu­laire du « réseau », proche du sens que Proudhon concède à la fédé­ra­tion. Avec le recul, Lefort consen­tira à qua­li­fier sa posi­tion de « liber­taire ». A l’époque de Socialisme ou Barbarie, ses écrits, pas plus que ceux de Castoriadis et des autres socio-bar­bares, n’utilisent le mot. Ce qui peut sem­bler curieux étant donné qu’anarchistes (qu’il s’agisse de la Fédération Anarchiste et ― après 1953 ― de la Fédération Communiste Libertaire) et socio-bar­bares se rap­prochent jus­te­ment par la cri­tique ana­logue de la bureau­cra­tie sovié­tique. Mais, comme le note l’analyse de Philippe Gottraux, cette mécon­nais­sance des points com­muns est plus due au fait « qu’il était de bonne guerre de ne pas men­tion­ner un concur­rent dans le champ si l’on entend faire œuvre d’originalité et réin­ven­ter la poudre révo­lu­tion­naire » qu’au fait d’une réelle diver­gence théorique19 [19].

La pré­face de Lefort en 1979 à ses Éléments d’une cri­tique de la bureau­cra­tie, débar­ras­sée de ces pré­oc­cu­pa­tions iden­ti­taires « struc­tu­relles », confes­sera l’inflexion lexi­cale : « Dans le groupe Socialisme ou Barbarie, écrit-il, j’ai trouvé les moyens d’approfondir une cri­tique de la bureau­cra­tie ins­pi­rée par la foi et la créa­ti­vité du pro­lé­ta­riat. Mais je me suis tôt heurté au projet de construc­tion d’une direc­tion révo­lu­tion­naire et d’élaboration d’un pro­gramme du socia­lisme. Ce projet me sem­blait en contra­dic­tion avec la recon­nais­sance de l’autonomie ouvrière, dans les formes de luttes et d’organisation. En bref, je n’admettais pas qu’on fixât d’en haut le modèle d’une inven­tion qu’on atten­dait d’en bas (…). Il me semble à pré­sent plus vigou­reux, plus auda­cieux ou, d’un mot per­verti mais irrem­pla­çable, plus révo­lu­tion­naire de m’attacher à une idée liber­taire de la démo­cra­tie que de pour­suivre le rêve du com­mu­nisme comme s’il pou­vait se défaire du cau­che­mar tota­li­taire »20 [20].

Á la lec­ture de sa cri­tique de la bureau­cra­tie, on com­prend sa posi­tion dans la dis­pute qui le poussa à quit­ter SouB en 1958. Comme l’indique Gottraux, un « com­pro­mis sur l’organisation » du pro­lé­ta­riat avait permis de main­te­nir la cohé­rence du groupe jusqu’à cette date21 [21]. Mais après, la ligne de frac­ture s’avéra trop forte. Pour Lefort, SouB devait cher­cher à « com­prendre » l’avant-garde révo­lu­tion­naire et ses tâches, ne pas les fixer dans une quel­conque orga­ni­sa­tion et en aucun cas « pré­tendre lui appor­ter un pro­gramme »22 [22]. L’avant-garde serait l’ensemble des élé­ments avan­cés du pro­lé­ta­riat dont le regrou­pe­ment serait spon­tané et en aucun cas sti­mulé par un groupe comme SouB qui ne doit, dans le meilleur des cas, que se pro­po­ser comme « tra­duc­teurs » de leur voix. Ce que devrait faire SouB consis­te­rait à saisir le quo­ti­dien ouvrier afin de repé­rer sa réelle teneur poli­tique plutôt que celle qu’on lui prête. Proudhon n’entendait pas faire autre chose par rap­port aux ate­liers, contrai­re­ment à Marx, qui dépein­drait « le pro­lé­ta­riat en des termes si sombres qu’on est en droit de se deman­der com­ment il peut s’élever à la conscience de ses condi­tions et de son rôle de direc­tion de l’humanité. Le capi­ta­lisme l’aurait trans­formé en machine et dépouillé de “tout carac­tère humain au phy­sique comme au moral” »23 [23] .

Privé de toute ini­tia­tive propre, on voit mal com­ment le mili­tant ouvrier peut saisir le poten­tiel poli­tique de l’organisation de son ate­lier ou de sa coopé­ra­tive dans un « mar­xisme » ortho­doxe qui n’envisage l’acte poli­tique que comme l’acte qui consiste à dévoi­ler au peuple le poids de son alié­na­tion pour le pous­ser vers et le guider dans la révo­lu­tion. Or, pré­ci­sé­ment, pour Lefort, comme pour Proudhon, « la poli­tique n’est pas à ensei­gner, elle est plutôt à expli­ci­ter comme ce qui est ins­crit à l’état de ten­dance dans la vie et la conduite des ouvriers »24 [24]. On retrouve ici des élé­ments du lexique prou­dho­nien de sanc­ti­fi­ca­tion de l’ouvrier qui monte une mutuelle dans son entre­prise ou une coopé­ra­tive de consom­ma­tion dans son quar­tier, et auquel il concé­dera toutes la com­pé­tence poli­tique de créer un col­lec­tif autour d’une cause ou d’un objec­tif commun visant le bien être des membres d’une même société.

