Un parti des « urnes et de la rue » pour sortir de l’impasse stratégique

Par Mis en ligne le 25 avril 2012

« Cultiver tous les ter­rains ! Se tenir prêt au brusque chan­ge­ment des formes ! Savoir prendre toutes les armes ! Telles sont bien les maximes d’une poli­tique conçue comme l’art du contre­temps et des pos­si­bi­li­tés effec­tives d’une conjonc­ture déter­mi­née. »
– Daniel Bensaïd (La poli­tique comme art stra­té­gique)

Ce texte s’inscrit dans un débat avec des membres de l’Union Communiste Libertaire qui porte sur le projet poli­tique et stra­té­gique que repré­sente Québec Solidaire (QS)[1]. Au cœur du débat, il s’agit de savoir si QS peut deve­nir un « parti des urnes et de la rue » et une force visant la trans­for­ma­tion radi­cale de la socié­téou si, comme le sou­tient l’UCL, cette orga­ni­sa­tion poli­tique est condam­née à l’électoralisme et à la bureau­cra­ti­sa­tion. C’est un débat cru­cial, que nous sommes heu­reux de pour­suivre. Nous ten­te­rons ici de pré­sen­ter plus en détails les fon­de­ments de notre réflexion et cer­taines des rai­sons pro­fondes de notre enga­ge­ment dans ce parti-pro­ces­sus.

Les classes comme pro­ces­sus et com­mu­nau­tés à construire

L’UCL reproche aux membres de QS, et notam­ment à Amir Khadir, son député, de tirer profit du débat sou­levé par la grève étu­diante actuelle en rap­pe­lant que notre parti est pour la gra­tuité sco­laire. « Le combat devrait se limi­ter à la rue », nous dit l’UCL, et l’aile par­le­men­taire de QS n’a rien à y faire. D’abord, il faut rap­pe­ler que des membres de QS ont pris la rue et ont dis­tri­bué deux jour­naux sup­por­tant la lutte étu­diante dans les lieux publics, les mani­fes­ta­tions, les boîtes aux lettres, les sta­tions de métro, etc. Que ses militantEs par­ti­ci­pents acti­ve­ment à cette grève, soit direc­te­ment ou en la socia­li­sant… Mais on ne nous dit pas pour­quoi le combat devrait se limi­ter à la rue, au lieu d’être aussi (mais jamais uni­que­ment !) mené dans les médias et au par­le­ment. De plus, pour­quoi repro­cher à une orga­ni­sa­tion poli­tique d’appuyer un mou­ve­ment de lutte en rap­pe­lant qu’elle par­tage ses reven­di­ca­tions et en appe­lant à inten­si­fier la lutte, comme l’a fait Amir ? Pour nous, c’est le silence du député et du parti dans son ensemble qui aurait réel­le­ment été inquié­tant face à une telle mobi­li­sa­tion popu­laire !

L’UCL reproche aussi à QS de déve­lop­per un pro­gramme social-démo­crate. QS, nous disent nos cama­rades anar­chistes, sou­haite un « dépas­se­ment du capi­ta­lisme » mais, de façon incon­sé­quente, en ne remet­tant pas en ques­tion le sala­riat, la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion, ni « l’idée même d’État-nation ». Il est vrai que le pro­gramme manque par­fois de cohé­rence. Et nous vou­lons contri­buer à ce qu’il remette plus clai­re­ment en ques­tion les piliers du sys­tème capi­ta­liste et des autres formes de domi­na­tion.

