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Un message important de la FFQ

Par Mis en ligne le 29 avril 2011

Pendant des années, nous avons senti le vent de la droite nous souf­fler dans le dos, et nous avons craint l’arrivée au pou­voir des idées conser­va­trices qui, disions nous, allaient faire recu­ler nos droits. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une simple inquié­tude. La droite s’est ins­tal­lée au pou­voir et même dans cer­tains médias. Les effets néfastes de cette droite sur la qua­lité de vie des femmes ne sont plus à démon­trer. Depuis 2004, le Canada ne cesse de recu­ler dans les index inter­na­tio­naux d’égalité, pas­sant du 7e rang au 25e rang en 2009, selon l’indice d’inégalité entre les sexes établi par le Forum éco­no­mique mon­dial. Cette dégrin­go­lade n’est pas le fruit du hasard, c’est le fait d’orientations antiféministes. 

La FFQ, n’échappe mal­heu­reu­se­ment pas à ce mou­ve­ment de droite, et vit actuel­le­ment d’importantes crises qui doivent êtres prises très au sérieux, car elles menacent notre survie même. 

Crise finan­cière : perte de plus du tiers de notre budget annuel

Aujourd’hui, la droite morale trans­forme le visage de notre démo­cra­tie en muse­lant la cri­tique et en pri­vant de sub­ven­tions les groupes qui défendent d’autres valeurs. Depuis les trois der­nières années, la FFQ béné­fi­ciait d’une sub­ven­tion fédé­rale de Condition fémi­nine Canada. Cette sub­ven­tion, qui repré­sen­tait près du tiers de notre budget annuel, a pris fin le 31 mars der­nier. Les règles d’admissibilité à ce pro­gramme de sub­ven­tion ont été modi­fiées de sorte que les acti­vi­tés de défense des droits ne peuvent plus êtres sub­ven­tion­nées. Ainsi, il y a peu de chance que la FFQ soit admis­sible à une nou­velle sub­ven­tion de Condition fémi­nine Canada. 

Crise de légi­ti­mité : des attaques médiatiques

Depuis quelques années, un anti­fé­mi­nisme s’affiche ouver­te­ment dans cer­tains médias et se tra­duit par un climat de méfiance envers la FFQ. Il est main­te­nant permis d’exprimer une cer­taine hos­ti­lité à l’encontre des idées fémi­nistes. De plus, les médias se font sou­vent l’écho d’un dis­cours qui prône l’idée que l’égalité est atteinte et que le fémi­nisme est dépassé. Cette per­cep­tion est de plus en plus dif­fi­cile à défaire dans l’opinion publique. Pourtant, toutes les sta­tis­tiques indiquent que nous avons encore bien du chemin à faire avant de pou­voir affir­mer que l’égalité est atteinte. Pensons seule­ment à l’écart sala­rial qui per­dure entre les femmes et les hommes, sans parler du nombre de femmes pré­sentes (ou absentes) dans les hautes sphères du pou­voir. Néanmoins, la per­ti­nence de nos luttes est sou­vent remise en ques­tion et il n’est pas tou­jours bien vu d’être fémi­niste de nos jours. 

Crise poli­tique : l’enracinement des idées conservatrices

Cinq années de gou­ver­nance conser­va­trice laissent des traces. Depuis son arri­vée au pou­voir, le gou­ver­ne­ment Harper a, petit à petit, déman­telé plu­sieurs pro­grammes ou mesures qui visaient les droits des femmes, il a ainsi :

  • annulé le pro­gramme natio­nal de finan­ce­ment des ser­vices de garde,
  • mul­ti­plié les pro­jets de loi remet­tant en ques­tion le libre choix en matière d’avortement et cessé de finan­cer ces ser­vices au niveau de l’aide internationale,
  • aboli le finan­ce­ment des acti­vi­tés de défense de droits des femmes pour faire taire des voix cri­tiques, fermé 12 des 16 bureaux régio­naux de Condition fémi­nine Canada,
  • cessé de recon­naître le tra­vail invi­sible des femmes en sup­pri­mant des ques­tions sur le tra­vail gra­tuit dans le recensement,
  • pro­posé des réformes par­ti­cu­liè­re­ment res­tric­tives pour les réfu­giées vic­times de vio­lence sexiste ou homophobe,
  • remis en ques­tion le droit à l’équité salariale,
  • financé des groupes reli­gieux conservateurs,
  • tra­vaillé d’arrache- pied pour abolir le registre des armes à feu, qu’il promet d’abolir s’il devient majoritaire. 

Se serrer les coudes

Vous sou­ve­nez-vous de ce slogan : « Coude à coude, sans relâche, pas ques­tion que les femmes lâchent ! »Il me revient constam­ment en tête. Car malgré les crises qui nous secouent, je sais que nous pou­vons être fortes lorsque nous sommes ensemble. Alors, toutes les fois où je dois me pré­sen­ter devant les médias ou devant le gou­ver­ne­ment pour défendre les droits des femmes, j’ai cette image de nous toutes, coude à coude, et je sais que nous avons raison de ne pas lâcher. 

Nous enta­me­rons dès ce prin­temps, les États géné­raux de l’action et de l’analyse fémi­niste, un projet qui sera déter­mi­nant pour l’avenir de la FFQ et du mou­ve­ment des femmes. Après plu­sieurs années d’actions et de mobi­li­sa­tions, le moment est venu de faire le point sur nos pra­tiques, de par­ta­ger nos ana­lyses et de revoir nos prio­ri­tés à la lumière de l’évolution du mou­ve­ment et de la société. Cela per­met­tra aussi à la FFQ de se repo­si­tion­ner dans l’espace public et d’être mieux outillée pour faire face à la droite éco­no­mique et morale. 

Présentement, toutes les ins­tances de la FFQ sont en action et nous tra­vaillons toutes pour sortir la FFQ de cette mau­vaise tour­mente. Je ne vous cache­rais pas que la FFQ vit des moments de grande fra­gi­lité. C’est pour­quoi, aujourd’hui, je vous lance ce mes­sage si important :

  • Aidez la FFQ à résoudre sa crise finan­cière en fai­sant un don dès main­te­nant. Votre appui contri­buera à ren­ver­ser l’idée que l’égalité est atteinte et que les orga­ni­sa­tions comme la FFQ n’ont plus leur raison d’être. 
  • Convainquez une amie ou un ami de faire un don à la FFQ.
  • Participez à la cam­pagne élec­to­rale en cours, d’abord en allant voter et en essayant de convaincre votre entou­rage de voter en faveur des droits des femmes et de la jus­tice sociale.

Ensemble nous pour­rons y arri­ver, coude à coude, nous avons raison de ne pas lâcher !

Merci de votre appui et de votre solidarité,

Alexa Conradi, Présidente


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