C’est vers un tra­vail de tra­duc­tion socio­lo­gique ana­logue à celui reven­di­qué par Proudhon 100 ans plus tôt que devrait tendre SouB. « Au lieu d’examiner de l’extérieur la situa­tion et le déve­lop­pe­ment du pro­lé­ta­riat, on cher­che­rait à res­ti­tuer de l’intérieur son atti­tude en face de son tra­vail et de la société et à mon­trer com­ment se mani­festent dans sa vie quo­ti­dienne ses capa­ci­tés d’invention ou son pou­voir d’organisation sociale. Avant toute réflexion expli­cite, les ouvriers ont un com­por­te­ment spon­tané en face du tra­vail (…), de la vie sociale à l’intérieur et en dehors de l’usine et c’est, de toute évi­dence, dans ce com­por­te­ment que se mani­feste le plus com­plè­te­ment leur per­son­na­lité »25 [25]. Se dire qu’un orga­nisme quel­conque doit pou­voir forger un pro­gramme qui lui-même doit pou­voir obte­nir un accord de la part des tra­vailleurs, c’est déjà parler de cen­tra­li­sa­tion. Plus per­ti­nent serait donc le choix de s’enter sur la vie ouvrière, spon­ta­né­ment com­po­sées de conseils, de mutuelles et de syn­di­cats locaux, et de s’en faire le vec­teur : pour SouB, il s’agirait d’apporter aux groupes auto­nomes des infor­ma­tions dont ils ne dis­posent pas, des connais­sances aux­quelles leur action locale sur leur lieu de vie et de tra­vail ne leur permet pas d’accéder ; « il s’agit de les mettre en contact les uns avec les autres, de faire com­mu­ni­quer leurs expé­riences sépa­rées, de les aider à consti­tuer peu à peu un véri­table réseau d’avant-garde »26 [26]. La créa­ti­vité et l’inventivité des orga­ni­sa­tions locales, des « conseils », coopé­ra­tives (ou autres) se suf­fisent à elles-mêmes. « Le mou­ve­ment ouvrier ne se frayera une voie qu’en rom­pant avec l’idée de parti ou d’instance cen­tra­li­sée pour cher­cher ses formes d’action dans des noyaux mul­tiples de mili­tants orga­ni­sant libre­ment leur acti­vité et assu­rant par leurs contacts, leurs infor­ma­tions et leurs liai­sons non seule­ment la confron­ta­tion mais aussi l’unité des expé­riences »27 [27].

En poin­tillé, une série d’éléments du débat Proudhon-Marx et, comme nous allons le voir, du débat contem­po­rain du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste sont repé­rables dans le dis­cours que Lefort tient au sujet des ouvriers. Au-delà du parti, qui n’est somme toute qu’un terme pré­texte, ce qui se débat concerne les oppo­si­tions « capa­cité poli­tique locale/​centralisation », « spontanéité/​organisation », « réseau/​unité repré­sen­ta­tive ».

Castoriadis incar­nait dans le groupe les seconds pôles de ces oppo­si­tions binaires. Il y stig­ma­tise la ten­dance anti-orga­ni­sa­tion­nelle, ten­dan­ciel­le­ment liber­taire. Il reproche à Lefort d’avoir poussé l’anti-bureaucratisme jusqu’à l’espoir de voir SouB réduit à un lieu de dis­cus­sions, sans projet concret pour la classe ouvrière. Or, dans la pers­pec­tive de Castoriadis, SouB a une mis­sion réel­le­ment pro­gram­ma­tique qu’il faut accom­plir en ayant l’aval de tous les groupes ouvriers locaux. Certes, concède Castoriadis, la revue doit s’ouvrir à ses lec­teurs, les inci­ter à écrire et à s’organiser en groupe de tra­vail avec l’aide des plus mili­tants du Groupe. Elle doit à ce titre deve­nir davan­tage le lieu vivant de fusion entre théo­rie et expé­rience que devrait être, à grande échelle, « l’organisation ». Mais elle doit rester celui de l’expression stricte « d’une idéo­lo­gie cohé­rente »28 [28]. Sur le plan poli­tique, l’anti-bureaucratisme radi­cal de Lefort revient à ne pas accep­ter qu’il faille conser­ver une forme d’organisation sus­cep­tible d’élaborer des programmes29 [29], c’est-à-dire une forme parti qui soit moins une direc­tion qu’un organe capable de pro­po­ser des objec­tifs, des moyens et de créer grâce à eux des liens30 [30]. Castoriadis évoque les conseils de Nantes et de Saint-Nazaire (Renault) et les métal­los de Paris qui auraient pu lier leurs luttes si une orga­ni­sa­tion (autre que le PC, la CGT et la SFIO qui les ont volon­tai­re­ment lais­sés dans l’isolement) les avait seule­ment mis en contact les uns avec les autres et permis de consti­tuer des délé­ga­tions pour se rendre visite mutuellement31 [31].

Lefort pour sa part, en cri­ti­quant la cen­tra­li­sa­tion en tant que telle, ren­drait pure­ment et sim­ple­ment le socia­lisme impos­sible au-delà de « la coopé­ra­tion spon­ta­née » et momen­ta­née de « petits groupes de luttes auto­nomes mytho­lo­giques ». Il nie­rait qu’on puisse forger une expé­rience révo­lu­tion­naire com­mune et cohé­rente, que l’ouvrier s’intéresse à la ques­tion géné­rale « Que faire ? ». Il refu­se­rait qu’un parti ou une orga­ni­sa­tion puisse exis­ter pour expri­mer l’unité vir­tuelle pro­fonde de l’expérience de larges caté­go­ries de gens, dépas­sant le cadre de l’entreprise, et que cette expé­rience les conduise à se ras­sem­bler pour agir en fonc­tion d’objectifs for­mu­lés par un pro­gramme.

Le parti est exté­rieur à l’entreprise, soit. Mais il ne l’est pas à l’expérience glo­bale de la société par les ouvriers ni à leurs objec­tifs. Est-ce là une cohé­sion arti­fi­cielle, demande Castoriadis32 [32] ? Lefort, à force d’appliquer par­tout son pos­tu­lat iden­ti­fiant l’organisation à la bureau­cra­tie, « rend pure­ment et sim­ple­ment toute unité du mou­ve­ment impos­sible. Ses fron­tières seraient déli­bé­ré­ment impré­cises, tout le monde agis­sant comme il l’entendait »33 [33]. Contre ce der­nier il écrit : « Il est impos­sible qu’une acti­vité réelle et effi­cace, c’est-à-dire cohé­rente se déve­loppe sans un mini­mum d’homogénéité idéo­lo­gique et de dis­ci­pline col­lec­tive. Cela implique une défi­ni­tion claire des idées, des buts et des moyens – c’est-à-dire un pro­gramme, une manière de résoudre dans la pra­tique les diver­gences pou­vant surgir au cours d’une action – c’est-à-dire l’acceptation du prin­cipe majo­ri­taire ; ces deux points entraînent la néces­sité de défi­nir ceux qui par­ti­cipent à l’organisation. Enfin, il est impos­sible qu’une orga­ni­sa­tion se déve­loppe, sans ren­con­trer et sans être obli­gée de résoudre dans la pra­tique le pro­blème de la cen­tra­li­sa­tion. C’est sur ces points que portent nos diver­gences avec Lefort – et non pas sur le point de savoir si l’organisation révo­lu­tion­naire doit être une “direc­tion” du pro­lé­ta­riat (un parti). Lefort et ses cama­rades ont décidé de faire comme si ces pro­blèmes n’existaient pas »34 [34]. Il a choisi déli­bé­ré­ment d’ignorer les pro­blèmes cru­ciaux de l’organisation, du pro­gramme et de la cen­tra­li­sa­tion et de ne pas expli­quer ceux qu’il pri­vi­lé­gie : regrou­pe­ments spon­ta­nés, expé­rience poli­tique immé­diate, coopé­ra­tion locale, liai­son trans­ver­sale entre comi­tés locaux, réseau.