Mais le pro­gramme tel qu’il existe et qu’il conti­nue d’être éla­boré com­porte aussi toute une série de points qui buttent for­te­ment contre les méca­nismes du capi­ta­lisme. Pour s’en rendre compte, il suffit de se pen­cher sur l’extrait du pro­gramme cité par l’UCL pour appuyer sa cri­tique. QS sou­haite en effet une « huma­ni­sa­tion du tra­vail [qui] doit […] passer par une poli­tique de plein emploi, la recon­nais­sance du tra­vail non rému­néré, la réduc­tion du temps de tra­vail [sans perte de rému­né­ra­tion], la pro­tec­tion des emplois exis­tants, le ren­for­ce­ment des droits syn­di­caux, la lutte à la dis­cri­mi­na­tion sur le marché du tra­vail et l’augmentation du salaire mini­mum ». Et, on pour­rait en rajou­ter d’autres : « inter­dic­tion des lock-out, mesures anti-licen­cie­ments, droit à la grève poli­tique, natio­na­li­sa­tions dans des sec­teurs comme les mines, l’énergie et la forêt, etc ». Dans la période actuelle, l’implantation ne serait-ce que d’une partie des points men­tion­nés ici impli­que­rait une remise en ques­tion du pou­voir du capi­tal, et la recon­nais­sance du tra­vail non rému­néré peut contri­buer à remettre au moins par­tiel­le­ment en ques­tion le patriar­cat.

Obtenir la satis­fac­tion de telles reven­di­ca­tions ne pourra pas sim­ple­ment décou­ler de l’élection d’un gou­ver­ne­ment soli­daire. Des luttes seront néces­saires. Il faudra des­cendre dans la rue mas­si­ve­ment et comme jamais. La lutte actuelle contre la hausse des droits de sco­la­rité montre bien l’ampleur de la tâche. Certes, elle peut être un point de départ pour la mobi­li­sa­tion de nou­velles géné­ra­tions. Certes, elle offre un contexte favo­rable aux cri­tiques glo­bales de la société et du coup à la géné­ra­li­sa­tions des mobi­li­sa­tions futures. Mais on parle d’une lutte de résis­tance où le gain maxi­mal immé­diat est le main­tien de l’existant, une grève qui est la plus longue du mou­ve­ment étu­diant qué­bé­cois. Cela décrit le rap­port de force défa­vo­rable que nous avons à affron­ter et … à modi­fier.

En ce sens, l’élaboration du pro­gramme de Québec soli­daire par­ti­cipe à la redé­fi­ni­tion du bien commun. Les luttes qu’exigent l’implantation de ce pro­gramme s’inscrivent dans une logique de réap­pro­pria­tion sociale, de démar­chan­di­sa­tion du monde, qui s’opposent radi­ca­le­ment à la logique de l’accumulation du capi­tal. En réflé­chis­sant aux exi­gences for­mu­lées dans ce pro­gramme et en lut­tant col­lec­ti­ve­ment pour leur satis­fac­tion, les gens peuvent faire des gains mais aussi – et c’est cru­cial ! – décou­vrir à tra­vers leur propre expé­rience – et non pas parce qu’on leur lance des slo­gans à la tête – l’incompatibilité entre les exi­gences du capi­tal et les leurs, et éven­tuel­le­ment saisir la néces­sité d’un chan­ge­ment révo­lu­tion­naire.

Pour citer un vieux barbu : « nous n’allons pas au monde en doc­tri­naire pour lui appor­ter un prin­cipe nou­veau. Nous ne lui disons pas : « Voici la vérité. Tombez à genoux ! » Nous déve­lop­pons pour le monde, à partir de ses propres prin­cipes, des prin­cipes nou­veaux. Nous ne lui disons pas : « Cesse tes luttes ! Ce sont des niai­se­ries ! Nous allons te pro­cla­mer les vrais mots d’ordre de la bataille ». Tout ce que nous fai­sons, c’est lui mon­trer pour­quoi il lutte, et de cela il s’en rendra compte même s’il ne le veut pas. » (Marx) Pour nous, il s’agit donc de s’engager dans les luttes que les gens mènent eux et elles-mêmes (et d’encourager le déve­lop­pe­ment de nou­velles luttes) et de les relier entre elles, de mon­trer leur sources com­munes et pro­fondes et de les radi­ca­li­ser.

