Un Octobre pour nous, pour la Russie et pour le monde entier

Mis en ligne le 08 mai 2010

par Alexander Buzgalin

Un Octobre pour nous, pour la Russie et pour le monde entier (Appel lancé par dix-sept intel­lec­tuels et artistes russes)

Il n’est pas éton­nant que l’imminent quatre-vingt-dixième anni­ver­saire de la Révolution d’Octobre soit devenu l’objet d’une atten­tion mon­diale. Les évé­ne­ments d’octobre 1917 furent en effet le trem­ble­ment de terre qui secoua le monde, bou­le­ver­sant ses fon­da­tions éco­no­miques, sociales et culturelles.

Beaucoup de media ont dépeint ce phé­no­mène his­to­rique et mon­dial comme un simple coup d’état ourdi par une poi­gnée de conspi­ra­teurs et d’aventuriers aidés par les ser­vices secrets de l’Ouest. Toutes sortes de rumeurs ont cir­culé – men­songes, dis­tor­tions, calomnies—sur les par­ti­ci­pants et les diri­geants de cet évé­ne­ment capi­tal. On a resorti les vieilles fables qui accu­sèrent Lénine et Trotsky d’avoir été des agents au ser­vice de l’étranger, de l’Allemagne et des Anglo-Saxons res­pec­ti­ve­ment, bien que celles-ci aient été reje­tées par les som­mi­tés intel­lec­tuelles de plu­sieurs pays. Par ailleurs, le peuple russe a été dépeint comme un jouet déri­soire entre les mains d’ “extré­mistes révo­lu­tion­naires” alors que la révo­lu­tion n’aurait pu ni com­men­cer ni triom­pher sans le concours déci­sif du peuple.

Octobre n’est pas une conspi­ra­tion mais une révo­lu­tion sociale

La Révolution d’Octobre n’a pas été le fait de conspi­ra­teurs ou d’agents secrets au ser­vice de l’étranger. Elle fut un trem­ble­ment de terre, un oura­gan, un tsu­nami que per­sonne n’aurait pu pro­vo­quer par un simple appel. La révo­lu­tion naquit de la logique interne des évé­ne­ments quand les sources mul­tiples du mécon­ten­te­ment popu­laire ont convergé en un seul tor­rent tout-puis­sant. L’interpréter comme le pro­duit d’une conspi­ra­tion est pour le moins étrange : à sup­po­ser que cela soit vrai, com­ment expli­quer la mise en place rapide d’un gou­ver­ne­ment cen­tral dans un pays immense et le sou­tien du peuple russe qui le défen­dit par les armes pen­dant la guerre civile ?

Pour quelqu’étrange raison, les cri­tiques du “Coup d’Octobre” ont oublié la crise pro­fonde dans laquelle la Russie était plon­gée par la monar­chie tsa­riste et le Gouvernement Provisoire qui lui suc­céda. Obnubilés par le slogan “Guerre à outrance jusqu’à la vic­toire finale !”, les auto­ri­tés ont refusé de recon­naître les besoins réels de la popu­la­tion. Les cri­tiques ont éga­le­ment oublié la dés­in­té­gra­tion spon­ta­née de la monar­chie à la veille de la révo­lu­tion en dépit de preuves directes telles que les intrigues et conflits deve­nus mon­naie cou­rante à la cour tsa­riste, les défaites mili­taires, et fina­le­ment l’abdication de Nicholas II, auto­crate et Commandant en chef de l’Armée russe. Le gou­ver­ne­ment bour­geois qui rem­plaça la monar­chie se révéla tout aussi impuis­sant devant les grands défis du jour : paix et redis­tri­bu­tion des terres.

Octobre 1917 a marqué la culmi­na­tion de la grande révo­lu­tion sociale du XXè siècle. Elle fut diri­gée par les social-démo­crates révo­lu­tion­naires qui, avant les autres, recon­nurent les besoins et aspi­ra­tions du peuple, pro­blème cru­cial dont le sort de la Russie dépen­dait. Parmi les diri­geants il y eut bien entendu Vladimir Ulyanov-Lénine et ses proches collaborateurs.