Avoir pris le temps d’exposer ainsi une dis­pute vieille de 50 ans et qui fait écho à des posi­tions qui oppo­saient en leur temps Proudhon à Marx (comme, en partie, au débat Luxemburg/​Lénine au début du siècle35 [35]) offre cer­taines coor­don­nées du débat qui concerne aujourd’hui de près le vaste mou­ve­ment alter­mon­dia­liste. Il pose en effet des jalons quant à l’engagement « poli­tique » des asso­cia­tions et ONG. Tout comme le débat entre Lefort et Castoriadis serait sim­pli­fié à outrance dans le lan­gage mili­tant clas­sique si l’on y voyait sim­ple­ment une dis­pute entre un anar­chiste et un trots­kiste-léni­niste par­ti­san de la forme « parti », il serait trop simple de divi­ser les « alters » au sens large autour d’un axe oppo­sant des per­sonnes exclu­si­ve­ment pré­oc­cu­pées d’autonomie asso­cia­tive et des per­sonnes mani­fes­tant le désir de fédé­rer les asso­cia­tions dans un pro­ces­sus de délé­ga­tion vers un pôle unique de cen­tra­li­sa­tion. Personne ne se réclame d’un tel pôle.

Parce que l’organisation devient dan­ge­reuse dès lors qu’elle est cen­tra­li­sée, même au simple titre d’accessoire, Lefort estime que ce n’est pas seule­ment à une cri­tique de sa concep­tion léni­niste – comme l’a sou­vent fait SouB – qu’il faut pro­cé­der mais à une cri­tique de l’organisation elle-même, c’est-à-dire du parti en tant que partie du pro­lé­ta­riat déta­chée de lui-même. « Se déro­bant à cette cri­tique essen­tielle, le Groupe Socialisme ou Barbarie s’en tient à des points de détail. (…). Le groupe recom­mande que le parti ne se conduise pas comme un organe de pou­voir. Mais une telle fonc­tion, Lénine moins qu’aucun autre ne l’a jamais reven­di­quée. C’est dans les faits que le parti se com­porte comme la seule forme du pou­voir ; ce n’est pas un point dans son pro­gramme. Si l’on conçoit le parti comme la créa­tion la plus vraie de la classe – c’est la théo­rie de Socialisme ou Barbarie – si l’on pense que le parti doit être à la tête du pro­lé­ta­riat avant, pen­dant et après la révo­lu­tion, il est trop clair qu’il est la seule forme de pou­voir (…). Le Groupe, malgré son ana­lyse de la bureau­cra­tie, n’aboutit à rien. En ce sens on peut dire qu’il est loin de l’arrière-garde (…) qui refuse l’idée de parti »36 [36].

Tous les socio-bar­bares étaient cri­tiques à l’idée d’une forme « parti » auto­ri­taire et déci­sion­nel. De la même manière, par­tout dans le monde des nou­veaux mou­ve­ments sociaux, on cri­tique la hié­rar­chie et on se réclame du réseau, de la créa­ti­vité, de la spon­ta­néité et de la coor­di­na­tion d’’actions locales « en situa­tion ». Ce qui affleure symé­tri­que­ment au cœur des dis­putes socio-bar­bares et des dis­putes au sein du mou­ve­ment « alter » doit être lu sur l’opposition « orga­ni­sa­tion poli­tique uni­taire » vs « connexion de minia­tures poli­tiques locales ». Si l’on peut dire, beau­coup (Proudhon, Marx, Luxemburg, Lefort, Castoriadis, les « alters ») s’accordent sur l’idée que les asso­cia­tions – ou les ate­liers, ou les conseils ouvriers – sont le lieu où des indi­vi­dus font l’expérience d’un « fon­da­men­tal » civique. Mais qu’en est-il au-delà de ces rap­ports inter-asso­cia­tifs locaux et ponc­tuels ? Voilà la vraie ques­tion qui, déjà à l’époque, oppo­sait le fédé­ra­lisme spon­ta­néiste prou­dho­nien à l’organisation du pro­lé­ta­riat de Marx.

L’altermondialisme : un mou­ve­ment liber­ta­rien ?

Lorsqu’il s’agit d’engager des actions com­munes, c’est davan­tage sous la forme d’un connexio­nisme mili­tant renou­velé que vont fonc­tion­ner les asso­cia­tions et ONG contem­po­raines plutôt que sous la forme d’une « orga­ni­sa­tion » au sens où l’entendait Castoriadis. Plus fidèles aux exi­gences d’une topique liber­taire, un grand nombre des acteurs ne s’intéressent aux ten­ta­tives fédé­ra­tives des orga­ni­sa­teurs des forums mon­diaux ou euro­péens que de manière erra­tique. Au côté de Lefort, ils se réclament de la coopé­ra­tion auto­nome, de la créa­ti­vité, de la matu­ra­tion spon­ta­née des ini­tia­tives, des petits groupes, de la liai­son trans­ver­sale, du réseau. C’est ainsi, par exemple, que naî­tront des col­la­bo­ra­tions entre des struc­tures de com­merce équi­table et des AMAP ou encore des réseaux Nord-Sud de coopé­ra­tives de femmes, comme on a pu les voir à l’occasion des der­niers forums sociaux. Leur logique peut rester en âme et conscience celle des « pro­jets ponc­tuels ». Nul besoin de délé­guer, d’organiser ou de fédé­rer, car la richesse des réseaux n’est due à rien d’autre qu’à la pro­fu­sion des coor­di­na­tions auto­nomes et éphé­mères des asso­cia­tions qui s’en réclament. L’avantage de réseau est qu’il ne souffre pas de l’échec des ten­ta­tives visant à cher­cher une unité poli­tique offi­cielle et géné­rale. Si l’on ne s’accorde pas à la ligne glo­bale de la conver­gence sug­gé­rée (à ses fins, à ses cri­tères d’identités, etc), chacun est libre de quit­ter le réseau.

