Bilan de la Marche mondiale des femmes

Un franc succès

Par Mis en ligne le 20 octobre 2010

Montréal, le 19 octobre 2010 – La Coordination du Québec de la Marche mon­diale des femmes (CQMMF) dresse un bilan très posi­tif de sa par­ti­ci­pa­tion à la troi­sième action inter­na­tio­nale de la MMF.

Après avoir dit publi­que­ment qu’elle ne pou­vait donner ni réponses rapides, ni réponses satis­fai­santes à la Marche mon­diale des femmes, la ministre de la Culture, des Communication et de la Condition fémi­nine, Christine St-Pierre, a été contrainte par la MMF de donner des réponses à ses reven­di­ca­tions. La Ministre avait raison sur une chose, les réponses gou­ver­ne­men­tales n’étaient pas satis­fai­santes (voir la courte ana­lyse de la CQMMF en cli­quant ici).

« Aux réponses inac­cep­tables, la meilleure réac­tion pos­sible est venue des mili­tantes et des mili­tants : 10 000 per­sonnes se sont pré­sen­tées à Rimouski plutôt que les 5000 atten­dues, un nombre his­to­rique pour un ras­sem­ble­ment en dehors des grands centres urbains. C’est un mes­sage puis­sant indi­quant au gou­ver­ne­ment qu’il doit refaire ses devoirs », d’affirmer Alexa Conradi, pré­si­dente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole de la Marche mon­diale des femmes. « Le mou­ve­ment fémi­niste a, encore une fois, fait la preuve qu’il met de l’avant des reven­di­ca­tions por­tées par des mil­liers de Québécoises et de Québécois de tous les milieux », pour­suit-elle.

Avec cette marche, on a pu obser­ver la grande indif­fé­rence et arro­gance des deux paliers de gou­ver­ne­ment face aux idées appor­tées par les mar­cheuses. Ces der­nières ont tou­te­fois démon­tré leur déter­mi­na­tion à faire avan­cer les droits des femmes ainsi que les condi­tions favo­ri­sant une plus grande éga­lité. « Le mou­ve­ment fémi­niste a déjà tiré des leçons du passé et sait qu’en res­tant de gen­tilles filles, les femmes gagnent peu. Elles ont donc expé­ri­menté, pour la pre­mière fois dans l’histoire de la Marche mon­diale des femmes au Québec, l’utilisation de moyens d’action plus déran­geants. On pense ici à du pla­car­dage de bureaux, à la prise de ponts, au blo­cage de rues, au déploie­ment de ban­nières géantes au-dessus de routes, à l’engorgement des sys­tèmes de plaintes et à l’occupation de bureaux ; le tout s’ajoutant à des confé­rences, soi­rées cultu­relles, marches et mani­fes­ta­tions tra­di­tion­nelles. « Les mili­tantes sont très fières d’avoir fait l’usage de nou­veaux types d’actions plus déran­geants et comptent pour­suivre dans la même veine », de lancer Madame Conradi.

Par leurs reven­di­ca­tions et par leurs actions, les mar­cheuses ont contri­bué à ouvrir des débats de société incon­tour­nables sur le rôle du privé et de la tari­fi­ca­tion dans le sys­tème de santé, l’augmentation des frais de sco­la­rité, les effets nocifs des publi­ci­tés sexistes, la lutte à la pau­vreté, la néces­sité de reve­nir à des cours d’éducation sexuelle à l’école, la mili­ta­ri­sa­tion, le recru­te­ment mili­taire et la guerre en Afghanistan, la défense du droit des femmes au libre choix en matière d’avortement et l’attitude du gou­ver­ne­ment cana­dien à propos de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autoch­tones.

La MMF a fait un usage actif des réseaux sociaux sur le web, notam­ment pour la dif­fu­sion de cap­sules qui ont été vision­nées près de 75 000 fois. « Nous sommes fières d’avoir uti­lisé des moyens de com­mu­ni­ca­tions modernes et dyna­miques per­met­tant à la popu­la­tion d’interagir direc­te­ment avec nous tout en four­nis­sant aux médias de la matière à débat », de décla­rer Madame Conradi. Le but de la cam­pagne de cap­sules allait en ce sens : pro­vo­quer des débats, de manière sati­rique ou grin­çante, sur des pro­blèmes vécus par les femmes ou sur les condi­tions per­met­tant à l’égalité de se concré­ti­ser. Certes, ces cap­sules d’une minute ne peuvent pas, à elles seules, résu­mer toute la com­plexité des reven­di­ca­tions ni la pro­fon­deur des pers­pec­tives fémi­nistes sur ces ques­tions, mais elles ont le mérite d’avoir contri­bué à faire avan­cer des débats de société.

Les membres de la Coordination du Québec de la Marche mon­diale des femmes se réuni­ront en jan­vier pour éla­bo­rer de nou­veaux pro­jets. Pendant ce temps, les groupes por­teurs des reven­di­ca­tions pren­dront le relai de la mobi­li­sa­tion. Par ailleurs, la CQMMF appelle à la par­ti­ci­pa­tion au Sommet popu­laire contre la guerre et la mili­ta­ri­sa­tion orga­nisé par Échec à la guerre du 19 au 21 novembre pro­chain. De plus, plu­sieurs orga­ni­sa­tions pré­parent des actions, du 25 novembre au 6 décembre, pour contrer la vio­lence envers les femmes. Plusieurs membres de la CQMMF s’engageront éga­le­ment dans les acti­vi­tés pro­po­sées par la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics en vue d’influencer le pro­chain budget du Québec.

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Renseignements : Charlotte Dussault, res­pon­sable des com­mu­ni­ca­tions pour la Marche mon­diale des femmes, Fédération des femmes du Québec, cel­lu­laire : 514-585-3879, cour­riel : cdussault@​ffq.​qc.​ca ; site : www​.ffq​.qc​.ca

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