Aucun des diri­geants de la Révolution d’Octobre n’était par­fait et il est injuste de les démo­ni­ser comme de les idô­la­trer. Les calom­nies dont on les accable aujourd’hui n’ont aucun fon­de­ment. Ils n’étaient au ser­vice de per­sonne sauf de leur idéal. Aucune des ten­ta­tions maté­rielles telles que l’argent ou les amé­ni­tés qui accom­pagnent une pros­pé­rité phi­lis­tine ne les inté­res­sait. Ils mesu­raient leur vie selon le stan­dard suprême du dévoue­ment au ser­vice de la liberté et du bon­heur des oppri­més et des démunis.

Les révo­lu­tions ne peuvent pas être réduites à un acte de violence

La Révolution d’Octobre est sou­vent assi­mi­lée à une vio­lente prise de pou­voir. Or le “ren­ver­se­ment” à Petrograd ne fit que quelques pertes humaines. Bien que nous soyons contre la vio­lence, nous devons recon­naître qu’elle est inévi­table à des stades spé­ci­fiques de déve­lop­pe­ment social, en situa­tion d’antagonismes de classes et de nations. Les révo­lu­tions sont en effet accom­pa­gnées de vio­lence comme ce fut le cas aux Pays-Bas, en Angleterre ou en France et ailleurs. L’abolition de l’esclavage aux USA se fit dans le cadre du conflit le plus meur­trier du dix-neu­vième siècle. En Russie, la fin de la féo­da­lité donna éga­le­ment lieu à des guerres et des révolutions.

Cependant ces évé­ne­ments ne résul­tèrent pas de machi­na­tions ou d’intrigues poli­tiques, mais de la crise d’un sys­tème tel­le­ment obso­lète qu’aucune pra­tique évo­lu­tion­naire ne pou­vait sauver. Le peuple est acculé à la vio­lence dans des cir­cons­tances spé­ci­fiques : quand la classe domi­nante aveu­glée par sa cupi­dité et ses pri­vi­lèges n’a cure du bien-être de la popu­la­tion. Dans ces condi­tions, les dépos­sé­dés n’avaient d’autre recours que de prendre leur des­ti­née dans leurs propres mains. C’est la prin­ci­pale leçon que la Révolution Russe nous ensei­gna au XXè siècle.

Dans le même temps, la révo­lu­tion sociale ne peut se réduire à la seule vio­lence, par­ti­cu­liè­re­ment la vio­lence par les armes, car son objec­tif final est de jeter les bases d’un monde nou­veau, de créer de meilleures condi­tions de vie pour tout le monde, pas seule­ment pour les élites sociales. Une telle révo­lu­tion est en fait la loco­mo­tive de l’histoire : elle accé­lère les progrès.

Ce que la Révolution d’Octobre nous a apporté

L’histoire nous a montré de nom­breux exemples de conflits entre le tra­vail et le capi­tal. Ce n’est qu’en Russie que ce conflit a eu une portée aussi grande. La Russie devint ainsi l’épicentre du déve­lop­pe­ment mon­dial où les grandes ques­tions contem­po­raines inter­sectent, et où la mala­die fon­da­men­tale du capi­ta­lisme, le conflit tra­vail-capi­tal, a été résolu. Seuls les tra­vailleurs russes eurent la volonté et le pou­voir de résoudre ce conflit non seule­ment en balayant le capi­ta­lisme mais sur­tout en amor­çant la tran­si­tion vers un sys­tème social pro­gres­siste, le socialisme.

Comme la Commune de Paris avant elle, la Révolution d’Octobre a donné le pou­voir aux classes les plus dépos­sé­dées, les ouvriers et les pay­sans, et aux membres de l’intelligentsia dévoués à leur cause. La révo­lu­tion fit du soviet la forme la plus démo­cra­tique du pou­voir poli­tique, donna la paix à une popu­la­tion épui­sée par les guerres, la terre à ceux qui la cultivent et l’auto-détermination aux mino­ri­tés. En don­nant à des mil­lions de tra­vailleurs la pro­mo­tion qui leur permit de deve­nir des membres actifs de la société, la révo­lu­tion a clai­re­ment montré que “les élites” n’étaient plus les seuls archi­tectes de l’histoire.

Sur le plan inter­na­tio­nal, la Révolution d’Octobre mit en oppo­si­tion deux sys­tèmes sociaux dont l’antagonisme sera déter­mi­nant dans le déve­lop­pe­ment de l’humanité. La Révolution ins­pira de nom­breux mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale qui pré­ci­pi­tèrent la fin des empires colo­niaux, pro­vo­qua des réformes dans les pays capi­ta­listes et hâta la fin des régimes monarchiques.