En défi­ni­tive, on en arrive à une concep­tion de l’association qui renoue avec la tra­di­tion des liber­ta­riens amé­ri­cains, les pen­seurs les plus radi­caux de l’ultra-libéralisme et de la déré­gle­men­ta­tion totale du capi­ta­lisme. Partant de l’idée que le meilleur des mondes n’existe pas, ou du moins, qu’il est dif­fé­rent pour chacun, le plus connu d’entre eux, Robert Nozick, démontre qu’il est légi­time pour un indi­vidu de quit­ter son monde (ou son réseau) pour un autre qui serait plus en adé­qua­tion avec ses aspi­ra­tions. Il appelle donc asso­cia­tion, au sein d’un réseau, « un monde que tous les habi­tants ration­nels sont en droit d’abandonner pour n’importe quel autre monde »37 [37]. Le monde véri­table est ainsi com­posé de dif­fé­rents mondes (ou asso­cia­tions ou réseaux) que les indi­vi­dus inves­tissent dif­fé­rem­ment en fonc­tion de leur inté­rêt mais « il n’y a aucune raison de penser qu’il est une com­mu­nauté qui ser­vira d’idéal pour tous les gens et il y a beau­coup de rai­sons de penser qu’il n’y en a pas »38 [38].

Chaque struc­ture d’un mou­ve­ment social, qu’il s’agisse de l’altermondialisme ou d’un autre, peut se donner la liberté de s’engager dans toutes les grappes du réseau qui lui plaisent. D’une cer­taine manière dans ce réseau « n’importe quelle per­sonne peut essayer de réunir des esprits sem­blables, mais, quels que soient leurs espoirs et leurs désirs, aucun d’entre eux n’a le droit d’imposer sa vision d’unité au reste des autres »39 [39].

Les acteurs d’un réseau (une com­mu­nauté uto­pique, selon Nozick) peuvent faire valoir leur droit à le quit­ter dès lors qu’il ne s’agit plus du meilleur des mondes pos­sibles pour eux et qu’ils estiment y subir la pres­sion d’une auto­rité ou d’un pou­voir quel­conque. C’est ce droit que fai­sait aussi valoir Proudhon lorsqu’il par­lait de ses fédé­ra­tions de coopé­ra­tives et de mutuelles qui, cha­cune, avait la per­mis­sion inalié­nable de quit­ter une asso­cia­tion pour en rejoindre une autre plus pro­pice à ses inté­rêts.

Nozick aurait pu écrire, comme Proudhon, qu’une asso­cia­tion d’associations sur des pro­jets ponc­tuels contrac­tua­li­sés (chez Proudhon ils sont éco­no­miques) oblige les par­te­naires à se four­nir mutuel­le­ment ser­vices, pro­duits, avan­tages, devoirs (op. cit.), mais ils ne le font qu’en se recon­nais­sant par­fai­te­ment indé­pen­dants. Ils intègrent la fédé­ra­tion en fonc­tion de leurs inté­rêts et en fonc­tion des contraintes éco­no­miques sans aban­don­ner leurs ini­tia­tives de la quit­ter dès que cela leur semble oppor­tun.

Du point de vue poli­tique, cette forme uti­li­ta­riste du réseau pose un pro­blème cru­cial. Le fait d’avoir toute la lati­tude liber­ta­rienne de quit­ter une orga­ni­sa­tion dès lors que l’on n’y trouve plus un inté­rêt spé­ci­fique ou que les pro­jets qui nous y rete­naient s’achèvent laissent à ceux qui y res­tent la liberté de parler « au nom » du réseau. Dès lors qu’aucune orga­ni­sa­tion poli­tique for­melle ne permet de délé­guer la parole à des repré­sen­tants, ceux-ci s’instituent eux-mêmes comme tels dans l’indifférence de tous ceux qui ont par exemple pré­féré retour­ner dans leurs asso­cia­tions ou coopé­ra­tives locales pour agir sur le ter­rain.

Bien entendu, on pourra tou­jours évo­quer ces mon­tées en géné­ra­lité vers des « lieux com­muns » qui ras­semblent de facto les ini­tia­tives lors d’événements comme les forums sociaux alter­mon­dia­listes : « remettre l’homme au cœur de l’économie ; com­battre le libé­ra­lisme ou la mar­chan­di­sa­tion du lien social, créer de la citoyen­neté, relier le local et le global, le par­ti­cu­lier et le géné­ral, etc. »40 [40]. Néanmoins ce que l’on voit bien « c’est qu’en dépit de leur orga­ni­sa­tion appa­rem­ment non-hié­rar­chique et non pyra­mi­dale, ces réseaux ne sont pas dépour­vus d’un centre, plus ou moins visible. Il appa­raît que cer­tains membres indi­vi­duels ou col­lec­tifs y détiennent une posi­tion pri­vi­lé­giée »41 [41].

Bernard Cassen, malgré les cri­tiques qu’on peut lui adres­ser par ailleurs, l’a bien vu. Il s’en prend à tous ceux qui, dans les nou­veaux mou­ve­ments sociaux, par­ti­cipent de la mys­tique « absence de pou­voir » et de l’abolition liber­taire des lea­ders. Castoriadis n’opposait rien de dif­fé­rent à Lefort ni Marx à Proudhon :