Nous savons qu’il existe dans nos socié­tés une vaste majo­rité d’exploitéEs qui, malgré tout ce qui peut les divi­ser, pos­sèdent des inté­rêts com­muns qui sont oppo­sés à ceux de la classe domi­nante. Ces exploitéEs peuvent en venir à prendre conscience de leur condi­tion et à faire preuve de soli­da­rité. Cependant la classe des tra­vailleurs-ses ne s’est pas sim­ple­ment endor­mie et n’attend pas tout bon­ne­ment d’être éveillée par le bruit des slo­gans révo­lu­tion­naires ou d’un dis­cours lui assu­rant que l’État-nation est une mau­vaise chose. Notre classe a été lar­ge­ment désa­gré­gée et ato­mi­sée par la défaite poli­tique qui a ouvert la voie au néo­li­bé­ra­lisme. Mais l’exploitation et l’antagonisme de classe n’a pas dis­paru pour autant. Il donne lieu à des conflits et à diverses résis­tances éparses. Il faut par­ti­ci­per à ces résis­tances, contri­buer à les relier et ainsi enclen­cher un pro­ces­sus de (re)construction de la classe des tra­vailleurs-ses, comme ça s’est fait à plu­sieurs reprises par le passé.

La gauche radi­cale est lar­ge­ment mar­gi­na­li­sée. Ses idées ne sont pas por­tées par la majo­rité des tra­vailleurs-ses, loin s’en faut ! Mais les gens ont aussi pour la plu­part une pensée et des valeurs contra­dic­toires qui mêlent sou­vent des élé­ments de gauche et de droite et qui peuvent évo­luer. Il s’agit de jouer sur ces contra­dic­tions et de s’inscrire dans cette évo­lu­tion.

Nous sommes partie pre­nante d’une classe qui ne réa­lise actuel­le­ment pas la néces­sité de sa propre éman­ci­pa­tion et qui ne pourra en prendre conscience qu’en menant ses propres luttes. Comme le rap­pe­lait Hal Draper, l’émancipation ne s’apparente donc pas à un examen où les gens auraient à réci­ter par cœur un caté­chisme révo­lu­tion­naire. Il s’agit d’un pro­ces­sus qui passe par l’auto-transformation, l’auto-développement des indi­vi­dus et des col­lec­ti­vi­tés à tra­vers leurs propres luttes et leurs propres efforts orga­ni­sa­tion­nels.

En ten­tant de chan­ger notre contexte poli­tique et social, nous nous chan­geons nous-mêmes. Nous déve­lop­pons de nou­velles idées et de nou­velles capa­ci­tés. Nous nous confron­tons au pou­voir et nous pou­vons être amenés à le remettre en ques­tion et à déve­lop­per une nou­velle concep­tion du champ des pos­sibles poli­tique. C’est ainsi que Marx défi­nit la pra­tique révo­lu­tion­naire : la concor­dance de la trans­for­ma­tion des cir­cons­tances et de l’auto-transformation des indi­vi­dus. Il s’agit d’un socia­lisme « par le bas » qui s’appuie sur une pra­tique d’auto-émancipation.

QS pour­rait aussi – c’est ce que nous espé­rons – deve­nir une orga­ni­sa­tion de classe à tra­vers un tel pro­ces­sus de trans­for­ma­tion. On verra. En tous cas, pour nous, il ne s’agit pas de se pro­cla­mer mais de deve­nir une orga­ni­sa­tion de trans­for­ma­tion sociale de masse à tra­vers un pro­ces­sus de lutte et de réflexion col­lec­tive. Comme le sou­li­gnait Bernard Rioux dans Presse-toi à gauche ! :