La Révolution mit en mou­ve­ment une notion uni­fi­ca­trice supra-natio­nale et supra-confes­sion­nelle, la notion de libé­ra­tion sociale et de jus­tice. Pour la pre­mière fois dans l’histoire se créa une union volon­taire de peuples égaux, l’URSS. Les idéaux et ini­tia­tives d’Octobre étaient en accord avec les objec­tifs vitaux de nom­breux géants de la science et des arts – Timiryazev et Vernadsky, Platonov et Mayakowsky, Sholokov et Eisenstein. Cette marche vers la société socia­liste de demain fut acti­ve­ment sou­te­nue par des som­mi­tés du XXè siècle telles que George Bernard Shaw, Picasso, Einstein et Tsiolkovsky.

Diversité de l’histoire soviétique

La Révolution d’Octobre marqua la nais­sance de l’histoire sovié­tique qui ne prit pas la voie tran­quille d’un Nevsky Prospekt. L’histoire sovié­tique est faite de grandes réa­li­sa­tions comme d’échecs tra­giques. Nous savons qu’une guerre civile san­glante accom­pa­gnée d’interventions étran­gères de Terreur Blanche et de Terreur Rouge éclata après le trans­fert pour la plu­part paci­fique du pou­voir aux travailleurs.

Manquant d’expérience, les auto­ri­tés sovié­tiques firent beau­coup d’erreurs. L’une d’elles fut la poli­tique de “com­mu­nisme de guerre” issue de la crise natio­nale. À leur crédit, les bol­she­viks la reje­tèrent ensuite au profit d’une Nouvelle Politique Economique – le pre­mier modèle his­to­rique qui com­bina avec succès les prin­cipes du socia­lisme et ceux du capi­ta­lisme. Plusieurs aspects de cette NPE furent plus tard uti­li­sés dans le déve­lop­pe­ment de quelques pays euro­péens et en Chine moderne. Le NPE faci­lita la recons­truc­tion du pays et le relan­ce­ment de la pro­duc­tion natio­nale qui rat­trapa le niveau d’avant-guerre.

Se basant sur les succès du NPE, Lénine mit sur pied un plan éco­no­mique et poli­tique de redres­se­ment natio­nal. Celui-ci devait avant tout balayer les obs­tacles à la pro­duc­tion de l’énergie, à la pro­mo­tion de la culture et de l’éducation, objec­tifs impor­tants au XXè siècle et qui le demeurent aujourd’hui. Ces chan­ge­ments pré­sup­po­saient la démo­cra­ti­sa­tion du sys­tème poli­tique qui don­ne­rait aux ouvriers un rôle domi­nant dans les affaires de l’Etat ainsi qu’une refonte du Parti. Un des pro­jets de Lénine fut aussi le rem­pla­ce­ment de Joseph Staline au poste de secré­taire géné­ral car celui-ci mani­fes­tait déjà des ten­dances à la déloyauté, à la gou­ja­te­rie et à l’abus de pouvoir.

Ce projet ne se réa­lisa pas. Tout en se pro­cla­mant socia­liste, un régime auto­ri­taire incom­pa­tible avec le socia­lisme fut conso­lidé après la mort de Lénine. La liberté poli­tique des citoyens que pro­clama la Révolution fut violée. Le prix de l’industrialisation et du col­lec­ti­visme forcé devint exor­bi­tant. Bref, le pou­voir popu­laire des pre­mières années de la Révolution céda la place à la bureau­cra­tie sta­li­nienne. Nous consi­dé­rons que les répres­sions mas­sives et le viol des droits humains comme ceux des natio­na­li­tés de l’Union Soviétique sont des crimes qui dis­cré­di­tèrent la Révolution et son idéal socialiste.

Mais le fai­sant, nous reje­tons les men­songes dégui­sés en trai­tés aca­dé­miques ainsi que la pro­pa­gande hon­teu­se­ment par­tiale dont toute l’histoire sovié­tique est vic­time. Celle-ci est diverse. Des ten­dances démo­cra­tiques et bureau­cra­tiques se heur­tèrent et se suc­cé­dèrent. Ainsi, les liber­tés du NPE furent rem­pla­cées par le tota­li­ta­risme sta­li­nien qui, à son tour, engen­dra la “détente Khrushchev”. Plus tard le des­po­tisme de Brezhnev fut rem­placé par la “per­es­troika” dont le but était la créa­tion d’un socia­lisme démo­cra­tique et humain.