« La ques­tion sous-jacente, mais évi­dem­ment non expli­ci­tée, est celle du pilo­tage du mou­ve­ment au niveau mon­dial (ou natio­nal dans le cas de notre affaire) (…). J’entends déjà cer­tains pous­ser les hauts cris. Les mêmes qui vili­pendent en per­ma­nence les struc­tures pyra­mi­dales ou hié­rar­chiques, qui vantent les mérites des réseaux infor­mels, de la trans­pa­rence, de l’inclusion, etc., sont aussi les pre­miers, bien qu’ils s’en défendent, à vou­loir impul­ser des logiques, et même des struc­tures excluantes qu’ils croient pou­voir contrô­ler en sous-main. Derrière le pré­tendu infor­mel, il y a tou­jours un noyau d’influence : par­fois le pou­voir réel d’un leader qui affiche volon­tiers un profil de mili­tant de base, mais le plus sou­vent celui d’un réseau, en géné­ral pré-exis­tant, com­posé d’un petit nombre de per­sonnes ou d’organisations. A la dif­fé­rence des struc­tures for­melles, qui elles, com­portent des modes de déci­sions iden­ti­fiés, donc des prises de res­pon­sa­bi­lité publiques et, à la limite, de révo­ca­tions de man­dats, les struc­tures dites infor­melles sont ano­nymes, s’abritent der­rière des libel­lés pom­peux leur per­met­tant de se donner une repré­sen­ta­ti­vité qu’elles n’ont pas, et elles n’ont, par défi­ni­tion, de compte à rendre à per­sonne »42 [42].

Et l’auteur de s’interroger sur le sens à donner aux sémi­naires des forums sociaux qui se démul­ti­plient à l’envi sans lignes com­munes et en ras­sem­blant au mieux ses 50 à 100 per­sonnes com­po­sées pour une bonne partie par les orga­ni­sa­teurs du réseau et leurs invi­tés : « Les sémi­naires et ate­liers orga­ni­sés lors des forums portent chacun en effet sur des sujets spé­ci­fiques. D’où, au final, une jux­ta­po­si­tion des pro­po­si­tions alter­na­tives por­tées par des acteurs et mou­ve­ments ad hoc, sans “fil rouge” qui les relie. Or, les par­ti­ci­pants, et les citoyens en géné­ral, aspirent, au moins, à une esquisse d’un autre monde pos­sible, à une sorte de pro­gramme commun mini­mal aux dif­fé­rents niveaux : natio­nal, conti­nen­tal ou pla­né­taire. La charte de prin­cipes de Porto Alegre est muette sur ce point, et pour cause, car le fil rouge dont je parle ne serait rien d’autre qu’un véri­table pro­gramme poli­tique informé par une idéo­lo­gie par­ti­cu­lière, et donc inac­cep­table pour une partie des acteurs et mou­ve­ments sociaux par­ti­ci­pants aux Forums »43 [43].

Des cher­cheurs en sciences sociales le rejoignent dans cette ana­lyse, avec peut-être moins de véhé­mence. Ce qui rend dif­fi­cile l’actuelle struc­ture pro­téi­forme du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste est ce qui fait sa force prin­ci­pale : « sa forme d’organisation et d’intervention décen­tra­li­sée, en réseaux, carac­té­ris­tique des nou­veaux acti­vismes sociaux, reflète et contra­rie la logique de mise en réseaux propre à la domi­na­tion de la société infor­ma­tion­nelle » capi­ta­liste. A contra­rio, « c’est cette légè­reté du réseau de chan­ge­ment social et cette absence de centre qui rendent si dif­fi­ciles à per­ce­voir et à iden­ti­fier les nou­veaux pro­jets iden­ti­taires en ges­ta­tion »44 [44].

Conclusion : vers une démo­cra­tie liber­taire ?

Le réseau enchante aujourd’hui comme il sédui­sait hier les asso­cia­tion­nistes rangés der­rière Proudhon. Si c’est le cas c’est parce que, selon moi, il consti­tue l’indice d’une éven­tuelle retra­duc­tion moderne de ce qui appa­rais­sait à ce der­nier comme étant à la fois un fédé­ra­lisme auto­ges­tion­naire, un spon­ta­néisme poli­tique, un libé­ra­lisme socia­liste ou un col­lec­ti­visme libéral45 [45]. Mais en convo­quant ces termes, on se donne peut-être l’illusion de créer du neuf car l’entrechoquement de termes tra­di­tion­nel­le­ment oppo­sés dans la pensée assure à tous les coups une impres­sion de radi­cale créa­ti­vité. On com­prend la raison qu’il y a de se réjouir du paral­lèle sus­cep­tible d’être tissé entre l’originalité de Proudhon et celle des asso­cia­tions contem­po­raines : la mise en réseau des ini­tia­tives, l’engagement col­lec­tif dans les divers pro­jets qu’elles auto­risent et l’absence d’organisation hié­rar­chique sont per­pé­tuel­le­ment tenues pour être la réa­li­sa­tion d’une forme de « gou­ver­nance par­ti­ci­pa­tive appli­quée à un regrou­pe­ment volon­taire »46 [46]. Mais de tous les spé­cia­listes évo­quant de la sorte le paral­lèle pou­vant être tracé entre l’associationnisme d’hier et les nou­veaux mou­ve­ments sociaux, per­sonne ne semble trou­blé par l’échec de ces réseaux lorsqu’il s’est agi de les « orga­ni­ser ». Faute d’avoir été capable de se for­ma­li­ser démo­cra­ti­que­ment et d’inventer des struc­tures au sein des­quelles le pou­voir était sus­cep­tible d’être dis­tri­bué ou accordé en alter­nances à des repré­sen­tants légi­times, l’associationnisme n’a pas fait le poids face aux partis com­mu­nistes (confor­ta­ble­ment appuyés sur le mar­xisme) dans l’Internationale en Europe au XIXe Siècle. Et il y a peu de chance que les reven­di­ca­tions (éco­no­miques, éco­lo­giques, sociales, etc) mises en place par cer­taines franges du mou­ve­ment alter trouvent aujourd’hui davan­tage de socles légi­times pour deve­nir une véri­table force poli­tique qui soit d’un autre ordre que celui de la simple sug­ges­tion.