« Seule une orga­ni­sa­tion poli­tique struc­tu­rée, un parti poli­tique, peut pré­sen­ter un pro­gramme fai­sant la syn­thèse des reven­di­ca­tions éco­no­miques, sociales, démo­cra­tiques et poli­tiques et les inté­grer en un projet global de société. Il est donc néces­saire que Québec soli­daire occupe sans timi­dité ce ter­rain et favo­rise la rup­ture des mou­ve­ments sociaux d’avec le PQ et son social-libé­ra­lisme qui a été un fac­teur de recul et de démo­bi­li­sa­tion. Québec soli­daire doit cher­cher à per­mettre l’expression de la résis­tance popu­laire dans le cours même des cam­pagnes élec­to­rales. L’enracinement d’un projet de société et la construc­tion d’un parti qui le porte ne sont pas d’abord le pro­duit d’un tra­vail d’éducation poli­tique et de prise de parole publique mais sont liés aux com­bats concrets qui seront menées par la popu­la­tion du Québec pour ses reven­di­ca­tions dans le sens d’une trans­for­ma­tion sociale véri­table. Québec soli­daire est devant un défi essen­tiel : offrir un projet alter­na­tif de gauche au cœur même de la résis­tance popu­laire.

Par son mem­ber­ship, Québec soli­daire repré­sente donc une force trans­ver­sale aux mou­ve­ments sociaux. Son action vise à favo­ri­ser l’autonomie des mou­ve­ments sociaux face aux partis du patro­nat, à défendre l’unité dans l’action des dif­fé­rents mou­ve­ments sociaux et à défendre la consti­tu­tion d’un front social et poli­tique uni­taire de résis­tance. » Pourquoi ce projet serait-il voué à l’échec ?

La bureau­cra­ti­sa­tion et l’électoralisme comme fata­lité ?

L’UCL voit QS dans une nuit de la social-démo­cra­tie où tous les chats sont gris. Mais il faut nuan­cer. Chavez mérite d’être cri­ti­qué, par­fois très sévè­re­ment, mais, contrai­re­ment à ce que sous-entend l’UCL, il n’est pas Lula. Plus impor­tant pour notre propos, QS dit vou­loir dépas­ser le capi­ta­lisme à une époque où les partis sociaux-démo­crates (sociaux-libé­raux) qui appliquent les plans d’austérité en Espagne, en Grèce et ailleurs ont depuis long­temps for­mel­le­ment renié toute volonté de dépas­se­ment du capi­ta­lisme. Ça n’est pas tout, mais ce n’est pas rien non plus !

Il est donc selon nous beau­coup plus juste de repla­cer notre parti dans une gauche de la gauche qui tente d’émerger inter­na­tio­na­le­ment et qui regroupe des partis tels que le Nouveau Parti anti­ca­pi­ta­liste et le Parti de Gauche en France, Die Linke en Allemagne ou encore le Bloc de Gauche au Portugal. Dans cette mou­vance co-existent des pers­pec­tives plus élec­to­ra­listes alors que d’autres sont axées sur une poli­tique d’auto-émancipation et de (re)construction de la classe des tra­vailleurs-ses.

L’UCL nous met en garde contre le risque de voir un déta­che­ment entre une stra­té­gie élec­to­ra­liste et une autre « pro-rue ». Mais, en fait, les ten­dances à l’électoralisme existent depuis long­temps au sein du parti et pré­cèdent même sa créa­tion ! Elles y existent pour les même raison qu’elles existent dans la société : parce que, comme nous l’avons dit dans notre inter­ven­tion pré­cé­dente, pour une large partie de la popu­la­tion la confron­ta­tion gauche-droite et ulti­me­ment les rap­ports de force entre classes se jouent encore dans le champ élec­to­ral.

Mais une contre-ten­dance existe aussi au sein du parti. Lors de son avant der­nier congrès les délé­gués ont lar­ge­ment rejeté une pro­po­si­tion d’alliance élec­to­rale avec le PQ. De plus, une large part des mili­tants-es actifs de QS pro­viennent « de la rue » et sont enga­gés dans divers mou­ve­ments sociaux : Organisations de défense col­lec­tive des droits, orga­nismes fémi­nistes, syn­di­caux, éco­lo­gistes, col­lec­tifs anti­ca­pi­ta­listes, etc. C’est encore trop peu, mais ce sont des ten­dances que nous devons contri­buer à sup­por­ter au sein du parti. Ainsi, la « rue » et les « urnes » ne sont pas des espaces que nous sépa­rons méca­ni­que­ment et nous tra­vaillons afin que notre orga­ni­sa­tion l’assume pro­gres­si­ve­ment.