L’histoire de tout pays est sujet à débats. La cruauté de l’esclavage et des guerres colo­niales valent bien les gulags sovié­tiques. Pourtant, nous ne pou­vons nier les réa­li­sa­tions sociales et cultu­relles des USA, de l’Angleterre et de la France. Pourquoi donc ne pas recon­naître les succès du peuple sovié­tique, sa vic­toire sur le fas­cisme, sa culture et sa lit­té­ra­ture, ses lois sociales et son sys­tème sco­laire, son rôle de pion­nier de l’espace ? Il ne faut pas oublier que la Révolution d’Octobre libéra une éner­gie créa­trice sans pré­cé­dent, qu’elle mobi­lisa les masses à la construc­tion d’une nou­velle société, qu’elle sti­mula les décou­vertes tech­no­lo­giques et scien­ti­fiques, qu’elle donna un sens concret à l’internationalisme et qu’elle donna aux classes sociales les plus déshé­ri­tées accès à la culture tant natio­nale que mon­diale. Tout cela, nous le devons au roman­tisme révo­lu­tion­naire et à l’héroïsme de tout le peuple soviétique.

Pourquoi le Modèle Soviétique échoua

Il faut noter que nous avons toute une gamme de points de vue dif­fé­rents concer­nant le sys­tème social de l’Union Soviétique. Cependant nous sommes d’accord pour penser que les prin­cipes de pou­voir popu­laire, d’internationalisme, de jus­tice et d’humanisme nés de la Révolution d’Octobre ayant été négli­gés voire même reje­tés, la construc­tion du socia­lisme était vouée à l’échec. C’est ce qui arriva en Union Soviétique.

Les entraves impo­sées par le régime tota­li­taire réduirent l’esprit d’initiative ainsi que les pos­si­bi­li­tés de crois­sance éco­no­mique. Il en résulta une pénu­rie des pro­duits de consom­ma­tion qui ampli­fia l’écart entre le niveau de vie des Soviétiques et celui des tra­vailleurs des pays déve­lop­pés. Une autre cause de la chute du Système Soviétique fut l’absence de démo­cra­tie éco­no­mique et poli­tique au moment même où le monde entier connais­sait une révo­lu­tion dans le domaine de la tech­no­lo­gie et de l’information. Les diri­geants de la bureau­cra­tie et du Parti s’aliénèrent le sou­tien des tra­vailleurs et les ouver­tures ten­tées pen­dant la période de per­es­troika n’eurent pas les effets escomp­tés. La chute de l’Union Soviétique était consom­mée. Des forces poli­tiques sai­sirent le moment pour entre­prendre la dis­so­lu­tion de l’URSS et impo­ser à la Russie une oli­gar­chie capi­ta­liste d’une grande cruauté dont les résul­tats mar­quants furent le chô­mage géné­ra­lisé, la chute du niveau de vie, une pro­fonde stra­ti­fi­ca­tion sociale, un natio­na­lisme déchaîné et une cri­mi­na­lité épidémique.

L’échec du modèle social sovié­tique ne signi­fie pas que les idéaux d’Octobre étaient erron­nés. Nous pou­vons dire par exemple que le chris­tia­nisme n’a pas plus engen­dré l’Inquisition que le socia­lisme n’a engen­dré le sta­li­nisme. Le socia­lisme ne peut être construit en un jour. Une nou­velle géné­ra­tion de jeunes s’est levée pour reje­ter le capi­ta­lisme. Nous avons toutes les rai­sons d’espérer que cette géné­ra­tion saura insuf­fler une vie nou­velle aux idéaux de la Révolution d’Octobre.

De quoi dépend la gran­deur de la Russie moderne ?

Les idéaux de la Révolution d’Octobre ont non seule­ment rallié les pro­lé­ta­riens inter­na­tio­na­listes mais aussi les avo­cats d’un État russe fort et moderne. Ces idéaux ont ouvert la voie pour tous ceux qui sou­hai­taient pro­mou­voir la culture natio­nale hors des fron­tières, pour tous les patriotes et tous ceux qui étaient prêts à défendre la patrie sovié­tique contre toute menace. La puis­sance d’une telle fer­veur fut démon­trée pen­dant la Grande Guerre Patriotique (la IIè guerre mon­diale) quand la sou­ve­rai­neté de l’URSS et les conquêtes de la Révolution devaient être défendues.