Que les asso­cia­tions ne fassent pas plus atten­tion à leur ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion poli­tique est d’une cer­taine manière ce que regret­te­ront tant Castoriadis que Lefort malgré tout : « On voit surgir depuis quelques années, écrit le pre­mier peu de temps avant sa mort, une idée qui vou­drait que nous soyons par­ve­nus à une nou­velle forme de “poli­tique démo­cra­tique”, consti­tuée par la jux­ta­po­si­tion de divers “mou­ve­ments sociaux” – ou plutôt, de non-mou­ve­ments – dont aucun ne se sou­cie­rait de conce­voir la société comme un tout mais dont la syner­gie pro­dui­rait un état de chose “démo­cra­tique”. Il n’est pas dif­fi­cile de voir que ces “mou­ve­ments”, dépour­vus de pré­oc­cu­pa­tions géné­rales, prennent inévi­ta­ble­ment la forme de lob­bies, dont les pres­sions oppo­sées contri­buent à blo­quer la société sur des points impor­tants »47 [47]. Dans la même veine, Lefort, dans ses études plus tar­dives sur Tocqueville, confirme que si il faut bien dénon­cer l’illusion de ceux qui veulent sous­traire l’administration aux reven­di­ca­tions des asso­cia­tions, il faut iden­ti­que­ment dénon­cer les illu­sions des asso­cia­tions stric­te­ment civiles qui d’une cer­taine manière se satis­font de leur statut « d’écoles citoyennes » pour mépri­ser la poli­tique « clas­sique »48 [48].

Parce qu’elles parlent de démo­cra­tie sans pour autant s’interroger sur leur propre légi­ti­mité démo­cra­tique à repré­sen­ter telle ou telle frange du mou­ve­ment social, parce qu’elles auto­risent, comme Proudhon à l’époque ou Nozick aujourd’hui, que chacun déserte la fédé­ra­tion ou le réseau dès lors que ses inté­rêts ne s’y retrouvent plus, parce qu’elles n’ont pas encore trouvé la cour­roie qui leur per­met­trait de tenir à la fois le spon­ta­néisme poli­tique de leurs struc­tures locales et la néces­sité de les orga­ni­ser poli­ti­que­ment en confé­rant alter­na­ti­ve­ment à ses membres le pou­voir de repré­sen­ta­tion de l’ensemble, les « asso­cia­tions d’associations » (dans le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste) n’ont pas encore trouvé le moyen d’assurer à leur tra­di­tion liber­taire des assises démo­cra­tiques non liber­ta­riennes. Et elles res­tent actuel­le­ment per­çues davan­tage comme des lob­bies, par­fois cor­po­ra­tistes, plutôt que comme la voie légi­time des per­sonnes désaf­fi­liées qu’elles entendent repré­sen­ter.

Le rap­port entre une démo­cra­tie liber­taire, telle que l’aurait voulue Proudhon, et sa per­ver­sion éco­no­mique liber­ta­rienne n’est pas inno­cent. Aujourd’hui, le lexique du réseau, de la par­ti­ci­pa­tion et de l’autogestion est devenu celui du capi­ta­lisme lorsqu’il s’agit de qua­li­fier la manière dont il convien­drait de voir les tra­vailleurs « s’organiser » pour assu­rer un maxi­mum de ren­ta­bi­lité et d’efficience aux grandes entre­prises aux­quelles ils appar­tiennent. La ques­tion qui se posent dès lors aux mou­ve­ments sociaux qui s’opposent à la mar­chan­di­sa­tion du monde devient peut-être celle-ci : Comment réin­ven­ter une éco­no­mie réel­le­ment coopé­ra­tive (plutôt que privée) qui puisse valoir éga­le­ment comme construc­tion idéo­lo­gique sus­cep­tible de faire adve­nir une construc­tion poli­tique, asso­ciant plu­ra­lité et espace commun ? Si l’on s’en réfère aux quelques pages qui pré­cèdent, on com­prend que cette ques­tion revient à se deman­der com­ment mettre en ten­sion Proudhon et Marx, Lefort et Castoriadis. Dans sa double cri­tique de Lénine et des anar­chistes, Rosa Luxemburg ne se deman­dait rien d’autre. Le désir de poser cette ten­sion théo­rique et/​ou d’établir une construc­tion idéo­lo­gique converge avec ce que Philippe Corcuff appelle « social-démo­cra­tie liber­taire »49 [49]. Il défi­nit celle-ci en s’inspirant notam­ment d’Hannah Arendt dont cer­taines réflexions lui appa­raissent utiles. D’une part, elle indi­quait que « la poli­tique repose sur un fait : la plu­ra­lité humaine ». D’autre part, elle carac­té­ri­sait la poli­tique comme l’équation dif­fi­cile d’une asso­cia­tion orga­ni­sante du divers n’appelant pas un écra­se­ment uni­taire des sin­gu­la­ri­tés : « La poli­tique traite de la com­mu­nauté et de la réci­pro­cité d’êtres dif­fé­rents »50 [50].

Bruno Frère

Mai 2010

Bruno Frère est socio­logue, chargé de recherches du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) belge. Il est membre du Service de Sociologie des Identités Contemporaines (Université de Liège), du Centre de Recherche et d’Information sur la Démocratie et l’Autonomie (CNAM) et du Groupe de Sociologie Politique et Morale (EHESS). Il est l’auteur de Le nouvel esprit soli­daire, pré­face de Luc Boltanski et post­face de Jean-Louis Laville (Paris, Desclée de Brouwer, 2009), et co-édi­teur avec Marc Jacquemain d’Épistémologie de la socio­lo­gie. Paradigmes pour le XXIe siècle, post­face de Philippe Corcuff (Bruxelles, De Boeck, 2008).

1 [51]. Roger Sue, Renouer le lien social. Liberté, éga­lité, asso­cia­tion, Paris, Odile Jacob, 2001, p. 218.

2 [52]. Marie-Thérèse Chéroute, « Les asso­cia­tions dans la dyna­mique sociale », dans la Revue des Etudes Coopératives Mutuellistes et Associatives, n° 270, 1998, pp. 69-88.

3 [53]. Au sens où Bakounine par exemple était tant liber­taire qu’anarchiste, de même que le sont aujourd’hui la plu­part des « anars » reven­di­qués tels comme du côté de la Fédération anar­chiste ou d’Alternative Libertaire (voir Simon Luck, « L’actualité d’un mou­ve­ment sur­anné : L’engagement anar­chiste entre moder­nité et tra­di­tion », dans Marc Jacquemain et Pascal Delwit (éds.), Engagements d’actualité et actua­lité des enga­ge­ments, Bruxelles, Academia-Bruylant, coll. Sciences Politiques, 2010, pp. 117-137).

