Une liberté nommée Mandela

Un parc en face du métro Plamondon porte son nom. Nelson Mandela. C’est un parc à la gloire de la liberté, bien nommée Mandela. Madiba.

À Soweto, dans tout l’Afrique du sud, on danse depuis hier pour Madiba. Parce que Mandela n’est pas mort, il est vivant.  À Jamais. Et aujourd’hui plus que jamais.

Comme tant d’ «ancêtres de l’avenir», pour reprendre les mots d’Aziz Salmon Fall, un ex-coordonnateur du mouvement anti-apartheid dans les années 80, comme tant  d’ «ancêtres de l’avenir» assassinés ou morts autrement, il sera parmi nous, à jamais vivant.   Madiba  a sacrifié sa liberté pour la liberté de son peuple. Et tant de gens ont lutté pour la liberté de Mandela. Et bien Mandela est vivant parce que la liberté ne meurt jamais.

Et puisqu’on parle de ceux qui ont œuvré pour la libération de Mandela et ainsi accéléré et facilité la lutte du peuple Sud-africain pour son émancipation politique, on ne peut oublier le rôle déterminant du petit gars de Baie-Comeau, Brian Mulroney. Celui qui a su se hisser à la hauteur d’un grand homme de stature internationale, et conduire le Canada à jouer le rôle le plus déterminant que le Canada n’ait jamais joué sur la scène mondiale. En effet c’est un Québécois, c’est Monsieur Mulroney, qui a réussi à manœuvrer pour forcer la Grande-Bretagne et les États-Unis à se ranger du côté de la justice et du désir de changement des peuples.  Et on connaît la suite. Merci Monsieur Mulroney!

Et on connaît la reconnaissance de Mandela envers Mulroney. Tant est si bien qu’il a visité le Québec. Il a visité Montréal en 1990 peu de temps après sa libération. Parce que des militants anti-apartheid d’ici comme Aziz Fall et Pierre Beaudet et tant d’autres femmes et hommes du Québec dont le cœur a battu au rythme de la marche de l’Afrique du sud vers sa libération, avaient réussi à convaincre l’administration de Jean Doré de déclarer Montréal  ville anti-apartheid et à bannir les relations commerciales avec les fournisseurs sud-africains. Et nommer le parc à la sortie du métro Plamondon.

Ceux qui ont planté un érable en l’honneur de Madiba et des résistants dans le Parc Mandela auraient tant de choses à dire aujourd’hui pour honorer avec le libéré et le libérateur. Sur la formation du réseau contre l’apartheid  dans le monde, au Canada et au Québec. Pour dire comment, après le sommet du Commonwealth de Nassau, des hommes de principe, les Conservateurs Joe Clark et Brian Mulroney  – Merci! M.Clarck – ont été convaincus par ce réseau d’adopter la plateforme contre l’apartheid qui fera leur renommée et  l’adoption des sanctions qui ont fait plier la suprématie blanche. Un régime qui garantissait les privilèges inouïs d’une minorité appuyé par les secteurs d’affaires notamment de l’industrie minière.

Madiba, ce jeune prince de l’aristocratie  Xhosa a pris conscience de l’humiliation de son peuple par la discrimination raciale et par l’injustice économique infligée par ce système. Avocat, résistant, révolutionnaire, il forge sa conscience politique, résiste contre l’apartheid d’abord par la désobéissance civile. Mais la violence de la répression l’entraîne à organiser avec l’ANC la lutte armée d’autodéfense, imposée par le régime d’apartheid. Cela le mènera à subir 27 ans de prison.

Aujourd’hui, comme lui, son peuple a fait tomber les barreaux de la prison politique de l’apartheid. Le combat du peuple Sud-Africain fut si glorieux, et la force, les qualités, le charisme de son leader, si prodigieux qu’aujourd’hui tout le monde se réclame de Mandela.   Mandela, un des plus grands personnages du vingtième siècle, sinon le plus grand, mérite très certainement cette reconnaissance.

Mais ceux qui seraient tentés de le récupérer trop abusivement, ne doivent pas oublier que Mandela, un ami loyal du Yasser Arafat,  a regretté jusqu’à la fin de sa vie que le peuple palestinien ne jouisse pas encore du même appui et de la même reconnaissance que le peuple Sud-Africain que nous avons tous soutenu pour de nobles raisons et principes, pour reconnaître la douleur et la discrimination subie par le peuple palestinien.

Je vous ai cité Aziz Fall. Je voudrai terminer en citant un autre des ex-coordonnateur du mouvement anti-apartheid au Québec, Pierre Beaudet :

«Il n’y aura pas d’autres Mandela… Il s’est tenu droit. Il a dit non à la capitulation et au racisme, et en même temps, il a dit oui à l’unité et à la démocratie. Il n’a pas tout réussi, mais… dans cette Afrique du Sud encore meurtrie, la flamme de la résistance brille toujours. De nouveau contingents de jeunes s’organisent contre le néo-apartheid», l’injustice économique qui marginalise la grande majorité des Noirs.

Mandela, tu dansais pour célébrer la liberté. Mandela, nous danserons dans nos cœurs et de tout notre corps, pour célébrer ton nom, synonyme de liberté.