Un succès pour la jeunesse d’ici et d’ailleurs

Dakar, le jeudi 10 février 2011 – Le Forum social mondial (FSM) de Dakar est un moment privilégié d’expression pour les jeunes d’ici et d’ailleurs. Depuis bientôt une semaine, des jeunes participent aux nombreuses activités du Forum social mondial, événement qui rassemble entre 120 000 et 145 000 participants provenant de 143 pays. Plus d’un millier d’activités sont inscrites par 1200 organisations de la société civile au sein de la programmation de l’événement qui se poursuit jusqu’au 11 février. Près de 200 Québécoises et Québécois rassemblés en plusieurs délégations sont présents à Dakar.

Malgré la présence massive de jeunes et d’étudiants sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop, siège temporaire du FSM, la voix des jeunes dans les vraies instances décisionnelles est encore peu considérée, dénoncent les participants. Aujourd’hui, les jeunes font face à de nombreux défis. Que ce soit les problèmes de qualification, l’accès difficile à l’emploi, le manque de protection sociale, les lacunes dans l’éducation à la sexualité, les crise de valeurs, l’exode rural… les jeunes sont confrontés à de multiples enjeux. Or, plus de 50% des Sénégalais ont moins de 20 ans. Donc, comme l’exprime avec ferveur Benjamin Ranque Franque, un jeune participant de la délégation québécoise, «le Forum social de Dakar est une opportunité rêvée pour les sans-voix de se faire entendre».

Dans le cadre de la programmation du FSM, la délégation québécoise UNIAlter/YMCA, soutenue par les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ), en partenariat avec le YMCA du Sénégal et une délégation de jeunes Français recrutés par l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), a élaboré une «Déclaration jeunesse pour le monde de demain». Ce texte, conçu selon un processus participatif auquel ont contribué plus de 300 personnes, énonce une série de principes et de valeurs qui unissent la jeunesse d’aujourd’hui. Les jeunes sont engagés, ce qui signifie qu’ils considèrent que «la mobilisation volontaire des ressources personnelles et collectives pour la défense d’une cause est essentielle. Cela suppose que la jeunesse exerce son leadership dynamique dans la mobilisation et la participation au changement pour un meilleur monde». Ils se déclarent aussi responsables, affirmant qu’ils ont «conscience que l’avenir est entre nos mains et nous en assumons la  responsabilité dès aujourd’hui. Cela suppose que nous devons respecter l’être humain et l’environnement, ainsi que partager nos connaissances pour vivre en harmonie». Ils se sentent aussi solidaires, puisque «la jeunesse reconnait l’égalité comme étant un pilier fondamental de la solidarité sociale. Elle promeut l’échange et l’implication communautaire dans le respect des traditions et des identités». La jeunesse est aussi ouverte car elle « est animé par une diversité de valeurs et par des façons différentes d’être et de concevoir le monde. La reconnaissance et le respect de ces différences forment notre richesse et notre force». Finalement, ils sont créatifs, du fait que «la jeunesse est un état d’esprit par lequel la créativité se manifeste. Cela suppose la liberté d’expression et l’absence de toutes formes d’oppression».

Cette initiative fut clôturée par la rédaction de pistes d’action concrètes pour chacune des cinq valeurs proposées. «Les jeunes ont la responsabilité de participer aux prises de décisions et de s’impliquer dans la vie politique» exprime Louis Charron, jeune de 21 ans originaire de Gatineau, devant une centaine de jeunes enthousiastes lors de la plénière du forum ouvert. Cette piste d’action fut suivi par celle d’un autre groupe de travail qui demande de « favoriser la communication intergénérationnelle afin de reconnaître et intégrer les expériences de chacun ».

Cette Déclaration jeunesse a été présentée le 10 février aux assemblées de convergences du FSM. L’objectif est de permettre de rassembler sous l’égide d’une déclaration commune la jeunesse engagée d’aujourd’hui par-delà les frontières.

De retour à Montréal, les participants québécois mettront en œuvre les pistes d’actions proposées à Dakar pour s’assurer que les valeurs de la jeunesse soient prises en considération dans la construction d’un meilleur monde. Selon Isabelle Marcotte-Latulippe, 25 ans, de la région de Montréal, qui a animé une conférence sur la gouvernance mondiale de l’eau dans un quartier populaire de la banlieue de la capitale sénégalaise, «les jeunes ont soif de changer les choses, ils sont déterminés et impliqués». Le Forum social mondial de Dakar et sa très large portion de jeunes participants en est la preuve vivante.

Pour contacter les délégations québécoises présentes à Dakar : canet.raphael@gmail.com

Pour plus d’information sur :

-La délégation UNIALTER/YMCA : www.quebecfsm2011.blogspot.com ; Blogue des membres de la délégation: www.partagetavision.blogspot.com

-La délégation d’Alternatives : http://parolecitoyenne.org/blogs/FSM2011/

-La délégation du CETECQ : http://rapdakar.blogspot.com/

-La délégation de l’université du Québec à Rimouski : www.moutonnoir.com