La Révolution d’Octobre a démon­tré l’enthousiasme du peuple Russe pour un modèle de déve­lop­pe­ment non capi­ta­liste. La consi­dé­rer comme un com­plot tramé par des extrê­mistes ne fait qu’alimenter la dan­ge­reuse pro­pa­gande anti-russe selon laquelle, par son insta­bi­lité, la Russie serait une menace per­ma­nente dans le monde : rien de posi­tif n’en sor­ti­rait. Ce pays devrait être bridé, et ses richesses natu­relles, son éner­gie poten­tielle et ses res­sources intel­lec­tuelles contrô­lées et exploitées.

La Russie moderne devra posé­ment éva­luer ces pro­vo­ca­tions et main­te­nir le cap. La gran­deur de la Russie ne dépend pas de son abi­lité à copier les modèles étran­gers mais de sa confiance envers ses propres forces créa­trices et, sans chau­vi­nisme natio­nal, de sa faculté d’assimiler les connais­sances, les expé­riences et les cultures du monde entier.

La Russie est capable de rede­ve­nir une grande puis­sance que ses riveaux devront res­pec­ter. Mais ce redres­se­ment n’aura lieu que si le pays balaie la pau­vreté et les pro­fondes stra­ti­fi­ca­tions sociales, amé­liore de manière qua­li­ta­tive la vie de ses citoyens, élar­git leurs droits sociaux et démo­cra­tiques tout en rete­nant ce que le passé a pro­duit de meilleur.

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Il est dif­fi­cile de sur­es­ti­mer l’importance de la Révolution d’Octobre. Ses réa­li­sa­tions posi­tives sont évi­dentes. Un tiers de l’humanité s’est ache­miné sur la voie ouverte par la révo­lu­tion. Beaucoup de pays conti­nuent de pro­gres­ser aujourd’hui, tirant des leçons des défaites et des tra­gé­dies du passé. Octobre a prouvé qu’un monde plus juste est pos­sible. Des forces sociales ou poli­tiques, de nom­breux peuples et pays oeuvrent dans cette voie. Des trans­for­ma­tions révo­lu­tion­naires se mani­festent avec force en Amérique Latine et en Asie.

La Révolution d’Octobre était et demeure notre destin et nous ne pou­vons reje­ter cette part d’une impor­tance cru­ciale de notre his­toire russe. Partout et tou­jours des erreurs ont été com­mises, et les grandes révo­lu­tions du passé ne font pas excep­tion. Pourtant, les anni­ver­saires de ces révo­lu­tions sont des fêtes natio­nales. La Russie consti­tue la seule excep­tion : le déni­gre­ment de notre passé révo­lu­tion­naire se perpétue.

À la veille du quatre-vingt-dixième anni­ver­saire de la Révolution d’Octobre, nous nous éle­vons contre cette pra­tique. Le peuple mérite sa fête révo­lu­tion­naire, et que la vérité auquel il a droit lui revienne. N’oublions pas que nous appar­te­nons à un pays dont l’histoire com­porte une grande révo­lu­tion. Nous pou­vons et devons en être fiers.

V. Arslanov, Docteur en Beaux-Arts, Académie russe de l’éducation G. Bagaturyia, Docteur en phi­lo­so­phie, Université d’Etat de Moscou A. Buzgalin, Docteur en eco­no­mie, Université d’Etat de Moscou S. Dzarazov, Docteur en éco­no­mie, Académie russe des sciences A. Galkin, Docteur en his­toire, Académie russe des sciences L. Istyagin, Docteur en his­toire, Académie russe des sciences V. Kelle, Docteur en phi­lo­so­phie, Académie russe des sciences A. Kolganov, Docteur en éco­no­mie, Université d’Etat de Moscou V. Loginov, Docteur en his­toire, Académie russe de l’éducation R. Medvedev, Docteur en his­toire E. Rudyk, Docteur en éco­no­mie, Académie russe du tra­vail Z. Serebryakova, Docteur en his­toire M. Shatrov, écri­vain B. Slavin, Docteur en phi­lo­so­phie, University péda­go­gique d’Etat de Moscou O. Smolin, Docteur en phi­lo­so­phie, MP M. Voyeikov, Docteur en éco­no­mie, Académie russe des sciences A. Vorobiev, aca­dé­mi­cien, Académie russe des sciences

(Traduit de l’anglais par Guy Langloy)

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