4 [54]. Luc Boltanski, Eve Chiapello, Le nouvel Esprit du capi­ta­lisme, Paris, Gallimard, 1999.

5 [55]. Philippe Chanial, La déli­cate essence du socia­lisme, Lormont, Le Bord de l’eau, 2009.

6 [56]. Bruno Frère, Le nouvel esprit Solidaire, Paris, Desclée de Brouwer, 2009.

7 [57]. Pierre-Joseph Proudhon, Idée géné­rale de la révo­lu­tion au XIXe siècle [1851], Paris, Marcel Rivière, 1923, p. 189.

8 [58]. Pierre Ansart, Proudhon. Textes et débats, Paris, LGF/​Le Livre de Poche, 1984, p. 237.

9 [59]. Pierre-Joseph Proudhon, Du prin­cipe fédé­ra­tif [1863], Paris, Marcel Rivière, 1959, pp. 318-319.

10 [60]. Pierre-Joseph Proudhon, Du prin­cipe fédé­ra­tif, ibid., pp. 352-353.

11 [61]. Pierre-Joseph Proudhon, Système des contra­dic­tions éco­no­miques ou Philosophie de la misère [1846], t. III, Paris, édi­tion du groupe Fresnes-Antony de la Fédération anar­chiste, 1983, pp. 43-51.

12 [62]. Pierre-Joseph Proudhon, Système des contra­dic­tions …, ibid.

13 [63]. Pierre-Joseph Proudhon, Du prin­cipe fédé­ra­tif, op. cit. , p. 321

14 [64]. En France, Proudhon s’en pre­nait ainsi à Louis Blanc, son frère d’armes socia­liste-asso­cia­tion­niste qui, une fois au gou­ver­ne­ment en 1848, tenta d’imposer la fédé­ra­tion par le haut (en créant par exemple de toutes pièces des « ate­liers natio­naux », qui se vou­laient être des unités mili­tantes mais qui ne se sont en réa­lité avérés n’être que des struc­tures finan­cées par l’Etat pour remettre au tra­vail des chô­meurs et éviter qu’ils ne deviennent « oisifs »

15 [65]. Pierre-Joseph Proudhon, Philosophie de la misère, op. cit., pp. 381-384.

16 [66]. Karl Marx, « Lettre à Proudhon » dans Pierre-Joseph Proudhon, Philosophie de la misère, op. cit., pp. 323-324.

17 [67]. Pierre Ansart, Sociologie de Proudhon, Paris, PUF, 1967, pp. 210-211.

18 [68]. Que l’on pense, pêle-mêle, au réseau RESF, aux Décroissants, aux Casseurs de Pub, à No Vox, à AC!, au Mouvement pour l’Economie Solidaire, au DAL, à Droits devant, etc. etc.

19 [69]. Philippe Gottraux, Socialisme ou Barbarie, un enga­ge­ment poli­tique et intel­lec­tuel dans la France de l’après-guerre, Lausanne, Payot, 1997, p. 231.

20 [70]. Claude Lefort, Préface aux Eléments d’une cri­tique de la bureau­cra­tie, Paris, Gallimard, 1979, pp. 14-15.

21 [71]. Philippe Gottraux, Socialisme ou Barbarie,… op. cit., p. 92.

22 [72]. Claude Lefort , « Le pro­lé­ta­riat et sa direc­tion » [1952, paru sous le pseu­do­nyme de Claude Montal et sous le titre « Le pro­lé­ta­riat et le pro­blème de la direc­tion révo­lu­tion­naire », dans Socialisme ou Barbarie n°10], dans Éléments d’une cri­tique de la bureau­cra­tie, Paris, Gallimard, 1979, pp. 59-70.

23 [73]. Claude Lefort , « Le pro­lé­ta­riat et sa direc­tion », ibid., p. 73.

24 [74]. Claude Lefort, « Organisation et parti, contri­bu­tion à une dis­cus­sion » [1958, paru dans Socialisme ou Barbarie n° 26], dans Éléments d’une cri­tique de la bureau­cra­tie, Paris, Gallimard, 1979, p. 104.

25 [75]. Claude Lefort, « L’expérience pro­lé­ta­rienne » [1952, paru dans Socialisme ou Barbarie n° 11], dans Eléments d’une cri­tique de la bureau­cra­tie, 1979, Paris, Gallimard, p. 84.

26 [76]. Claude Lefort, « Organisation et parti, … », art. cit., p. 111.

27 [77]. Claude Lefort, « Organisation et parti, … », art. cit., p. 113.

28 [78]. Cornélius Castoriadis, « Bilan, pers­pec­tives, tâches » [1957, paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 21], dans L’expérience du mou­ve­ment ouvrier I. Comment lutter, Paris, UGE-10/18, 1974, pp. 403-406.

29 [79]. Pour plus de détails sur ce que devrait conte­nir un pro­gramme : voir Cornélius Castoriadis, « Le contenu du socia­lisme II » [1957, paru dans Socialisme ou Barbarie n° 22], dans Le contenu du socia­lisme, Paris, UGE-10/18, 1979, pp. 103-221 et sur­tout 223-228. Sur le pro­gramme et le parti tou­jours conçu comme l’organe de la dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat : « Bilan, pers­pec­tives, tâches », art. cit., pp. 47-65 et sur­tout pp. 60-62). Sur SouB comme lieu d’appui à la construc­tion de « l’organisation » et sur les points du pro­gramme de celle-ci arti­cu­lés autour « du pou­voir direct des tra­vailleurs » : « Conception et pro­gramme de Socialisme ou Barbarie » [1960, paru dans Études n° 6], dans La société bureau­cra­tique II. La révo­lu­tion contre la bar­ba­rie, Paris, UGE-10/18, 1973, pp. 395 et 411sq. Sur ce sujet voir aussi « Bilan, pers­pec­tives, tâches », art. cit., pp. 44-47.

30 [80]. Cornélius Castoriadis, « La direc­tion pro­lé­ta­rienne » [1952, paru dans Socialisme ou Barbarie n° 10], dans L’expérience du mou­ve­ment ouvrier I. Comment lutter, Paris, UGE-10/18, 1974, p. 152.

31 [81]. Cornélius Castoriadis, « Prolétariat et orga­ni­sa­tion » [1959, paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 27 et n° 28], dans L’expérience du mou­ve­ment ouvrier II. Prolétariat et orga­ni­sa­tion, Paris, UGE-10/18, 1974, pp. 216-217.