Par ailleurs, encore une fois, il faut sépa­rer élec­to­ra­lisme (qui implique de croire pou­voir chan­ger la société, la trans­for­mer et ren­ver­ser les rap­ports de force entre classes uni­que­ment par les voies par­le­men­taires) et par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions (ce qui ne résout pas les contra­dic­tions entre les classes, mais les posent). Bien que nous soyons conscients des dan­gers que cela implique, nous ne croyons pas que le simple fait de par­ti­ci­per aux élec­tions mène auto­ma­ti­que­ment à l’électoralisme, pas plus que la for­ma­tion d’un parti implique qu’il devien­dra néces­sai­re­ment une bureau­cra­tie étouf­fant toute vie démo­cra­tique à l’interne.

La bureau­cra­ti­sa­tion et l’électoralisme ne sont pas des fata­li­tés. Il s’agit de ten­dances, que l’État et le capi­tal tentent tou­jours de ren­for­cer et qui existent autant dans le champ syn­di­cal que dans le champ poli­tique et ailleurs. Mais, jus­te­ment, cela demeure des ten­dances. Il s’agit de pro­ces­sus contra­dic­toires à l’intérieur des­quels les indi­vi­dus et les groupes peuvent agir. Nous refu­sons donc de natu­ra­li­ser l’autoritarisme et la bureau­cra­ti­sa­tion des partis. Ça n’est pas natu­rel : il s’agit de pro­ces­sus sociaux sur les­quels nous avons au moins par­tiel­le­ment prise. QS demeure un pro­ces­sus ouvert, qui ne s’est pas encore cris­tal­lisé et dans lequel nous pen­sons devoir nous ins­crire en ayant en main les erreurs et les réus­sites du passé pour nous aider, tant bien que mal, à éclai­rer l’avenir.

Face à l’inconnu, une bous­sole col­lec­tive

Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes entrés dans une nou­velle période, après une défaite poli­tique his­to­rique des espoirs révo­lu­tion­naires du XXe siècle et trois décen­nies de néo­li­bé­ra­lisme. Nous entre­pre­nons un long tra­vail de recons­truc­tion. Nous savons qu’il n’y a pas de cer­ti­tude ni de recette pour chan­ger le monde. Si nous avons des points de repères théo­riques, nous savons aussi que les points de rup­tures avec le capi­ta­lisme devront être trou­vés dans la pra­tique, dans une longue marche qui va com­por­ter des avan­cées et des reculs.

Notre enga­ge­ment dans QS a sa part de risques. Mais, nous refu­sons le confort de la marge, Nous vou­lons contri­buer à faire de QS un parti des urnes et de la rue qui nous permet de réflé­chir – et par­fois de nous trom­per ! – ensemble. Il faut conti­nuer d’en faire une bous­sole qui nous sert à avan­cer sur les terres incon­nues du renou­veau de la gauche anti­ca­pi­ta­liste.

Solidairement, en notre propre nom :

  • Xavier Lafrance
  • Jean Pierre Roy
  • José Bazin
  • Cynthia Bergeron
  • Antoine Casgrain
  • Daryl Hubert
  • Philippe Lemmi
  • Véronique Martineau
  • Christian Pépin
  • Marie-Eve Rancourt
  • Roger Rashi
  • Benoit Renaud
  • Bernard Rioux
  • Jessica Squires
  • Alvaro Vargas
  • Jonathan Vallée-Payette

Membres de Québec Solidaire

Notes

[1] La der­nière contri­bu­tion de leur part en notre direc­tion se trouve ici : http://​www​.cau​se​com​mune​.net/​a​c​tuali…

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