32 [82]. Cornélius Castoriadis, « Prolétariat et orga­ni­sa­tion », ibid., p. 224.

33 [83]. Cornélius Castoriadis, « Prolétariat et orga­ni­sa­tion », ibid., p. 190sq.

34 [84]. Cornélius Castoriadis, « Prolétariat et orga­ni­sa­tion », ibid., p. 195.

35 [85]. Voir Christophe Bourseiller, Histoire géné­rale de l’ultra-gauche, Paris, Denoël, 2003, pp. 29-34, ainsi que Philippe Corcuff, « De Rosa Luxemburg à la social-démo­cra­tie liber­taire », ContreTemps, n° 6, février 2003, repris sur http://​www​.media​part​.fr/​c​l​u​b​/​b​l​o​g​/​p​h​i​l​i​p​p​e​-​c​o​r​c​u​f​f​/​2​2​0​9​0​9​/​r​o​s​a​-​l​u​x​e​m​b​u​r​g​-​1​8​7​1​-​1​9​1​9​-​d​e​s​-​c​o​n​t​r​a​d​i​c​t​i​o​n​s​-​d​e​-​l​-​a​c​t​i​o​n​-​e​m​a​n​c​ipatr].

36 [86]. Claude Lefort, « L’expérience pro­lé­ta­rienne », art. cit., p. 67.

37 [87]. Robert Nozick, Anarchie, État et utopie [1974], trad. E. d’Auzac de Lamartine, Paris, PUF, 1988, p. 366.

38 [88]. Robert Nozick, Anarchie, État et utopie, ibid., p. 378.

39 [89]. Robert Nozick, Anarchie, État et utopie, ibid., p. 396.

40 [90]. Julien Weisbein, « La contri­bu­tion de la socio­lo­gie poli­tique », Hermès, n° 36 : « Économie soli­daire et démo­cra­tie », Paris, CNRS édi­tions, 2003, p. 162.

41 [91]. Julien Weisbein, « La contri­bu­tion de la socio­lo­gie poli­tique », ibid., p. 161.

42 [92]. Bernard Cassen, Tout a com­mencé à Porto Alegre…Mille forums sociaux !, Paris, Mille et une Nuits, 2003, p. 112.

43 [93]. Bernard Cassen, Tout a com­mencé à Porto Alegre…, ibid., p. 147.

44 [94]. Manuel Castells, Le pou­voir de l’identité, L’ère de l’information, vol. II, Paris, Fayard, 1999, p. 435.

45 [95]. Jean Bancal, Proudhon, plu­ra­lisme et auto­ges­tion, Paris, Aubier-Montaigne, 1970, p. 141.

46 [96]. Marie-Christine Malo, « La ges­tion stra­té­gique de la coopé­ra­tive et de l’association d’économie sociale, 1ère partie : L’entrepreneur et son envi­ron­ne­ment », dans La Revue des Études Coopéristes, Mutuellistes et Associatives, n°281, 2001, pp. 84-95.

47 [97]. Cornélius Castoriadis, « Héritage et révo­lu­tion » [1996], dans Figures du pen­sable. Les car­re­fours du laby­rinthe VI, Paris, Seuil, 1999, p. 131.

48 [98]. Claude Lefort, « Une explo­ra­tion de la chair du social ». Note sur De la démo­cra­tie en Amérique », dans Écrire à l’épreuve du poli­tique, Paris, Calmann-Levy, 1992, pp. 29-31.

49 [99] Philippe Corcuff, « De Rosa Luxemburg à la social-démo­cra­tie liber­taire », art. cit., et « Galaxie alter­mon­dia­liste et éman­ci­pa­tion au XXIe siècle : l’hypothèse d’une social-démo­cra­tie liber­taire », Mediapart, 20 août 2008, http://​www​.media​part​.fr/​c​l​u​b​/​b​l​o​g​/​p​h​i​l​i​p​p​e​-​c​o​r​c​u​f​f​/​2​0​0​8​0​8​/​g​a​l​a​x​i​e​-​a​l​t​e​r​m​o​n​d​i​a​l​i​s​t​e​-​e​t​-​e​m​a​n​c​i​p​a​t​i​o​n​-​a​u​-​x​x​i​e​m​e​-​s​i​e​c​l​e​-​l​-​h​ypoth].

50 [100] Hannah Arendt, Qu’est ce que la poli­tique ? [1950-1959], Paris, Seuil, 1995, p.31.

Interventions

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http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​21sym [22] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​22sym [23] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​23sym [24] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​24sym [25] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​25sym [26] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​26sym [27] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​27sym [28] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​28sym [29] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​29sym [30] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​30sym [31] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​31sym [32] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​32sym [33] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​33sym [34] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​34sym [35] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​35sym [36] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​36sym [37] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​37sym [38] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​38sym [39] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​39sym [40] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​40sym [41] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​41sym [42] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​42sym [43] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​43sym [44] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​44sym [45] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​45sym [46] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​46sym [47] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​47sym [48] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​48sym [49] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​49sym [50] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​50sym [51] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e1anc [52] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e2anc [53] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e3anc [54] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e4anc [55] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e5anc [56] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e6anc [57] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e7anc [58] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e8anc [59] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e9anc [60] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​10anc [61] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​11anc [62] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​12anc [63] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​13anc [64] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​14anc [65] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​15anc [66] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​16anc [67] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​17anc [68] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​18anc [69] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​19anc [70] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​20anc [71] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​21anc [72] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​22anc [73] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​23anc [74] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​24anc [75] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​25anc [76] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​26anc [77] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​27anc [78] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​28anc [79] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​29anc [80] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​30anc [81] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​31anc [82] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​32anc [83] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​33anc [84] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​34anc [85] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​35anc [86] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​36anc [87] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​37anc [88] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​38anc [89] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​39anc [90] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​40anc [91] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​41anc [92] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​42anc [93] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​43anc [94] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​44anc [95] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​45anc [96] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​46anc [97] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​47anc [98] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​48anc [99] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​49anc [100] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​-​e​s​t​-​e​l​l​e​-​p​o​s​s​i​b​l​e​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​50anc

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